Publié dans Lecture jeunesse, Littérature Française

La pyramide des besoins humains de Caroline Solé

 » Les nuits suivantes, en cherchant les étoiles dans le ciel je pense parfois, beaucoup, mais pas passionnément, à reprendre un train et à rentrer à la maison. Seulement, je sais bien que ce n’est pas chez moi, là-bas. En soufflant dans mes mains pour me réchauffer, je m’accroche à cette idée qu’un jour, je me sentirai chez moi quelque part. Cet espoir me fera tenir jusqu’à ce que je trouve un bon carton. » (p16)

Un jour, Christopher 15 ans, a pris le « gnon » de trop. Alors il prend le train pour nulle part et partout. Que lui importe la destination, pourvu que ce soit loin de chez lui. Ce train l’emmène  à Berwick Street, à Chinatown. Christopher vit désormais dans la rue, il habite sur un carton. Il n’est pas seul pour autant ; il y a d’abord Jimmy, un vendeur de hot-dog à ses heures, qui le prend sous son aile  ; « il va devenir le meilleur des potes, le meilleur du meilleur qu’on peut avoir quand on touche le fond. Pas le bon camarade qui vous prête sa gomme et joue avec vous au foot dans la résidence, celui qui salue poliment maman à travers la fenêtre, non, Jimmy, c’est le genre de compagnon à vous tirer d’un carton au milieu de la nuit, subitement, pour éviter qu’une bouteille vienne se fracasser sur votre crâne. Un ami qui vous offre à manger alors qu’il fait des tas avec des pièces et que même ses dix tas ne valent pas le prix d’un repas. » (p18) Et il y a aussi Scratch-Scratch et puis Suzie. Un jour il s’inscrit à un jeu sur internet « la pyramide des besoins humains » qui est inspiré de la théorie d’un psy ; Abraham Maslow. Cela l’entraine, bien malgré lui, dans une spirale surprenante. Le voilà qui gagne une par une les différents niveaux  avec un nombre incroyable de votes pour lui.

Ce roman m’a ému énormément et bien plus pour le constat navrant de tous ses jeunes qui finissent dans les rues (pour moi c’est plus de cela dont il est vraiment question dans ce roman) plutôt que celui du pouvoir aspirant des médias, de ces jeux (de plus en plus monstrueux qui utilisent les êtres pour des raisons d’argent et de contrôle). Pour moi c’était une lecture douloureuse qui met le doigt sur, non pas sur les différentes raisons qui peuvent emmener une personne dans la rue, mais plutôt sur les différents strates et parcours qui font qu’on y arrive un jour.

 » C’est une forme de respect ; puisque tu te retrouve sur ce carton mouillé, je ne te ferai pas l’affront de te demander pourquoi. Forcément qu’il y a eu une catastrophe; Personne ne dort dans le froid et l’insécurité par choix. » (p91)

Christopher est un révolté (et cela sans doute bien avant de finir sur son carton) un garçon qui ne trouve pas d’intérêt réel à être intégré dans la société, avec tous ces travers qu’il lui attribue. Pour lui il n’y a pas vraiment d’échappatoire, même si sa famille lui manque parfois ; son petit frère surtout et même ce père qui le battait, il n’a pas envie de retourner dans le rang, ce qui pour lui signifierait perdre sa liberté ; pouvoir continuer à penser librement, garder sa propre personnalité, ne pas se laisser embobiner par des penseurs de bazar, c’est cela pour lui la liberté  » Pouvoir choisir précisément le mot qui sort de sa bouche, lui donner une teinte particulière, unique, qui reflète vraiment notre âme à un moment donné, c’est pourtant, selon moi, le plus grande des libertés. (p79). Dès lors on se demande comment tout cela peut-il bien finir, quel avenir pour un jeune homme qui vit dans les marges ?!

 » Les gars en marge, comme moi, ils vivent sur le bas-côté, car quelque chose a débordé. Malgré le joli cahier aux lignes tracées, le stylo a dérapé, il a filé dans la marge. Il y avait trop à écrire, un trop-plein qu’il fallait sortir. Et maintenant, on vit dans la rue. On a oublié la douceur d’un oreiller, d’une caresse, on ne parvient plus à dormir. » (p82)

Christopher n’est pas dupe,  il (sur)vit alors même que ses besoins les plus élémentaires sont vraiment réduit à leur plus stricte minimum. C’est bien preuve que les théories de ce fameux Marlow sont caduc.

 » Retourner vivre avec ma famille, je n’en ai aucune envie. Le lit douillet, le rôti, la télé, j’en ai soupé. On m’a gavé comme une oie dans son enclos. Et il ne manquerait plus que je fasse semblant, moi aussi, d’aimer cette existence où je dois allumer un écran pour assister à un événement trépidant et me sentir vivant. » (p117)

Il y a aussi ces passages très émouvants, ceux de ses souvenirs de vie à la campagne et des instants heureux qu’il passait avec son petit frère.

 » Mais, quand je sortais du lotissement, il suffisait de quelques enjambées pour rejoindre le saule pleurer près de la mare, les nénuphars et les grenouilles. Du vert olive sur l’eau, vert émeraude dans les vallées, vert amande en pigment dans le ciel. Les chevaux aux robes poétiques m’ouvraient l’appétit : bai, alezan, chocolat, crème, café au lait… Et surtout, un frangin à mes trousses qu’il fallait porter dans les champs boueux, soulever dans les airs pour cueillir le goûter et divertir les jours de chagrin. Je faisais le clown en classe car depuis toujours, mettre un nez rouge sur mon visage permettait de faire diversion. Quand, à la maison, le temps virait à l’orage, on s’éclipsait jusqu’à la mare, on se baignait dans un paysage bucolique qui changeait de couleurs chaque saison et dont les teintes chaudes me réchauffent encore le coeur.  » (p74)

A la fin du bouquin (que je n’aurais pas voulu autrement) on en vient à la conclusion que ce Christopher est vraiment un gars bien. C’est un pur qui ne se résout pas à vivre une vie aseptisée, un pur qui espère bien plus et bien mieux de la vie qu’un quotidien maussade, qui refuse aussi d’être écrasé par la nécessité de consommer encore et encore et d’être réduit à une marchandise monnayable par ceux qui tirent les ficelles. Evidemment, on en vient à espérer qu’il aura la vie qu’il estimera être la meilleure pour lui. Cette lecture est un vrai et un grand coup de coeur !

 » A Chinatown, je me lave au lavabo dans les toilettes publiques. Dans le miroir embué, je me revois asperger mon frangin d’eau de pluie dormante dans les nénuphars. On riait aux éclats en s’éclaboussant. Je me demande à quel moment j’ai bu la tasse » (p75)

« …/… des fissures, j’en vois partout, chez les paumés comme chez les passants » (p70)

Lu par Nadael, NouketteJérôme, Leiloona, Bladelor

Ce roman fait parti de mes lectures d’été (clic)

Ecole des loisirs (clic)

Collection Médium

Octobre 2016

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Publié dans Lecture jeunesse, Littérature Française

Modèle vivant de Carole Fives

Carole Fives et Rascal - Modèle vivant.

 » Je trépigne. Mais ça fait déjà quinze ans que je trépigne. Quinze ans à maudire cette enfance qui n’en finit pas, où les autres décident tout et toujours à votre place, sans jamais vous demander votre avis. L’adolescence est ce long tunnel avec au bout une infime lueur, si fragile, la majorité, l’âge adulte où je me promets de vivre, enfin, comme je l’entends.  » (p49)

  Cette lecture va vite, très vite. Il faut s’accrocher au wagon et ne pas se laisser éjecter. L’impression d’être un peu sur une pente glissante et dont l’inclinaison serait toujours plus raide. Carole va vivre des jours intenses, dont la profondeur la marquera durant toute sa vie.

Il y a l’art dans ses pages, l’art plus fort que tout, qui régente une vie et des jours. L’envie de s’exprimer et de dire ce qui submerge les jours. Il y a un amour qui vient vite et qui bouleverse la vie.

Carole a une passion pour le dessin  » Ces mots, je les exprime avec le dessin, avec la rage du fusain, des couleurs, du trait » p28 (le roman commence d’ailleurs par un cours avec Ulrich, prof de dessin). Ces parents sont séparés, son frère est resté avec sa mère et elle même vit avec son père. Carole regrette d’ailleurs à ce sujet que les liens avec ce frère soient devenus moins soudés. Ils se voient peu, ont perdus un peu de leur complicité, et elle le regrette ;  » Julien et moi ne vivons plus ensemble et, d’une certaine façon, nous avons divorcé nous aussi. Nous ne nous voyons plus que pendant les vacances scolaires. » (p20) Arrive ce qui doit arriver, l’arrivée d’une belle mère pas très tendre, ni particulièrement bienveillante vient perturber la vie de la jeune fille. Son objectif c’est d’évincer Carole, la relation qu’entretient Carole et son père (forcément forte puisqu’ils sont un binôme) n’est pas du tout au goût de Josiane (la belle mère) et dès le début elle le fait savoir.

L’avenir pour Carole est donc un changement de lycée, de région, un déménagement donc, pour vivre à trois désormais. Carole voudrait profiter de ces vacances (direction les châteaux de la Loire) partagés avec son père et son frère, pour faire changer les projets de son père. Mais rien ne va se passer comme prévu. En effet elle va rencontrer un garçon, au coeur de l’été, au bord d’une rivière de Montrichard et le reste lui paraitra tout à coup très secondaire. Carole a quinze et elle n’a jamais eu de petit copain, c’est donc sa première rencontre amoureuse. Son père n’est pas quelqu’un de trop rigoriste et lui laisse la liberté de rejoindre ce garçon durant quelques jours avant la rentrée et ces jours là seront inoubliables pour Carole. Elle les portera en elle toute sa vie.

Ce roman est un roman jeunesse mais il peut tout à fait être lu comme un roman qui n’aurait pas cette classification. C’est beau, émouvant et on se sent très proche de Carole qui vit une intensité si singulière durant un très court laps de temps. Ces jours là sont comme une parenthèse hors du temps justement. C’est très fort et je garderais un souvenir puissant de cet été passé avec cette jeune fille (c’est une deuxième lecture pour moi, il faisait d’ailleurs parti de mon Top 10 jeunesse 2014, clic). J’espère vraiment vous donner l’envie de le lire !

« Quel plus bel endroit pour vivre qu’un atelier ! Comment se sentir mieux entourée ? L’odeur, les couleurs, tout vous rappelle à chaque instant l’essentiel : l’art, l’expression de soi. » (p75)

 » – J’étais en peinture reprend José, mais les profs ne comprenaient rien à mon travail. Il fallait toujours se justifier. Pourquoi j’utilisais telle couleur, pourquoi tel format, pourquoi tel sujet ? ça m’a vite gonflé. A un moment, je leur ai dit que si je peignais, c’était justement parce que je n’avais pas les mots. » (p42)

Lu par Nadaël également ;  » Un roman tour à tour rayonnant et grave sur l’adolescence, ses confusions et ses joies, sur l’art et la beauté, sur l’amour et la liberté, sur le deuil aussi. On ne peut qu’éprouver de l’empathie pour Carole et José, deux êtres terriblement émouvants et tellement « crédibles ». Roman d’autant plus poignant que l’histoire est en partie autobiographique. »

Modèle vivant

Carole Fives

Ecole des loirsis 2014

Collection Médium, conseillé pour 13 ans et plus

 Lu pour mon challenge projet 52, billet rattrapage 4 /52,  catégorie 3 ; relu intégralement

Publié dans Lecture jeunesse, Littérature Française

Sauveur et Fils, saison 1, de Marie-Aude Murail

Marie-Aude Murail - Sauveur & Fils Saison 1 : .

Le mot de l’éditeur ;  » Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…  Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ? »

 » Les préparatifs pour transformer la cage en Bountyland occupèrent la soirée de Gabin et Lazare. Saint-Yves les observa en train d’imaginer le plaisir du hamster à se promener sur sa mezzanine et à faire des stocks dans sa maison. Non seulement les deux garçons étaient contents pour Bounty, mais ils étaient Bounty, grâce à cette merveilleuse ressource de l’âme humaine qui se nomme empathie.  » (p129)

Voilà ça y est, j’ai enfin lue la première saison de cette série jeunesse dont vous avez tant chantés les louanges. Et je comprends enfin pourquoi vous êtes toutes tellement tombés sous son charme ;0) C’est vraiment une lecture toute en tendresse, en capital sympathie aussi. Tout d’abord, comment ne pas craquer pour un psychologue qui s’appelle Sauveur ?! Et bien c’est simple ; on ne le peut pas :0) Sauveur Saint Yves n’a pourtant pas le profil de l’emploi ; 1 mètre 90, 80 kilos de muscles… Plutôt la carrure d’un catcheur ou d’un déménageur, n’est-il pas vrai ?

Et puis, fait très appréciable, cette lecture n’est en rien édulcorée, on ne prend pas ici les enfants ni les ados pour des imbéciles. Ce sont des problèmes graves qu’affrontent les petits (et les grands) patients de Sauveur. Malgré cela ce n’est en rien plombant, pas dramatique pour un sou (pourtant certains cas sont lourd, c’est dire le talent de M.A. Murail). Le ton est juste tout le long de ses pages. Par ailleurs il y a aussi l’histoire de Sauveur et de Lazare qui se déroule sous nos yeux. Lazare n’a plus sa mère, mais Sauveur est très très réticent à l’idée de lui en parler. Il y aura des pages aussi sur la martinique et une histoire familiale lourde à porter (vous savez comme j’aime ces histoires familiales compliquées ! )

Il y a aussi les petites notes amusantes et délicieuses avec le fils de Sauveur : Lazare. Lazare et ses hamsters, Lazare et son meilleur copain, Lazare qui est un petit garçon très curieux puisqu’il espionne son père et ses rendez vous derrière une porte mal fermée. On trouve d’ailleurs d’autres touches d’humour dans le roman, n’oublions pas que ces petites pépites sont écrites par Marie Aude Murail. Oui, voilà je suis fan je l’avoue :0) Vous trouverez d’autres lectures de l’autrice sur ce blog avec ces titres là ; 3000 façons de dire je t’aime (clic) et son adaptation des Grandes espérances de Charles Dickens (clic).

Vous l’aurez déjà compris mais je vous conseille cette lecture, à vous et à vos ados, très très fortement. C’est charmeur et délicieux et vous n’allez pas vous ennuyer une seule seconde (et j’ai hâte de lire la suite !!). Si vous avez encore besoin d’être convaincue je vous dirige vers les avis de ;

Za ;  » C’est du grand, du très grand Marie-Aude Murail que nous avons là.
A condition de faire abstraction de la couverture, certes. Marie-Aude Murail n’a pas son pareil pour dénicher l’humain, pour le rendre au centuple à son lecteur. Alors quel meilleur héros qu’un psychologue pour sonder les âmes ?…/… Toutes ces histoires sont regardées avec bienveillance par l’auteur/héros – tant il est clair que, de ce point de vue, Marie-Aude Murail et Sauveur ne font qu’un. Aucun jugement, mais la voix du narrateur, à la fois empathique et distanciée, insuffle humour et légèreté, là où il serait si facile de tartiner du désespoir. »

Bladelor   » Vous dire, peut-être, que je me suis sentie chez moi dans ce bouquin en un rien de temps, que j’ai dévoré ces pages qui me collaient aux doigts, incapable de m’en défaire. Vous dire aussi que j’ai trouvé la plume de Marie-Aude Murail exquise, avec un texte qui m’a fait penser à Miss Charity et Oh, boy ! Un texte drôle et tendre à la fois, un brin déjanté, mais sérieux dans le fond.
C’est une lecture qui fait du bien, une sorte de baume à l’âme, un roman-doudou. »

Cuneipage ;   » Partager le quotidien d’un psychologue est une mine pour explorer la notion même de contemporanéité et le ton est parfait : la plume se fait toute légère pour raconter les pires et c’est chaleureux en diable. Empli d’humour, de situations très justes, de personnages que l’on jurerait connaître, on voudrait ne jamais en sortir. Je recommande chaudement ! « 

Bouquinbourg ; «  Ces derniers temps, mes lectures me ravissent… Et celle-là remporte haut la main le prix de la lecture la plus enthousiasmante de la rentrée ! Je vous vois venir, ceux qui me connaissent bien : ce n’est pas uniquement parce qu’il y a un cochon d’inde sur la couverture ! Non, Sauveur & Filsest une petite pépite dont chaque page est un bonbon d’optimisme à savourer. « 

Nadael ;  » Gravité et légèreté se relayent, battant la mesure et permettant aux multiples histoires de se déployer et ainsi de se révéler. À ces histoires enchassées s’ajoute celle de Lazare et de Sauveur, la relation d’un père et d’un fils qui cheminent l’un l’autre vers l’apaisement. Beau. Vrai. Profond. »

Lu aussi par CathuluJérôme etNoukette. et j’avais oublié le dernier billet que j’ai lu, celui de Fondant,

Lu pour le challenge « Objectif PAL » dAntigone

Sauveur & Fils, saison 1

Marie-Aude Murail

Ecole des loisirs 2016

Publié dans Lecture addictive, Lecture jeunesse

Jonah, Tome 2, Le retour du sept de Taï-Marc Le Thanh

 » Avant de les rencontrer, Jonah était heureux. Juste heureux. Simplement heureux. Depuis qu’il les connaissait, son bonheur avait atteint des proportions inattendues. Un foyer lumineux était apparu au creux de son estomac, irradiant tout son être. Le sourire de sa mère y avait contribué, la douceur de sa voix aussi. Le timbre de ses paroles qui s’écoulaient comme autant d’éclats scintillant dans la pénombre de sa chambre. Les silences de son père y étaient aussi pour beaucoup. Sa présence rassurante et sa bonhomie naturelle étaient devenues indispensables à Jonah. » (p25)

(attention, à ne pas lire si vous n’avez pas lu le tome 1 les sentinelles clic) En général les suites ce n’est pas trop mon truc. J’ai toujours peur d’être déçue par rapport au premier tome et c’est parfois le cas. Ce qui fait que j’ai été plus qu’agréablement surprise par cette suite là. Pas de redite, l’effet surprise n’est pas exclu parce que ce tome 2 foisonne de nouveaux éléments. Encore une fois les pages se tournent toutes seules (ou presque ;0) et on va de rebondissements en rebondissements. Inutile de dire que je n’ai qu’une hâte ; lire très vite le troisième tome !! Dans cette suite Jonah a gagné des parents adoptifs qu’il aime, mais pas seulement. Il a aussi gagné des mains, seulement elles ne sont pas gratuites ; un « autre » a été livré avec ses mains là. Un « autre » qui essaye de prendre contact avec Jonah quand celui ci est dans un état second, ou quand il dort. Un « autre » qui lui laisse des messages sur sa table de chevet.

 » Il regardait interdit, la phrase qui était inscrite sur le morceau de papier. L’écriture était menue et tremblotante. Ce n’était assurément pas la sienne. La phrase avait été écrite avec le stylo à plume posé à côté, et de nombreuses petites taches d’encre bleue témoignaient de la nervosité de son auteur. Jonah se tourna vers la fenêtre. Se pouvait-il que quelqu’un ait pénétré dans sa chambre par effraction ? Il secoua la tête et regarda de nouveau le morceau de papier qu’il tenait en main. Trois mots y étaient assemblés en une seule et unique phrase ; « Je suis toi » (page 50)

Il y a toujours la présence de la créature et elle est toujours en chasse, est-elle un danger ou autre chose ?? (petite précision ; la créature a forcément un côté humain puisqu’elle a un gros faible pour les tartes aux myrtilles  ;0) Il y a le couple d’Adam et Véra qui prend plus d’ampleur, Véra qui gagne en puissance. Il y a le samaran qui met comme une vitre protectrice entre eux et la nature qui les combat. Jonah garde tout de même les soutiens qui étaient déjà les siens dans le 1er tome (difficile de parler de ce deuxième tome, je ne veux pas trop en dire mais tout de même, vous donner envie de le lire). Ce qui est sûr c’est qu’il y a toujours autant d’action que dans la deuxième partie du premier tome, ça bouge, ça étonne, ça met du soleil dans le ventre parce que ça reste lumineux, rien de sombre dans cette série (enfin, à mon sens, si je compare à « Nox » clic ou au Combat d’hiver de Mourlevat, attention je ne dis pas que je n’aime pas ces deux derniers romans que je cite, puisque je les adores, mais ils sont effectivement plus sombres et je n’ai rien non plus contre le côté sombre, c’est dit ;0). Bref une lecture très très agréable et qui change des parcours évidents des autres romans jeunesse. Il y a un côté fantastique bien sûr mais abordé d’une façon tout à fait différente.

En bref ? Une vraie réussite que cette série jeunesse, qui offre vraiment quelque chose de neuf et de très particulier. Je conseille fermement ;0) Maintenant je n’ai  qu’une hâte ; lire le 3ième tome !!

Jonah, tome 2, Le retour du sept

Taï Marc le Thanh

Editions Didier Jeunesse

 Challenge projet 52  billets rattrapage ; 2/52

Publié dans Lecture jeunesse

Les fées du camping de Susie Morgenstern

Xavier n’a qu’un rêve depuis tout petit ; faire du camping !! « N’importe où, pourvu que ce soit en pleine nature. » (p9). Seulement voilà ses parents ne l’entendent pas ainsi. C’est vacances à New-York, croisière en Méditerannée, Club Magimerveille, bref ce n’est jamais du camping. Xavier désespère et puis un jour, voilà, enfin ses parents cèdent et organisent du camping en Ecosse. Du camping !! Merveille des merveilles… Xavier n’en revient pas et dès lors ne pense plus qu’à ça, il prépare son séjour avec enthousiasme et grand bonheur. Du camping, enfin !! Il rassemble son propre équipement (emmagasiné pendant de longues années, de Noël en Noël, d’anniversaires en anniversaires, ça en dit long sur sa passion pour le camping ;0) Il est un peu déçu quand son père lui apprend qu’il n’aura pas besoin d’emmener son matériel, que tout leur sera fourni sur place. Mais rien ne pourrait lui gâcher son bonheur, il ira camper et cela très bientôt.

 » Et maintenant, il ne vit plus que pour le départ. Il se voit en train de griller au feu de bois d’énormes poissons tirés d’un lac, de dormir à la belle étoile et d’étonner ses frères par sa rapidité à gravir les pentes pour arriver en haut des crêtes. » (p15)

Les préparations vont bon train, tout le monde s’y met et commence à avoir envie de ces vacances !

« Une atmosphère électrique règne à la maison. Tout le monde se prépare, unanimement rallié aux projets de Xavier. Il triomphe. Plus que deux jours. On finit les restes du frigo. On astique la maison pour, comme dit sa mère, « mieux la retrouver en rentrant ». Plus qu’un jour. On vérifie le stock de sous-vêtements et on boucle les valises. ça y est ! La vie, oh la vie !….( page 16)

Mais voilà ; une surprise terrible attend Xavier la veille de leur départ ; son visage est couvert de pustules. Le lendemain la doctoresse confirme ses pires craintes ; il ne partira pas en Ecosse. Le pire c’est que sa famille décide de partir sans lui et de le confier aux bons soins d’un étudiant trouvé in-extrémis. Mais, le dit étudiant, vient le matin et pousse un cri d’horreur (ou presque) en voyant Xavier. Il n’a jamais eu la varicelle, et n’a pas de temps à perdre puisqu’il est étudiant, justement ;0) (et ça se comprend quand je vois les heures dingues que ma fille consacre à ses partiels, et à ses études, fin de la parenthèse ;0) Bref voilà sa famille parti et Xavier tout seul dans leur appartement. L’étudiant a filé fissa, mais non sans lui promettre de lui envoyer quelqu’un dès le lendemain matin. Xavier passe sa première nuit seul et il n’en mène pas large (il a neuf ans faut dire). Ce qu’il ne sait pas encore c’est qu’il va avoir tout un échantillons de nounous diverses, qu’elles vont toutes lui apporter un petit morceau d’originalité et de plaisirs diffus, et que ses vacances finalement vont être formidable !!

J’ai vraiment adoré cette lecture (à partir de 7 ans) C’est vraiment très drôle ! Je dois dire que j’ai trouvé les parents assez indignes de partir ainsi sans leur loupiot d’à peine 9 ans mais ils seront bien punis ;0) J’ai adoré aussi cette brochette de personnages vraiment sympas et bien trouvés. Entre la jeune fille belle comme un coeur et guitariste, une autre (étudiante dans une école de cirque) qui l’est moins mais qui lui apparait tellement plus belle quand il voit ses talents et ses prouesses (et discrètement l’auteure fait comprendre aux enfants qu’il n’y a pas que le physique qui rend beau une personne). Il y a même une mamie qui lui apprendra à jouer à « blanche neige » (jeu consistant à ranger, et à nettoyer comme Blanche neige l’a fait avec les 7 nains ;0) Et une jeune femme très enceinte qui l’entrainera avec elle jusqu’à l’hôpital (passage que j’ai trouvé très drôle !). Bref vos enfants devraient y trouver leur bonheur, l’inverse m’étonnerait beaucoup !

Les fées du camping

Susie Morgenstern

Illustrations de  Jean-Charles Sarrazin, 87 pages

Collection Mouche de l’école des loisirs, édition 2007

Lu pour le challenge Petit bac d’Enna, catégorie VOYAGE

 

 

Publié dans Bande dessinée ou manga, Lecture jeunesse

Les carnets de Cerise, le zoo pétrifié, de Joris Chamblain et Aurélie Neyret

« Il était une fois… Quand j’étais petite, je me suis fait la promesse que si un jour, j’avais un journal intime, il commencerait comme ça.

Il était une fois… ben moi, Cerise !

J’ai dix ans et demi et mon rêve, c’est de devenir romancière. Ion truc à moi pour raconter des histoires, c’est d’observer les gens, imaginer leur vie, leurs secrets.

On a tous un secret enfoui que l’on ne dit pas, qui fait de nous ce que nous sommes… En ce moment, avec les copines, on observe quelqu’un de vraiment mystérieux… »

Quand les copines (et Jérôme) m’ont donné envie de lire ces petites BD (trois tomes, celui ci est le 1er) je m’attendais à un petit bonbon sucré, petit bonbon au miel et délectable. C’est le cas bien sûr mais pas seulement… Je ne m’attendais pas à lire une histoire aussi belle. Mais il vaut mieux rester vague pour vous laisser tout le piquant et la surprise de ces pages qui se dévorent. Cerise est un personnage qui a tout pour nous plaire, elle adore écrire et son rêve est de devenir romancière. Elle lit bien sûr aussi, énormément… Ce qu’elle aime  » c’est observer les gens, imaginer leurs vies, leurs secrets. On a tous un secret enfoui au fond de nous, que l’on ne dit pas, mais qui fait ce que nous sommes.  » ( extrait du carnet de Cerise, p 1)

Elle a la chance d’avoir pour amie Annabelle Desjardins, une romancière connue qui vit pas loin d’elle, dans leur petite village. Et n’oublions pas ses copines ; Line et Erica, très différentes toutes les deux, mais de merveilleuses compagnes pour faire les 400 coups. Il y a même l’élément indispensable pour une histoire mystérieuse et passionnante ; la cabane secrète, la géniale et parfaite, celle plantée en haut d’un arbre, au milieu de la forêt.

Rajouter à cela un perroquet coloré, un « Monsieur mystère », un mur immense qui cache bien des secrets et les carnets que tient Cerise et vous avez tous les détails pour faire une super BD pour les grands et les petits. Je le conseille d’ailleurs très fortement pour ces derniers. C’est tout à fait poétique et enchanteur. J’ai vraiment adoré les dessins pastels, doux et colorés qui donnent un peps incroyable au tout.  J’ai adoré aussi lire les pages des carnets de Cerise enrichit de photos, de collages, de dessins. Comment ne pas aimer ?? Cela me semble impossible ;0) J’ai vraiment passé un très, très joli moment avec Cerise et j’ai hâte de lire les deux autres tomes!!

 » Pour faire une bonne enquête, il faut récolter les faits (comme dans Sherlock Holmes)

– Monsieur Mystère ne va en forêt que le week-end

– Arrivée vers 10 h 00, départ vers 19 h 00

– On a trouvé un mur coupant la forêt en deux… y a-t-il un lien avec Monsieur Mystère ? (extrait du carnet de Cerise, p30)

Lu aussi (tous les tomes confondus) et beaucoup aimé par FondantOChocolat,  Jérôme, NouketteSandrine et Soukee ainsi que Syl Bladelor , Mango et Bianca, Milly

Publié dans Lecture addictive, Lecture jeunesse

Les 100 de Kass Morgan

« D’emblée, elle est frappée par les couleurs vives sans même distinguer de formes. Des bandes bleues, vertes et brunes d’ une radiance si intense que son cerveau a du mal à en faire sens. Une bourrasque de vent vient lui flatter les narines, charriant une fraîcheur et des odeurs que Clarke n’arrive pas à identifier. Lorsque sa vision se stabilise enfin, elle ne voit que les arbres. Il y en a des centaines, des milliers, comme s’ils s’étaient tous donné rendez vous pour accueillir leur retour sur terre. Leurs énormes branches sont dressées vers le ciel d’un bleu éclatant tels les bras levés d’une foule en délire. Et que dire du  sol… Il s’étend de tous côtés à perte de vue, d’une superficie au moins dix fois supérieure à celle du pont le plus long de la colonie. Cette quantité d’espace disponible reste encore inconcevable pour Clarke et elle se sent proche de l’étourdissement, comme si elle s’apprêtait à s’envoler et flotter;  » (p61)

J’ai procédé inversement de mes habitudes pour cette lecture ; j’ai d’abord regardé les épisodes de la série qui ont été tirés du roman. J’ai tellement aimé que j’ai eu envie de lire le livre. Ceci est le premier tome, il y en a 3 et le dernier vient juste de paraître. Pour l’instant je n’ai lu que le premier. Je dois dire avoir été assez déstabilisée par le fait que l’action, dans le livre, est bien inférieure à ce qui se passe dans la série. Mais en lisant le résumé des autres tomes j’ai compris que la saison 1 regroupe le tome 1 et 2, c’est donc beaucoup plus concentré en événements.  La série n’est pas tout à fait fidèle aux romans (comme d’habitude) c’est donc un peu surprenant de voir certains personnages disparaître bien plus vite que dans le livre, ou d’autres n’existant pas du tout dans le roman.

J’aurais donc préféré faire comme d’habitude, c’est à dire lire les romans avant. Ce roman est une dystopie (un genre que j’apprécie de plus en plus) la terre n’est plus habitée depuis des siècles, les terriens qui restent vivent dans une énorme station dans l’espace. Celle ci est gouverné comme la terre, il y a un chancelier qui régente tout et les règles sont très strictes, le moindre écart est sanctionné très sévèrement ; peines de prison et peines de mort. 100 jeunes, tous mineurs, tous promis à la mort après diverses entorses au règlement sont choisis pour être envoyés sur terre. Histoire de tester si la terre (prétendument radioactive) peut à nouveau être habitée.

J’ai beaucoup aimé cette lecture jeunesse, et j’ai très envie de lire la suite. Clarke est un personnage féminin très intéressant. C’est sur ses épaules que tout repose, sur le vaisseau, avant son arrestation (dont je vous laisserais découvrir la raison) elle étudiait la médecine, cela sera très utile pour la survie des 100. Bien sûr il sera question de rivalités, chacun voulant prendre le pouvoir, plus dans la série que dans le roman finalement. Dans le roman de fréquents retour en arrière viennent s’intercaler dans le récit de l’aventure, on en apprend ainsi beaucoup sur les différents protagonistes. Et puis, bien sûr, il y sera aussi question d’amour  mais ceci sans mièvrerie. Une lecture vraiment sympathique que je vous recommande. Les ados devraient apprécier eux aussi…

Lu par Mya Rosa ;  » C’est un livre qui se dévore. A aucun moment je n’ai trouvé le temps long. Je ne saurais vous dire quel personnage je préfère car ils ont tous su me toucher par leur histoire et leur façon de réagir face à cette situation exceptionnelle. J’ai aimé le courage de Clarke, la déterminations de Wells, l’amour sans faille de Bellamy pour sa petite soeur et j’ai été émue par l’histoire de Glass et de Luke. J’attends la suite avec impatience ! »