Publié dans Littérature étrangère

Le murmure du vent de Karen Viggers

 

Karen Viggers - Le murmure du vent.

Le mot de l’éditeur ;  » Quand Abby rencontre Cameron, tout en lui l’agace. Biologiste, elle arpente seule la vallée des monts Brindabella pour observer le comportement des kangourous. Il est un jeune journaliste en quête d’un article pouvant susciter la polémique. Quand il cherche à la revoir, elle fait tout pour l’éloigner. Pourquoi prendrait-elle le risque d’être à nouveau blessée par la vie ? Un jour, elle rencontre une vieille dame, Daphne, qui a passé sa jeunesse dans ces montagnes et vient régulièrement se ressourcer dans cette nature si chère à son coeur.  Malgré leur différence d’âge, les deux femmes se rapprochent. Avec délicatesse, Daphne essaye de sortir Abby de son marasme. Leur amitié leur permettra peut-être enfin de se libérer du passé et de sourire à l’avenir « 

 » Elle se laisse bercer par le roulis de la voiture qui enfile les larges courbes des virages à travers les collines. On est déjà loin de la ville, le paysage déploie ses vastes étendues pelées qui ont engendré un peuple robuste ; des gens durs à l’extérieur mais dont le cœur est tendre et l’attachement à la terre féroce. Aucun d’eux ne voulait la quitter, mais ont-ils eu le choix, finalement, quand le gouvernement leur a racheté leurs parcelles ? Une signature sur un bout de papier et vos droits sont caducs. Et quand tout le monde est parti, que faites-vous ? Vous ne pouvez pas rester là comme une sauterelle sur un champ de neige. Il faut migrer ailleurs. Et ce n’est pas la même vie dans un monde de béton, où les seuls arbres sont ceux qui bordent les rues, où l’on respire l’air vicié des climatiseurs. Le confort vous ramollit et vous vous en voulez. »  (p82)

Cette lecture ne fera pas partie de mes lectures les plus transcendantes de l’année, et, il faut bien avouer qu’il ne m’en reste déjà pas grand chose (j’ai lu ce roman en février, heureusement j’avais rédigé à ce moment là un petit brouillon). Ce que j’ai aimé c’est le dépaysement qu’il m’a apporté, l’Australie est un pays fascinant à mon sens et j’ai été ravie d’y faire un joli voyage. L’autrice fait quelques belles descriptions du paysage et de sa faune. Elle consacre plusieurs pages sur les kangourous, Abby en effet est une biologiste spécialisée sur ces animaux et elle est chargée de les surveiller. Ils sont malheureusement pour eux en surpopulation et certaines pages sont un peu délicates à lire sur ce sujet là. Parallèlement à cela il y a la rencontre amoureuse entre Abby et Cameron. J’avoue avoir été un peu agacée par l’attitude d’Abby, j’ai trouvé qu’elle allait un peu loin dans ses voltes faces. Et le pauvre Cameron en prend pour son grade avec la façon qu’Abby a de lui souffler le chaud et le froid. Il est vrai qu’elle a des circonstances atténuantes, en effet son enfance et la perte de sa mère,dont les conditions de la mort ont été particulièrement douloureuses pour Abby. D’ailleurs, maintenant, je fais un peu un parallèle entre la mère d’Abby et celle d’Hildur dans le roman « J’ai toujours ton coeur avec moi », mères inaptes toutes les deux, un clic pour cette lecture). Mais je préfère ne pas en dire plus par rapport à cela.

Le côté romanesque entre Abby et Cameron ne m’ont pas particulièrement touché vous l’avez compris. J’ai préféré, et de loin, l’histoire de Daphné qui est vraiment passionnante, avec elle il est question de déracinement, d’attachement total à une terre et à une nature sauvage qu’elle aime passionnément. Il est question d’expropriation fait par le gouvernement (c’est incroyable d’ailleurs cette impunité). Son homme n’y survivra pas et elle même souffre d’avoir été arraché à cette terre et cette nature au cœur duquel elle vivait si sereinement. Ce sont des pages qui m’ont vraiment révoltées. C’est vraiment ce que je retiendrais de ce roman, cette injustice là. A la fois pour les aborigènes et pour les colons eux mêmes pour qui le gouvernement finira par faire le même traitement (Daphné le verra peut-être toujours comme un juste retour des choses, elle qui s’est toujours senti coupable du traitement fait aux aborigènes). Daphné est vraiment un personnage très émouvant et entier. C’est elle qui est vraiment le cœur du roman et qui éclipse finalement celui d »Abby.

Au final il est question d’écologie, d’amitié, d’amour, d’enfance douloureuse, de pertes qui n’en sont pas moins, et d’attachement total à une terre et à une nature forcément attachante ; «   La manière dont la terre vit en nous… Elle vous possède, et vous ne pouvez pas la lâcher. » (p390) C’est une lecture qui m’avait vraiment plu et inspiré sur le moment, très agréable et fluide, les pages n’ont eu aucun mal à être tournées, mais dont le souvenir n’est peut-être pas assez fort pour devenir une lecture incontournable. Je crois qu’il vaut tout de même les heures que vous lui consacrerez si, toutefois, vous décidez de lui donner une chance. J’espère vraiment ne pas avoir été trop dur avec ce roman et vous avoir tout de même donné l’envie de le lire. Je m’aperçois tout de même, en me replongeant dans les pages que j’avais marqué d’un post-it, avoir ressenti du bonheur et gardée, au final, un souvenir affectueux de ce roman.

La lecture de Lucette (clic), d’Hélène,

Lu pour mon challenge projet 52, billet rattrapage 4 /52, Catégorie 1 ; brouillon mis à jour

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Publié dans Albums enfants, Bande dessinée ou manga

Le temps des mitaines d’Anne Montel et de Loïc Clément

Anne Montel et Loïc Clément - Le Temps des Mitaines Tome 1 : .

Arthur vient d’arriver aux mitaines, Les mitaines c’est un petit village peuplé d’êtres étranges, mi animaux, mi humains. Une joyeuse communauté d’ours, d’escargot, de renard, de cigognes, ect…  pourvus de la parole, habillés comme des humains. Un adorable petit village les abrite. un village fait de bric et de broc, la banque prend ses quartiers dans un porte monnaie, la mairie est un buste de Marianne, la bibliothèque est un livre (évidemment ;0) et le bus de l’école s’appelle « Chicken bus » (devinez un peu qui tire ce fameux bus ? Une poule !). Les maisons sont des briques de lait, des arrosoirs, des pots de moutarde, ect :0) Franchement c’est une ville tout à fait croquignolette, une ville où il parait bon vivre. Autour de cette ville une forêt immense, d’un vert intense, superbe, Mais un peu effrayante aussi.

Dans le monde d’Arthur tout le monde possède un pouvoir (le pouvoir se révèle généralement lors de l’adolescence). Celui d’Arthur ne s’est encore manifesté,  Arthur en a un peu honte et c’est avec un peu d’appréhension qu’il part pour son premier jour d’école. Pourtant il n’a pas de souci à se faire, le premier jour de classe d’Arthur coïncide avec la première d’une longue série de disparitions. Cette histoire de disparation va sans doute contribuer au fait qu’il se fera des amis très facilement et que, très vite, il sera adopté par une joyeuse petite bande.

Capture d’écran 2014-01-07 à 20.23.45 Photo Anne Montel (clic)

Voilà pour le sujet, pour le reste sachez que cette BD jeunesse est un pur délice. Les dessins aquarelles sont tendres et colorés. C’est vitaminée, douillet, et vraiment cosy. Les personnages sont vraiment bien croqués et très attachants (très ;0) Il y a certaines pages vraiment très drôles. Il y a ce passage délicieux d’une pause goûter de tous les amis dans le salon de thé où travaille la mère d’Arthur. Et ce passage où la renarde écrit une chanson en référence à un chanteur connu de tous. Celui aussi où une mère s’inquiète que son fils soit encore plongé dans ses devoirs alors qu’il pourrait être en train de s’amuser dehors ou de jouer dans sa chambre ;0)

Il y a une renarde qui n’a pas froid aux yeux, une souris qui parle d’une façon complètement décalée (mais très drôle), un escargot très intellectuel (tellement qu’il a son propre traducteur qui vulgarise ses propos ;0) et une luciole très allumée ;0)

On y lit aussi qu’avec du courage, de la tenacité, de la sagacité, une certaine dose d’aplomb et d’intelligence on arrive à (presque) tout. Et plus important encore que l’union, mais surtout l’amitié, fait la force.

Au final vous trouverez beaucoup de charme, de tendresse, de poésie, de fantaisie dans ces pages.

Anne Montel et Loïc Clément - Le Temps des Mitaines Tome 1 : . Source Decitre (clic)

Chez La soupe de l’espace et chez l’auteur Anne Montel

Le temps des mitaines

Anne Montel et Loïc Clément

Editions Didier Jeunesse, 2014

 Lu pour mon challenge projet 52, billet rattrapage 3 /52,  catégorie 3 ; relu intégralement

Publié dans Lecture addictive, Lecture jeunesse

Jonah, Tome 2, Le retour du sept de Taï-Marc Le Thanh

 » Avant de les rencontrer, Jonah était heureux. Juste heureux. Simplement heureux. Depuis qu’il les connaissait, son bonheur avait atteint des proportions inattendues. Un foyer lumineux était apparu au creux de son estomac, irradiant tout son être. Le sourire de sa mère y avait contribué, la douceur de sa voix aussi. Le timbre de ses paroles qui s’écoulaient comme autant d’éclats scintillant dans la pénombre de sa chambre. Les silences de son père y étaient aussi pour beaucoup. Sa présence rassurante et sa bonhomie naturelle étaient devenues indispensables à Jonah. » (p25)

(attention, à ne pas lire si vous n’avez pas lu le tome 1 les sentinelles clic) En général les suites ce n’est pas trop mon truc. J’ai toujours peur d’être déçue par rapport au premier tome et c’est parfois le cas. Ce qui fait que j’ai été plus qu’agréablement surprise par cette suite là. Pas de redite, l’effet surprise n’est pas exclu parce que ce tome 2 foisonne de nouveaux éléments. Encore une fois les pages se tournent toutes seules (ou presque ;0) et on va de rebondissements en rebondissements. Inutile de dire que je n’ai qu’une hâte ; lire très vite le troisième tome !! Dans cette suite Jonah a gagné des parents adoptifs qu’il aime, mais pas seulement. Il a aussi gagné des mains, seulement elles ne sont pas gratuites ; un « autre » a été livré avec ses mains là. Un « autre » qui essaye de prendre contact avec Jonah quand celui ci est dans un état second, ou quand il dort. Un « autre » qui lui laisse des messages sur sa table de chevet.

 » Il regardait interdit, la phrase qui était inscrite sur le morceau de papier. L’écriture était menue et tremblotante. Ce n’était assurément pas la sienne. La phrase avait été écrite avec le stylo à plume posé à côté, et de nombreuses petites taches d’encre bleue témoignaient de la nervosité de son auteur. Jonah se tourna vers la fenêtre. Se pouvait-il que quelqu’un ait pénétré dans sa chambre par effraction ? Il secoua la tête et regarda de nouveau le morceau de papier qu’il tenait en main. Trois mots y étaient assemblés en une seule et unique phrase ; « Je suis toi » (page 50)

Il y a toujours la présence de la créature et elle est toujours en chasse, est-elle un danger ou autre chose ?? (petite précision ; la créature a forcément un côté humain puisqu’elle a un gros faible pour les tartes aux myrtilles  ;0) Il y a le couple d’Adam et Véra qui prend plus d’ampleur, Véra qui gagne en puissance. Il y a le samaran qui met comme une vitre protectrice entre eux et la nature qui les combat. Jonah garde tout de même les soutiens qui étaient déjà les siens dans le 1er tome (difficile de parler de ce deuxième tome, je ne veux pas trop en dire mais tout de même, vous donner envie de le lire). Ce qui est sûr c’est qu’il y a toujours autant d’action que dans la deuxième partie du premier tome, ça bouge, ça étonne, ça met du soleil dans le ventre parce que ça reste lumineux, rien de sombre dans cette série (enfin, à mon sens, si je compare à « Nox » clic ou au Combat d’hiver de Mourlevat, attention je ne dis pas que je n’aime pas ces deux derniers romans que je cite, puisque je les adores, mais ils sont effectivement plus sombres et je n’ai rien non plus contre le côté sombre, c’est dit ;0). Bref une lecture très très agréable et qui change des parcours évidents des autres romans jeunesse. Il y a un côté fantastique bien sûr mais abordé d’une façon tout à fait différente.

En bref ? Une vraie réussite que cette série jeunesse, qui offre vraiment quelque chose de neuf et de très particulier. Je conseille fermement ;0) Maintenant je n’ai  qu’une hâte ; lire le 3ième tome !!

Jonah, tome 2, Le retour du sept

Taï Marc le Thanh

Editions Didier Jeunesse

 Challenge projet 52  billets rattrapage ; 2/52

Publié dans Littérature étrangère

Les nuits de laitue de Vanessa Barbara

Vanessa Barbara - Les nuits de laitue.

Le mot de l’éditeur ; « Otto et Ada partagent depuis un demi-siècle une maison jaune perchée sur une colline et une égale passion pour le chou-fleur à la milanaise, le ping-pong et les documentaires animaliers. Rien de ce que leurs voisins disent ou font ne leur échappe. Sans compter qu’Ada participe intensément à la vie du village, microcosme baroque et réjouissant – autant dire joyeusement peuplé de doux dingues. Il y a d’abord Nico, préparateur en pharmacie obsédé par les effets secondaires indésirables ; Aníbal, facteur fantasque qui confond systématiquement les destinataires pour favoriser le lien social ; Iolanda, propriétaire de chihuahuas neurasthéniques et portée sur la sagesse orientale ; M. Taniguchi, centenaire japonais persuadé )que la Seconde Guerre mondiale n’est pas finie ; Marina, anthropologue amateur qui cite Marcel Mauss en exterminant méthodiquement les cafards de sa voisine… Quant à Otto, lecteur passionné de romans noirs, il combat avec un succès mitigé ses insomnies à grandes gorgées de tisane à la laitue, tout en soupçonnant à juste titre les autres habitants du village de lui cacher quelque chose… 

 » Il trouvait déconcertant que sa femme ait disparu comme ça, du jour au lendemain ; c’est vrai, elle était vivante le lundi et, le mardi, elle n’existait plus. Comme ça, d’un coup. (p39) »

C’ est un vrai concentré vitaminé que ce roman, il est pétillant, et complètement loufoque. C’est un joyeux fouillis, un peu roman a suspense, roman a tiroirs, galerie de personnages gentiment décalés, ect. C’est original, joyeux et lumineux. C’est aussi tout à fait dépaysant, on passe dans un univers tout à fait particulier. Et puis c’est tendre avec ce couple de petits vieux, inséparables, collés l’un a l’autre, finissant par être presque identiques.

 » Ada et Otto avaient vieillis côte à côte et, à la fin, ils avaient pratiquement le même timbre de voix, le même rire, la même démarche. (p10)

A la fois doux et piquant, c’est touchant et drôle à la fois, émouvant avec les regrets d’Otto qui aurait bien passé encore beaucoup de temps avec son Ada.

 » C’était là une des plus grandes frustrations du viel homme ; tant de discussions inachevées, tant de choses interrompues, et elle n’avait même pas terminé de lui résumer l’épopée hindoue qu’elle lisait depuis le début de l’année. » (page 53)

C’est un joyeux quartier qu’habite Ada et Otto, Ada était à l’écoute de tout le monde et savait tous les petits secrets,  une joyeuse communauté, très spéciale aussi il faut l’avouer avec un pharmacien livreur dont la passion est de lire les notices, enfin surtout les effets indésirables des médicaments et la natation, même s’il est vraiment pas fait pour ça (c’est le cas de le dire puisqu’il manque de se noyer).  Il y a aussi un facteur qui est tellement doué (ou pas ;0) qu’ il se trompe et les courriers se mélangent et atterrissent au mauvais endroit, du coup les habitants du quartier entament des  correspondances avec des inconnus, ce qui est plutôt charmant. Il y a aussi les insomnies d’Otto qu’Ada essaye de soigner avec des infâmes tisanes aux laitues (d’où le titre ;0)

On ne s’y ennuie pas une seule seconde. Je dois avouer que c’est ce que j’ai apprécié le plus, ce couple tellement attendrissant, le reste pour moi était un peu secondaire, mais ce n’est qu’un avis personnel. Oh et j’oubliais, le personnage de M. Taniguchi m’a beaucoup ému également.

Un roman que j’ai vraiment aimé au final, qui faisait partie de mon top 10 2016 (clic) (Le livre date de 2015 mais je l’ai lu en 2016)

Lu par mots pour mots, Itzamna, Nadael, Cathulu, Lou, Des pages et des îles

 Ma participation a Mon challenge projet 52, billet rattrapage 1 /52 (je vous parle très vite de mon projet)