Cinéma·Littérature

Je suis une légende de Richard Matheson

 Présentation de l’éditeur : (folio SF ) : « Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil… Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme. Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire. »

Noir, c’est noir. Si vous cherchez un livre « remonte moi le moral », ce n’est vraiment pas le livre idéal. Il n’y a pas d’espoir dans ces pages, pas un gramme d’optimisme… A côté, le film paraît (presque) joyeux… Ok, j’exagère certainement. J’ai commençé par voir le film (le dernier, celui avec Will Smith), puis j’ai lu le livre et j’ai encore un fois visionné le film. Ils sont extrêmements différents, la fin du film n’a absolument rien à voir avec celle du livre. Et le titre n’a plus du tout la même dimension. Bien sûr le livre est certainement d’une plus belle qualité. Mais je suis certainement une petite chose au coeur trop sensible. Le livre m’a vraiment bousculé, alors que le film n’a fait que me divertir (et en passant me faire admirer la plastique parfaite de Will Smith, oui je sais, c’est un détail). D’ailleurs la première différence sensible est que (et je ne vous apprends rien) dans le film Neville est noir, alors que dans le livre il est blond au yeux bleus (et là, encore une fois, je vous l’accorde, la différence n’est pas d’une importance capitale…) mais bon, ça surprend un peu lors de la lecture des premières pages.

Ce que je retiendrais surtout de ce livre c’est la détresse et la dramatique situation de Neville qui se retrouve seul survivant. Sa solitude est lourde, terrible, bouleversante… Qui oserait s’imaginer dans une telle situation ? Sa femme, sa fille sont mortes dans des conditions épouvantables, il a vu ce virus détruire ceux qui l’entourait les uns après les autres… Comment a t’il trouvé la force de survivre à tout cela ? Et pourquoi ? Je veux dire, est ce que cela vaut vraiment le coup de survivre si l’on doit se retrouver seul ? C’est certainement la question que je me poserais. Dans le livre et dans le film il y a la présence d’un chien mais les circonstances de leur rencontre ne sont pas du tout les mêmes… Dans le livre c’est à peine si Neville a le temps de profiter de cette présence réconfortante… Il y a aussi la rencontre avec une femme mais là aussi, tout est différent… Mais je ne dirais rien de plus, à vous de le lire, si cela vous tente…

Dans l’un comme dans l’autre les raisons de ce chaos sont les mêmes, c’est un virus qui transforme les hommes. C’est un virus qui est la cause de tout… Et dans le film comme dans le livre Neville essaye d’éliminer le plus possible de mutants. Mais finalement pour quel résultat ? Le monde, tel qu’il le connaissait, n’existe plus… Bien sûr c’est un livre dérangeant, angoissant… Neville se saoûle beaucoup dans le livre (et franchement qui ne le comprendrait pas…) et il écoute Brahms et Bernstein pour oublier… (à la différence du film où il écoute Bob Marley). Mais il ne fait pas que ça. Il cherche aussi, fait quelques découvertes intéressantes… Bien sûr il y a quelques clichés ; l’aïl tout d’abord et les pieux qu’il utilise pour tuer ces créatures… En bref c’est tout de même un livre dont je vous conseille la lecture, à condition de savoir où vous allez mettre les pieds. Et je vous conseille aussi de voir le film. C’est un film qui captive et en plus il y la présence de Will Smith (comment ça je l’ai déjà dit ???).

Dans cet extrait Neville est saoûl, voilà le genre de pensées qui le traversent quand il est saoûl : (et je vous laisse y méditer…)

  » Ma thèse tient en quelques mots : les vampires sont victimes d’un préjugé. Or, le source des préjugés raciaux réside dans le postulat que la peur engendre la haine. Il alla se verser un whisky ; un grand. En des temps reculés, disons, jusqu’à la fin du Moyen Age, le pouvoir du vampire était aussi grand que la terreur qu’il inspirait. C’est pourquoi on jeta l’anathème sur lui. La société ressent à son endroit une haine irrationnelle. Pourtant, en quoi ses habitudes sont-elles plus révoltantes que celles des autres hommes et animaux ? Ses crimes sont-ils plus graves que ceux des parents qui étouffent la personnalité de leur enfant ? Son seul nom provoque des réactions d’effrois. Mais est-il plus monstrueux que les parents d’un gosse névrosé, futur homme politique ? Que l’industriel distribuant à des oeuvres l’argent qu’il a amassé en fournissant en bombes et en fusils des terroristes kamikazes ?

(je vous laisse juger la pertinence de ces deux dernières phrases !!!)

Que le producteur de l’infâme tord-boyaux avec lequel s’abrutissent de pauvres types déjà incapables d’aligner deux idées à jeun (‘Mande pardon ; je suis en train de dénigrer le sein qui m’abreuve) ? Est-il pire enfin que le patron du torche-cul qui souille les présentoirs d’un flot de calomnies et d’obscénités ? Examinez bien vos consciences, mes petits coeur, et dites-moi si le vampire est tellement épouvantable. « 

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Littérature

Sous les cahiers, la mort de Caroline Chabrol

Présentation de l’éditeur L’intrigue de ce roman nous amène à découvrir l’histoire douloureuse d’une famille détruite par le secret. Laure Théligny est venue passer quelques jours seule dans la maison héritée de ses parents. Après une rupture amoureuse, elle espère trouver un peu de quiétude et de repos dans le village de son enfance. Mais des événements étranges vont bouleverser sa vie : la découverte de manuscrits dans une décharge publique et la disparition d’une amie. Tandis qu’elle recherche le propriétaire des écrits anonymes, Laure est confrontée au comportement intriguant de l’entourage de son amie. Bientôt, la police la suspecte d’être mêlée à la disparition.

Je dois dire que ce livre a été pour moi une très agréable surprise. Je me suis vraiment laissée prendre dans ses filets. C’est un petit texte très court, très vite lue, mais c’est du concentré. C’est un petit texte, comme un café fort et serré, dont on sort la gorge nouée. Un petit texte d’une tristesse tenu, que je n’oublierais pas de sitôt. Il y a là les prémices d’un talent. Il y a là les premiers balbutiements d’un auteur et ils sont prometteurs. C’est une petite musique qui coule toute seule et j’ai suivi les yeux fermés, conquise… C’est une histoire d’amour et de haine, toutes deux étroitements entrelaçées dans une valse d’amertume. Je crois que je suis même à deux doigts du coup de coeur… En tout cas, pas très loin…

Page 10, déjà, ça commence fort. Voilà quelques lignes de l’un des premiers cahiers dont Laure commence la lecture : (ces quelques mots me touchent énormément)

  » Comme il est difficile de vivre quand on s’accuse toujours d’avoir mal fait et mal dit. La hantise de faire du mal. Je m’en veux toujours. Je me méprise. « Tu ne t’aimes pas » disait Nathalie Sarraute. Je répondrais que je m’aime encore trop. »

Laure a trouvé ces cahiers dans une boite, dans une décharge publique. Ces cahiers sont anonymes mais Laure a très vite une idée de celle qui pourrait avoir écrit ces lignes. Elle est à peine arrivée qu’elle apprend que Lou Anne a disparu. Quand elle avait quinze ans, la voisine, et amie de ses parents, avait perdu son mari dans un accident mortel. Laure s’est alors occupé de leurs enfants, la voisine est infirmière donc souvent absente. Elle demande donc à Laure de faire du baby-sitting  :

  » Quand elle avait quinze ans, elle s’occupait de Lou Anne et de ses frères. C’était après la mort de leur père. Lou Anne et Matthieu, son frère jumeau, faux jumeau, avaient alors dix ans. Franck en avait cinq. Elle les emmenait à l’école le matin avant d’aller au lycée. Elle allait les chercher le soir après l’étude si ses cours étaient terminés. Sinon, elle les retrouvait chez eux et attendait leur mère avec eux. Parfois, lorsque celle-ci travaillait de nuit, elle passait la soirée et la nuit avec les enfants. « 

La teneur des cahiers inquiète Laure. Extrait de la lettre du 10 févier 2003 :

  » L’écriture est l’aveu de mes défaites, de mon manque à dire et à comprendre et en dernière analyse, de ma conscience de la vie en train de se défiler. C’est le sable entre mes doigts échappé. « 

Elle décide donc d’apporter ces cahiers à la police. Très vite elle se sent elle aussi surveillée, menaçée. Quelqu’un pénêtre chez elle. Ses notes, prises à la lecture des cahiers lui ont été volées. Elle trouve des messages haineux sur son lit, accompagné d’extraits des cahiers. Elle qui venait pour se reposer et se ressourcer, c’est réussi…. Heureusement elle trouve des moments de sérénité et de paix dans ses promenades :

  » La beauté des paysages nus l’apaise. Ce dont elle souffre le plus à Paris, c’est du manque d’horizon. Le regard se cogne aux murs. Il manque parfois d’espace comme les poumons peuvent manquer d’air. Ici, elle voudrait étreindre les nuages, recouvrir de son corps le sommet des montagnes. Le contact avec la nature est à chaque fois brutal et salutaire. La ville et ses sollicitations, la ville et ses distractions lui font oublier qu’elle est perdue. Ici, ce savoir la sauve. »

Un dernier morceau d’un cahier, juste pour le plaisir, extrait de la lettre du 05 septembre 1992 :

  » Je ne suis à personne. Dans tes poèmes, je ne m’appartiens plus. Ce que tu fais avec ton stylo, c’est prélever un peu de ma matière. Tu la modèles à ta manière et tu me la rends sous une forme belle et terrible que tu me forces à regarder. C’est pourtant moi qui suis vivante, mais ce sont tes mots qui existent. Ils sont plus forts que moi. Tu trouves ta force en eux. Je reste stérile. Car je me refuse à me servir de toi. « 

Un grand merci à B.O.B. et aux éditions Le manuscrit. Et un grand merci à l’auteur pour m’avoir vraiment emporté…

D’autres billets : LiyahStefEsmeraldaeEmile et Lili

Lecture addictive

Fièvre noire de Karen Marie Moning

Tout d’abord je dois dire que j’avais envie d’une lecture facile, prenante et qui ne prend pas la tête… Et puis c’est de la faute aux couineuses, oui parfaitement, de leurs fautes…

J’étais quasiment obligée de lire cette série. Mais comment, vous ne connaissez pas le cercle des couineuses ? La très chouette idée vient de chez Fashion. Vous connaissez Fashion, non ? L’excellent billet,  vaut à lui seul le coup d’oeil, et il est à lire ici…Il faut absolument, oui ABSOLUMENT que vous alliez le lire, si ce n’est pas déjà fait, il m’a valu un moment de franche hilarité et m’a mise en joie… Même si je suis incapable de me joindre à cette super communauté (et j’en suis franchement désolée), parce que j’adorerais faire partie de cette géniale bande de joyeuses lurronnes (si, si j’ai vérifié, ça existe au féminin…)

Bref les couineuses m’ont piègées…

J’ai nommé Sandy,:

 » …Bref l’aventure démarre et elle m’a cloué sur mon canapé ! J’ai bien été incapable de poser ce livre pour aller me coucher et j’ai veillé bien tard pour le finir (frôlant la crise diplomatique avec mon homme !)…

Isabelle :

« …N’allez pas croire que je suis du genre à me pâmer pour des hommes (mais en sont-ils vraiment hein, c’est là un suspens que je ne saurai éventer ^_^)  possédant des « longues mèches d’or pur, des iris si clairs qu’ils semblaient fait d’argent, un teint doré… » (page 38) ; des hommes d’un mètre quatre-vingt dix dont la « chevelure était sombre et lustrée, la peau dorée, les yeux d’un noir éclatant » et dont le visage « aux traits purs et au modelé parfait auraient inspiré bien des peintres… »

et Clarabel… :

« Car Fièvre Noire est une lecture facile, agréable et distrayante, où l’on passe du rose au noir en toute impunité, sans ciller. Karen Marie Moning nous fait en effet pénétrer un monde obscur peuplé de faës et autres créatures délicieuses (ahem, ahem) avec une facilité qui ne nous laisse guère le temps d’être décoiffés ! »

Là encore je vous conseille fortement d’aller lire leurs billets. Si vous avez un petit coup de mou, ou une légère baisse de moral, ça vous fera beaucoup de bien… Le sujet ? Bof, est-il vraiment aussi important que ça ??? L’important est de savoir que vous allez passez un bon moment, vous payer des tranches de franches rigolades, frémir avec du suspense et tout et tout…. Il y a des monstres (hideux) une héroïne franchement marrante, un homme sorti tout droit des meilleurs harlequins (la mèche noire, le charisme et cerise sur le gâteau le parfait goujat dans toute sa splendeur…). Il y a une scène très drôle dans un musée où Mac se retrouve avec sa culotte sur la tête (ou presque) sans trop savoir comment c’est arrivé… Oui j’ai passé un très bon moment avec ce livre et je n’ai pas honte de le dire (et quoi encore…)

Quatrième de couverture :

  » «Ma philosophie tient en quelques mots : si personne n’essaie de me tuer, c’est une bonne journée. Autant vous le dire, ça ne va pas très fort, depuis quelque temps. Depuis la chute des murs qui séparaient les hommes des faës. Pour moi, un bon faë est un faë mort. Seulement, les faës Seelie sont moins dangereux que les Unseelie. Ils ne nous abattent pas à vue. Ils préfèrent nous garder pour… le sexe. Au fait, je m’appelle MacKayla Lane. Mac pour les intimes. Je suis une sidhe-seer. La bonne nouvelle : nous sommes nombreux. La mauvaise : nous sommes le dernier rempart contre le chaos.» « 

Est ce que ça vous donne une idée plus précise ??? Oui bon… Je dois dire que Sandy, Isabelle et Clarabel en parles bien mieux que ça!!! Un petit extrait pour la route ???

 «  Mallucé me scruta d’un air hautain. Très lentement, ses lèvres s’incurvèrent en un semblant de sourire que démentait son regard glacial.

– Il y a des gens qui écoutent beaucoup trop les Stones, laissa-t-il tomber de ses lèvres froides.

Tous les goûts sont dans la nature ! Bien entendu, j’avais tout de suite compris à quel titre il faisait allusion. She’s a Rainbow. La femme arc-en-ciel que chantaient Mick Jagger et ses complices aurait pu être moi. Chaque fois que j’écoutais cette chanson sur mon iPod, je m’imaginais au milieu d’une prairie inondée de soleil, en train de danser et de tourner sur moi-même, la tête renversée en arrière, mille couleurs jaillissant de mes doigts pour peindre les arbres, les oiseaux, les abeilles, les fleurs et même le ciel et le soleil de mille nuances joyeuses, irisées, acidulées comme des bonbons. C’était bien simple, j’adorais ce morceau. « 

Très peace and love cet extrait, non ??? J’adore !!!

Je dois avouer que j’ai déjà craqué pour la suite… Et que j’espère la lire très vite…
Les chroniques de Mackayla Lane - Les chroniques de Mackayla Lane, T2

Bon je vous donne un petit bonus :