Zou ! d’Anne-Véronique Herter

 Le mot de l’éditeur ;  » Ce n’est pas seulement la maison de vacances appartenant à sa famille depuis plusieurs générations que Chance doit quitter, mais aussi tous les fantômes qui l’habitent, ceux de son imagination, ceux de son passé, ceux des histoires que lui racontait son père. Avec la perte de cette immense demeure, nichée dans un grand jardin séparé de la mer par un petit muret en pierre, lieu d’introspection privilégié de tous pour observer le bleu à l’infini, Chance perd également ses repères et se pose des questions quant à son identité.
Est-elle vraiment, comme l’a toujours dit sa grand-mère, la réincarnation de son frère qu’elle n’a pas connu ? « Zou », c’est le signal d’un nouveau départ, d’un renouveau qui s’impose comme une nécessité, un impératif de survie. « Zou », si simple à écrire, si court à prononcer et pourtant si difficile à accepter. »

 » Sa famille : le noeud gordien, à la fois l’oxygène et le poids qui l’étouffe. Le problème. » (p22)

On parle beaucoup de romans « Fell good » (des livres qui font du bien) en ce moment, je ne sais pas si ce roman peut être classé dans cette catégorie mais je sais qu’à moi il m’a fait beaucoup de bien… Je sais aussi que j’ai eu beaucoup de mal à me lancer à faire mon billet. Parce qu’il touche beaucoup trop de choses en moi, qu’il m’a touché au plus haut point et qu’il est très près de ma propre histoire. Alors vers quoi orienter mon billet sans que cela soit trop personnel ? Je ne le sais… Alors je vais juste être sincère et ne pas me me censurer. Alors ses mots là pourraient être les miens ;

« Petite dernière d’une fratrie de cinq enfants, son histoire est banale. Mortelle même ; elle est née trois ans après la mort de son frère, Frédéric. » (p46)

Mon frère ne s’appelle pas Frédéric mais je suis bien née trois ans après sa mort, et nous aussi sommes cinq, trois filles survivantes et deux frères morts. Mais je ne parlerais aujourd’hui que de celui qui est mort trois ans avant moi et qui aurait été si proche de moi en âge (mes soeurs ont toutes les deux rétrospectivement 10 et 12 ans de plus que moi). Cette phrase que j’ai donné en extrait dans le billet précédent (clic)  » j’ai appris très fort à aimer très fort quelqu’un que je n’ai jamais connu » est mienne. Il me manque… Il me manque infiniment et pourtant je ne l’ai jamais connu… Alors comment n’aurais-je pas pu être touché-coulé par cette lecture ??!! Et pourtant elle ne m’a pas plombé et c’est même tout l’inverse. Oui on peut avoir une histoire familiale lourde et oui on peut sortir la tête de l’eau. C’est ce que Anne Véronique m’a appris à sa façon… Chaque mot s’imprimait en moi, chaque mots (ou presque) étaient planqués en moi et n’attendait qu’à sortir prendre l’air… Anne-Véronique les avait écrits pour moi… Alors merci pour ça Anne-Véronique.

 » Quelle aurait été notre vie, si mon frère n’était pas mort, lui aussi ? Je me le demande souvent. Je l’ai imaginé mille fois : il devait être beau et secret, intelligent et courageux. Il devait être un ange. A neuf ans, on est forcément un ange. Je suis la seule de la famille à ne pas l’avoir connu, pourtant il me manque comme si c’était moi que je n’avais jamais connu. » (p30)

Cette question là moi aussi je me le l’a suis posé mille fois et comme le personnage je me suis souvent imaginée, lorsque nous partions à quelque part, en voiture, que s’il avait vécu nous pourrions être en train de rouler vers lui, vers sa maison pour passer une belle journée, ou quelques heures avec ce frère qui aurait pu être là, vivant parmi nous… Ou lors de fêtes familiales, avoir cette sensation de voir cette place vide, cette place vacante me fait souvent vaciller. Mon frère n’a pas eu la chance lui de vivre neuf ans, il est mort né, par conséquent personne dans la famille n’a eu la chance de l’avoir connu. C’est ma différence avec le personnage. Et d’autres aussi, mais dont je ne parlerais ici.

 » Le poids des choses, mes liens familiaux, ma grand-mère, mon frère, mon père, chez les morts. Ma mère, mes frères et soeurs, les gens que j’aime. Tous me lient. M’enchaînent. M’empêchent d’avancer dans ma propre histoire. Je dois m’en libérer. Je sais. Je dois me libérer. » (p73)

Nous avons tous nos valises familiales à porter, pour certains elles sont justes plus lourdes à porter que pour d’autres… Pour certains la sensation de liberté est peut-être plus facile à ressentir…

 » Du haut de mes vingt ans, je m’excuse encore d’être là;  » (p103)

Cette impression d’être là, alors que je ne le méritais pas plus que lui est quelque chose qui m’habite tous les jours…

Ces mots, page 105, que Frédéric adresse à sa soeur m’ont émue au plus haut point. Et ils m’ont fait du bien aussi, parce que si mon frère devait (pouvait) s’adresser à moi il aurait, j’en suis sûre, autant de bienveillance vers moi que cela…

 » C’est en respirant avec difficulté que l’on réalise que l’on respire. » (p120)

Oui sans doute… C’est aussi quand on ressent la douleur que l’on se rend compte le plus sûrement que l’on est vivant…

 » Est-ce toujours toi qui me parles, mon frère ? Celui que je ne connais pas, et qui me connaît si bien ? Est-ce toi qui te poses sur ma joue quand j’ai peur, quand je doute ? Est-ce toi qui me réchauffes de tout ton amour et de toute ta protection ? Est-ce toi à qui j’ai tant parlé, de qui j’ai tant rêvé ? (p137)

Et la réponse de Frédéric pour sa soeur, que j’ai décidé de prendre pour moi ;

 »  Regarde ta vie, regarde-la bien en face. Tu te laisses détruire par les vies des autres, celles des morts, celles d’avant, celles qui ne te concernent plus ! » (138)

 » Je vais te dire qui je suis, ma tendresse. Je suis qui tu veux que je sois. Je suis ton frère. Je peux même être ton père. Je peux même être ta grand-mère. Je peux être tous ceux que tu veux et qui t’ont aimée, car tu les portes, comme une preuve de ton origine. Je suis l’oeil bienveillant qui doit te dire d’avancer et de regarder devant toi, maintenant. Il est grand temps. » (p139)

Rien que pour cela ; merci Anne Véronique, ces mots m’ont donné l’impression d’un baume sur mon petit coeur ;0)

J’ai conscience que mon billet est peut-être décousu, un peu bancal et sans doute trop long mais j’espère que vous aurez eu la patience d’aller jusqu’au bout. Parce que c’est une lecture (même si votre histoire ne ressemble pas à la mienne) qui vous donnera du punch et du bien-être. Parce qu’elle est positive, bienveillante et réconfortante tout simplement. C’est lumineux, chaleureux, malgré la noirceur du sujet. On ressent tout l’amour dont la jeune femme à bénéficié toute sa vie. Une jeune femme dont j’aurais adoré me faire l’amie, on aurait des choses à se dire…. Elle pourrait être celle qui me donnerait ce petit coup vers l’avant, ce petit coup qui permet de rebondir… Cette lecture fait assurément partie de celles qui entrent dans votre vie, pour la changer indubitablement… Comme certaines petites bougies que l’on trouvent parfois sur le bord de son chemin… Cela m’a donné l’envie de prendre le taureau par les cornes, de parler (ou d’écrire) moi aussi de mon histoire familiale douloureuse… Il est peut-être temps…

Ce billet est naturellement adressé à mes deux frères dont l’absence m’accompagne tous les jours… Ceci est un peu la lettre que je ne pourrais jamais leur adresser…

Lu aussi par NouketteLeiloona, SophieStephie et l’Irrégulière, Saxaoul, Antigone,Sandrine

Et le site de l’auteure est juste par là (clic). Un grand merci aussi aux éditions Michalon clic) et un grand merci encore une fois à Anne Véronique pour ses mots et pour sa grande patience aussi ;0)

(pour laisser un commentaire cliquer sur le petit chiffre dans le petit rond, sous le billet)

 » L’écho des blessures familiales…  » extraits de Zou d’Anne Véronique Herter

« Notre maison bretonne. C’est chez moi. C’est beau, parfois effrayant. C’est gigantesque, mais suffisamment petite pour entendre l’écho des blessures familiales. Celles que l’on ne règle qu’en famille. Qui touchent le coeur des choses, les culpabilités, les remords, la responsabilité de chacun devant les morts.  » (p91)

 » Alors, tout naturellement, je parle aussi aux fantômes. Et naturellement, je les vois. Ils sont près de moi. Puisque j’ en suis aux confidences… Pour me calmer, je parle à Frédéric. Quand j’ai peur, je le sens contre ma joue. Quand je vacille, je le sens contre mon épaule. Quand je suis triste, je le sens derrière moi. Et quand je ferme les yeux, je le vois enfin. D’ailleurs, je l’ai toujours vu et je le verrai toujours. Des ombres qui passent, des souffles, il n’est distinct que dans mes rêves. » (p102)

 » Pour mes frères et soeurs, ça commence mal, mon premier grand frère étant mort avant que je n’arrive, j’ai appris à aimer très fort quelqu’un que je n’ai jamais connu. Il s’appelait Frédéric. C’est un prénom que j’articule rarement. C’est une photo en noir et blanc, figée sur le piano dans le salon, sur la coiffeuse dans la chambre, dans le bureau, à la campagne. Partout la même. Des anecdotes à son sujet et de belles histoires. On corrige l’injustice de sa mort par l’exagération de ses qualités. Dans la mémoire collective, c’est lui le plus intelligent, le plus beau, le plus réussi. En plus, je crois que c’est vrai. Nous avons tous essayé de mettre en avant un de ses traits de caractère, pour le refaire vivre à travers nous. Nous n’étions que de pâles copies. » (p 87)

Ce livre là est certainement celui qui m’a le plus bousculé, bouleversé, touché, l’année dernière. Cette histoire c’est un peu la mienne, certains mots je les reconnaissais comme si je les pensais moi même…

Je vous donne rendez vous demain ou après demain pour le billet complet.

Source des photos (clic)

(pour laisser un commentaire cliquer sur le petit chiffre dans le petit rond, sous le billet)

Vacances à l’anglaise de Mark Haddon

 Le mot de l’éditeur ; « Pour se réconcilier avec sa soeur Angela, Richard a l’idée saugrenue de l’inviter à passer des vacances au pays de Galles en compagnie de sa petite famille. Mais dans ce coin du bout du monde, il pleut sans discontinuer, le premier village est à des kilomètres, et les portables ne fonctionnent pas ! Quatre adultes, trois ados et un enfant, qui se connaissent à peine, se retrouvent coincés là pour une semaine.
Jeux de société, conversations de circonstances, promenades… En apparence, la cohabitation semble bien se dérouler. Mais intérieurement, chacun rumine de vieux griefs. De toute part on fomente des alliances, des conquêtes et des trahisons… avant de prôner la réconciliation. Bref, le bonheur des vacances en famille. Une brillante comédie de moeurs, un regard irrésistible sur les relations familiales, où l’on retrouve la patte de l’auteur du Bizarre Incident du chien pendant la nuit. »

 » Il n’avait pas eu l’intention de mettre le sujet sur le tapis. C’était comme de la terre contaminée ; tant qu’on ne creusait pas, il n’y avait aucun danger. » (p78)

Voilà une expérience de lecture étrange et surréaliste mais tout à fait réussi au final. Pourtant au début je n’étais pas du tout convaincue (au début de ma lecture j’étais tombée sur un billet de Cathulu  (clic) et nous avions eu un échange de commentaires ou je lui disais que j’étais un peu déstabilisée), j’ai eu du mal à me faire au style de l’auteur, il passe d’un protagoniste à un autre sans que cela soit très clair. Mais maintenant que je l’ai fini je peux vous dire que les personnages vous resteront longtemps en tête. Ils sont atypiques, d’une certaine façon dysfonctionnels, si j’osais je dirais même un peu disjonctés mais terriblement humains dans leurs fragilités et leurs côtés, justement, un peu bancals. J’ai adoré aussi cette ambiance de maison de vacances, partagée en famille, si bien rendue. On a l’impression d’y être. Cette grande maison dans la campagne anglaise, où la pluie s’invite parfois, où on vit les uns à côté des autres et bien ça donne  quelque chose de pas vraiment serein, ça bouge, c’est mouvementée et chacun de son côté se bat avec quelque chose. Parfois évidemment tout cela se mélange et ça explose évidemment…

Autant au début c’était difficile mais vers la fin je freinais un peu, je n’avais tout simplement pas envie de le finir et de quitter cette maison et cette famille. J’ai trouvé les personnages adolescents vraiment réalistes et bien croqués. Les thématiques de leurs problèmes sont sérieuses et loin d’être frivoles (comme c’est parfois le cas avec les personnages d’ados). On y rencontre le spectre de l’homosexualité (pas clairement défini) et celui d’ un harcèlement scolaire avec une photo prise sur le vif et partagé sur le net. Quand aux adultes ce n’est guère plus réjouissant, une jeune femme se débat avec un deuil non digéré et une autre a honte de son passé. Les hommes ne sont pas en reste mais j’ai envie de rester flou histoire que vous découvriez tout cela par vous même. N’oublions pas aussi le personnage de Benjy, le plus petit, qui malgré son jeune âge est déjà un personnage complet et très intéressant. Et puis le cadre est beau, ce qui fait que l’on prolongerait bien le séjour ;  » à bien y réfléchir c’était vraiment beau ici, cette immense cuvette verdoyante, les nuages qui changeaient de forme en se déplaçant, l’odeur du feu de bois.«  (p 33) Moi qui aime la pluie, comment ne pas être charmée par ce passage là, si poétique ;

 » Elle arrive, tel un immense rideau gris traîné depuis le sommet des collines, les champs maculés, assombris. Un bruit de gravier mouillé qui viendrait s’écraser comme les vitres. Les gouttières se remplissent et glougloutent, l’eau jaillit du pied des tuyaux de descente. Les gouttes ricochent en éventail sur le dossier du banc, sur les marches de pierre et sur le toit, lustré de la Mercedes. L’eau se rassemble et s’écoule dans les ornières de l’allée, elle dégouline dans la cheminée, elle tinte et pétille sur le métal brûlant du poêle, elle se faufile à travers le vieux mastic qui maintient les vitres à petits carreaux et forme des flaques sur les appuis de fenêtre. La pluie presque horizontale maintenant, vivant graphique de la force du vent. Tous les repères extérieurs effacés, plus d’horizon, plus de lignes stables. La maison a décollé, l’orage l’emporte et la fait voler sur une substance qui n’est ni tout à fait de l’air ni tout à fait de l’eau…/…. » (p232)

Et puis j’ai adoré ce rapport si complice entre les frères et la soeur,  Alex, Daisy et le petit Benjy comme dans ces passages là ;

 » Alex lui prépara une assiette de fromage et de galettes d’avoine avec un assortiment de sauces et ils s’assirent côte à côté pour manger, leur solidarité rayonnante expulsant peu à peu tous les autres de la pièce, à part Benjy. » (p263)

Alors Benjy se leva du banc, fit le tour et vint s’asseoir de l’autre côté de Daisy, il passa son bras autour d’elle et dit ; Daisy sandwich, parce que c’était ce qu’ils lui faisaient, avant, quand il avait du chagrin. Ils se serrèrent les uns contre les autres, puis se lâcherent. » (p264)

Tellement émouvant le dessin, que Benjy lors du départ, laisse dans le livre d’or ;

 » Il passa vingt minutes à couvrir une double page d’un dessin compliqué de la maison et du jardin. Le crâne de cheval, la mare avec le frai de grenouilles, les lettres G et F entrelacées dans le fer forgé ornemental rouillé de la grille, au pied de la colline. Tout le monde admira le dessin, il était super, meilleur en un sens qu’un vrai dessin d’adulte, les lignes de traviole, l’échelle bizarre, les détails excentriques, parce c’était l’image qu’ils conserveraient tous de cet endroit, rien ne sera tout à fait conforme à la réalité, des éléments ajoutés, des éléments retirés. Le poêle occupera une grande place pour Angela, la remise pour Alex. Tout le monde oubliera la girouette en forme de renard. » (p338)

Je crois que j’ai eu autant de mal à partir que les personnages (peut-être plus ;0) D’autres passages que j’ai adorés ;

 » Elle se regarda dans la glace et reconnut l’animal enfermé en elle qui grandissait, qui mangeait, qui réclamait. Elle aurait tellement voulu avoir l’air quelconque pour que le regard des autres glisse sur elle. Maman avait tort. Le problème n’était pas de croire ceci ou cela, ce n’était pas une question de bien ou de mal, de justice ou d’injustice. Il s’agissait seulement de trouver la force de supporter l’embarras indissociable de l’existence dans ce monde.  » (p36)

 » Elle regarda autour d’elle. Un paysage nu et désolé, on ne voyait plus aucun champ désormais, juste une lande de montagne déserte, au loin, les collines noires sous le ciel massif blanc cassé. Où était sa veste ? L’enfer ressemblait peut-être à cela. Pas de feu, pas de cohorte de démons, mais un nulle part glacial et vide, le coeur aspirant désespérément à un peu de chaleur, un peu de compagnie, et l’esprit le sermonnant ; ne te leurre pas, tu ne les trouveras pas ici.  » (p203)

J’ai franchement adoré cette lecture et cette famille fera partie désormais de mes intimes, je ne les oublierais pas de sitôt. J’espère vous avoir convaincus de vous lancer dans cette lecture, oui vraiment…

Vacances à l’anglaise

Mark Haddon

Traduit de l’anglais par Odile Demange

Editions du Nil, 2014

 Pour le mois anglais chez  Lou, Titine et Cryssilda

 

Sans âme, le protectorat de l’ombrelle, Tome 1 de Gail Carriger

Le mot de l’éditeur ;  » Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ? »

Billet rattrapage, lecture janvier-février 2011 (explication par ici)

 » Ecoutez moi bien, je vais utiliser quelque chose de bien plus fort que des sels » gronda la voix dans l’oreille gauche de mademoiselle Tarabototti. Elle était grave et teintée d’une trace d’accent écossais. Si elle avait eu une âme, Alexia aurait tremblé et eu des pensées primitives de singe où il était question de courir vite et loin sous la lune. Au lieu de quoi, elle poussa une exclamation exaspérée et s’assit.  » (p12)

Voilà une lecture qui date un peu (beaucoup) mais la bonne nouvelle c’est que mon brouillon attendait gentiment son heure dans mon petit carnet (j’en ai d’ailleurs encore quelques uns sous le coude entre autres ; « Dans l’ombre et la lumière  » et « Zou » bien sûr). Mais j’avais déjà envie de vous en parler l’année dernière à l’occasion du mois anglais parce que c’est vraiment la lecture idéale pour ça, c’est terriblement british (les personnages sont intraitables par exemple sur l’heure du thé ;0)

Alors pourquoi donc j’ai tellement envie de vous tenter avec cette série (5 tomes, pas la mer à boire ;0) ;

C’est terriblement drôle, rafraîchissant et piquant à la fois. Certaines scènes sont vraiment irrésistibles, c’est délicieusement coquin et comme je le disais juste au dessus extrêmement british. Les personnages sont vraiment croqués avec beaucoup d’originalité, je les ai adorés, surtout Alexia Tarabotti (déjà rien que son nom est vraiment craquant, n’est-il pas vrai ;0) J’ai adoré son dynamisme, son drolerie, sa tendre maladresse et son côté complètement loufoque. Et que serait Alexia sans son ombrelle ?!! Et bien rien du tout !! Lestée de chevrotine, je peux vous dire qu’elle est loin de servir uniquement à protéger Alexia du soleil :0)

Mais n’oublions surtout pas le fabuleux et sexy en diable Lord Maccons

J’en vois là au premier rang (si, si je les vois, inutile de nier…)  qui chuchotent et qui seraient tentés de faire un mauvais jeu de mots sur ce nom là, mais croyez moi ce n’est pas du tout le type d’homme à accepter cela ;0) C’est un écossais au sang chaud qui ne rigole pas (pourtant il aurait bien de quoi avec sa miss Alexia).

Mais de quoi est-il question dans ce livre finalement, à part d’ombrelles ? Et bien d’abord de vampires, de loup-garou, d’une « sans âme »  ; à son contact toute créature surnaturelle perd instantanément ses pouvoirs ce qui, vous l’admettrez, est bien pratique quand un vampire se jette sur vous tous crocs dehors. Cette première scène est d’ailleurs franchement cocasse, alors qu’Alexia se faisait une fête de savourer une tarte à la mélasse voilà que celle-ci finit sous les fesses d’un vampire. Vous avouerez qu’il y a là de quoi mettre vraiment en colère (à elles seules les 1ières pages valent leur pesant d’or ;0) Mais j’en vois là qui font la grimace et qui rechignent, mais non ne me quittez pas, les yeux au ciel et l’air excédé, il y est aussi question d’Alpha, de Bêta (je suis sûre qu’il doit il y en avoir dans votre entourage, mais si, cherchez bien…) de ruches et de reines (de vampires évidemment) mais aussi de drones, de dirigeables et de porte-clefs (je préfère être clair ; sachez bien que ces porte-clefs là n’ont absolument rien à voir avec ceux de notre quotidien dont nous faisons l’usage !!) Oui, vous l’avez bien compris c’est vraiment une faune étrange et exceptionnelle que vous allez rencontrer là, mais c’est ça qui est très amusant, et je vous le dit, on ne le lâche pas ce premier tome, comme dirait Clarabel, il colle aux doigts !!

Ce roman fait partie de la famille des « streampunk » (ne me demandez pas ce que ça peut être, je n’en ai aucune idée ;0)

Une lecture goûteuse, à la fois bouchée fine en bouche et absolument délicieuse… Mais aussi terriblement bienfaisante, qui fait un bien fou au moral et totalement addictive. Une lecture que je classerais dans ma catégorie « bonbons au miel » alors comment refuser ça…. Franchement ?!!!

Ou je me rends compte que j’ai complètement remodelé mon brouillon, je me suis totalement immergée lors de ma rédaction dans mes souvenirs (qui restaient très vif malgré le temps, comme quoi certaines lectures, même légères, nous marquent réellement) et franchement c’était délectable, oui vraiment,  de me  replonger dans ses souvenirs là, tellement que je vais probablement me plonger très vite dans la suite :0) Et mince, mince, mince… me voilà une folle envie, aussi, de relire ce premier tome…

 » Mademoiselle Tarabotti n’était pas une de ces demoiselles qu’on trouvait partout, en réalité, elle était tout le contraire. Plus d’un gentleman avait déclaré que la rencontrer pour la première fois, c’était avaler une gorgée de cognac très fort alors qu’on s’attendait à du jus de fruits. Ce qui signifiait qu’elle était surprenante et capable de vous laisser une sensation de brûlure tout à fait caractéristique. » (p32)

Lu aussi (et apprécié) par Syl, ClarabelSandy, Bladelor, KarineCécile,  Adalana.

Le site de Gail Carriger (clic) (dont les illustrations de ce billet sont issus)

Sans âme, le protectorat de l’ombrelle, Tome 1

de Gail Carriger, traduction de l’anglais par Sylvie Denis

Editions Orbit 2011, livre de poche en 2012

 Pour le mois anglais chez  Lou, Titine et Cryssilda

Quelques notes et le programme de la semaine à venir…

Voilà ce que vous verrez sur le blog cette semaine ; d’abord pour le mois Anglais ;

Sans âme, le protectorat de l’ombrelle (clic) de Gail Carriger

Vacances à l’anglaise (clic) de Mark Haddon

et si j’y arrive (sinon ça sera reporté à la semaine suivante)

Zou d’Anne Véronique Herter (clic)

Voilà pour les mots et maintenant les notes ;

« Dans la chambre des toujours, je n’ai pas fait l’amour mais j’y ai pensé seule dans mon grand lit de fée sous une voûte argenté les roses de l’été ont parfumé ma nuit dans la chambre des toujours,
ton visage flotté dans mes rêves d’été à parcouru
mon corps et ma nuit esseulée j’ai cru un peu te toucher dans mon sommeil isolé j’ai même entendu un accord dé-emporté des temps à perdre dans la nuit le matin blanc attendre que l’on se perde éblouir et suivre les rivages d’antan des temps à perdre la nuit.

Si, tu revenais un jour dans la chambre des toujours un mot sur le lit de fée t’indiquera où me chercher sur la table de chevet tu trouveras ton portrait un peu grisé par la poussière des traces de mes doigts sur le verre. »

Extrait « La chambre des toujours » de Babet

Très bon dimanche à tous et à toutes !!!!!! J’ai eu très peu de temps pour moi fin de semaine et hier nous avons travaillé toute la journée chez mes parents. J’espère avoir plus de temps à consacrer au blog la semaine prochaine ;0)

Vos billets les plus tentateurs du mois de Mai

Littérature ;

Sous la terre chez Gaël et Emma

Apnée, une magnifique association de mots et de photos (pile pour moi) chez Aifelle? Chez ClaudiaLucia aussi (ce billet m’avait échappé)

Les intéressants chez Un autre endroit, par là aussi, chez Clara, chez Cuneipage

Les 4 saisons de l’été chez Leiloona

Un roman anglais chez Clara

Jardins de papier chez Dominique

Mon amour  chez Noukette et aussi chez Charlotte, ClaraLeiloona, Sabeli etSophie

ça aussi, ça passera chez Cathulu, chez Clara aussi, de mots pour mots, l’Irrégulière,  Framboise (chez Noukette)

Vivre, penser, regarder chez l’Irrégulière (déjà dans ma PAL depuis un p’tit moment)

Un été avec Louise chez Fondant O Chocolat

Diane dans le miroir  chez Antigone (et un extrait) et Le petit carré jaune

L’importun chez l’Insatiable Charlotte , chez Clara et Des livres et moi, chezBlablablamia, Gwenaëlle

Le coeur entre les pages chez Keisha, chez GwenaëlleFaëlis

Les secrets de Thornwood House chez Bianca

Ados 

Broken  Soup chez Clarabel

Nous les menteurs chez Clarabel

La pyramide des besoins humains chez Noukette, Jérôme, Leiloona, Bladelor

Lectures jeunesse ;

Une journée avec Mousse chez Gaëlle

Abris (album) chez Moka

Le lutin du cabinet noir chez Nadael

Le club des cinq au bord de la mer chez FondantOChocolat

BD ;

Racket chez Sandrine

Recettes ;

Crevettes au paprika chez Posie Gets Cozy, la recette par là

 

Divers ;

Il est aussi question de maison chez Milly, des extraits de Denis Pelletier

Une maison comme j’en rêve chez Sandrion

Un texte qui m’a ému chez Gwenaëlle ; Sous le tilleul

Un jardin, des volets bleus et une certaine philosophie du bonheur chez Fondant O Chocolat

Et moi je vous dis ; rendez-vous le mois prochain ;0)

Source des photos

Bilan du mois – Mai

Cela s’améliore un peu pour ce mois de mai, 6 lectures à mon actif (chouette pour ma PAL ;0) Tout d’abord un livre jeunesse magnifique, que je recommande très fortement et que j’ai adoré ; « Tous les héros s’appellent Phénix » de Nastasia Rugani. Je continue ma relecture du « sommet des Dieux de Jiro Taniguchi avec le tome 3″ et je vais enfin pouvoir attaquer les tomes 4 et 5 que je n’ai pas encore lu !! Un tout petit livre mais dont j’ai vraiment adoré la lecture, une histoire d’amour très douce et un style particulier qui m’a emporté ; « Sonate d’été » de Virginie Reisz. Des vacances mouvementées, dans une grande maison à la campagne et de la pluie parfois, une famille un peu disjonctée, mélanger tout cela et ça donne un cocktail explosif et une lecture qui m’a enchantée (alors qu’au début ce n’était pas gagné) ; « Vacances à l’anglaise » (clic) de Mark Haddon. Un recueil de nouvelles japonaises, les nouvelles c’est pas trop mon truc, donc comme d’habitude ni plus, ni moins. Certaines m’ont plu d’autres pas ;
« La mer »
de Yôko Ogawa. Pour finir, une BD sur laquelle je me suis jetée ce week-end suite à la rédaction de mon billet du 1er tome  ; « Les carnets de Cerise Tome 2 Le livre d’Hector » de Joris Chamblain et Aurélia Neyret. Et encore une fois j’ai été conquise !

Source de la photo 1 et de la photo 2

Tous les héros s'appellent Phénix. de Nastasia Rugani   Le sommet des dieux Tome 3 : . de Jiro Taniguchi et Baku Yumemakura   Sonate d'été. de Virginie Reisz  Vacances à l'anglaise. de Mark Haddon  La mer. de Yoko Ogawa  Les carnets de Cerise Tome 2 : Le livre d'Hector. de Joris Chamblain et Aurélie Neyret