Les fées du camping de Susie Morgenstern

Xavier n’a qu’un rêve depuis tout petit ; faire du camping !! « N’importe où, pourvu que ce soit en pleine nature. » (p9). Seulement voilà ses parents ne l’entendent pas ainsi. C’est vacances à New-York, croisière en Méditerannée, Club Magimerveille, bref ce n’est jamais du camping. Xavier désespère et puis un jour, voilà, enfin ses parents cèdent et organisent du camping en Ecosse. Du camping !! Merveille des merveilles… Xavier n’en revient pas et dès lors ne pense plus qu’à ça, il prépare son séjour avec enthousiasme et grand bonheur. Du camping, enfin !! Il rassemble son propre équipement (emmagasiné pendant de longues années, de Noël en Noël, d’anniversaires en anniversaires, ça en dit long sur sa passion pour le camping ;0) Il est un peu déçu quand son père lui apprend qu’il n’aura pas besoin d’emmener son matériel, que tout leur sera fourni sur place. Mais rien ne pourrait lui gâcher son bonheur, il ira camper et cela très bientôt.

 » Et maintenant, il ne vit plus que pour le départ. Il se voit en train de griller au feu de bois d’énormes poissons tirés d’un lac, de dormir à la belle étoile et d’étonner ses frères par sa rapidité à gravir les pentes pour arriver en haut des crêtes. » (p15)

Les préparations vont bon train, tout le monde s’y met et commence à avoir envie de ces vacances !

« Une atmosphère électrique règne à la maison. Tout le monde se prépare, unanimement rallié aux projets de Xavier. Il triomphe. Plus que deux jours. On finit les restes du frigo. On astique la maison pour, comme dit sa mère, « mieux la retrouver en rentrant ». Plus qu’un jour. On vérifie le stock de sous-vêtements et on boucle les valises. ça y est ! La vie, oh la vie !….( page 16)

Mais voilà ; une surprise terrible attend Xavier la veille de leur départ ; son visage est couvert de pustules. Le lendemain la doctoresse confirme ses pires craintes ; il ne partira pas en Ecosse. Le pire c’est que sa famille décide de partir sans lui et de le confier aux bons soins d’un étudiant trouvé in-extrémis. Mais, le dit étudiant, vient le matin et pousse un cri d’horreur (ou presque) en voyant Xavier. Il n’a jamais eu la varicelle, et n’a pas de temps à perdre puisqu’il est étudiant, justement ;0) (et ça se comprend quand je vois les heures dingues que ma fille consacre à ses partiels, et à ses études, fin de la parenthèse ;0) Bref voilà sa famille parti et Xavier tout seul dans leur appartement. L’étudiant a filé fissa, mais non sans lui promettre de lui envoyer quelqu’un dès le lendemain matin. Xavier passe sa première nuit seul et il n’en mène pas large (il a neuf ans faut dire). Ce qu’il ne sait pas encore c’est qu’il va avoir tout un échantillons de nounous diverses, qu’elles vont toutes lui apporter un petit morceau d’originalité et de plaisirs diffus, et que ses vacances finalement vont être formidable !!

J’ai vraiment adoré cette lecture (à partir de 7 ans) C’est vraiment très drôle ! Je dois dire que j’ai trouvé les parents assez indignes de partir ainsi sans leur loupiot d’à peine 9 ans mais ils seront bien punis ;0) J’ai adoré aussi cette brochette de personnages vraiment sympas et bien trouvés. Entre la jeune fille belle comme un coeur et guitariste, une autre (étudiante dans une école de cirque) qui l’est moins mais qui lui apparait tellement plus belle quand il voit ses talents et ses prouesses (et discrètement l’auteure fait comprendre aux enfants qu’il n’y a pas que le physique qui rend beau une personne). Il y a même une mamie qui lui apprendra à jouer à « blanche neige » (jeu consistant à ranger, et à nettoyer comme Blanche neige l’a fait avec les 7 nains ;0) Et une jeune femme très enceinte qui l’entrainera avec elle jusqu’à l’hôpital (passage que j’ai trouvé très drôle !). Bref vos enfants devraient y trouver leur bonheur, l’inverse m’étonnerait beaucoup !

Les fées du camping

Susie Morgenstern

Illustrations de  Jean-Charles Sarrazin, 87 pages

Collection Mouche de l’école des loisirs, édition 2007

Lu pour le challenge Petit bac d’Enna, catégorie VOYAGE

 

 

Les carnets de Cerise, le zoo pétrifié, de Joris Chamblain et Aurélie Neyret

« Il était une fois… Quand j’étais petite, je me suis fait la promesse que si un jour, j’avais un journal intime, il commencerait comme ça.

Il était une fois… ben moi, Cerise !

J’ai dix ans et demi et mon rêve, c’est de devenir romancière. Ion truc à moi pour raconter des histoires, c’est d’observer les gens, imaginer leur vie, leurs secrets.

On a tous un secret enfoui que l’on ne dit pas, qui fait de nous ce que nous sommes… En ce moment, avec les copines, on observe quelqu’un de vraiment mystérieux… »

Quand les copines (et Jérôme) m’ont donné envie de lire ces petites BD (trois tomes, celui ci est le 1er) je m’attendais à un petit bonbon sucré, petit bonbon au miel et délectable. C’est le cas bien sûr mais pas seulement… Je ne m’attendais pas à lire une histoire aussi belle. Mais il vaut mieux rester vague pour vous laisser tout le piquant et la surprise de ces pages qui se dévorent. Cerise est un personnage qui a tout pour nous plaire, elle adore écrire et son rêve est de devenir romancière. Elle lit bien sûr aussi, énormément… Ce qu’elle aime  » c’est observer les gens, imaginer leurs vies, leurs secrets. On a tous un secret enfoui au fond de nous, que l’on ne dit pas, mais qui fait ce que nous sommes.  » ( extrait du carnet de Cerise, p 1)

Elle a la chance d’avoir pour amie Annabelle Desjardins, une romancière connue qui vit pas loin d’elle, dans leur petite village. Et n’oublions pas ses copines ; Line et Erica, très différentes toutes les deux, mais de merveilleuses compagnes pour faire les 400 coups. Il y a même l’élément indispensable pour une histoire mystérieuse et passionnante ; la cabane secrète, la géniale et parfaite, celle plantée en haut d’un arbre, au milieu de la forêt.

Rajouter à cela un perroquet coloré, un « Monsieur mystère », un mur immense qui cache bien des secrets et les carnets que tient Cerise et vous avez tous les détails pour faire une super BD pour les grands et les petits. Je le conseille d’ailleurs très fortement pour ces derniers. C’est tout à fait poétique et enchanteur. J’ai vraiment adoré les dessins pastels, doux et colorés qui donnent un peps incroyable au tout.  J’ai adoré aussi lire les pages des carnets de Cerise enrichit de photos, de collages, de dessins. Comment ne pas aimer ?? Cela me semble impossible ;0) J’ai vraiment passé un très, très joli moment avec Cerise et j’ai hâte de lire les deux autres tomes!!

 » Pour faire une bonne enquête, il faut récolter les faits (comme dans Sherlock Holmes)

– Monsieur Mystère ne va en forêt que le week-end

– Arrivée vers 10 h 00, départ vers 19 h 00

– On a trouvé un mur coupant la forêt en deux… y a-t-il un lien avec Monsieur Mystère ? (extrait du carnet de Cerise, p30)

Lu aussi (tous les tomes confondus) et beaucoup aimé par FondantOChocolat,  Jérôme, NouketteSandrine et Soukee ainsi que Syl Bladelor , Mango et Bianca, Milly

Les 100 de Kass Morgan

« D’emblée, elle est frappée par les couleurs vives sans même distinguer de formes. Des bandes bleues, vertes et brunes d’ une radiance si intense que son cerveau a du mal à en faire sens. Une bourrasque de vent vient lui flatter les narines, charriant une fraîcheur et des odeurs que Clarke n’arrive pas à identifier. Lorsque sa vision se stabilise enfin, elle ne voit que les arbres. Il y en a des centaines, des milliers, comme s’ils s’étaient tous donné rendez vous pour accueillir leur retour sur terre. Leurs énormes branches sont dressées vers le ciel d’un bleu éclatant tels les bras levés d’une foule en délire. Et que dire du  sol… Il s’étend de tous côtés à perte de vue, d’une superficie au moins dix fois supérieure à celle du pont le plus long de la colonie. Cette quantité d’espace disponible reste encore inconcevable pour Clarke et elle se sent proche de l’étourdissement, comme si elle s’apprêtait à s’envoler et flotter;  » (p61)

J’ai procédé inversement de mes habitudes pour cette lecture ; j’ai d’abord regardé les épisodes de la série qui ont été tirés du roman. J’ai tellement aimé que j’ai eu envie de lire le livre. Ceci est le premier tome, il y en a 3 et le dernier vient juste de paraître. Pour l’instant je n’ai lu que le premier. Je dois dire avoir été assez déstabilisée par le fait que l’action, dans le livre, est bien inférieure à ce qui se passe dans la série. Mais en lisant le résumé des autres tomes j’ai compris que la saison 1 regroupe le tome 1 et 2, c’est donc beaucoup plus concentré en événements.  La série n’est pas tout à fait fidèle aux romans (comme d’habitude) c’est donc un peu surprenant de voir certains personnages disparaître bien plus vite que dans le livre, ou d’autres n’existant pas du tout dans le roman.

J’aurais donc préféré faire comme d’habitude, c’est à dire lire les romans avant. Ce roman est une dystopie (un genre que j’apprécie de plus en plus) la terre n’est plus habitée depuis des siècles, les terriens qui restent vivent dans une énorme station dans l’espace. Celle ci est gouverné comme la terre, il y a un chancelier qui régente tout et les règles sont très strictes, le moindre écart est sanctionné très sévèrement ; peines de prison et peines de mort. 100 jeunes, tous mineurs, tous promis à la mort après diverses entorses au règlement sont choisis pour être envoyés sur terre. Histoire de tester si la terre (prétendument radioactive) peut à nouveau être habitée.

J’ai beaucoup aimé cette lecture jeunesse, et j’ai très envie de lire la suite. Clarke est un personnage féminin très intéressant. C’est sur ses épaules que tout repose, sur le vaisseau, avant son arrestation (dont je vous laisserais découvrir la raison) elle étudiait la médecine, cela sera très utile pour la survie des 100. Bien sûr il sera question de rivalités, chacun voulant prendre le pouvoir, plus dans la série que dans le roman finalement. Dans le roman de fréquents retour en arrière viennent s’intercaler dans le récit de l’aventure, on en apprend ainsi beaucoup sur les différents protagonistes. Et puis, bien sûr, il y sera aussi question d’amour  mais ceci sans mièvrerie. Une lecture vraiment sympathique que je vous recommande. Les ados devraient apprécier eux aussi…

Lu par Mya Rosa ;  » C’est un livre qui se dévore. A aucun moment je n’ai trouvé le temps long. Je ne saurais vous dire quel personnage je préfère car ils ont tous su me toucher par leur histoire et leur façon de réagir face à cette situation exceptionnelle. J’ai aimé le courage de Clarke, la déterminations de Wells, l’amour sans faille de Bellamy pour sa petite soeur et j’ai été émue par l’histoire de Glass et de Luke. J’attends la suite avec impatience ! »

Le principal problème du prince Prudent de Christian Oster

 » Le principal problème du prince Prudent, c’était bien évidemment sa prudence. Quand il partait à la guerre, il montait son cheval à l’envers, afin de voir si l’ennemi n’allait pas surgir dans son dos. Et alors il ne voyait rien devant lui, sauf de temps en temps, quand il se retournait, et que l’ennemi lui faisait face. Le prince Prudent perdait donc souvent ses guerres.  » (p7)

Oui bon, vous en conviendrez, c’est plutôt un problème de mener une guerre de cette façon là ;0) Evidemment ce prince là est vraiment trop, trop, prudent, et ça lui rend la vie, disons, un peu moins facile… Tout ceci se complique encore quand vient le moment de trouver sa princesse (en effet ses parents tiennent absolument à ce qu’il se marie). La qualité qu’il recherche en premier est bien logiquement qu’elle soit la plus prudente possible. Et quand ses parents lui présente une jeune fille au doux prénom de Prudence, il croit immédiatement que c’est réglé ; il l’a tient sa princesse… Mais bien évidemment la princesse est juste l’inverse ; elle est en réalité la princesse le plus imprudente qui soit ;

 » Elle montait à cheval dans le bon sens, elle se goinfrait de tartines de Nutella au petit déjeuner sans les faire goûter avant par personne, et, quand elle traversait le pont-levis au-dessus des douves de son château, elle ne regardait ni à gauche ni à droit pour s’assurer qu’un monstre hideux n’allait pas soudain sortir du plus profond des douves et venir la dévorer. » (p12)

Elle fait des tas de sottises loufoques et rend complètement chèvre ce pauvre prince Prudent. Le dernier test que le prince lui impose tourne mal, la princesse se fait enlever par un affreux géant. Ni une ni deux  le prince n’a aucune hésitation et se lance sur leurs traces, tout à fait prudemment bien sûr. Il harnache son cheval mais il prévoit tellement de « trucs » utiles, par prudence, que son pauvre cheval fait peine à voir à tirer la langue ainsi sous le poids de tout ceci.

Vous l’avez déjà compris ce petit roman illustré (de 7 à 10 ans) est vraiment très très drôle. Et les illustrations d’Adrien Albert sont très réussis elles aussi. Le géant vaut vraiment son pesant d’or, il est effrayant au possible avec ses ongles longs et pointus et son crane chauve (son tatouage est très original, mais pour comprendre il faut lire le livre :0) Au final ce prince Prudent est bien plus courageux qu’il ne le croit. C’est rigolo, un peu fou fou, légèrement tordu (le prince connaît un très bon ORL et possède un portable). Bref, tout ceci fait que vos enfants font l’adorer. En tout cas Petitdernier l’a beaucoup aimé !

La lecture de Clarabel juste par là (clic).

L’école des loisirs, collection Mouche.

Verte de Marie Desplechin, version Audio

Le mot de l’éditeur ; « A onze ans, la petite Verte ne montre toujours aucun talent pour la sorcellerie. Pire que cela, elle dit qu’elle veut être quelqu’un de normal et se marier. Elle semble aussi s’intéresser aux garçons de sa classe et ne cache pas son dégoût lorsqu’elle voit mijoter un brouet destiné à empoisonner le chien des voisins. Sa mère, Ursule, est consternée. C’est si important pour une sorcière de transmettre le métier à sa fille.
En dernier ressort, elle décide de confier Verte une journée par semaine à sa grand-mère, Anastabotte, puisqu’elles ont l’air de si bien s’entendre. Dès la première séance, les résultats sont excellents. On peut même dire qu’ils dépassent les espérances d’Ursule. Un peu trop, peut-être. »

Ecouté durant l’été 2014 « Verte » est ma première expérience de lecture Audio. Alors que j’avais peur de décrocher, et de ne pas suivre sans me perdre, c’est une expérience qui m’a convaincue. Bon il faut dire aussi que j’ai commencé par le meilleur, Marie Desplechin est une auteure pleine de talent et « Verte » est un de ses plus grand succès. J’avais emmené les CD en vacances avec pour projet de les écouter durant les trajets voiture et c’est ce que nous avons fait en découpant l’écoute en deux (aller et retour ;0) Et bizarrement, même si quinze jours avaient passés, nous n’avons pas perdu le fil et nous avons retrouvés avec grand bonheur nos petites sorcières. Petitdernier a adoré, et même Grandmoyen (quinze ans l’année dernière lors de notre écoute) a lâché ses écouteurs pour écouter avec nous. Bon, je n’ai pu que lui soutirer que « ouais c’était bien » mais de sa part c’est un avis élogieux ;0) Même mon mari a apprécié…

                               Marie Desplechin

Je me suis vraiment attachée à cette génération de sorcières, à cette famille dont les hommes sont absents. Elles ont toutes les trois une personnalité très fortes et toutes, à leurs façons, sont très sympathiques. Ursule n’a qu’une obsession, que Verte montre enfin ses aptitudes à être une future sorcière. Verte quand à elle fait un petit rejet de la sorcellerie, elle ne veut pas ressembler à sa mère, qu’elle trouve amère. Et le fait que le seul avenir qui s’offre à elle, et ceci sans aucun autre échappatoire, est d’être une sorcière lui semble injuste. Anastabotte elle, à l’opinion qu’Ursule est trop brusque avec sa fille et qu’elle ne devrait pas la bousculer… Elle n’a aucune inquiétude, Verte montrera bien un jour ou l’autre ses talents de sorcière. J’ai adoré Anastabotte, la grand mère, elle est douce, offre beaucoup de quiétude à Verte et j’ai adoré son style vestimentaire ;0)

(l’ancienne couverture de l’école des loisirs)

Tout ceci est lu avec beaucoup de talent par Sylvie Ballul et Anne Montaron et franchement, à aucun moment je n’ai eu envie de décrocher, toutes les deux sont très agréables à écouter et elles prennent chaque fois le ton qu’il faut. Juste assez pour tenir l’attention et vous donner l’envie de continuer… Alors que je pensais que la version audio n’était pas du tout pour moi (j’avais surtout pensé à occuper Petitdernier qui n’aime pas les trajets trop longs),  et bien, finalement, j’ai trouvé ça très agréable. A renouveler avec un autre titre cet été ;0) J’ai l’intention aussi de lire la version papier très vite et je vous en parlerais plus longuement et profiterais alors pour vous donner quelques extraits.

A écouter, un petit extrait sur le site Ecole des loisirs (un petit clic sur la couverture du cd)

Coraline de Neil Gaiman

 » Le lendemain matin, le soleil déjà haut réveilla Coraline en dardant ses rayons en plein sur son visage. L’espace d’un instant, elle se sentit complètement désorientée. Elle ne savait plus où elle était ; elle n’était même pas tout à fait sûre de savoir qui elle était. Il est étonnant de constater à quel point notre personnalité dépend du lit dans lequel nous nous réveillons le matin. Etonnant aussi, comme cette personnalité peut-être fragile » (p69)

Coraline, j’ai toujours eu une fascination pour elle… J’ai toujours voulu la lire. Le hasard a voulu que je vois d’abord le film, et depuis je l’ai revu plusieurs fois. C’est un film que j’adore ; inventif, merveilleux, effrayant et fascinant. Je pourrais garder exactement les mêmes mots pour le livre, oui exactement… C’est un monde et un univers tout à fait étrange et mystérieux qui s’ouvre à la fois dans les pages et dans les images du film. Pour une fois le film est extrêmement fidèle au livre et c’est une chose que j’apprécie vraiment. Je ne comprends jamais les cinéastes qui font souvent le choix de ne pas suivre l’auteur à la lettre. Je n’ai vu (si je me rappelle bien) que deux différences importantes ; le personnage du petit garçon n’existe pas dans le livre et il n’y est également pas du tout mention de poupées. Dans le livre il y a une scène très effrayante dans une cave, et un pique-nique dans un pré avec les enfants fantômes, que l’on ne trouve pas dans le film… Pas de grosses différences, comme je vous le disais.

Coraline vient d’emménager avec ses parents dans une vieille maison isolée. Ils ne sont pas les seuls à y vivre ; au dessus un vieux monsieur qui dresse des souris et en dessous deux anciennes actrices. La maison est mystérieuse à souhait et la première chose que Coraline fait c’est de l’explorer ainsi que le jardin. Ses parents la délaisse un peu, ils sont très occupés par leur travail. Un jour Coraline ouvre une porte condamnée et de l’autre côté il y a la réplique exacte de leur appartement. Identique mais pas tout à fait… Et chose encore plus étrange ses « autres » parents, sont des répliques exactes des vrais mais avec juste une différence notoire ; leurs yeux sont des gros boutons de chemise. Plus tard Coraline decouvrira qu’il y a encore bien d’autres différences entre « l’autre mère » et la vraie…

Voilà en gros pour le sujet. Mais il y a aussi dans ce roman ; des souris qui en savent beaucoup, qui mettent en garde et qui donnent des indices… De la pluie, de la pluie, de la pluie et un puits très profond. Un appartement qui contient  » 153 choses bleues, 21 fenêtres et 14 portes dont la quatorzième, une grande porte en bois sombre tout sculpté, dans un coin au fond du grand salon, est fermée à clef. » (p16) Une petite fille tout en couleur, en manteau bleu, une écharpe rouge et des bottes en caoutchouc jaunes (dans le film les cheveux sont bleus et le manteau devient jaune). Deux demoiselles au noms bizarres, qui lisent dans les feuilles de thé, et qui possèdent un caillou percé, qui cache bien des secrets. Une « autre » mère qui cuisine à Coraline tout un tas de plats alléchants et des chocolats chauds à se damner (c’est le cas de le dire ;0) Des enfants perdus et une créature-sorcière effrayante au possible… Un « chat noir à l’air hautain » qui parle et qui se révélera un allié très utile.

 » Un petit raclement de gorge poli la fit se retourner. Tout près, sur le muret, se tenait un grand chat noir, identique à celui de sa vraie maison.

– Bonjour dit le chat

Sa voix ressemblait à celle qui parlait dans la tête de Coraline quand elle pensait en mots, sauf que c’était une voix d’homme, et non de petite fille.

– Salut, répondit-elle. J’ai vu un chat qui te ressemblait en tous points, dans mon jardin à moi. Toi, tu dois être « l’autre chat ».

Mais l’animal secoua la tête.  » Je ne suis pas l’autre chat, ni l’autre ce que tu voudras. Je suis moi, voilà tout. » Il inclina la tête sur le côté et ses yeux verts se mirent à briller « vous autres, vous vous répandez partout. Nous les chats, nous savons nous tenir, si tu vois ce que je veux dire. »

– Euh…. Je crois oui. Mais si tu es le chat que j’ai vu chez moi, comment se fait-il que tu puisses parler ?

Bien que les chats n’aient pas à proprement parler d’épaules, celui ci fit le geste de les hausser. Il fut pris d’une espèce de tressaillement souple qui naquit au bout de sa queue pour s’achever dans un frémissement de moustaches.

– Je parle, c’est tout.  » (p39)

 

 » Coraline inspira profondément, puis fit un pas dans les ténèbres ou murmuraient des voix étranges. Tandis que le hurlement du vent résonnait dans le lointain. Tout à coup, elle eut la certitude qu’il y avait quelque chose derrière elle, dans le noir, quelque chose de très ancien et de très lent. Son coeur battait si bruyamment et si fort qu’elle s’attendit avec terreur à ce qu’il jaillisse de sa poitrine, elle ferma les yeux pour chasser les ténèbres. » (p50)

Pour conclure je dois dire que bien évidemment j’aurais préféré découvrir le livre avant de voir le film (ce que je fais toujours d’habitude), parce qu’il n’avait plus aucun mystère pour moi. Cela enlève forcément une partie du charme quand vous commencez une lecture en sachant déjà tout… N’empêche, j’ai tout de même appréciée cette lecture mais le film gardera définitivement mon adhésion ;0) C’est un film que j’aime revoir, encore et encore. D’ailleurs, je l’ai regardé encore une fois juste avant de faire mon billet. J’adore le personnage de la petite fille, si bien réussie. Cette maison totalement fascinante, qui a une personnalité folle. Les couleurs, la musique, un décor extérieur de montagne et de forêt sauvage, tout est à mon goût…

Lu pour le challenge « Halloween » de  Lou et  Hilde. Et pour le challenge Petit bac 2014 d’Enna lit, catégorie « Prénom » (deuxième ligne)

halloween 201491121022[1](Source des photos)

Nox, Ici-bas (1) d’Yves Grenet

  » Ce soir il semble tellement malheureux que je ne me sens pas autorisé à lui faire la morale ou à lui jeter à la figure un « Je te l’avais bien dit ». C’est trop tard et le mal est fait. Pouvait-il échapper à cette épreuve avec des parents qui le conditionnent depuis des années à suivre une voie toute tracée ? Nos vies seraient-elles décidées à l’avance ? Serons-nous obligés de les vivre malgré nous ? » (p178)

Ce roman c’est tout d’abord, de la même façon que l’était déjà « Combat d’hiver » de Mourlevat, un monde du futur extrêmement bien dépeint, c’est une atmosphère ténébreuse dans laquelle on plonge sans pouvoir s’extraire. Un monde dur, un monde pas très engageant, un monde pollué à l’extrême. Il y a la ville basse et la ville haute, dans la ville basse un brouillard appelé « La Nox » empêche de voir même à dix pas.

 » Ici les rues sont obscures même dans la journée car un brouillard noir et opaque enveloppe la ville basse en permanence. On appelle ça la nox. » (p7)  » Ce sont des nuages de pollution si denses qu’ils empêchent toute lumière de les traverser. » (p37)

Les hommes sont obligés de pédaler et de marcher sans cesse pour pouvoir s’éclairer. Ils sont équipés de chenillettes qui leur permet d’emmagasiner de l’énergie pour plus tard.«  Depuis qu’on sait marcher, on est tous équipés de chenillettes sous les chaussures. Leur frottement sous le sol entraîne un mécanisme qui conduit l’énergie produite jusqu’à une dynamo qui elle-même convertit notre force motrice en éclairage (p8). Ils peuvent aussi économiser cette énergie, se mettre en « mode stockage » et remplir des piles qu’ils utilisent ensuite pour alimenter diverses objets du quotidien, par exemple le frigo. Ce qu’ils font très souvent d’ailleurs, ils en ont l’habitude et vivent une grande partie de leur vie dans le noir complet. C’est invivable, mais pourtant ils survivent…

Là-haut chez les riches, il en est tout autre ; « Chez les riches, les lampes s’allument quand on appuie sur un bouton et brillent sans qu’on s’en occupe. On nous l’a expliqué à l’école professionnelle. Y en a qui ont de la chance » (p7). Et ils n’ont bien sûr pas d’autre choix que d’accepter cette situation et leur condition sociale. Cette « Nox » est bien évidemment toxique, leurs poumons sont mis à rude épreuve et  leur espérance de vie est courte, très courte. Dès que les bébés naissent on les habitue à ne pas respirer trop fort, à ne pas crier  » à ne pas trop ouvrir la bouche pour ne pas avaler d’air vicié, à parler bas, à ne jamais crier. Depuis leur enfance, on leur répète que, pour leur propre bien, ceux du bas ne doivent jamais se mettre en colère ou se révolter car ils s’exposeraient eux-mêmes physiquement à un grave danger. » Les bébés hurleurs ne dépassent pas  leur première année ! La conséquence de cette durée de vie limité est que les jeunes sont contraints de trouver très vite un compagnon ou une compagne, de se marier et de faire un enfant. Cela leur est obligatoire et cela dès leur 17ième année.

Dans la ville basse vit Lucen et ses amis. Et dans la ville haute vit Ludmilla, pour elle la Nox porte le beau nom poétique « des plaines mauves ». Nous avons donc les deux versions de la ville haute et basse. Bien sûr on ne dit pas toute la vérité aux enfants du ‘haut »  c’est par la voix de sa gouvernante Martha (qui elle vient de la ville basse) que Ludmilla apprendra que des gens vivent  là, dans la pénombre. Ce jour là elle comprend que son père est capable de mensonges et qu’il y a peut-être beaucoup à découvrir.

Mais pour autant ceux d’en bas ne sont pas tous des moutons, les pères des trois amis de Lucen sont tous engagés dans des camps différents. Le père de Gerges est le responsable de la milice des Caspistes (CASP pour chacun à sa place). C’est un parti radical qui lutte contre tous ceux qui veulent remettre en cause l’ordre fondé sur la séparation des riches et des pauvres. Ils sont violents, leurs actes sont protégés par les autorités. Le père de Jea appartient à l’autre camp ; le parti Coiviste (COIV pour Chacun où il veut) militent pour le droit de chacun à choisir son lieu de vie. Le père de Maurce a disparu depuis trois ans, il entretenait, selon les rumeurs, des liens étroits avec des terroristes proches des Coivistes radicaux.(p48). Tout ceci donc complique gravement leur amitié.

  » Nous avons donc décidé d’un commun accord d’éviter toutes les discussions qui touchent aux convictions de nos parents, mais c’est de plus en plus dur car, en vieillissant, mes copains brûlent de s’engager à leur tour. Ils m’en parlents parfois en secret car ils savent que je suis fiable. Peut-être aussi me croient-ils tous neutre parce mon père ne prend jamais parti. » (p49)

Vous l’avez déjà compris mais j’ai été totalement emportée par cette lecture. Elle m’a secouée, bousculée, émue… Bref une totale réussite pour moi  que ce roman jeunesse.

La tentatrice cette fois, celle qui m’a fait choisir ce livre là dans ma librairie, c’est Yulenka et voici un petit extrait de ce qu’elle en dit :  » C’est un roman qui se dévore. C’est un roman très intelligent, et très bien construit…/… l’aspect psychologique est la clef du récit. Il démontre que rien n’est tout noir ou tout blanc. Choisir le bon ou le mauvais camp peut parfois tenir à peu de choses. Les malentendus, la manipulation psychologique, l’identité, l’amitié, la loyauté, l’amour, la haine…. Autant de choses qui posent les personnages sur le fil… Que ferions-nous à leur place ?

C’est cette humanité qui m’a plue dans Nox. Ces aspects de l’humain imparfait, fragile, qui se débat avec lui-même. Quitter le monde de l’enfance avec ces certitudes et ces amitiés « à la vie à la mort », pour plonger dans un monde adulte binaire, trahir l’enfant qui est en soi, en étant persuadé d’agir au mieux pour les siens…

Lu par Moka et par George également. La suite est bien évidemment déjà dans ma PAL, j’attendais juste d’avoir rédigé mon avis pour pouvoir m’y mettre Nox Tome 2 : 'Ailleurs'. de Yves Grevet Voilà chose faite :0) Source des photos

Challenge Halloween Chez Lou et Hilde