Publié dans Lecture jeunesse, Littérature Française

La pyramide des besoins humains de Caroline Solé

 » Les nuits suivantes, en cherchant les étoiles dans le ciel je pense parfois, beaucoup, mais pas passionnément, à reprendre un train et à rentrer à la maison. Seulement, je sais bien que ce n’est pas chez moi, là-bas. En soufflant dans mes mains pour me réchauffer, je m’accroche à cette idée qu’un jour, je me sentirai chez moi quelque part. Cet espoir me fera tenir jusqu’à ce que je trouve un bon carton. » (p16)

Un jour, Christopher 15 ans, a pris le « gnon » de trop. Alors il prend le train pour nulle part et partout. Que lui importe la destination, pourvu que ce soit loin de chez lui. Ce train l’emmène  à Berwick Street, à Chinatown. Christopher vit désormais dans la rue, il habite sur un carton. Il n’est pas seul pour autant ; il y a d’abord Jimmy, un vendeur de hot-dog à ses heures, qui le prend sous son aile  ; « il va devenir le meilleur des potes, le meilleur du meilleur qu’on peut avoir quand on touche le fond. Pas le bon camarade qui vous prête sa gomme et joue avec vous au foot dans la résidence, celui qui salue poliment maman à travers la fenêtre, non, Jimmy, c’est le genre de compagnon à vous tirer d’un carton au milieu de la nuit, subitement, pour éviter qu’une bouteille vienne se fracasser sur votre crâne. Un ami qui vous offre à manger alors qu’il fait des tas avec des pièces et que même ses dix tas ne valent pas le prix d’un repas. » (p18) Et il y a aussi Scratch-Scratch et puis Suzie. Un jour il s’inscrit à un jeu sur internet « la pyramide des besoins humains » qui est inspiré de la théorie d’un psy ; Abraham Maslow. Cela l’entraine, bien malgré lui, dans une spirale surprenante. Le voilà qui gagne une par une les différents niveaux  avec un nombre incroyable de votes pour lui.

Ce roman m’a ému énormément et bien plus pour le constat navrant de tous ses jeunes qui finissent dans les rues (pour moi c’est plus de cela dont il est vraiment question dans ce roman) plutôt que celui du pouvoir aspirant des médias, de ces jeux (de plus en plus monstrueux qui utilisent les êtres pour des raisons d’argent et de contrôle). Pour moi c’était une lecture douloureuse qui met le doigt sur, non pas sur les différentes raisons qui peuvent emmener une personne dans la rue, mais plutôt sur les différents strates et parcours qui font qu’on y arrive un jour.

 » C’est une forme de respect ; puisque tu te retrouve sur ce carton mouillé, je ne te ferai pas l’affront de te demander pourquoi. Forcément qu’il y a eu une catastrophe; Personne ne dort dans le froid et l’insécurité par choix. » (p91)

Christopher est un révolté (et cela sans doute bien avant de finir sur son carton) un garçon qui ne trouve pas d’intérêt réel à être intégré dans la société, avec tous ces travers qu’il lui attribue. Pour lui il n’y a pas vraiment d’échappatoire, même si sa famille lui manque parfois ; son petit frère surtout et même ce père qui le battait, il n’a pas envie de retourner dans le rang, ce qui pour lui signifierait perdre sa liberté ; pouvoir continuer à penser librement, garder sa propre personnalité, ne pas se laisser embobiner par des penseurs de bazar, c’est cela pour lui la liberté  » Pouvoir choisir précisément le mot qui sort de sa bouche, lui donner une teinte particulière, unique, qui reflète vraiment notre âme à un moment donné, c’est pourtant, selon moi, le plus grande des libertés. (p79). Dès lors on se demande comment tout cela peut-il bien finir, quel avenir pour un jeune homme qui vit dans les marges ?!

 » Les gars en marge, comme moi, ils vivent sur le bas-côté, car quelque chose a débordé. Malgré le joli cahier aux lignes tracées, le stylo a dérapé, il a filé dans la marge. Il y avait trop à écrire, un trop-plein qu’il fallait sortir. Et maintenant, on vit dans la rue. On a oublié la douceur d’un oreiller, d’une caresse, on ne parvient plus à dormir. » (p82)

Christopher n’est pas dupe,  il (sur)vit alors même que ses besoins les plus élémentaires sont vraiment réduit à leur plus stricte minimum. C’est bien preuve que les théories de ce fameux Marlow sont caduc.

 » Retourner vivre avec ma famille, je n’en ai aucune envie. Le lit douillet, le rôti, la télé, j’en ai soupé. On m’a gavé comme une oie dans son enclos. Et il ne manquerait plus que je fasse semblant, moi aussi, d’aimer cette existence où je dois allumer un écran pour assister à un événement trépidant et me sentir vivant. » (p117)

Il y a aussi ces passages très émouvants, ceux de ses souvenirs de vie à la campagne et des instants heureux qu’il passait avec son petit frère.

 » Mais, quand je sortais du lotissement, il suffisait de quelques enjambées pour rejoindre le saule pleurer près de la mare, les nénuphars et les grenouilles. Du vert olive sur l’eau, vert émeraude dans les vallées, vert amande en pigment dans le ciel. Les chevaux aux robes poétiques m’ouvraient l’appétit : bai, alezan, chocolat, crème, café au lait… Et surtout, un frangin à mes trousses qu’il fallait porter dans les champs boueux, soulever dans les airs pour cueillir le goûter et divertir les jours de chagrin. Je faisais le clown en classe car depuis toujours, mettre un nez rouge sur mon visage permettait de faire diversion. Quand, à la maison, le temps virait à l’orage, on s’éclipsait jusqu’à la mare, on se baignait dans un paysage bucolique qui changeait de couleurs chaque saison et dont les teintes chaudes me réchauffent encore le coeur.  » (p74)

A la fin du bouquin (que je n’aurais pas voulu autrement) on en vient à la conclusion que ce Christopher est vraiment un gars bien. C’est un pur qui ne se résout pas à vivre une vie aseptisée, un pur qui espère bien plus et bien mieux de la vie qu’un quotidien maussade, qui refuse aussi d’être écrasé par la nécessité de consommer encore et encore et d’être réduit à une marchandise monnayable par ceux qui tirent les ficelles. Evidemment, on en vient à espérer qu’il aura la vie qu’il estimera être la meilleure pour lui. Cette lecture est un vrai et un grand coup de coeur !

 » A Chinatown, je me lave au lavabo dans les toilettes publiques. Dans le miroir embué, je me revois asperger mon frangin d’eau de pluie dormante dans les nénuphars. On riait aux éclats en s’éclaboussant. Je me demande à quel moment j’ai bu la tasse » (p75)

« …/… des fissures, j’en vois partout, chez les paumés comme chez les passants » (p70)

Lu par Nadael, NouketteJérôme, Leiloona, Bladelor

Ce roman fait parti de mes lectures d’été (clic)

Ecole des loisirs (clic)

Collection Médium

Octobre 2016

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Publié dans Lecture jeunesse, Littérature Française

Modèle vivant de Carole Fives

Carole Fives et Rascal - Modèle vivant.

 » Je trépigne. Mais ça fait déjà quinze ans que je trépigne. Quinze ans à maudire cette enfance qui n’en finit pas, où les autres décident tout et toujours à votre place, sans jamais vous demander votre avis. L’adolescence est ce long tunnel avec au bout une infime lueur, si fragile, la majorité, l’âge adulte où je me promets de vivre, enfin, comme je l’entends.  » (p49)

  Cette lecture va vite, très vite. Il faut s’accrocher au wagon et ne pas se laisser éjecter. L’impression d’être un peu sur une pente glissante et dont l’inclinaison serait toujours plus raide. Carole va vivre des jours intenses, dont la profondeur la marquera durant toute sa vie.

Il y a l’art dans ses pages, l’art plus fort que tout, qui régente une vie et des jours. L’envie de s’exprimer et de dire ce qui submerge les jours. Il y a un amour qui vient vite et qui bouleverse la vie.

Carole a une passion pour le dessin  » Ces mots, je les exprime avec le dessin, avec la rage du fusain, des couleurs, du trait » p28 (le roman commence d’ailleurs par un cours avec Ulrich, prof de dessin). Ces parents sont séparés, son frère est resté avec sa mère et elle même vit avec son père. Carole regrette d’ailleurs à ce sujet que les liens avec ce frère soient devenus moins soudés. Ils se voient peu, ont perdus un peu de leur complicité, et elle le regrette ;  » Julien et moi ne vivons plus ensemble et, d’une certaine façon, nous avons divorcé nous aussi. Nous ne nous voyons plus que pendant les vacances scolaires. » (p20) Arrive ce qui doit arriver, l’arrivée d’une belle mère pas très tendre, ni particulièrement bienveillante vient perturber la vie de la jeune fille. Son objectif c’est d’évincer Carole, la relation qu’entretient Carole et son père (forcément forte puisqu’ils sont un binôme) n’est pas du tout au goût de Josiane (la belle mère) et dès le début elle le fait savoir.

L’avenir pour Carole est donc un changement de lycée, de région, un déménagement donc, pour vivre à trois désormais. Carole voudrait profiter de ces vacances (direction les châteaux de la Loire) partagés avec son père et son frère, pour faire changer les projets de son père. Mais rien ne va se passer comme prévu. En effet elle va rencontrer un garçon, au coeur de l’été, au bord d’une rivière de Montrichard et le reste lui paraitra tout à coup très secondaire. Carole a quinze et elle n’a jamais eu de petit copain, c’est donc sa première rencontre amoureuse. Son père n’est pas quelqu’un de trop rigoriste et lui laisse la liberté de rejoindre ce garçon durant quelques jours avant la rentrée et ces jours là seront inoubliables pour Carole. Elle les portera en elle toute sa vie.

Ce roman est un roman jeunesse mais il peut tout à fait être lu comme un roman qui n’aurait pas cette classification. C’est beau, émouvant et on se sent très proche de Carole qui vit une intensité si singulière durant un très court laps de temps. Ces jours là sont comme une parenthèse hors du temps justement. C’est très fort et je garderais un souvenir puissant de cet été passé avec cette jeune fille (c’est une deuxième lecture pour moi, il faisait d’ailleurs parti de mon Top 10 jeunesse 2014, clic). J’espère vraiment vous donner l’envie de le lire !

« Quel plus bel endroit pour vivre qu’un atelier ! Comment se sentir mieux entourée ? L’odeur, les couleurs, tout vous rappelle à chaque instant l’essentiel : l’art, l’expression de soi. » (p75)

 » – J’étais en peinture reprend José, mais les profs ne comprenaient rien à mon travail. Il fallait toujours se justifier. Pourquoi j’utilisais telle couleur, pourquoi tel format, pourquoi tel sujet ? ça m’a vite gonflé. A un moment, je leur ai dit que si je peignais, c’était justement parce que je n’avais pas les mots. » (p42)

Lu par Nadaël également ;  » Un roman tour à tour rayonnant et grave sur l’adolescence, ses confusions et ses joies, sur l’art et la beauté, sur l’amour et la liberté, sur le deuil aussi. On ne peut qu’éprouver de l’empathie pour Carole et José, deux êtres terriblement émouvants et tellement « crédibles ». Roman d’autant plus poignant que l’histoire est en partie autobiographique. »

Modèle vivant

Carole Fives

Ecole des loirsis 2014

Collection Médium, conseillé pour 13 ans et plus

 Lu pour mon challenge projet 52, billet rattrapage 4 /52,  catégorie 3 ; relu intégralement

Publié dans Lecture jeunesse, Littérature Française

Sauveur et Fils, saison 1, de Marie-Aude Murail

Marie-Aude Murail - Sauveur & Fils Saison 1 : .

Le mot de l’éditeur ;  » Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…  Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ? »

 » Les préparatifs pour transformer la cage en Bountyland occupèrent la soirée de Gabin et Lazare. Saint-Yves les observa en train d’imaginer le plaisir du hamster à se promener sur sa mezzanine et à faire des stocks dans sa maison. Non seulement les deux garçons étaient contents pour Bounty, mais ils étaient Bounty, grâce à cette merveilleuse ressource de l’âme humaine qui se nomme empathie.  » (p129)

Voilà ça y est, j’ai enfin lue la première saison de cette série jeunesse dont vous avez tant chantés les louanges. Et je comprends enfin pourquoi vous êtes toutes tellement tombés sous son charme ;0) C’est vraiment une lecture toute en tendresse, en capital sympathie aussi. Tout d’abord, comment ne pas craquer pour un psychologue qui s’appelle Sauveur ?! Et bien c’est simple ; on ne le peut pas :0) Sauveur Saint Yves n’a pourtant pas le profil de l’emploi ; 1 mètre 90, 80 kilos de muscles… Plutôt la carrure d’un catcheur ou d’un déménageur, n’est-il pas vrai ?

Et puis, fait très appréciable, cette lecture n’est en rien édulcorée, on ne prend pas ici les enfants ni les ados pour des imbéciles. Ce sont des problèmes graves qu’affrontent les petits (et les grands) patients de Sauveur. Malgré cela ce n’est en rien plombant, pas dramatique pour un sou (pourtant certains cas sont lourd, c’est dire le talent de M.A. Murail). Le ton est juste tout le long de ses pages. Par ailleurs il y a aussi l’histoire de Sauveur et de Lazare qui se déroule sous nos yeux. Lazare n’a plus sa mère, mais Sauveur est très très réticent à l’idée de lui en parler. Il y aura des pages aussi sur la martinique et une histoire familiale lourde à porter (vous savez comme j’aime ces histoires familiales compliquées ! )

Il y a aussi les petites notes amusantes et délicieuses avec le fils de Sauveur : Lazare. Lazare et ses hamsters, Lazare et son meilleur copain, Lazare qui est un petit garçon très curieux puisqu’il espionne son père et ses rendez vous derrière une porte mal fermée. On trouve d’ailleurs d’autres touches d’humour dans le roman, n’oublions pas que ces petites pépites sont écrites par Marie Aude Murail. Oui, voilà je suis fan je l’avoue :0) Vous trouverez d’autres lectures de l’autrice sur ce blog avec ces titres là ; 3000 façons de dire je t’aime (clic) et son adaptation des Grandes espérances de Charles Dickens (clic).

Vous l’aurez déjà compris mais je vous conseille cette lecture, à vous et à vos ados, très très fortement. C’est charmeur et délicieux et vous n’allez pas vous ennuyer une seule seconde (et j’ai hâte de lire la suite !!). Si vous avez encore besoin d’être convaincue je vous dirige vers les avis de ;

Za ;  » C’est du grand, du très grand Marie-Aude Murail que nous avons là.
A condition de faire abstraction de la couverture, certes. Marie-Aude Murail n’a pas son pareil pour dénicher l’humain, pour le rendre au centuple à son lecteur. Alors quel meilleur héros qu’un psychologue pour sonder les âmes ?…/… Toutes ces histoires sont regardées avec bienveillance par l’auteur/héros – tant il est clair que, de ce point de vue, Marie-Aude Murail et Sauveur ne font qu’un. Aucun jugement, mais la voix du narrateur, à la fois empathique et distanciée, insuffle humour et légèreté, là où il serait si facile de tartiner du désespoir. »

Bladelor   » Vous dire, peut-être, que je me suis sentie chez moi dans ce bouquin en un rien de temps, que j’ai dévoré ces pages qui me collaient aux doigts, incapable de m’en défaire. Vous dire aussi que j’ai trouvé la plume de Marie-Aude Murail exquise, avec un texte qui m’a fait penser à Miss Charity et Oh, boy ! Un texte drôle et tendre à la fois, un brin déjanté, mais sérieux dans le fond.
C’est une lecture qui fait du bien, une sorte de baume à l’âme, un roman-doudou. »

Cuneipage ;   » Partager le quotidien d’un psychologue est une mine pour explorer la notion même de contemporanéité et le ton est parfait : la plume se fait toute légère pour raconter les pires et c’est chaleureux en diable. Empli d’humour, de situations très justes, de personnages que l’on jurerait connaître, on voudrait ne jamais en sortir. Je recommande chaudement ! « 

Bouquinbourg ; «  Ces derniers temps, mes lectures me ravissent… Et celle-là remporte haut la main le prix de la lecture la plus enthousiasmante de la rentrée ! Je vous vois venir, ceux qui me connaissent bien : ce n’est pas uniquement parce qu’il y a un cochon d’inde sur la couverture ! Non, Sauveur & Filsest une petite pépite dont chaque page est un bonbon d’optimisme à savourer. « 

Nadael ;  » Gravité et légèreté se relayent, battant la mesure et permettant aux multiples histoires de se déployer et ainsi de se révéler. À ces histoires enchassées s’ajoute celle de Lazare et de Sauveur, la relation d’un père et d’un fils qui cheminent l’un l’autre vers l’apaisement. Beau. Vrai. Profond. »

Lu aussi par CathuluJérôme etNoukette. et j’avais oublié le dernier billet que j’ai lu, celui de Fondant,

Lu pour le challenge « Objectif PAL » dAntigone

Sauveur & Fils, saison 1

Marie-Aude Murail

Ecole des loisirs 2016

Publié dans Albums enfants

ça sent bon la maman d’Emile Jadoul et Claude K. Dubois

  Le moment du coucher de nos tout-petits est un moment un peu délicat, un moment entre deux, un moment difficile de séparation, minuscule peut-être, mais parfois vécu douloureusement pour un petit bout. C’est un moment délicat, qu’il ne faut pas bâcler. Maman taupe le sait bien puisqu’elle prend le temps de lire une histoire et de faire un long câlin à son petit. Mais cela n’empêche, petite taupe ne l’entend pas ainsi. Elle a encore besoin de la présence de maman, de sa tendresse, de sa douceur. Et puis il y a les petites angoisses et les peurs liés à l’arrivée de la nuit, cela n’aide pas Taupinou à s’endormir, mais alors pas du tout. Mais maman taupe sait bien que son petit à besoin de sommeil (et elle aussi à la même occasion ;0) Alors elle ne cède pas, mais elle a une idée lumineuse (comme souvent en ont les mamans ;0) Elle donne à Taupinou son foulard qu’elle porte autour du cou. Ainsi Taupinou s’endort tranquillement, entouré qu’il est de l’odeur de sa maman chérie.

« Un peu de moi auprès de toi » dit maman taupe

Les illustrations sont adorables et délicieuses, des petites taupes tellement mignonnes qu’elles donnent envie de les papouiller et de les câliner… de les dévorer de baisers, de vrais doudous ;0) Elles sont adorables et craquantes, il n’y a pas d’autres mots !! J’adore ce que fait Claude K. Dubois ; c’est tellement doux, moelleux, chaleureux, d’une rondeur délicieuse !! Quelle tendresse dans ces pages, tellement que l’on pourrait croire la toucher. Une vraie merveille, j’ai été totalement conquise et touchée au cœur ! C’est vraiment une petite pépite qu’il faut avoir dans la bibliothèque. On pourra ainsi la ressortir indéfiniment, au moment du coucher. Un petit moment gourmand, de quiétude tranquille quand la nuit arrive et que nos tout-petits doivent dormir. C’est un vrai doudou cet album ;0) Je vous le conseille à 100% (oui, rien que ça ;0) Je l’ai même, pour ma part, exposé en tableau sur une des étagères de ma bibliothèque (où il a rejoint Lotte, fille pirate et Charlie le dragon ;0) Oui je fais ça souvent avec les albums enfants., j’en fais des petits tableaux, comme une vraie exposition d’art ;0)

« Taupinou se blottit contre Maman Taupe. Il a envie de rester comme ça tout le temps. »

Lu par Clarabel (clic) (et je me suis permise d’emprunter ses illustrations) ;  » ET C’EST ADORABLE ! Encore une fois. Le duo Emile Jadoul et Claude K. Dubois fait son beurre avec des histoires délicates, pleines de tendresse, aux illustrations douces et apaisantes. J’adore !  ♥ »

Jérôme (clic) ; « Le dessin de Claude K. Dubois est  à la fois simple et très expressif. En quelques traits il parvient à croquer une ambiance où le calme et la sérénité prédominent. On sent l’atmosphère bienveillante et chaleureuse de la maisonnée, le moelleux de la couette sous laquelle Taupinou finit par s’endormir et on se dit que décidément, il n’y a rien de mieux que l’odeur des mamans pour apaiser les enfants. »

Leiloona (clic) ; « Quel bonheur cet album ! Taupinou est un museau à bisous, j’aurais bien envie de le croquer de bisous ! Et ses petites menottes, raaaaaaaah. Trop chou. Les couleurs pastel, quant à elle, rendent l’ensemble bien douillet, bien cosy : on a envie d’habiter avec eux ! En arrière plan, rien ou presque … Ces deux-là s’entendent merveilleusement bien et on a très envie de partager la même chose avec son Tro’Gnon …

Mary (clic) ;  » Un concentré de tendresse et de câlins ! Voilà un petit album feutré, plein de douceur dans les traits et les couleurs, une ambiance toute intimiste à lire aux enfants (et aux parents!) amateurs de doudous, de lits douillets et de gros câlins. »

Galleane (clic) ; « C’est le mot qui décrit parfaitement l’album, touchant. Aussi simple que soit l’histoire, elle est touchante et l’enrobage lui amène la douceur qu’il faut pour faire craquer encore plus. Les dessins aux traits épais dégagent beaucoup de douceur, les couleurs utilisées accentuent encore plus cet effet. Cet album, c’est un petit bonbon, une petite friandise à déguster avec délicatesse.

ça sent bon la maman de Claude K. Dubois et Emile Jadoul

Ecole des loisirs, collection Pastel, septembre 2013

Tranche d’âge ; 3 à 5 ans

 Lu pour le challenge de Hérisson « Je lis aussi des albums 2017 » 1/10

Publié dans Albums enfants

L’avie d’Isée de Claude Ponti

 Le mot de l’éditeur ;  » Le fabuleux destin d’Isée – Isée dort tranquillement dans son lit. Un livre posé contre sa bibliothèque se met soudain à grandir tandis que l’air d’Ah, vous dirai-je maman en sort. Alors, Isée entre dans les pages comme on passe une porte et se retrouve au beau milieu d’une forêt-ville à parcourir. Au cours de son périple, un monstre la met au défi de se transformer en « la chose la plus puissante du monde».
Sacré challenge ! Après réflexion et essais divers, Isée trouve une solution qui est à la fois une surprise, un clin d’œil, un pied de nez et un point d’orgue… »

 » Une maison n’a pas à être une maison monstre. Une maison, c’est fait pour abriter, protéger, tenir au chaud. Pas pour mordre ou détruire », pense Isée qui entre dans une maisonstre assoupie; »

Claudi Ponti ce sont des dessins totalement fantasmagoriques, étranges, fabuleux. Quel monde foisonnant, ça grouille d’inventivités, de détails. Chaque page, chaque illustration peut se regarder de longues minutes, il y a tant à voir, beaucoup à découvrir. Il y a ses jeux de mots très drôles, fantastiques et tellement originaux.

 » Isée entre dans le livre. Tadoramour, sa peluche chérie, la suit. Dans le livre, c’est une sorte d’autre côté, d’ailleurs autrement, connu et inconnu ; mystérieusement intéressant. »

J’ai adoré la fin et les derniers mots de cet album ou il est question de routes, de chemins, de passerelles, ect… Je n’en dis pas plus mais c’est une magnifique conclusion et une belle métaphore de la vie, en quelques mots tout est dit. Il me semble à moi aussi que la vie est un ensemble de chemins et de routes. Isée a une vie vaste qui l’attend, pleine de découvertes et de mondes et de routes à parcourir. Isée aura à vivre, à voir, à ressentir.

A part ça il y a des monstres qui font peur mais raisonnablement , des créatures étranges et bizarroïdes, des villes-arbres, des poissons à deux têtes (ect) C’est totalement inventif et gentiment fou.

Petit dernier l’a lu il y a déjà un p’tit moment, c’est vraiment un album a lire avec ses enfants, cela peut-être un échange magnifique ; et toi qu’as tu vu dans cette image que je n’ai pas vu ? Et partager cela avec lui. Si c’est un timide et qu’il a l’imagination silencieuse ou simplement qu’il n’a pas envie de la partager il le lira seul, ou le relira de son côté, c’est à mon avis un album qu’il ressortira souvent de sa bibliothèque tant il est riche. Claudi Ponti c’est un monde que nous connaissions déjà, plus petit il avait lu « Okilélé » et il l’adorait, le relisait souvent. C’est un auteur, à mon sens, incontournable pour les petits. Le format de l’album est un peu grand pour des petites mains je trouve, pas évident même de le tenir sur ses genoux, c’est vraiment un format géant mais c’est vraiment le seul bémol que je pourrais émettre.

Conclusion ; un magnifique album, un gros coup de cœur, il ferait d’ailleurs une excellente idée cadeau pour Noël ! Une autre lecture de Claude Ponti sur ce blog ; Okilélé (clic) et qui est aussi un coup de cœur.

L’avie d’Isée de Claude Ponti, de 5 à 7 ans

Ecole des loisirs, novembre 2013

Lu pour le challenge de Hérisson « Je lis aussi des albums 2016 » 5/10. Ainsi que pour le challenge d’Enna Petit bac 2016, dans la catégorie « prénom »

Publié dans Albums enfants

Les pigeons du Luxembourg de Dorothée Noyon et Arthur le Diouris

Le mot de l’éditeur ;  » Monsieur Gosselin a décidé d’emmener toute sa famille au Salon de l’agriculture. Pendant leur absence, un voisin prendra soin des animaux de la ferme. Même des pigeons de la petite Manon ! Arrivés à Paris, chez leurs cousins, quel contraste pour les Gosselin : du bruit, des voitures partout !Vite, un coin de nature, allons au jardin du Luxembourg. Une surprise attend les enfants : une vieille dame, une charmeuse de pigeons. Elle est très gentille et va inspirer à Manon une bonne blague, ainsi qu’un échange ville-campagne très sérieux. »

Les pigeons sont sans doute les animaux les plus communs de la ville. C’est ce que découvrira la petite Manon qui , avec sa famille, quitte sa ferme (et ses chers pigeons) pour aller rendre une petite visite à ses cousins. La petite est au départ décontenancée, il y a beaucoup trop de bruits, de voitures, d’agitation… Mais ouf, même dans les villes on peut trouver du calme et de la sérénité ; il y a les jardins du Luxembourg ou l’on peut courir, s’ébattre en toute liberté, et puis surprise ; en ville aussi il y a des pigeons et la petite Manon découvrira que les pigeons sont un excellent moyen de ne perdre le contact avec ses cousins de la ville 🙂

 » Madame, pouvez-vous dire à mes cousins que les pigeons du Luxembourg se sont plu ici ? Ils se sont fait plein de nouveaux copains ! Venez vous voir à l’occasion – Manon »

 

Source de la photo ; Za

L’histoire est super mignonne et les illustrations sont traitées d’une façon originale ; elles sont en noir et blanc et seule la petite Manon est en couleur. Je dois avouer que ce n’est pas mon préféré de ce que j’ai pu lire à l’école des loisirs ces derniers temps.  Il m’a manqué peut-être un petit souffle de poésie, l’histoire m’a semblé un peu trop terre à terre mais il faut dire que mes goûts me portent plus vers la fantaisie et le fantastique en général, alors forcément 😉 Za, elle, a beaucoup aimé ; La lecture (clic) de Za ;

 » Voici un album tout en sourires, une ligne claire de bon aloi d’où émergent les deux couleurs associées à la petite Manon, le gris des ailes des pigeons. Les illustrations d’Arthur Le Diouris soulignent le texte sans l’alourdir, esquissent les décors. Les enfants courent, les pigeons volent, on suit l’histoire à ras du sol ou du haut d’une branche. Pas de message à deux balles non plus : on est bien à la campagne, certes, mais rien ne dit que les pigeons sont malheureux à Paris. On change de vie le temps d’une découverte, on retourne chez soi, on reviendra sans doute. D’autant qu’un brin de magie s’est peut-être mêlé à la promenade… »

Album de 5 à 7 ans

Ecole des loisirs, 2014

 Lu pour le challenge d’Hérisson « Je lis aussi des albums » 4/10

Publié dans Albums enfants

Le pouvoir du jaguar de Delphine Bournay

Alors, qui est ce le fameux jaguar de l’histoire ?? Et bien c’est la maman de Guillaume et Gaspard 😉 parfois ses petits chérubins l’a rendent vraiment chèvre et, pour pouvoir se faire écouter, elle n’a pas d’autre choix que de sortir la solution « rugissements ». Le problème c’est que ça marche trop  bien et  le pauvre Guillaume est tellement effrayé qu’il ne touche plus à son assiette ni à ses coquillettes (et c’était pourtant le but du dit « rugissements »). de désespoir la maman va se réfugier dans son lit et s’y endort aussitôt. Du coup les deux garçons se calment et viennent manger leurs coquillettes dans la lit de leur maman. Fin de l’histoire :0) Celle là est la première et il y a en a deux autres qui suivent. C’est vraiment très  très drôle, la dernière m’a carrément fait éclater de rire, maman joue à bébé avec les deux garçons et fait un gros caprice, la chute est vraiment trop drôle !!

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Pauvre, pauvre maman, ses deux garçons lui en font voir de toutes les couleurs. Cela rappellera des souvenirs à certaines, quand à d’autres (qui sont en plein dedans) ça les fera bien rigoler aussi (jaune peut-être mais bon ;0) Et puis ça sent le vécu, vu la dédicace à la première page ; « pour mes deux capitaines » ☺  Ce qui est sûr c’est que les enfants adoreront ce petit bouquin et qu’ils s’y reconnaîtront pleinement ! Moitié album, moitié BD c’est un petit album qui rencontrera un succès certain avec vos petits, les illustrations sont vraiment rigolotes et  modernes (un clic sur celles ci pour les agrandir)

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petit roman illustré pour enfants de 7 à 10 ans

Mouche de l’école des loisirs

mars 2014

 Lu pour le challenge d’Hérisson « Je lis aussi des albums » 3/10