Turbulences, fatigue… une pause qui s’impose

Je ne vous apprends rien parce que vous avez pu le constater par vous même (et certaines d’ailleurs se sont peut-être déjà étonnées et offusquées de mon absence persistante chez elles et je m’en excuse) mais je ressemble de plus en plus à un fantôme par ici, la fatigue, la lassitude et des turbulences dans ma vie en sont les raisons. Ces dernières semaines j’ai passé très peu de temps sur le net, l’esprit encombré par diverses turbulences. La première, et le plus importante, est l’hospitalisation de ma mère, d’abord il y a eu l’avant ; l’inquiètude les jours précédant l’opération puisqu’elle est une femme âgée et que se faire opérer à son âge était loin d’êre anodin, et puis il y a l’après ; de gros soucis dans les premiers jours qui ont suivi l’opération, en effet Maman a été complètement destabilisée avec un réveil d’anesthésie très difficile ; cauchemars, hallucinations, délires, dans les 4 jours qui ont suivis… bref on a eu très très peur. Cela a donc été plusieurs jours le ventre noué et l’inquiétude totale. Et avec tout cela j’étais très occupé aussi ,mon père étant venu chez nous durant dix jours puisqu’il n’est plus du tout autonome, et c’était donc une occupation à plein temps. Maman va mieux maintenant (et c’est un tel soulagement) même si elle est très fatiguée et a encore quelques problèmes de mémoire mais nous espérons tous que cela va aller de mieux en mieux…

Il y a des périodes dans la vie où beaucoup de choses vous semblent désiroires, inconsistantes, et même anodines et superficielles… En ce moment je dois avouer que j’ai du mal à trouver mon blog encore important, même la lecture me semble dispensable. Tout à coup lire me semble vain, pourquoi cette attirance finalement pour le fictif, pour le non-réel ? L’horizon et la route, devant vous, vous semble parfois bien encombrée…

Je me sens encore jeune puisque mes enfants ne sont pas encore tous grands et casés puisqu’il y a encore GrandMoyen (17 ans) et PetitDernier (11 ans) à la maison, mais malgré cela j’ai déjà à faire avec le vieillissement de mes parents puisque maman m’a eu très tard. Et c’est une période un peu chaotique, pas toujours facile à gèrer.

Et puis il y a quelques problèmes familiaux qui bouffent la tête et qui vous lassent (ni mon mari ni mes enfants ne sont en cause je tiens à le préciser). Mais parfois j’en ai juste assez que des décisions concernant ma propre mère se décident et se fassent sans même que l’on me consulte, à force cela fatigue (je serais toujours la petite dernière à la traîne…)

Mais il y a aussi de belles choses dans ma vie en ce moment ; d’abord ma fille qui vient d’avoir ses résultats et oui ; elle l’a eu son année !!! Je suis si fière de ma grande :0) L’année prochaine c’est donc les années master :0) Et puis il y a aussi cette rencontre fabuleuse et merveilleuse dans une de mes librairies ; j’ai eu la chance grandiose de voir et d’écouter Carole Martinez !! Veinarde je suis, non ? Je peux vous dire qu’elle est d’une gentillesse et d’une sympathie inouie, on a l’impression de converser avec une amie (elle a pris le temps de discuter avec chacunes d’entre nous, lors des dédicaces) et si tout se passe bien, je devrais avoir une petite surprise pour vous (un petit interview :0) mais cela sera pour plus tard…

Parce que vous l’avez donc compris ; il est plus que temps pour moi de faire une pause (mais je lirais tout de même un peu pour le mois Anglais). Nous sommes donc le 03 juin et je me donne 15 jours pour faire une coupure nette et franche du blog et, d’une façon plus globale, sur le net certainement aussi, je vais donc me montrer (mais pas beaucoup plus que je ne l’étais déjà ;0) absente chez vous aussi. J’espère que durant ce laps de temps l’envie de bloguer et de surfer chez les unes (les uns aussi :0) et les autres reviendra… Je vous donne donc rendez vous le 20 juin (le jour de l’été ;0) et j’espère vous retrouver à ce moment là, si vous ne m’avez pas déjà oublié :0)

Rêver…

Rêver de grands espaces, d’air frais et iodé, d’entendre encore et encore le ressac de la mer, les vagues se brisant sur les rochers, les autres lêchant doucement le sable de la plage… Et puis déguster des fraises, des garigettes celle dont rien que le nom déjà est un régal… Regarder le bleu du ciel et frissonner de bonheur à écouter le rire des enfants… Se promener pieds nus dans l’herbe mouillé et laisser passer les heures doucement… Espérer de toute son âme l’arrivée de l’été, vite, très vite, on en a soif !!

Pendant ce temps je lis peu, très peu  mais je lis quand même ; un thriller romantique pas trop mal mais loin d’être transcendant ;0) Mais c’est tout ce que je suis capable de lire pour l’instant, je vous laisse avec ce morceau (Mud Flow – The sense of Me) que j’adore, bon dimanche et bonne journée !!

Petit arrêt momentané des programmes, histoire de profiter un peu de l’été…

   

Voilà, ça y est, me voilà en pause désormais. Vous devriez me revoir par ici mi-août, ou peut-être encore un peu plus tard. Tout dépendra du temps et de mes envies aussi ;0) Je ferais une pause complète, avec arrêt de la fréquentation du net et donc de vos blogs, pendant au moins 3 semaines, histoire de faire une vraie coupure.

   

Je vous souhaite à tous et toutes un sublime été, du soleil, de la chaleur, de l’eau (pas de celle qui tombe du ciel, non, je pensais plutôt à un lac, une rivière ou  une mer pour avoir le compte de baignades) et d’avoir suffisamment de temps pour vous.

Je vous embrasse, à bientôt !!

   

(source des photos)

Ah, l’été…

De quoi as t’on envie finalement en été ?!! De tout, non ?!! De croquer à pleines dents, la vie, le soleil, les melons juteux et un dépaysement total… Un petit camping au bord d’une rivière ça vous dirait ? Moi oui :0)

Ici il fait chaud, il fait beau… Quand c’est comme ça, j’aime boire du thé glacé, ou des eaux de fruits (pal..s des thés et Lov Orga.ic en propose de très bons). Mais sinon ce que j’aime me préparer en ce moment c’est du Mojito à ma sauce ; c’est à dire sans alcool. En voilà la recette, elle est toute simple ; de la limonade ou de l’eau pétillante, 1 morceau de sucre roux (ou plus si eau pétillante), une trentaine de feuilles de menthe fraîche du jardin, un citron entier dont la moitié est pressé et l’autre découpé en plusieurs morceaux (j’enlève juste la peau pour ne pas être obligée d’acheter du bio), 3 glaçons et c’est tout !! Et je peux vous dire que c’est délicieux, les amateurs peuvent même doubler le citron.

Comme d’habitude, quand il fait chaud comme ça, j’ai des envies de frais, des envies de baignades interminables, des envies d’heures passés dans le jardin à regarder la nuit tomber, des envies de musique, et du son d’une guitare accompagnée de la lueur d’un feux de bois.

En été, j’aime écouter ça aussi ;

et ça aussi ;

Très très bon dimanche sous le soleil exactement !! (source photos clic)

Ma photo du mois

Annette aux Roches, Raizeux, 1949, de Robert Doisneau

Cette fois ci il y aura, exceptionnellement, et une photo et un tableau du mois (à venir) pour ce mois de Juillet. Cette photo je l’adore, elle sent bon l’été et la chaleur… Elle sent bon l’enfance et les souvenirs… Elle sent bon la campagne, la fraîcheur des jeux d’eau, la joie de vivre et l’insouciance des premières années… Elle sent bon le bonheur tout simple, le bonheur douillet…

En Alsace c’est la canicule en ce moment, il fait chaud, chaud, chaud, chaud ;0) Et ça dure déjà depuis quelques jours…. Je serais bien la dernière à me plaindre de cela, cette année on se traîne un peu plus, mais tout de même, c’est bien agréable et ça ressemble vraiment à l’été quoi ;0)

Bon dimanche, oui mais aussi ;

Très bon mois de Juillet et bel été à tous et toutes !!!!!!!!!!!

Vacances à l’anglaise de Mark Haddon

 Le mot de l’éditeur ; « Pour se réconcilier avec sa soeur Angela, Richard a l’idée saugrenue de l’inviter à passer des vacances au pays de Galles en compagnie de sa petite famille. Mais dans ce coin du bout du monde, il pleut sans discontinuer, le premier village est à des kilomètres, et les portables ne fonctionnent pas ! Quatre adultes, trois ados et un enfant, qui se connaissent à peine, se retrouvent coincés là pour une semaine.
Jeux de société, conversations de circonstances, promenades… En apparence, la cohabitation semble bien se dérouler. Mais intérieurement, chacun rumine de vieux griefs. De toute part on fomente des alliances, des conquêtes et des trahisons… avant de prôner la réconciliation. Bref, le bonheur des vacances en famille. Une brillante comédie de moeurs, un regard irrésistible sur les relations familiales, où l’on retrouve la patte de l’auteur du Bizarre Incident du chien pendant la nuit. »

 » Il n’avait pas eu l’intention de mettre le sujet sur le tapis. C’était comme de la terre contaminée ; tant qu’on ne creusait pas, il n’y avait aucun danger. » (p78)

Voilà une expérience de lecture étrange et surréaliste mais tout à fait réussi au final. Pourtant au début je n’étais pas du tout convaincue (au début de ma lecture j’étais tombée sur un billet de Cathulu  (clic) et nous avions eu un échange de commentaires ou je lui disais que j’étais un peu déstabilisée), j’ai eu du mal à me faire au style de l’auteur, il passe d’un protagoniste à un autre sans que cela soit très clair. Mais maintenant que je l’ai fini je peux vous dire que les personnages vous resteront longtemps en tête. Ils sont atypiques, d’une certaine façon dysfonctionnels, si j’osais je dirais même un peu disjonctés mais terriblement humains dans leurs fragilités et leurs côtés, justement, un peu bancals. J’ai adoré aussi cette ambiance de maison de vacances, partagée en famille, si bien rendue. On a l’impression d’y être. Cette grande maison dans la campagne anglaise, où la pluie s’invite parfois, où on vit les uns à côté des autres et bien ça donne  quelque chose de pas vraiment serein, ça bouge, c’est mouvementée et chacun de son côté se bat avec quelque chose. Parfois évidemment tout cela se mélange et ça explose évidemment…

Autant au début c’était difficile mais vers la fin je freinais un peu, je n’avais tout simplement pas envie de le finir et de quitter cette maison et cette famille. J’ai trouvé les personnages adolescents vraiment réalistes et bien croqués. Les thématiques de leurs problèmes sont sérieuses et loin d’être frivoles (comme c’est parfois le cas avec les personnages d’ados). On y rencontre le spectre de l’homosexualité (pas clairement défini) et celui d’ un harcèlement scolaire avec une photo prise sur le vif et partagé sur le net. Quand aux adultes ce n’est guère plus réjouissant, une jeune femme se débat avec un deuil non digéré et une autre a honte de son passé. Les hommes ne sont pas en reste mais j’ai envie de rester flou histoire que vous découvriez tout cela par vous même. N’oublions pas aussi le personnage de Benjy, le plus petit, qui malgré son jeune âge est déjà un personnage complet et très intéressant. Et puis le cadre est beau, ce qui fait que l’on prolongerait bien le séjour ;  » à bien y réfléchir c’était vraiment beau ici, cette immense cuvette verdoyante, les nuages qui changeaient de forme en se déplaçant, l’odeur du feu de bois.«  (p 33) Moi qui aime la pluie, comment ne pas être charmée par ce passage là, si poétique ;

 » Elle arrive, tel un immense rideau gris traîné depuis le sommet des collines, les champs maculés, assombris. Un bruit de gravier mouillé qui viendrait s’écraser comme les vitres. Les gouttières se remplissent et glougloutent, l’eau jaillit du pied des tuyaux de descente. Les gouttes ricochent en éventail sur le dossier du banc, sur les marches de pierre et sur le toit, lustré de la Mercedes. L’eau se rassemble et s’écoule dans les ornières de l’allée, elle dégouline dans la cheminée, elle tinte et pétille sur le métal brûlant du poêle, elle se faufile à travers le vieux mastic qui maintient les vitres à petits carreaux et forme des flaques sur les appuis de fenêtre. La pluie presque horizontale maintenant, vivant graphique de la force du vent. Tous les repères extérieurs effacés, plus d’horizon, plus de lignes stables. La maison a décollé, l’orage l’emporte et la fait voler sur une substance qui n’est ni tout à fait de l’air ni tout à fait de l’eau…/…. » (p232)

Et puis j’ai adoré ce rapport si complice entre les frères et la soeur,  Alex, Daisy et le petit Benjy comme dans ces passages là ;

 » Alex lui prépara une assiette de fromage et de galettes d’avoine avec un assortiment de sauces et ils s’assirent côte à côté pour manger, leur solidarité rayonnante expulsant peu à peu tous les autres de la pièce, à part Benjy. » (p263)

Alors Benjy se leva du banc, fit le tour et vint s’asseoir de l’autre côté de Daisy, il passa son bras autour d’elle et dit ; Daisy sandwich, parce que c’était ce qu’ils lui faisaient, avant, quand il avait du chagrin. Ils se serrèrent les uns contre les autres, puis se lâcherent. » (p264)

Tellement émouvant le dessin, que Benjy lors du départ, laisse dans le livre d’or ;

 » Il passa vingt minutes à couvrir une double page d’un dessin compliqué de la maison et du jardin. Le crâne de cheval, la mare avec le frai de grenouilles, les lettres G et F entrelacées dans le fer forgé ornemental rouillé de la grille, au pied de la colline. Tout le monde admira le dessin, il était super, meilleur en un sens qu’un vrai dessin d’adulte, les lignes de traviole, l’échelle bizarre, les détails excentriques, parce c’était l’image qu’ils conserveraient tous de cet endroit, rien ne sera tout à fait conforme à la réalité, des éléments ajoutés, des éléments retirés. Le poêle occupera une grande place pour Angela, la remise pour Alex. Tout le monde oubliera la girouette en forme de renard. » (p338)

Je crois que j’ai eu autant de mal à partir que les personnages (peut-être plus ;0) D’autres passages que j’ai adorés ;

 » Elle se regarda dans la glace et reconnut l’animal enfermé en elle qui grandissait, qui mangeait, qui réclamait. Elle aurait tellement voulu avoir l’air quelconque pour que le regard des autres glisse sur elle. Maman avait tort. Le problème n’était pas de croire ceci ou cela, ce n’était pas une question de bien ou de mal, de justice ou d’injustice. Il s’agissait seulement de trouver la force de supporter l’embarras indissociable de l’existence dans ce monde.  » (p36)

 » Elle regarda autour d’elle. Un paysage nu et désolé, on ne voyait plus aucun champ désormais, juste une lande de montagne déserte, au loin, les collines noires sous le ciel massif blanc cassé. Où était sa veste ? L’enfer ressemblait peut-être à cela. Pas de feu, pas de cohorte de démons, mais un nulle part glacial et vide, le coeur aspirant désespérément à un peu de chaleur, un peu de compagnie, et l’esprit le sermonnant ; ne te leurre pas, tu ne les trouveras pas ici.  » (p203)

J’ai franchement adoré cette lecture et cette famille fera partie désormais de mes intimes, je ne les oublierais pas de sitôt. J’espère vous avoir convaincus de vous lancer dans cette lecture, oui vraiment…

Vacances à l’anglaise

Mark Haddon

Traduit de l’anglais par Odile Demange

Editions du Nil, 2014

 Pour le mois anglais chez  Lou, Titine et Cryssilda