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Miss Sarajevo d’Ingrid Thobois, Rentrée littéraire 2018 #MRL18

 

Ingrid Thobois - Miss Sarajevo.

Le mot de l’éditeur ;  » Printemps 1993. Joaquim, vingt ans, débarque au milieu de Sarajevo assiégée. Armé de son seul appareil photo, il cherche à échapper à son enfance et à se confronter à la mort. Cette mort que vient de choisir sa jeune soeur Viviane, fatiguée d’expier dans l’anorexie un tabou familial jamais levé. Eté 2017. Joaquim apprend le décès de son père. Le temps d’un Paris-Rouen, lui reviennent en rafales les souvenirs de sa famille bourgeoise, apparemment sans défaut, verrouillée autour de son secret. En contrepoint, il revit les mois passés à Sarajevo, qui lui ont permis de se soustraire à l’emprise du passé et d’inventer sa vie. Mais peut-on réellement se libérer du fardeau familial ? Quel est, au bout du compte, le prix du non-dit ? Un roman qui mêle la grande et la petite histoire, et interroge la façon dont l’individu peut construire, en dépit des secrets de famille, son propre rapport à la vie. »

C’est étrange parce que voilà encore un roman sur un secret familial (voir mon billet précédent ; Grâce, clic). Où l’on voit à quel point un secret, des paroles non-dites peuvent avoir des répercussions terribles sur des individus. Au départ ça n’a pas été évident avec ce roman, je trouvais son écriture trop « froide », il y a une distance certaine qui s’installe avec le personnage de Joaquim, je le trouvais détaché, absent à lui même certainement. Le suicide de sa sœur a été quelque chose dont il a du mal à toucher la réalité, sans doute parce que c’est trop douloureux. Il y a le rapport avec le père aussi, qui est inexistant, en effet quand Joaquim apprend la mort de celui ci cela faisait plusieurs années qu’ils n’avaient plus de contact. La mère elle n’a pas survécu longtemps à la mort de sa fille. Joaquim lui ne dort plus qu’avec l’aide de la chimie, des années qu’il ne dort plus qu’avec la prise de somnifères. Il ne supporte pas non plus les fenêtres ou les baies vitrées qui s’ouvrent librement, il a besoin d’un garde-fou, ce n’est pas une histoire de vertige mais plutôt la peur d’un vide qui s’offrirait à lui (sa sœur s’est suicidé en se jetant du balcon de l’appartement parental), il est sujet à des tocs aussi, il a du mal avec les portes et les verrous  » A quarante-quatre ans, Joaquim connaît par cœur ce cycle harassant de la vérification qui accroît l’anxiété. » (p39) et il souffre d’acouphènes. Vous avez compris que ce n’est pas facile pour lui, nous avons tous nos valises mais celles de Joaquim sont lourdes à porter.

II y a certaines lectures qui sont une évidence, vous êtes tout de suite installés, confortable et à l’aise. Pour d’autres c’est plus compliquée, j’ai déjà ressenti cela plusieurs fois. Et ce sont souvent ces lectures là qui vous laissent un plus grand souvenir. Il y a parfois des styles qui vous résistent un peu, on a mal à ressentir les mots et les lignes et puis tout à coup la magie advient et enfin le livre s’offre à vous, ne vous repousse plus et alors, c’est comme si la lumière vous était donnée, vous êtes enfin admise, intégré.  Et c’est tout à fait ce que j’ai vécu avec ce roman, arrivée à la fin je n’avais qu’une envie ; le recommencer du début parce que j’avais enfin compris le langage de l’autrice.

L’autrice a, en effet, des phrases d’une beauté, d’une force, d’une vérité incroyable et l’on se dit alors ; mais oui bien sûr, c’est tout à fait cela. Et vous êtes touchés de plein fouet. Il y a des pages superbes sur le deuil, sur la guerre (j’ai particulièrement aimé les passages où Joaquim part à Sarajevo), sur les dialogues non entamés et qui rongent, sur le mystère finalement que sont nos parents et leurs vies, sur les coïncidences et les signes du destin, sur la réalité que l’on fuit.

Il y a aussi le fait que Joaquim est photographe et cela lui donne un regard accru, plus acéré sur la vie et les évènements. Sur le temps aussi. J’ai aimé cette phrase de Joaquim ;  » Et tu y crois, toi, à l’amour entre des gens qui ne se photographient jamais ?! » (p54) J’ai trouvé cela assez juste et pertinent. Au final j’ai noté un nombre incalculable (ou presque ;0) de passages et ça, en général (mais je parle d’une façon personnelle) c’est très bon signe. J’espère vraiment vous avoir convaincu de lire ce livre, j’en garderais un souvenir fort et corsé.

(PS je rajouterais des extraits demain, trop fatiguée pour le faire encore ce soir)

Lu par Antigone, Noukette, Saxaoul, Jérôme, Fanny, Kathel, Alex, Karine, Sylire. Krol,

Lu pour les matchs de la rentrée littéraire Rakuten 2018 Lu pour le challenge 1 % rentrée littéraire 2018 d’Hérisson 2/6

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Grâce de Delphine Bertholon

Delphine Bertholon - Grâce. Le mot de l’éditeur ; «  « Dès que je passai le seuil de la maison, je sus que quelque chose n’allait pas. »1981. Dans sa maison près de Villefranche-sur-Saône, la très jolie Grâce Marie Bataille, trente-trois ans, vit au rythme des retours de son mari, représentant en électroménager, lorsqu’une jeune fille au pair d’origine polonaise vient perturber une vie qui semblait jusque-là tracée à la craie…En 2010, Nathan, son fils, vient fêter Noël en famille. Mais cette année, tout est différent. Nathan apprend que son père, disparu sans crier gare trois décennies plus tôt, a refait surface. D’inquiétants phénomènes surviennent alors dans la maison familiale. Dialogue virtuel entre une mère et son fils à trente ans d’intervalle, Grâce invoque les fantômes, les secrets et les non-dits familiaux, sur le rythme staccato d’un thriller psychologique. « 

 » La vie est une suite de choix plus ou moins réfléchis, de hasards heureux ou malheureux, rencontres, bifurcations, prendre à droite, prendre à gauche, milles destins différents à chaque carrefour, et puis des évidences Tu étais, Cora, une évidence et si la vie nous a fait ce qu’elle nous a fait, jamais je n’ai regretté de t’avoir rencontrée…/… » (p144)

Difficile de parler de ce roman, en effet il faut avancer avec prudence de peur d’en révéler de trop. Il y a quelque chose de l’ordre du mystérieux dans ce roman, pas seulement au sens classique du terme, mais aussi quelque chose de plus abstrait, qui est en lien avec ce qui est là, dans l’air, autour de nous et que l’on ne peut pas toucher.  Quelque chose de l’ordre du ténébreux et du tragique de la vie qui, parfois, se met en route sans même que l’on s’en aperçoive à temps. Sans même que l’on puisse même faire quoi que ce soit avant qu’il ne soit trop tard. C’est l’enchainement des évènements, une pente descendante.

Ce roman m’a énormément touché, parce que c’est d’abord l’histoire d’une femme qui sombre parce que son homme ne l’aime plus et qu’elle a conscience de cela d’une façon extrêmement tangible. J’aurais voulu être là pour Grâce, l’a prendre dans mes bras, et lui murmurer des paroles apaisantes. Mais sans doute, cela aurait été loin d’être suffisant. L’histoire est tragique, terrifiante même. La fin du roman apporte une pirouette, mais elle est loin d’être moins tragique et terrifiante que ce que l’autrice nous avait laissé augurer. C’est l’histoire d’un secret de famille bien sûr, mais un secret que l’on est bien loin d’avoir imaginé. On se demande même comment Grâce à fait pour tenir debout, toutes ces années, en regardant grandir ses enfants. Il y a une atmosphère très forte, très marquée, et je vous l’ai déjà dit mais j’adore trouver ça dans un roman. Finalement c’est tout ce que je demande (ou presque ;0)

J’ai adoré également toute la partie sur Nathan, le fils de Grâce, il est très émouvant lui aussi. Il a lui aussi à faire avec sa perte et son chagrin (qui est très différent de celui de sa mère). L’extrait d’ailleurs est la voix de Nathan, c’est un personnage au large capital de sympathie, sa façon d’être avec ses enfants est vraiment très belle, très douce. C’est un homme sur lequel on aimerait s’appuyer (au contraire de son père d’ailleurs).

De l’autrice j’avais déjà lu « L’effet Larsen » (clic) que j’avais adoré aussi et c’est pour ça que ce roman est arrivé dans ma PAL, forcément ;0) J’espère vous en avoir dit suffisamment pour vous donner envie de le lire. Il a tout ce qui faut pour vous prendre dans ses filets, vous faire retenir votre souffle, vous apporter une angoisse et une peur certaine (pour celles et ceux qui rechercherait une lecture de ce type pour le challenge d’Halloween) mais il peut aussi être lu par celles et ceux qui n’aiment pas le fantastique, oui c’est vraiment une lecture belle et forte que vous ne regretterez pas.

Lu par l’Irrégulière (attention, elle en dit un peu plus que moi) ; « En tout cas une chose est sûre : j’ai énormément aimé ce roman, qui m’a beaucoup émue, voire bouleversée. Il s’agit d’un texte fort et dérangeant, terrible et angoissant, qui nous entraîne aux confins de la folie, mais pas seulement. Il y a une certaine dose de mystère, habilement distillée, et l’ambiance pesante et oppressante n’est pas sans rappeler, à certains égards, Les Autres d’Alejandro Amenabar (et d’ailleurs l’héroïne s’appelle Grâce, j’ai du mal à croire que c’est un hasard). »

Par Sylire ;  »  J’ai beaucoup aimé ce récit, fort bien mené et intelligemment construit. D’emblée, j’ai été envoûtée par l’atmosphère qui s’en dégage. La tension psychologique créée par la romancière m’a tenue en haleine jusqu’au dénouement, que je n’ai pas vu venir. Un très bon moment de lecture !  

Lu pour le challenge Halloween, le billet récap de Lou, le billet de récap d’Hilde, les blogs d’Hilde et Lou  

 

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Trancher d’Amélie Cordonnier – Rentrée littéraire 2018

Amélie Cordonnier - Trancher. Le mot de l’éditeur ;  » Des pages et des pages de notes. Tu as noirci des centaines de lignes de ses mots à lui. Pour garder une trace, tenter de les désamorcer, avec le pathétique espoir qu’ils aillent s’incruster ailleurs qu’en toi. » Cela faisait des années qu’elle croyait Aurélien guéri de sa violence, des années que ses paroles lancées comme des couteaux n’avaient plus déchiré leur quotidien. Mais un matin de septembre, devant leurs enfants ahuris, il a rechuté: il l’a de nouveau insultée. Malgré lui, plaide-t-il. Pourra-t-elle encore supporter tout ça ? Elle va avoir quarante ans le 3 janvier. Elle se promet d’avoir décidé pour son anniversaire. D’une plume alerte et imagée, Amélie Cordonnier met en scène une femme dans la tourmente et nous livre le roman d’un amour ravagé par les mots » 

 » Et si tu as peur, pourquoi tu restes ? Parce que tu es la « boxeuse amoureuse » d’Arthur H.. Celle qui danse quand elle s’approche du ring, esquive les coups. Absorbe tout. Encaisse les uppercuts sans jamais cesser de danser. Celle pour qui tomber ce n’est rien, puisqu’elle se relève, un sourire sur les lèvres. Tu es une boxeuse amoureuse. Qui l’aime. Quand même. Y croit encore. (p131)

Le livre commence par une scène pourtant très douce sur un quotidien familial ; il est 10 heures du matin, le soleil pénêtre par les baies vitrées, la narratrice et ses enfants sont installés à leur grande table de ferme, un truc massif, brut, solide et qui a du vécu, une table réconfortante quoi. Diverses affaires sont éparpillés ; gomme, crayons, cahiers, ect. La petite Romane dessine, Vadim, l’ainé, fait ses devoirs, tandis que leur maman déguste une tasse de thé. Le moment est doux, calme, serein. C’est l’image d’une famille ordinaire. Mais l’arrivée du père, Aurélien, dans cette scène idyllique change toute la donne. Alors qu’il met la musique à fond la jeune femme râle gentiment, baisse le son, en expliquant qu’ils ont besoin de calme pour travailler. Alors la phrase terrible, glaçante, menaçante déboule dans la cuisine et dans la tiédeur du moment ;  » Je suis chez moi, quand même, alors ferme ta gueule une bonne fois pour toutes, connasse, si tu veux pas que je la réduise en miettes. »(p15).

Le ton est donné, nous voilà entrant dans une histoire de brutalité conjugale, même si la violence restera verbale (il y aura tout de même un geste violent à un moment donné) mais non moins terrible. Aurélien ce jour là n’en est pas à son coup d’essai et la jeune femme replonge instantanément dans un maelstrom de souvenirs, de tourments et de violence.  Il y a sept ans la jeune femme était tombée en dépression pour les mêmes raisons ; la violence verbale d’Aurélien.  » Les gens disent qu’ils l’ont échappé belle. Mais quand tu repenses à ce qui s’est passé il y a sept ans, tu as plutôt le sentiment de l’avoir échappé moche »(p21). A ce moment là il avait suivi une thérapie et depuis sept ans Aurélien n’avait plus prononcé d’injures ni de mots méprisants. Malheureusement Aurélien a fini par retomber  dans ses travers et la jeune femme sait qu’elle ne tiendra plus une seconde fois. Qu’elle ne veut plus tenir, ni supporter. Elle sait qu’elle doit trancher. Et cela rapidement si elle ne veut pas y laisser son mental, son énergie. Elle se doit de préserver ses enfants surtout. A ce propos il y a d’ailleurs une scène très forte et bouleversante où l’on voit le petit garçon avoir une réaction violente avec sa sœur. L’enfance est en effet un déclenchant certain pour la vie future.

 » Que tout cela se reproduise, voilà ce qui te terrorise. Que cela se transmette de père en fils et s’incruste comme une tache indélébile. Quand Vadim dérape comme ce soir, cela te broie. Tu te dis que ça y est, c’est foutu, tout est perdu. Cet être que tu chéris plus que tout au monde, que tu as porté et que tu t’efforces d’élever, plus haut que les étoiles, à son tour il va maltraiter sa femme. Ses mots à lui aussi seront des rasoirs sous sa peau à elle et entailleront sa chair. Non ! Tu préfèrerais en mourir. Mais il paraît que le plus terrible avec la violence, c’est qu’on en hérite malgré soi. » (p102)

C’est un roman qui, forcément, prend aux tripes. Forcément émouvant. La jeune femme souffre beaucoup parce qu’elle est prise entre deux feux si je puis dire. Son homme elle l’aime, elle aime leur vie de famille à tous les quatre,  celle qu’ils mènent en dehors des insultes, parce que le plus difficile est qu’en dehors de ses crises Aurélien est un homme attentionné  » il assure qu’il t’aime tant. Peut-être. Mais si mal. « (p79) Parce que voilà les insultes elles sont là. Elle sait donc qu’elle ne peut plus lutter et qu’elle ne supporte plus la violence et le mépris d’Aurélien. Elle sait qu’elle ne tiendra pas. Pour survivre elle doit fuir, elle doit penser à ces enfants aussi. Quel avenir auront-ils s’ils ont tous les jours devant les yeux, l’exemple de l’attitude de ce père envers leur mère. Comment pourraient-ils se construire une vie saine avec une enfance pareille. C’est très dur d’être témoin de sa détresse et de sa déchirure. L’amour est encore là mais le quotidien qu’elle vit avec Aurélien est juste insupportable et vraiment douloureux. Aurélien a vraiment deux versants, celui d’un homme amoureux, tendre et qui veut son bonheur, mais il en a un autre, sombre, effrayant d’un homme qui dit des mots terribles, des mots qui font mal, des mots qui brisent. Un livre qui fait naitre beaucoup de questions, entre autres et la plus importante peut-être ; est ce vraiment de l’amour quand la situation est aussi douloureuse ? Quand un homme est incapable de retenir des penchants aussi dévastateurs, aussi violents et brutaux ?

Les mots de l’autrice sont forts, impossible de ne être touché. La violence verbale peut-être tout autant dévastatrice qu’une autre. Les mots peuvent toucher aussi fort que des coups, même si, bien sûr, ceux ci sont évidemment bien pire, mais on tomberait là dans un tout autre sujet. Un très beau roman, vraiment, dont il serait dommage que vous passiez à côté.

 » Quand on a pas le choix on prend sur soi. On fait avec et on finit par s’habituer. On s’habitue à tout. A perdre, à souffrir, à manquer. Tu le sais. (p120)

Un autre roman sur ce blog dans un sujet ressemblant ; « Cette nuit là » d’Isabelle Minière (clic). Et je prépare le billet de « Baines » qui reste très proche aussi.

Lu par Agathe, Joëlle, Au fil des livres,

Lu pour le challenge 1% rentrée littéraire 2018 d’Hérisson 1/6   

Publié dans Lecture jeunesse, Littérature Française

La pyramide des besoins humains de Caroline Solé

 » Les nuits suivantes, en cherchant les étoiles dans le ciel je pense parfois, beaucoup, mais pas passionnément, à reprendre un train et à rentrer à la maison. Seulement, je sais bien que ce n’est pas chez moi, là-bas. En soufflant dans mes mains pour me réchauffer, je m’accroche à cette idée qu’un jour, je me sentirai chez moi quelque part. Cet espoir me fera tenir jusqu’à ce que je trouve un bon carton. » (p16)

Un jour, Christopher 15 ans, a pris le « gnon » de trop. Alors il prend le train pour nulle part et partout. Que lui importe la destination, pourvu que ce soit loin de chez lui. Ce train l’emmène  à Berwick Street, à Chinatown. Christopher vit désormais dans la rue, il habite sur un carton. Il n’est pas seul pour autant ; il y a d’abord Jimmy, un vendeur de hot-dog à ses heures, qui le prend sous son aile  ; « il va devenir le meilleur des potes, le meilleur du meilleur qu’on peut avoir quand on touche le fond. Pas le bon camarade qui vous prête sa gomme et joue avec vous au foot dans la résidence, celui qui salue poliment maman à travers la fenêtre, non, Jimmy, c’est le genre de compagnon à vous tirer d’un carton au milieu de la nuit, subitement, pour éviter qu’une bouteille vienne se fracasser sur votre crâne. Un ami qui vous offre à manger alors qu’il fait des tas avec des pièces et que même ses dix tas ne valent pas le prix d’un repas. » (p18) Et il y a aussi Scratch-Scratch et puis Suzie. Un jour il s’inscrit à un jeu sur internet « la pyramide des besoins humains » qui est inspiré de la théorie d’un psy ; Abraham Maslow. Cela l’entraine, bien malgré lui, dans une spirale surprenante. Le voilà qui gagne une par une les différents niveaux  avec un nombre incroyable de votes pour lui.

Ce roman m’a ému énormément et bien plus pour le constat navrant de tous ses jeunes qui finissent dans les rues (pour moi c’est plus de cela dont il est vraiment question dans ce roman) plutôt que celui du pouvoir aspirant des médias, de ces jeux (de plus en plus monstrueux qui utilisent les êtres pour des raisons d’argent et de contrôle). Pour moi c’était une lecture douloureuse qui met le doigt sur, non pas sur les différentes raisons qui peuvent emmener une personne dans la rue, mais plutôt sur les différents strates et parcours qui font qu’on y arrive un jour.

 » C’est une forme de respect ; puisque tu te retrouve sur ce carton mouillé, je ne te ferai pas l’affront de te demander pourquoi. Forcément qu’il y a eu une catastrophe; Personne ne dort dans le froid et l’insécurité par choix. » (p91)

Christopher est un révolté (et cela sans doute bien avant de finir sur son carton) un garçon qui ne trouve pas d’intérêt réel à être intégré dans la société, avec tous ces travers qu’il lui attribue. Pour lui il n’y a pas vraiment d’échappatoire, même si sa famille lui manque parfois ; son petit frère surtout et même ce père qui le battait, il n’a pas envie de retourner dans le rang, ce qui pour lui signifierait perdre sa liberté ; pouvoir continuer à penser librement, garder sa propre personnalité, ne pas se laisser embobiner par des penseurs de bazar, c’est cela pour lui la liberté  » Pouvoir choisir précisément le mot qui sort de sa bouche, lui donner une teinte particulière, unique, qui reflète vraiment notre âme à un moment donné, c’est pourtant, selon moi, le plus grande des libertés. (p79). Dès lors on se demande comment tout cela peut-il bien finir, quel avenir pour un jeune homme qui vit dans les marges ?!

 » Les gars en marge, comme moi, ils vivent sur le bas-côté, car quelque chose a débordé. Malgré le joli cahier aux lignes tracées, le stylo a dérapé, il a filé dans la marge. Il y avait trop à écrire, un trop-plein qu’il fallait sortir. Et maintenant, on vit dans la rue. On a oublié la douceur d’un oreiller, d’une caresse, on ne parvient plus à dormir. » (p82)

Christopher n’est pas dupe,  il (sur)vit alors même que ses besoins les plus élémentaires sont vraiment réduit à leur plus stricte minimum. C’est bien preuve que les théories de ce fameux Marlow sont caduc.

 » Retourner vivre avec ma famille, je n’en ai aucune envie. Le lit douillet, le rôti, la télé, j’en ai soupé. On m’a gavé comme une oie dans son enclos. Et il ne manquerait plus que je fasse semblant, moi aussi, d’aimer cette existence où je dois allumer un écran pour assister à un événement trépidant et me sentir vivant. » (p117)

Il y a aussi ces passages très émouvants, ceux de ses souvenirs de vie à la campagne et des instants heureux qu’il passait avec son petit frère.

 » Mais, quand je sortais du lotissement, il suffisait de quelques enjambées pour rejoindre le saule pleurer près de la mare, les nénuphars et les grenouilles. Du vert olive sur l’eau, vert émeraude dans les vallées, vert amande en pigment dans le ciel. Les chevaux aux robes poétiques m’ouvraient l’appétit : bai, alezan, chocolat, crème, café au lait… Et surtout, un frangin à mes trousses qu’il fallait porter dans les champs boueux, soulever dans les airs pour cueillir le goûter et divertir les jours de chagrin. Je faisais le clown en classe car depuis toujours, mettre un nez rouge sur mon visage permettait de faire diversion. Quand, à la maison, le temps virait à l’orage, on s’éclipsait jusqu’à la mare, on se baignait dans un paysage bucolique qui changeait de couleurs chaque saison et dont les teintes chaudes me réchauffent encore le coeur.  » (p74)

A la fin du bouquin (que je n’aurais pas voulu autrement) on en vient à la conclusion que ce Christopher est vraiment un gars bien. C’est un pur qui ne se résout pas à vivre une vie aseptisée, un pur qui espère bien plus et bien mieux de la vie qu’un quotidien maussade, qui refuse aussi d’être écrasé par la nécessité de consommer encore et encore et d’être réduit à une marchandise monnayable par ceux qui tirent les ficelles. Evidemment, on en vient à espérer qu’il aura la vie qu’il estimera être la meilleure pour lui. Cette lecture est un vrai et un grand coup de coeur !

 » A Chinatown, je me lave au lavabo dans les toilettes publiques. Dans le miroir embué, je me revois asperger mon frangin d’eau de pluie dormante dans les nénuphars. On riait aux éclats en s’éclaboussant. Je me demande à quel moment j’ai bu la tasse » (p75)

« …/… des fissures, j’en vois partout, chez les paumés comme chez les passants » (p70)

Lu par Nadael, NouketteJérôme, Leiloona, Bladelor

Ce roman fait parti de mes lectures d’été (clic)

Ecole des loisirs (clic)

Collection Médium

Octobre 2016

Publié dans Lecture jeunesse, Littérature Française

Modèle vivant de Carole Fives

Carole Fives et Rascal - Modèle vivant.

 » Je trépigne. Mais ça fait déjà quinze ans que je trépigne. Quinze ans à maudire cette enfance qui n’en finit pas, où les autres décident tout et toujours à votre place, sans jamais vous demander votre avis. L’adolescence est ce long tunnel avec au bout une infime lueur, si fragile, la majorité, l’âge adulte où je me promets de vivre, enfin, comme je l’entends.  » (p49)

  Cette lecture va vite, très vite. Il faut s’accrocher au wagon et ne pas se laisser éjecter. L’impression d’être un peu sur une pente glissante et dont l’inclinaison serait toujours plus raide. Carole va vivre des jours intenses, dont la profondeur la marquera durant toute sa vie.

Il y a l’art dans ses pages, l’art plus fort que tout, qui régente une vie et des jours. L’envie de s’exprimer et de dire ce qui submerge les jours. Il y a un amour qui vient vite et qui bouleverse la vie.

Carole a une passion pour le dessin  » Ces mots, je les exprime avec le dessin, avec la rage du fusain, des couleurs, du trait » p28 (le roman commence d’ailleurs par un cours avec Ulrich, prof de dessin). Ces parents sont séparés, son frère est resté avec sa mère et elle même vit avec son père. Carole regrette d’ailleurs à ce sujet que les liens avec ce frère soient devenus moins soudés. Ils se voient peu, ont perdus un peu de leur complicité, et elle le regrette ;  » Julien et moi ne vivons plus ensemble et, d’une certaine façon, nous avons divorcé nous aussi. Nous ne nous voyons plus que pendant les vacances scolaires. » (p20) Arrive ce qui doit arriver, l’arrivée d’une belle mère pas très tendre, ni particulièrement bienveillante vient perturber la vie de la jeune fille. Son objectif c’est d’évincer Carole, la relation qu’entretient Carole et son père (forcément forte puisqu’ils sont un binôme) n’est pas du tout au goût de Josiane (la belle mère) et dès le début elle le fait savoir.

L’avenir pour Carole est donc un changement de lycée, de région, un déménagement donc, pour vivre à trois désormais. Carole voudrait profiter de ces vacances (direction les châteaux de la Loire) partagés avec son père et son frère, pour faire changer les projets de son père. Mais rien ne va se passer comme prévu. En effet elle va rencontrer un garçon, au coeur de l’été, au bord d’une rivière de Montrichard et le reste lui paraitra tout à coup très secondaire. Carole a quinze et elle n’a jamais eu de petit copain, c’est donc sa première rencontre amoureuse. Son père n’est pas quelqu’un de trop rigoriste et lui laisse la liberté de rejoindre ce garçon durant quelques jours avant la rentrée et ces jours là seront inoubliables pour Carole. Elle les portera en elle toute sa vie.

Ce roman est un roman jeunesse mais il peut tout à fait être lu comme un roman qui n’aurait pas cette classification. C’est beau, émouvant et on se sent très proche de Carole qui vit une intensité si singulière durant un très court laps de temps. Ces jours là sont comme une parenthèse hors du temps justement. C’est très fort et je garderais un souvenir puissant de cet été passé avec cette jeune fille (c’est une deuxième lecture pour moi, il faisait d’ailleurs parti de mon Top 10 jeunesse 2014, clic). J’espère vraiment vous donner l’envie de le lire !

« Quel plus bel endroit pour vivre qu’un atelier ! Comment se sentir mieux entourée ? L’odeur, les couleurs, tout vous rappelle à chaque instant l’essentiel : l’art, l’expression de soi. » (p75)

 » – J’étais en peinture reprend José, mais les profs ne comprenaient rien à mon travail. Il fallait toujours se justifier. Pourquoi j’utilisais telle couleur, pourquoi tel format, pourquoi tel sujet ? ça m’a vite gonflé. A un moment, je leur ai dit que si je peignais, c’était justement parce que je n’avais pas les mots. » (p42)

Lu par Nadaël également ;  » Un roman tour à tour rayonnant et grave sur l’adolescence, ses confusions et ses joies, sur l’art et la beauté, sur l’amour et la liberté, sur le deuil aussi. On ne peut qu’éprouver de l’empathie pour Carole et José, deux êtres terriblement émouvants et tellement « crédibles ». Roman d’autant plus poignant que l’histoire est en partie autobiographique. »

Modèle vivant

Carole Fives

Ecole des loirsis 2014

Collection Médium, conseillé pour 13 ans et plus

 Lu pour mon challenge projet 52, billet rattrapage 4 /52,  catégorie 3 ; relu intégralement

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Sauveur et Fils, saison 1, de Marie-Aude Murail

Marie-Aude Murail - Sauveur & Fils Saison 1 : .

Le mot de l’éditeur ;  » Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…  Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ? »

 » Les préparatifs pour transformer la cage en Bountyland occupèrent la soirée de Gabin et Lazare. Saint-Yves les observa en train d’imaginer le plaisir du hamster à se promener sur sa mezzanine et à faire des stocks dans sa maison. Non seulement les deux garçons étaient contents pour Bounty, mais ils étaient Bounty, grâce à cette merveilleuse ressource de l’âme humaine qui se nomme empathie.  » (p129)

Voilà ça y est, j’ai enfin lue la première saison de cette série jeunesse dont vous avez tant chantés les louanges. Et je comprends enfin pourquoi vous êtes toutes tellement tombés sous son charme ;0) C’est vraiment une lecture toute en tendresse, en capital sympathie aussi. Tout d’abord, comment ne pas craquer pour un psychologue qui s’appelle Sauveur ?! Et bien c’est simple ; on ne le peut pas :0) Sauveur Saint Yves n’a pourtant pas le profil de l’emploi ; 1 mètre 90, 80 kilos de muscles… Plutôt la carrure d’un catcheur ou d’un déménageur, n’est-il pas vrai ?

Et puis, fait très appréciable, cette lecture n’est en rien édulcorée, on ne prend pas ici les enfants ni les ados pour des imbéciles. Ce sont des problèmes graves qu’affrontent les petits (et les grands) patients de Sauveur. Malgré cela ce n’est en rien plombant, pas dramatique pour un sou (pourtant certains cas sont lourd, c’est dire le talent de M.A. Murail). Le ton est juste tout le long de ses pages. Par ailleurs il y a aussi l’histoire de Sauveur et de Lazare qui se déroule sous nos yeux. Lazare n’a plus sa mère, mais Sauveur est très très réticent à l’idée de lui en parler. Il y aura des pages aussi sur la martinique et une histoire familiale lourde à porter (vous savez comme j’aime ces histoires familiales compliquées ! )

Il y a aussi les petites notes amusantes et délicieuses avec le fils de Sauveur : Lazare. Lazare et ses hamsters, Lazare et son meilleur copain, Lazare qui est un petit garçon très curieux puisqu’il espionne son père et ses rendez vous derrière une porte mal fermée. On trouve d’ailleurs d’autres touches d’humour dans le roman, n’oublions pas que ces petites pépites sont écrites par Marie Aude Murail. Oui, voilà je suis fan je l’avoue :0) Vous trouverez d’autres lectures de l’autrice sur ce blog avec ces titres là ; 3000 façons de dire je t’aime (clic) et son adaptation des Grandes espérances de Charles Dickens (clic).

Vous l’aurez déjà compris mais je vous conseille cette lecture, à vous et à vos ados, très très fortement. C’est charmeur et délicieux et vous n’allez pas vous ennuyer une seule seconde (et j’ai hâte de lire la suite !!). Si vous avez encore besoin d’être convaincue je vous dirige vers les avis de ;

Za ;  » C’est du grand, du très grand Marie-Aude Murail que nous avons là.
A condition de faire abstraction de la couverture, certes. Marie-Aude Murail n’a pas son pareil pour dénicher l’humain, pour le rendre au centuple à son lecteur. Alors quel meilleur héros qu’un psychologue pour sonder les âmes ?…/… Toutes ces histoires sont regardées avec bienveillance par l’auteur/héros – tant il est clair que, de ce point de vue, Marie-Aude Murail et Sauveur ne font qu’un. Aucun jugement, mais la voix du narrateur, à la fois empathique et distanciée, insuffle humour et légèreté, là où il serait si facile de tartiner du désespoir. »

Bladelor   » Vous dire, peut-être, que je me suis sentie chez moi dans ce bouquin en un rien de temps, que j’ai dévoré ces pages qui me collaient aux doigts, incapable de m’en défaire. Vous dire aussi que j’ai trouvé la plume de Marie-Aude Murail exquise, avec un texte qui m’a fait penser à Miss Charity et Oh, boy ! Un texte drôle et tendre à la fois, un brin déjanté, mais sérieux dans le fond.
C’est une lecture qui fait du bien, une sorte de baume à l’âme, un roman-doudou. »

Cuneipage ;   » Partager le quotidien d’un psychologue est une mine pour explorer la notion même de contemporanéité et le ton est parfait : la plume se fait toute légère pour raconter les pires et c’est chaleureux en diable. Empli d’humour, de situations très justes, de personnages que l’on jurerait connaître, on voudrait ne jamais en sortir. Je recommande chaudement ! « 

Bouquinbourg ; «  Ces derniers temps, mes lectures me ravissent… Et celle-là remporte haut la main le prix de la lecture la plus enthousiasmante de la rentrée ! Je vous vois venir, ceux qui me connaissent bien : ce n’est pas uniquement parce qu’il y a un cochon d’inde sur la couverture ! Non, Sauveur & Filsest une petite pépite dont chaque page est un bonbon d’optimisme à savourer. « 

Nadael ;  » Gravité et légèreté se relayent, battant la mesure et permettant aux multiples histoires de se déployer et ainsi de se révéler. À ces histoires enchassées s’ajoute celle de Lazare et de Sauveur, la relation d’un père et d’un fils qui cheminent l’un l’autre vers l’apaisement. Beau. Vrai. Profond. »

Lu aussi par CathuluJérôme etNoukette. et j’avais oublié le dernier billet que j’ai lu, celui de Fondant,

Lu pour le challenge « Objectif PAL » dAntigone

Sauveur & Fils, saison 1

Marie-Aude Murail

Ecole des loisirs 2016

Publié dans Littérature Française

Ravage de René Barjavel

René Barjavel - Ravage.

 » Elle le regardait se découper, centaure noir, sur le ciel rouge, et ne doutait plus qu’il ne les conduisît au port. Lui semblait ne plus faire attention à elle. Une volonté d’acier, une clairvoyance exaspérée lui étaient venues devant le danger. La mort flambait partout. Il devait lui faire échec. »

Je n’avais pas lu Barjavel depuis très longtemps, depuis mon adolescence en fait où j’avais dévoré « Le grand secret » et « La nuits des temps »,  je me rappelle avoir trouvé le romantique très (trop ?!) marqué, cela m’avait étonné, bien plus que les histoires très (trop ?!) étranges finalement. Alors, qui m’a donné l’envie d’y replonger ?!! Et bien c’est Fondant (clic), qui lors d’un des derniers RAT l’avait lu avec grand plaisir me semblait-il. Si j’ai aimé ? De toute façon Barjavel ça se lit très bien, les pages se tournent presque toutes seules, tout s’enchaine parfaitement bien. L’histoire est dure, faut le dire, mais j’ai envie de dire que c’est plutôt logique puisqu’il est question (comme souvent chez Barjavel) d’une (presque) fin du monde. Certains scènes sont très fortes, je pense notamment à l’incendie qui ravage Paris, les habitants se consument, sauf quelques chanceux qui ont le temps de fuir. Les flammes sont d’une rapidité vraiment terrifiantes, elles sont telles des vagues de feu qui dévorent tout, et tous, sans aucun état d’âme. Une autre m’a marqué également, celle où une tempête de cendres (à la fois humaine, animale, végétale, ect) s’abat sur les fuyards, c’est une scène vraiment impressionnante, qui s’imprime en vous telle des images sur un écran. Et puis il y avait ce fait que j’avais du mal à assimiler ; celle de l’obligation de tuer si on ne veut pas être tué soi même. Jusqu’où serions nous prêt à aller pour survivre ? Cela pose de vrais questions.

Et puis Barjavel est tout de même assez visionnaire (ce livre date de 1943, et son roman se situe en 2052) je pense notamment à ce passage qui parle de l’élevage, disparu et remplacé par une culture chimique. Pour ma part je suis convaincue que l’on va vers une direction de ce genre, de plus en plus de personnes sont choqués (j’avoue que j’en suis) par le sort des animaux dans les abattoirs. Je pense fortement que la viande, telle qu’est proposé maintenant, n’existera plus.

 » L’élevage, cette horreur avait également disparu. Élever, chérir des bêtes pour les livrer ensuite au couteau du boucher, c’était bien là des mœurs dignes des barbares du XXe siècle »

Barjavel, à mon sens, veut surtout dénoncer  dans ce roman les dérives de la science et notre dépendance aux sources autres que celles naturellement offertes par la nature. Il  est vrai que notre confort dépend énormément(voir totalement) de l’électricité et pire encore, du nucléaire. Comment nous en sortirions nous si ces sources là disparaissaient du jour au lendemain, c’est ces questions là que Barjavel posent très simplement. Et sa réponse fait, franchement, froid dans le dos.

Lu pour l’objectif Pal d’Antigone