Publié dans Lecture jeunesse, Littérature Française

Modèle vivant de Carole Fives

Carole Fives et Rascal - Modèle vivant.

 » Je trépigne. Mais ça fait déjà quinze ans que je trépigne. Quinze ans à maudire cette enfance qui n’en finit pas, où les autres décident tout et toujours à votre place, sans jamais vous demander votre avis. L’adolescence est ce long tunnel avec au bout une infime lueur, si fragile, la majorité, l’âge adulte où je me promets de vivre, enfin, comme je l’entends.  » (p49)

  Cette lecture va vite, très vite. Il faut s’accrocher au wagon et ne pas se laisser éjecter. L’impression d’être un peu sur une pente glissante et dont l’inclinaison serait toujours plus raide. Carole va vivre des jours intenses, dont la profondeur la marquera durant toute sa vie.

Il y a l’art dans ses pages, l’art plus fort que tout, qui régente une vie et des jours. L’envie de s’exprimer et de dire ce qui submerge les jours. Il y a un amour qui vient vite et qui bouleverse la vie.

Carole a une passion pour le dessin  » Ces mots, je les exprime avec le dessin, avec la rage du fusain, des couleurs, du trait » p28 (le roman commence d’ailleurs par un cours avec Ulrich, prof de dessin). Ces parents sont séparés, son frère est resté avec sa mère et elle même vit avec son père. Carole regrette d’ailleurs à ce sujet que les liens avec ce frère soient devenus moins soudés. Ils se voient peu, ont perdus un peu de leur complicité, et elle le regrette ;  » Julien et moi ne vivons plus ensemble et, d’une certaine façon, nous avons divorcé nous aussi. Nous ne nous voyons plus que pendant les vacances scolaires. » (p20) Arrive ce qui doit arriver, l’arrivée d’une belle mère pas très tendre, ni particulièrement bienveillante vient perturber la vie de la jeune fille. Son objectif c’est d’évincer Carole, la relation qu’entretient Carole et son père (forcément forte puisqu’ils sont un binôme) n’est pas du tout au goût de Josiane (la belle mère) et dès le début elle le fait savoir.

L’avenir pour Carole est donc un changement de lycée, de région, un déménagement donc, pour vivre à trois désormais. Carole voudrait profiter de ces vacances (direction les châteaux de la Loire) partagés avec son père et son frère, pour faire changer les projets de son père. Mais rien ne va se passer comme prévu. En effet elle va rencontrer un garçon, au coeur de l’été, au bord d’une rivière de Montrichard et le reste lui paraitra tout à coup très secondaire. Carole a quinze et elle n’a jamais eu de petit copain, c’est donc sa première rencontre amoureuse. Son père n’est pas quelqu’un de trop rigoriste et lui laisse la liberté de rejoindre ce garçon durant quelques jours avant la rentrée et ces jours là seront inoubliables pour Carole. Elle les portera en elle toute sa vie.

Ce roman est un roman jeunesse mais il peut tout à fait être lu comme un roman qui n’aurait pas cette classification. C’est beau, émouvant et on se sent très proche de Carole qui vit une intensité si singulière durant un très court laps de temps. Ces jours là sont comme une parenthèse hors du temps justement. C’est très fort et je garderais un souvenir puissant de cet été passé avec cette jeune fille (c’est une deuxième lecture pour moi, il faisait d’ailleurs parti de mon Top 10 jeunesse 2014, clic). J’espère vraiment vous donner l’envie de le lire !

« Quel plus bel endroit pour vivre qu’un atelier ! Comment se sentir mieux entourée ? L’odeur, les couleurs, tout vous rappelle à chaque instant l’essentiel : l’art, l’expression de soi. » (p75)

 » – J’étais en peinture reprend José, mais les profs ne comprenaient rien à mon travail. Il fallait toujours se justifier. Pourquoi j’utilisais telle couleur, pourquoi tel format, pourquoi tel sujet ? ça m’a vite gonflé. A un moment, je leur ai dit que si je peignais, c’était justement parce que je n’avais pas les mots. » (p42)

Lu par Nadaël également ;  » Un roman tour à tour rayonnant et grave sur l’adolescence, ses confusions et ses joies, sur l’art et la beauté, sur l’amour et la liberté, sur le deuil aussi. On ne peut qu’éprouver de l’empathie pour Carole et José, deux êtres terriblement émouvants et tellement « crédibles ». Roman d’autant plus poignant que l’histoire est en partie autobiographique. »

Modèle vivant

Carole Fives

Ecole des loirsis 2014

Collection Médium, conseillé pour 13 ans et plus

 Lu pour mon challenge projet 52, billet rattrapage 4 /52,  catégorie 3 ; relu intégralement

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Publié dans Lecture jeunesse, Littérature Française

Sauveur et Fils, saison 1, de Marie-Aude Murail

Marie-Aude Murail - Sauveur & Fils Saison 1 : .

Le mot de l’éditeur ;  » Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…  Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ? »

 » Les préparatifs pour transformer la cage en Bountyland occupèrent la soirée de Gabin et Lazare. Saint-Yves les observa en train d’imaginer le plaisir du hamster à se promener sur sa mezzanine et à faire des stocks dans sa maison. Non seulement les deux garçons étaient contents pour Bounty, mais ils étaient Bounty, grâce à cette merveilleuse ressource de l’âme humaine qui se nomme empathie.  » (p129)

Voilà ça y est, j’ai enfin lue la première saison de cette série jeunesse dont vous avez tant chantés les louanges. Et je comprends enfin pourquoi vous êtes toutes tellement tombés sous son charme ;0) C’est vraiment une lecture toute en tendresse, en capital sympathie aussi. Tout d’abord, comment ne pas craquer pour un psychologue qui s’appelle Sauveur ?! Et bien c’est simple ; on ne le peut pas :0) Sauveur Saint Yves n’a pourtant pas le profil de l’emploi ; 1 mètre 90, 80 kilos de muscles… Plutôt la carrure d’un catcheur ou d’un déménageur, n’est-il pas vrai ?

Et puis, fait très appréciable, cette lecture n’est en rien édulcorée, on ne prend pas ici les enfants ni les ados pour des imbéciles. Ce sont des problèmes graves qu’affrontent les petits (et les grands) patients de Sauveur. Malgré cela ce n’est en rien plombant, pas dramatique pour un sou (pourtant certains cas sont lourd, c’est dire le talent de M.A. Murail). Le ton est juste tout le long de ses pages. Par ailleurs il y a aussi l’histoire de Sauveur et de Lazare qui se déroule sous nos yeux. Lazare n’a plus sa mère, mais Sauveur est très très réticent à l’idée de lui en parler. Il y aura des pages aussi sur la martinique et une histoire familiale lourde à porter (vous savez comme j’aime ces histoires familiales compliquées ! )

Il y a aussi les petites notes amusantes et délicieuses avec le fils de Sauveur : Lazare. Lazare et ses hamsters, Lazare et son meilleur copain, Lazare qui est un petit garçon très curieux puisqu’il espionne son père et ses rendez vous derrière une porte mal fermée. On trouve d’ailleurs d’autres touches d’humour dans le roman, n’oublions pas que ces petites pépites sont écrites par Marie Aude Murail. Oui, voilà je suis fan je l’avoue :0) Vous trouverez d’autres lectures de l’autrice sur ce blog avec ces titres là ; 3000 façons de dire je t’aime (clic) et son adaptation des Grandes espérances de Charles Dickens (clic).

Vous l’aurez déjà compris mais je vous conseille cette lecture, à vous et à vos ados, très très fortement. C’est charmeur et délicieux et vous n’allez pas vous ennuyer une seule seconde (et j’ai hâte de lire la suite !!). Si vous avez encore besoin d’être convaincue je vous dirige vers les avis de ;

Za ;  » C’est du grand, du très grand Marie-Aude Murail que nous avons là.
A condition de faire abstraction de la couverture, certes. Marie-Aude Murail n’a pas son pareil pour dénicher l’humain, pour le rendre au centuple à son lecteur. Alors quel meilleur héros qu’un psychologue pour sonder les âmes ?…/… Toutes ces histoires sont regardées avec bienveillance par l’auteur/héros – tant il est clair que, de ce point de vue, Marie-Aude Murail et Sauveur ne font qu’un. Aucun jugement, mais la voix du narrateur, à la fois empathique et distanciée, insuffle humour et légèreté, là où il serait si facile de tartiner du désespoir. »

Bladelor   » Vous dire, peut-être, que je me suis sentie chez moi dans ce bouquin en un rien de temps, que j’ai dévoré ces pages qui me collaient aux doigts, incapable de m’en défaire. Vous dire aussi que j’ai trouvé la plume de Marie-Aude Murail exquise, avec un texte qui m’a fait penser à Miss Charity et Oh, boy ! Un texte drôle et tendre à la fois, un brin déjanté, mais sérieux dans le fond.
C’est une lecture qui fait du bien, une sorte de baume à l’âme, un roman-doudou. »

Cuneipage ;   » Partager le quotidien d’un psychologue est une mine pour explorer la notion même de contemporanéité et le ton est parfait : la plume se fait toute légère pour raconter les pires et c’est chaleureux en diable. Empli d’humour, de situations très justes, de personnages que l’on jurerait connaître, on voudrait ne jamais en sortir. Je recommande chaudement ! « 

Bouquinbourg ; «  Ces derniers temps, mes lectures me ravissent… Et celle-là remporte haut la main le prix de la lecture la plus enthousiasmante de la rentrée ! Je vous vois venir, ceux qui me connaissent bien : ce n’est pas uniquement parce qu’il y a un cochon d’inde sur la couverture ! Non, Sauveur & Filsest une petite pépite dont chaque page est un bonbon d’optimisme à savourer. « 

Nadael ;  » Gravité et légèreté se relayent, battant la mesure et permettant aux multiples histoires de se déployer et ainsi de se révéler. À ces histoires enchassées s’ajoute celle de Lazare et de Sauveur, la relation d’un père et d’un fils qui cheminent l’un l’autre vers l’apaisement. Beau. Vrai. Profond. »

Lu aussi par CathuluJérôme etNoukette. et j’avais oublié le dernier billet que j’ai lu, celui de Fondant,

Lu pour le challenge « Objectif PAL » dAntigone

Sauveur & Fils, saison 1

Marie-Aude Murail

Ecole des loisirs 2016

Publié dans Littérature Française

Ravage de René Barjavel

René Barjavel - Ravage.

 » Elle le regardait se découper, centaure noir, sur le ciel rouge, et ne doutait plus qu’il ne les conduisît au port. Lui semblait ne plus faire attention à elle. Une volonté d’acier, une clairvoyance exaspérée lui étaient venues devant le danger. La mort flambait partout. Il devait lui faire échec. »

Je n’avais pas lu Barjavel depuis très longtemps, depuis mon adolescence en fait où j’avais dévoré « Le grand secret » et « La nuits des temps »,  je me rappelle avoir trouvé le romantique très (trop ?!) marqué, cela m’avait étonné, bien plus que les histoires très (trop ?!) étranges finalement. Alors, qui m’a donné l’envie d’y replonger ?!! Et bien c’est Fondant (clic), qui lors d’un des derniers RAT l’avait lu avec grand plaisir me semblait-il. Si j’ai aimé ? De toute façon Barjavel ça se lit très bien, les pages se tournent presque toutes seules, tout s’enchaine parfaitement bien. L’histoire est dure, faut le dire, mais j’ai envie de dire que c’est plutôt logique puisqu’il est question (comme souvent chez Barjavel) d’une (presque) fin du monde. Certains scènes sont très fortes, je pense notamment à l’incendie qui ravage Paris, les habitants se consument, sauf quelques chanceux qui ont le temps de fuir. Les flammes sont d’une rapidité vraiment terrifiantes, elles sont telles des vagues de feu qui dévorent tout, et tous, sans aucun état d’âme. Une autre m’a marqué également, celle où une tempête de cendres (à la fois humaine, animale, végétale, ect) s’abat sur les fuyards, c’est une scène vraiment impressionnante, qui s’imprime en vous telle des images sur un écran. Et puis il y avait ce fait que j’avais du mal à assimiler ; celle de l’obligation de tuer si on ne veut pas être tué soi même. Jusqu’où serions nous prêt à aller pour survivre ? Cela pose de vrais questions.

Et puis Barjavel est tout de même assez visionnaire (ce livre date de 1943, et son roman se situe en 2052) je pense notamment à ce passage qui parle de l’élevage, disparu et remplacé par une culture chimique. Pour ma part je suis convaincue que l’on va vers une direction de ce genre, de plus en plus de personnes sont choqués (j’avoue que j’en suis) par le sort des animaux dans les abattoirs. Je pense fortement que la viande, telle qu’est proposé maintenant, n’existera plus.

 » L’élevage, cette horreur avait également disparu. Élever, chérir des bêtes pour les livrer ensuite au couteau du boucher, c’était bien là des mœurs dignes des barbares du XXe siècle »

Barjavel, à mon sens, veut surtout dénoncer  dans ce roman les dérives de la science et notre dépendance aux sources autres que celles naturellement offertes par la nature. Il  est vrai que notre confort dépend énormément(voir totalement) de l’électricité et pire encore, du nucléaire. Comment nous en sortirions nous si ces sources là disparaissaient du jour au lendemain, c’est ces questions là que Barjavel posent très simplement. Et sa réponse fait, franchement, froid dans le dos.

Lu pour l’objectif Pal d’Antigone

Publié dans Littérature Française

Gabriële d’Anne et Claire Berest

 » Septembre 1908. Gabriële Buffet, femme de 27 ans, indépendante, musicienne, féministe avant l’heure, rencontre Francis Picabia, jeune peintre à succès et à la réputation sulfureuse. Il avait besoin d’un renouveau dans son oeuvre, elle est prête à briser les carcans : insuffler, faire réfléchir, théoriser. Elle devient  » la femme au cerveau érotique  » qui met tous les hommes à genoux, dont Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire.
Entre Paris, New York, Berlin, Zürich, Barcelone, Etival et Saint-Tropez, Gabriële guide les précurseurs de l’art abstrait, des futuristes, des Dada, toujours à la pointe des avancées artistiques. Ce livre nous transporte au début d’un xxe siècle qui réinvente les codes de la beauté et de la société. Anne et Claire Berest sont les arrière-petites-filles de Gabriële Buffet-Picabia. « 

 » Il est difficile de résister à quelqu’un qui vous veut terriblement. Il est impensable de résister à Francis Picabia » (p75)

Ce livre là aurait pu être un coup de foudre ; le thème de l’art, une femme à très forte personnalité, une vie exceptionnelle, bref, il avait tout. Ma gène est un peu par rapport au choix de style ; il est très journalistique, des faits et encore des faits ; c’est très factuel. J’aurais adoré que le livre soit entièrement construit comme les petites parenthèses d’Anne et Claire Berest. En effet a la fin de quelques chapitres les autrices rajoutent quelques remarques et analyses sur la dite Gabriële. Si le livre avait été tricoté de cette façon là, du début à la fin, il aurait été un véritable coup de cœur. (Estelle, elle, me retrouve par rapport à cette impression)

Ce que je retiendrais ; * le fait que Gabriele était déjà une femme au destin exceptionnel avant de rencontrer Picabia. En effet elle a été une des premières femmes à être admise à une école de musique, la Schola Cantorum, en classe de composition * un homme, sa passion des belles voitures (95) et opiomane * un amour surtout centré sur une complicité intellectuelle * Certains noms ; en effet on y rencontre ; Gabriel Fauré, Claude Debussy, Marcel Duchamp, Guillaume Apollinaire, ect (c’est un roman qui vous fait très souvent chercher des œuvres sur internet)

 » Jamais Gabriele ne parlera d’amour. Jamais elle ne dira : je l’aimais et il m’aimait. Ce qui se passe entre eux est un face-à-face d’où jaillissent la pensée et la création, c’est le début d’une infinie conversation, au sens étymologique du terme, aller et venir sur une même rivière, dans un même pays » (p27)

Ce que j’ai adoré  * une femme libre, refusant comme seul et unique choix et destin ; celui d’être une femme à marier * un homme dont on tombe un peu soi même amoureuse, un homme qui parle ainsi ;  » Il est des hommes qui tombent à genoux devant la jeunesse, d’autres devant la beauté, certains devant la gentillesse et la bonté, Francis Picabia, en ce mois de septembre 1908, succombe devant un esprit. » (p29)  Oui cet homme là me plait ;0) * l’art élevé à un niveau où il devient plus fort que tout * une femme intellectuelle pour qui la réflexion et la recherche du beau est dans les veines * la fugue et la petite parenthèse de plusieurs jours de quelques amis (Gabriele, Picabia, Marcel Duchamps et Apollinaire) à Etival (le village d’enfance de Gabriele) * Assister à la naissance d' »Alcools » le recueil de poèmes de Guillaume Apollinaire

 » La petite colonie prend ses habitudes. La journée, tout le monde travaille ou se promène dans les environs. Dès que la pluie cesse, ils partent en exploration vers la frontière « libre », en bordure de la Suisse. Ils s’habillent avec les manteaux en peau suspendus dans les couloirs de l’entrée, enfilent des pulls qui datent d’un autre siècle. Après leurs longues virées, ils rentrent trempés, jouent près du feu avec les enfants, aux jonchets, un jeu d’adresse composé de petits bâtons de bois, d’os ou d’ivoire, qui ressemble au mikado. Ils cuisinent sous les ordres de Guillaume, qui revêtu un tablier de servante, et retroussé ses manches, tandis que Marcel épluche avec concentration des légumes. Ces activités qui occupent les mains permettent aux esprits de se libérer, on parle poésie, peinture et révolution. Les heures les plus douces sont peut-être celles du silence partagé. Guillaume et Gabriële lisent avec tranquillité pendant que Marcel et Francis dessinent. Quelque chose de l’enfance est retrouvé, ils sont quatre frères et sœurs, quatre cousins, dans l’ennui des vacances. »   (p231 et 232)

Ce que j’ai détesté ; Qu’une femme, Gabriële, oublie ses ambitions et ses propres œuvres musicales pour un homme, si doué soit-il ! Est ce qu’un homme a déjà fait cela ??

 » Gabriële ferme les yeux, et soudain sous ses paupières surgit le train qu’elle devait prendre, ce train pour Berlin qui s’ébranle, emportant une partie d’elle-même, une idée d’elle, de cette musicienne qu’elle aurait pu être, et qu’elle ne retrouvera peut-être pas. » (p75)

Mais j’ai envie de quitter ce livre avec ces mots là ;

 » Arrivée dans le Jura Gabriële s’est mise à respirer. Elle peut enfin poser ses doigts sur le grand piano dans la salle à manger. Son esprit affüté dans les salons mondains demeure celui d’une montagnarde. Elle a besoin de rocaille, d’un ciel qui se mêle à la terre, d’épines des sapins, des grosses chaussures lacées jusqu’au mollets, de repas pris en silence après les efforts physiques de la marche et de la grimpe. Elle se lave de Paris. (p226)

Je finirais mon billet par cette remarque (d’Anne ou de Claire on ne le sait) qui me touche profondément, parce que je la sens mienne aussi ;

 » Je me sens regardée par des morts. Et je crois que, de façon générale, j’ai conduit toute ma vie de la sorte, depuis que je suis enfant.

En conclusion ;  des destins et des vies dédiés à l’art qui m’ont passionnés.

Lu par Antigone, Sylire, Saxaoul, Leiloona, Joëlle,

 Lu pour les matchs de la. rentrée littéraire 2017 Price Minister #MRL17

 Lu aussi pour le challenge de la rentrée littéraire 2017 chez Hérisson 1/6

 

 

Publié dans Lecture addictive, Littérature Française

Le temps est assassin de Michel Bussi

Le mot de l’éditeur :  » Eté 1989 La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne. Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui roule trop vite… et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux. Eté 2016 Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé.
A l’endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre. Une lettre signée de sa mère. Vivante ?  » (source Decitre)

Le temps est assassin est une de mes lectures de vacances de l’année dernière. Idéale à lire sous le soleil et sur une plage brûlante ☺ La couverture déjà est une incitation au farniente doré, une plage sublime, une eau couleur lagon, bref on s’y verrait bien. Et puis le sujet m’a semblé tout à fait sympa. Je n’avais jamais lu Michel Bussi et depuis le temps que je le voyais sur les blogs, le résumé me disait que celui ci était parfait pour une première approche. Et puis la Corse quoi….  comment résister franchement 😃

Alors verdict ?!! Et bien c’est assurément à classer dans le style addictif ! J’ai lu d’une traite la deuxième partie du roman sans pouvoir m’arrêter. Juste impossible à lâcher ! Clotilde et son histoire terrible, Clotilde la survivante, Clotilde qui en quelques secondes a perdu toute sa famille ; ses parents et son frère. Du temps d’après il n’est presque rien dit. Le livre commence alors que Clotilde revient en Corse, en vacances avec son mari et leur fille unique. Mais elle n’est pas seulement là pour bronzer, Clotilde est en quête de réponses, comment donner un sens à ce qui s’est passé quand elle était encore une simple ado ? Ni son mari ni son ado de fille ne semble vraiment touchés par le drame qu’elle a vécu, drame toujours non digéré par Clotilde (forcément, comment vivre après cela ?)). Clotilde se sent un peu seule, mais cela ne l’empêche pas de chercher la vérité malgré cela. Il y a le personnage du grand-père aussi, très fort et imposant, un homme de conviction, dans le genre solide et tête dur (très dur même ;0)

Dès son arrivée les évènements étranges commencent, et surtout le plus déstabilisant est là ; une lettre écrite par sa défunte mère. Comment sa mère pourrait-elle être encore en vie alors qu’elle est tombée dans le ravin avec les autres ? Mais si ce n’est pas elle, qui pourrait écrire ainsi à Clotilde et remuer le passé ? La vérité ne prendra corps que dans les dernières pages et je dois dire que le final m’a étonné, il est plutôt bien amené. La fin se dévore vraiment et on reste tout de même comme deux ronds de flan (😝 !!!)  devant ce dénouement qui nous est donné. En conclusion vous l’avez compris je recommande vraiment, une excellente lecture dans le genre addictif, à lire les pieds dans l’eau ; d’abord vous ferez un voyage tout à fait sublime dans cette Corse magnifiée, et puis c’est tout à fait entrainant (même si une histoire extrêmement cruelle, oui mais chut….)

Eté 2016, Presses de la cité

Publié dans Littérature Française

Police d’Hugo Boris

Le mot de l’éditeur ;  » Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer.  En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?  »

 » Elle s’était promis que sa vie ne changerait pas radicalement, qu’elle garderait du temps pour elle, ne se laisserait pas déborder. Sa mère, ses tantes, ses amies, peut-être, parce qu’elles avaient manqué de vigilance. Mais elle n’y avait pas coupé, elle non plus, sa vie avait été retourné comme un sac. »

Ce qui m’a attiré dans ce roman tout d’abord c’est ce huis-clos, en effet tout se passe (ou presque) dans une voiture de police. Ils sont trois pour reconduire un migrant à la frontière, via l’aéroport de Roissy Charles de Gaule. Mais c’est aussi un roman sur l’intime, Virginie est déstabilisée par l’acte qu’elle doit subir le lendemain (acte qu’elle a choisi) un avortement. Virginie est enceinte de son collègue Aristide mais il n’est pas son mari. Elle a pris cette décision mais ce n’est pas pour autant que cela  ne l’attriste pas, d’autant plus qu’Aristide vit très mal cet état de fait.

 » Il n’avait été qu’un homme pansement, une friandise, un tour de manège. Alors il était né à une douleur mystérieuse, sincère et profonde. Il s’était lassé de lui même, de son propre bruit, de ses plaisanteries usées, fatigué de lancer des Hola qué tal ? à tout va, de cette dissipation superflue de sève et d’énergie, pareil à un clown qui en aurait eu assez de chausser du 126, prisonnier de sa définition, de son inconsistance, épuisé d’être en représentation perpétuelle, sans fond ni réserve. »

Aristide qui apparaît au fil des pages bien plus sympathique que nous l’augurait les premières pages, il apparaît même très émouvant et bien plus fragile qu’il n’en a l’air (Aristide est du genre costaud ;0) Il y a aussi cette mission donné à Virginie et ses collègues (Aristide et Erik) qui font naitre des doutes et des sentiments mitigés, cet homme qu’ils doivent amener à l’aéroport est un homme en sursis. Elle sait pour avoir lu son dossier dans la voiture, et alors même que c’est interdit, que c’est la mort qui attend cet homme dans son pays. Toutes ses interrogations tournent sans relâche dans son esprit, elles lui mettent la tête à l’envers. Elle sait qu’elle ne peut pas se révolter et aller contre les ordres donnés. Mais elle sait aussi que c’est immoral de mettre cet homme dans cet avion en sachant ce qui l’attend là-bas.

Ce livre, j’avais vraiment envie de le lire après le billet d’Antigone (clic) (dont c’est un coup de cœur) tout m’attirait dans ce roman. Je l’ai lu en une journée (durant le dernier RAT) et je l’ai dévoré. Les pages se tournent toutes seules, il est difficile de se détacher de sa lecture et la fin m’a vraiment bouleversée. Pourtant quelques semaines après il ne m’en reste déjà pas grand chose. J’ai vraiment apprécié ma lecture sur le coup mais il ne m’a pas laissé une empreinte durable. J’aurais peut-être aimé que le personnage du migrant soit plus développé, que l’on entre dans ses pensées à lui aussi. Il me semble que ce personnage (qui est pourtant le centre du livre) est un peu laissé de côté. Le personnage de Virginie, celui d’Aristide, et même celui d’Erik même s’il est moins exploré,  sont bien représentés et restent attachants tout du long. Mais vraiment, il m’a manqué un petit quelque chose et surtout une présence plus forte du reconduit n’aurait pas été de refus. C’est un sujet qui me touche très fort, ce sort fait aux réfugiés en France (et ailleurs). cette inhumanité qui leur est apposée.

Bref, vous l’avez compris je suis un peu mitigée. Il n’empêche qu’il se lit très bien, la lecture est très agréable, et je me rends compte maintenant que je le relirais avec grand plaisir, à vous donc de vous faire votre propre idée.                                                                         #MRL16

Lu pour les matchs de la rentrée littéraire de Price Minister

Et pour le challenge de la rentrée littéraire chez Hérisson (clic)  ; 1/6

Publié dans Challenges, Littérature Française

Le challenge d’halloween 2016

Edit du 02 décembre ;

Finalement je n’ai réussi à lire que ça ; « Minnow » et « Sacrées sorcières » pas de billets mais je n’ai même pas eu le temps de faire de billets, j’espère bien me rattraper l’année prochaine, mais je m’excuse auprès d’Hilde et de Lou, j’aurais vraiment aimé faire mieux :0( Les films dont je parle en bas du billet ont été tous vus, mais aucun billets de fait non plus, à part un brouillon pour « Only lovers left alive ».

A l’heure qu’il est le challenge d’Halloween est bientôt fini…. Pourtant j’ai tout de même envie de profiter des quelques jours qui restent (le challenge se termine le 02 novembre). J’avais prévu de me consacrer à la rentrée littéraire les deux premières semaines d’octobre puis, pour les 15 derniers jours, au challenge. J’ai malheureusement pris du retard, quelques soucis de santé m’auront à nouveau ralentis (toujours les mêmes évidemment, mais aussi une petite nouveauté guère sympathique ; une inflammation de la hanche et tout ce qui s’y colle ; des anti-inflammatoires et des séances d’ondes de choc chez le kiné ((même si elles soulagent il faut quand même les sentir passer, et ce n’est pas du tout une partie de plaisir)) mais bon, ça s’est tout de même arrangé depuis, puisque je supporte à nouveau la station debout, mais fermons la parenthèse). Tout cela pour dire que je n’ai même pas encore fini ma lecture en cours de cette rentrée littéraire (« Un paquebot dans les arbres ») mais j’espère tout de même lire une ou deux choses que j’avais prévu pour ce challenge de l’année 2016… Je vous redonne vite, en passant, les organisatrices qui sont toujours Lou et Hilde, voilà les liens vers leurs billets de récap. celui de Lou (clic), et celui  de Hilde (clic) 

Et mes lectures, qu’avais-je prévus alors me direz vous ?!! Et bien j’aurais pu tout simplement aller piocher dans ma liste de l’année dernière (clic) qui était déjà bien garni il faut le dire 😃 mais voilà, j’ai eu plusieurs nouvelles idées, et les voici ; « Docteur Sleep » de Stephen King, « Sommeil » de Haruki Murakami, « La dernière nuit à Tremore Beach » de Mikel Santiago, « Sacrées sorcières » de Roald Dahl (dont je suis en pleine lecture aussi), « Nous avons toujours vécu au château » de Shirley Jackson, et j’avais envie de relire aussi « Le passeur » de Loïs Lowry dont j’ai vu récemment le film, que j’ai adoré et qui m’a donné très envie de me replonger dans le roman. Pour finir une envie lecture de cette rentrée littéraire ; « Minnow » de James Mc. Teer II qui est une idée que j’ai puisé chez Claudia Lucia (clic) et qui semble avoir une jolie petite touche d’étrangeté et de fantastique.

Stephen King - Docteur Sleep. Haruki Murakami - Sommeil. Mikel Santiago - La dernière nuit à Tremore Beach. Roald Dahl - Sacrées sorcières.

Shirley Jackson - Nous avons toujours vécu au château. Lois Lowry - Le passeur. James McTeer II - Minnow.

Bon, si j’arrive à en lire deux d’entre eux je serais déjà satisfaite 😝 J’avais prévu de vous parler aussi des nombreux films que j’ai vu ces derniers temps, films vus à l’occasion du challenge. Il s’agit de « The secret » (beaucoup aimé), « Annabelle » (trop horrible pour moi),  » Only lovers left Alive » (coup de foudre total !! pour celui là j’ai déjà rédigé un p’tit brouillon)), « Le passeur » (très belle adaptation du roman), et j’ai prévu aussi de regarder « Insidious 3 ». Voilà, vous savez tout 🙂 Il reste encore quelques jours aussi pour le « Rat à week, happy Halloween«  (qui se termine lui le 05 novembre) et j’ai bon espoir de pouvoir participer la dernière semaine, mais je vous en reparlerais au cas où. Belle semaine et belles lectures !!