Une semaine en Novembre…

Ma dernière semaine de Novembre c’était…

Tout d’abord pas de connexion, et ne même pas profiter de ce temps libre pour lire plus…

Toute la semaine lire, tout de même, comme une lecture en reflet, le premier roman d’Anne Véronique Herter Zou  et  le retrouver, au fil des jours, de plus en plus hérissé de post-it tellement certaines pages semblent écrites pour moi…

Jeudi soir ; récupération du dit ordinateur et se précipiter pour lire les billets des copines… Baver d’envie en découvrant la dernière lecture d’Aifelle ; L’honnête tricheuse (clic) de Tove Jansson et comme en écho tomber sur le billet de Fondant O Chocolat, ce dimanche, qui parle de Moumine (clic)…

Vendredi ; craquage dans ma librairie pour, bien entendu, « L’honnête tricheuse »L'honnête tricheuse. de Tove Jansson et « Le dernier gardien d’Ellis Island » Le dernier gardien d'Ellis Island. de Gaëlle Josse et parcourir pour la 1ième fois cette année le marché de Noël de Mulhouse qui vient de s’installer…

 (clic sur la photo)

Samedi ; pouvoir dormir enfin et récupérer de quelques nuits difficiles…

Dimanche ; chez Fondant encore, (et en même temps le livre d’une blogueuse que l’on connait bien et dont la lecture me tente de plus en plus) découvrir ce superbe morceau d’un chanteuse inconnu pour moi ; Kate Price et l’écouter en boucle…

Bon dimanche !!!

Encore un retour…

Juste pour vous dire que me revoilà… Depuis lundi matin impossible à nouveau pour moi de me connecter, l’ordinateur a encore une fois fait un petit tour chez le spécialiste et je viens tout juste de le récupérer ce jeudi soir…

C’est donc reparti, me voilà à nouveau sur les rails ;0)

Merci pour tous vos commentaires durant mon absence !

Et rendez vous par ici dès demain… Pour l’instant j’ai juste une folle envie de faire un petit tour chez vous, ça m’a manqué :0)

Un dimanche couleur châtaigne…

Quitter la maison très tôt ce matin… Quitter la chaleur des murs et du feu de la cheminée que l’on a fait juste avant de partir… Mettre des vieux gants et une veste chaude…  La forêt n’a pas encore perdu ses couleurs d’automne, elle n’a toujours pas revêtu ses habits d’hiver… Prendre un petit chemin  tranquille, les feuilles mortes sont sèches sous nos pas, il n’a pas plu depuis plusieurs jours… Ramasser des châtaignes, s’en remplir les bras… Penser déjà avec gourmandise aux nombreuses façons de les cuisiner…  Rentrer pleine d’énergie, le nez rouge et les poumons emplis d’air pur… Se faire un thé brûlant, se servir d’un des délicieux escargots briochés à la cannelle. S’asseoir devant le feu, souffler doucement sur son thé pour le refroidir, regarder danser les flammes et se pelotonner à côté du chien bien fatigué de sa promenade matinale… Commencer une nouvelle lecture et se délecter de ce luxe inouï ; avoir du temps devant soi pour en faire ce que l’on veut…

Bon dimanche !!

Source des photos

Et finalement ce challenge d’Halloween 2014 ?

Pour bien commencer ce challenge d’Halloween je me suis tout d’abord fait un petit week-end tranquille, totalement dédié à la lecture… Je suis parti à la recherche d’un manuscrit maudit avec un américain très séduisant Allan Fox et sa conquête, très française elle. Je me suis concocté un super programme hyper alléchant, mais comme d’habitude je n’ai eu le temps de rien, ou presque… Je suis partie encore une fois dans un petit village de pêcheurs, mais pas aussi bien fréquenté qu’il en a l’air... J’ai fait un séjour  éprouvant dans le futur, dans une ville basse envahie par un brouillard dense, appelé « la Nox »… Un peu déphasé j’ai eu envie encore une fois de me chouchouter et encore une fois, d’entièrement dédié un week-end à la lecture… Tout cela, bien sûr, accompagnée par les copines !! Et c’était reparti pour encore une fois un voyage éprouvant, j’ai voyagé à la fois en Russie, dans un orphelinat à donner froid dans le dos, et j’ai regardé une femme et sa fille s’affronter, elles étaient totalement isolé par le brume et la neige… C’était glacial, j’en ai eu des frissons de long moments… Pour me changer les idées j’ai participé à deux enquêtes avec deux personnages plutôt très sympathique, maladroit parfois, mais drôle aussi. On a fait la connaissance d’un personnage plutôt effrayant, mais pas aussi méchant qu’il en avait l’air ; L’ankou…  Et nous sommes perdus dans la vallée des bannis, je n’étais pas aidé avec eux, pffttt, ils n’ont fait que se chamailler… Et puis je suis reparti dare-dare, cette fois encore dans un futur bien désespérant, il y avait des dieux, mi humains, mi animaux… Un univers complètement délirant et un homme avec une jambe d’acier. Il avait un beau regard, mais sa vie était décidément bien trop effrayante pour moi… Peu après j’ai fait un petit séjour dans une maison isolée, dans la montagne… J’ai donné la main à une petite fille qui m’a entraîné dans un drôle d’univers, habité par une sorcière terrible… Brrr… Heureusement on a eu l’aide d’un chat noir qui parlait, un peu hautain, mais au final très sympathique. Pour finir j’ai suivi un petit garçon et j’ai regardé avec beaucoup d’inquiétude ses drôles d’expériences.

Jean Dufaux et Jean-François Charles - Fox l'Intégrale Tome 1 : Tome 1, Le Livre Maudit ; Tome 2, Le Miroir de Vérité ; Tome 3,  Raïs el Djemat ; Tome 4,  Le Dieu Rouge.Nox Tome 2 : 'Ailleurs'. de Yves GrevetEsprit d'hiver. de Laura KasischkeSpirou et Fantasio Tome 27 : L'Ankou. de  FournierSpirou et Fantasio Tome 41 : La vallée des bannis. de  Tome et  JanryNikopol Tome 1 : La foire aux immortels. de Enki Bilal. de Neil GaimanFrankenweeniehalloween 2014 Un grand grand merci aux organisatrices Lou et Hilde et par ici le billet récapitulatif d’Hilde

Coraline de Neil Gaiman

 » Le lendemain matin, le soleil déjà haut réveilla Coraline en dardant ses rayons en plein sur son visage. L’espace d’un instant, elle se sentit complètement désorientée. Elle ne savait plus où elle était ; elle n’était même pas tout à fait sûre de savoir qui elle était. Il est étonnant de constater à quel point notre personnalité dépend du lit dans lequel nous nous réveillons le matin. Etonnant aussi, comme cette personnalité peut-être fragile » (p69)

Coraline, j’ai toujours eu une fascination pour elle… J’ai toujours voulu la lire. Le hasard a voulu que je vois d’abord le film, et depuis je l’ai revu plusieurs fois. C’est un film que j’adore ; inventif, merveilleux, effrayant et fascinant. Je pourrais garder exactement les mêmes mots pour le livre, oui exactement… C’est un monde et un univers tout à fait étrange et mystérieux qui s’ouvre à la fois dans les pages et dans les images du film. Pour une fois le film est extrêmement fidèle au livre et c’est une chose que j’apprécie vraiment. Je ne comprends jamais les cinéastes qui font souvent le choix de ne pas suivre l’auteur à la lettre. Je n’ai vu (si je me rappelle bien) que deux différences importantes ; le personnage du petit garçon n’existe pas dans le livre et il n’y est également pas du tout mention de poupées. Dans le livre il y a une scène très effrayante dans une cave, et un pique-nique dans un pré avec les enfants fantômes, que l’on ne trouve pas dans le film… Pas de grosses différences, comme je vous le disais.

Coraline vient d’emménager avec ses parents dans une vieille maison isolée. Ils ne sont pas les seuls à y vivre ; au dessus un vieux monsieur qui dresse des souris et en dessous deux anciennes actrices. La maison est mystérieuse à souhait et la première chose que Coraline fait c’est de l’explorer ainsi que le jardin. Ses parents la délaisse un peu, ils sont très occupés par leur travail. Un jour Coraline ouvre une porte condamnée et de l’autre côté il y a la réplique exacte de leur appartement. Identique mais pas tout à fait… Et chose encore plus étrange ses « autres » parents, sont des répliques exactes des vrais mais avec juste une différence notoire ; leurs yeux sont des gros boutons de chemise. Plus tard Coraline decouvrira qu’il y a encore bien d’autres différences entre « l’autre mère » et la vraie…

Voilà en gros pour le sujet. Mais il y a aussi dans ce roman ; des souris qui en savent beaucoup, qui mettent en garde et qui donnent des indices… De la pluie, de la pluie, de la pluie et un puits très profond. Un appartement qui contient  » 153 choses bleues, 21 fenêtres et 14 portes dont la quatorzième, une grande porte en bois sombre tout sculpté, dans un coin au fond du grand salon, est fermée à clef. » (p16) Une petite fille tout en couleur, en manteau bleu, une écharpe rouge et des bottes en caoutchouc jaunes (dans le film les cheveux sont bleus et le manteau devient jaune). Deux demoiselles au noms bizarres, qui lisent dans les feuilles de thé, et qui possèdent un caillou percé, qui cache bien des secrets. Une « autre » mère qui cuisine à Coraline tout un tas de plats alléchants et des chocolats chauds à se damner (c’est le cas de le dire ;0) Des enfants perdus et une créature-sorcière effrayante au possible… Un « chat noir à l’air hautain » qui parle et qui se révélera un allié très utile.

 » Un petit raclement de gorge poli la fit se retourner. Tout près, sur le muret, se tenait un grand chat noir, identique à celui de sa vraie maison.

– Bonjour dit le chat

Sa voix ressemblait à celle qui parlait dans la tête de Coraline quand elle pensait en mots, sauf que c’était une voix d’homme, et non de petite fille.

– Salut, répondit-elle. J’ai vu un chat qui te ressemblait en tous points, dans mon jardin à moi. Toi, tu dois être « l’autre chat ».

Mais l’animal secoua la tête.  » Je ne suis pas l’autre chat, ni l’autre ce que tu voudras. Je suis moi, voilà tout. » Il inclina la tête sur le côté et ses yeux verts se mirent à briller « vous autres, vous vous répandez partout. Nous les chats, nous savons nous tenir, si tu vois ce que je veux dire. »

– Euh…. Je crois oui. Mais si tu es le chat que j’ai vu chez moi, comment se fait-il que tu puisses parler ?

Bien que les chats n’aient pas à proprement parler d’épaules, celui ci fit le geste de les hausser. Il fut pris d’une espèce de tressaillement souple qui naquit au bout de sa queue pour s’achever dans un frémissement de moustaches.

– Je parle, c’est tout.  » (p39)

 

 » Coraline inspira profondément, puis fit un pas dans les ténèbres ou murmuraient des voix étranges. Tandis que le hurlement du vent résonnait dans le lointain. Tout à coup, elle eut la certitude qu’il y avait quelque chose derrière elle, dans le noir, quelque chose de très ancien et de très lent. Son coeur battait si bruyamment et si fort qu’elle s’attendit avec terreur à ce qu’il jaillisse de sa poitrine, elle ferma les yeux pour chasser les ténèbres. » (p50)

Pour conclure je dois dire que bien évidemment j’aurais préféré découvrir le livre avant de voir le film (ce que je fais toujours d’habitude), parce qu’il n’avait plus aucun mystère pour moi. Cela enlève forcément une partie du charme quand vous commencez une lecture en sachant déjà tout… N’empêche, j’ai tout de même appréciée cette lecture mais le film gardera définitivement mon adhésion ;0) C’est un film que j’aime revoir, encore et encore. D’ailleurs, je l’ai regardé encore une fois juste avant de faire mon billet. J’adore le personnage de la petite fille, si bien réussie. Cette maison totalement fascinante, qui a une personnalité folle. Les couleurs, la musique, un décor extérieur de montagne et de forêt sauvage, tout est à mon goût…

Lu pour le challenge « Halloween » de  Lou et  Hilde. Et pour le challenge Petit bac 2014 d’Enna lit, catégorie « Prénom » (deuxième ligne)

halloween 201491121022[1](Source des photos)

Des kilomètres et des kilomètres d’eau tourmentée, entre toi et moi…

8h55 sur la grosse horloge du salon. De cette retraite que je me suis imposée je t’écris. Je prends la plume et l’encre noire et je laisse la feuille se remplir au gré de mes pensées. Le froid ne me quitte pas malgré les ronronnements des nombreux feux de cheminée. Ce château est empli de courants d’air et de couloirs déserts. J’erre de pièces en pièces, en cherchant quoi ?!! La rédemption ?!! Celle qui ne viendra jamais ?!! Tu me me quittes pas, alors même que des kilomètres et des kilomètres d’eau tourmentée nous séparent, ce que l’on nomme océan… Ce matin j’ai déjeuné sur mon lit, dans les draps froissés. Je supporte de moins en moins la compagnie… La solitude me va si bien, elle m’habille, me réchauffe… Hier soir je ne suis rentrée que lorsque j’ai été aussi mouillée qu’un chien errant. La pluie me fait du bien, elle lave mes souillures et mes mauvaises pensées. Le bas de ma robe, ayant baignée dans la boue et les herbes hautes, était déchirée sur quelques centimètres. Mon chapeau sera sans doute hors d’usage désormais. Mais la lande m’a accueillie comme si j’étais elle, elle était superbe, envahie par la brume qui montait du sol glacé. J’aurais voulu ne jamais rentrer, ne jamais revenir… Toutes ces dames à la raideur figée, qui me donnent des leçons, qui voudraient m’apprendre à vivre… Que savent-elles de la vie, la vraie, celle qui brise, celle qui est telle un ouragan, celle qui entraîne… Que savent-elles de l’amour, celui qui coupe le souffle, celui qui donne de la fièvre…  Plus tard je descendrais dans le petit salon dont l’âtre est de taille raisonnable. Je m’installerais au piano et j’essayerais de m’oublier. Il n’y a, désormais, que lors de ses moments là que la douleur s’apaise et s’endort… Qu’y a t-il à dire de plus ?!!

L’or

Texte personnel, non libre de droit

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Esprit d’hiver de Laura Kasischke

  » Poussière, épuisement, c’était dans l’air ; quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux, répète cette phrase, pensa Holly. C’est un refrain, comme dans un poème, écris là, écris de quelle manière un visage fantôme a finalement pointé son nez en ce matin de Noël (ils avaient dormi si tard) et s’est dévoilé. Quelque chose qui avait été là depuis le début. A l’intérieur de la maison, à l’intérieur d’eux mêmes. Cette chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux. » (p17)

C’est le matin de Noël, Holly se réveille avec une impression désagréable, quelque chose lui colle à la peau, c’est glacial, diffus mais bien là. Elle voudrait s’ébrouer pour s’en débarrasser mais impossible, ça résiste, ça s’accroche. Il y a cette phrase leitmotiv qui lui revient sans arrêt ;  » Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux. » Elle n’a qu’une envie ; avoir le temps de l’écrire, il n’y a que comme ça, s’imagine t’elle, qu’elle pourra voir plus clair en elle et comprendre ce que cette phrase signifie.

 » Et Holly pensa alors : je dois l’écrire avant que cela ne m’échappe. Elle avait déjà ressenti ça plus plus jeune, l’envie presque paniquée d’écrire à propos d’une chose qu’elle avait entraperçue, de la fixer sur la page avant qu’elle ne file à nouveau. Certaines fois, il avait failli lui soulever le coeur, ce désir d’arracher d’un coup sec cette chose d’elle et de la transposer en mots avant qu’elle ne se dissimule derrière un organe au plus profond de son corps, un organe un peu bordeaux qui ressemblerait à un foie ou à des ouïes et qu’elle devrait extirper par l’arrière, comme si elle le sortait du bout des doigts d’une carcasse de dinde, si jamais elle voulait l’atteindre une nouvelle fois, voilà ce que Holly avait ressenti chaque fois qu’elle écrivait un poème, et pourquoi elle avait cessé d’en écrire. » Mon dieu, cette pensée était pourtant comme un poème, un secret, une vérité, juste hors de portée, Holly allait avoir besoin de temps pour arracher d’elle cette pensée et l’examiner à la lumière, mais elle était en elle, qu’elle en ait eu ou pas conscience avant ce moment. Comme un poème aspirant à être écrit. Une vérité insistant pour être reconnue. » (p12)

Mais Holly n’a pas que ça à faire, il lui faut penser avant tout au repas de Noël qu’elle doit préparer pour ses invités. Et puis il y a Tatiana quinze ans, leur fille adoptive à Eric et elle. Eric est parti dès le réveil chercher ses parents à l’aéroport qui font partis des invités. Mais il y a la couche de neige et le blizzard qui deviennent de plus en plus épais. Les routes sont coupés, toute circulation est devenue impossible. Aucun des invités ne pourront venir. Eric est coincé à l’hopital avec ses parents, puisque, comme pour rajouter à toute la confusion de la journée, sa mère a eu une petite indisposition. Holly et Tatiana sont donc complètement isolés, il n’y a plus qu’elles dans la maison.

L’impression de malaise ne quitte pas Holly, sa fille n’est pas comme d’habitude, elle est agressive, boudeuse, étrange. Holly essaye de garder son calme mais au fur et à mesure des heures elle a l’impression de perdre pied. D’autant plus que durant la journée, des souvenirs liés à l’adoption de Tatiana reviennent la hanter. Eric et elle l’ont cherché en Russie, en Sibérie. Ils avaient fait d’abord un premier voyage. Puis 18 mois plus tard, avait réitéré le voyage, pour enfin repartir avec elle. Ses souvenirs là aussi sont sombres, étranges. Ce voyage là Holly ne l’avait pas imaginé ainsi.

 » Bien que Holly fût surprise par tout le reste, tout. Et plus particulièrement par les superstitions, à l’orphelinat Pokrvla n°2, comme les bébés toussaient et avaient de la fièvre, les infirmières avaient demandé à Holly et Eric de porter des colliers de gousses d’ail suspendues à des bouts de ficelle grise, pour repousser les microbes ? ou… ?  » (p23)

Ce sentiment de malaise Holly n’est pas la seule à le ressentir, le lecteur partage tout cela avec elle. On est avec elle, à ses côtés, inquiète comme elle, la respiration se suspend, se fait difficile. Je l’ai déjà dit ici très souvent mais j’adore les huis-clos, cela justifie souvent à lui seul mon envie de lecture. Je suis incapable de résister à un huis-clos. Et là il faut dire que j’ai été servie. Ce huis-clos est un des plus réussis que j’ai eu l’occasion de lire. J’avais l’impression d’avancer lentement dans un long couloir sombre, avec juste la lumière d’une bougie faible et vacillante. Alors forcément, on avance doucement, prudemment, sans se précipiter ni se hâter. C’était tellement pesant que j’avais besoin de reprendre mon souffle régulièrement. Bien sûr il y a aussi la présence de la neige, envahissante, qui donne encore une touche d’étrangeté et d’isolement…

Je ne vous en dirais pas plus parce la lecture doit s’apprécier dans tout son mystère, il est plus judicieux d’avancer dans la lecture comme dans un brouillard et de prendre les informations au fur et à mesure. Même si j’avais deviné la fin pour avoir déjà lu l’auteur (je me doutais bien qu’elle nous réservait quelque chose de ce style), mais il y a tout de même une chose auquel je ne m’attendais pas du tout, quelque chose qui s’est rajouté à ce dénuement. Et ça m’a bouleversé, anéantie…. Pour en dire deux mots il y a une porte interdite qui s’ouvre et un regard d’une petite fille et son sourire… Impossible de l’oublier… Celles et ceux qui l’ont lu comprendront…

Pour finir deux citations qui m’ont touchée et bousculée, celle de Rilke d’abord ;  » Si mes démons devaient me quitter, je crains que mes anges ne prennent à leur tour leur envol. » (p206) et celle qui lui a donné son titre (que je trouve magnifique et très bien trouvé) de Wallace Stevens ;  » Il faut posséder un esprit d’hiver » (p213).

 » L’eau de la douche continuait de dévaler en un petit ruisseau chaud le long de la colonne vertébrale de Holly et elle eut l’impression que cette chaleur, cette eau, pouvait l’ouvrir comme une fermeture éclair. Elle l’imaginait à l’oeuvre, la chair s’écartant le long de la colonne, et ce qu’elle ressentirait ensuite en s’extrayant de son corps. Qui serait-elle alors ? Où irait-elle ? Elle se souvint alors qu’elle avait eu l’impression, le regard baissé sur le visage inexpressif de sa mère défunte, que cela pouvait se produire. S’échapper de son corps. Que le corps était une manière de cage. Que le moi, l’âme, ne vivait pas en cage. Que ne pas avoir de cage était le but, atteint dans la mort. » (p56)
 » Personne ne naît sans héritage.  » (p228)

Lu aussi par Aifelle et AntigoneMilly,  Romanza, ClaudiaLuciaEnna,  Alex,  Un livre un thé, et ma tasse de thé

Lu pour le challenge « Halloween » de  Lou et  Hilde. Et pour le challenge Petit bac 2014 d’Enna lit, catégorie « Moment, temps »

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