Vivaldi dans les bois

Un matin, prendre la route, très tôt, alors que la brume de la nuit ne s’est pas encore dissipée. Rejoindre la maison des bois, retrouver avec bonheur sa solitude, sa quiétude. Ecouter de la musique, Vivaldi, s’envoler avec lui. Avoir emporté deux valises uniquement emplis de livres, en avoir rempli une autre, pour les affaires du quotidien. Trois valises, deux pour l’indispensable, une pour l’utile, mais savoir laquelle on préfèrerait perdre. Là bas, dès l’arrivée, allumer un feu, se faire un café que l’on dégustera devant le lac. Le finir tranquillement en arpentant la maison, respirer à pleins poumons le parfum du passé et des jours délicieux que l’on a passé ici. Se sentir bien, se sentir sereine. Retrouver le goût du bonheur… Perdre son pas dans le tapis de feuilles mortes, laisser le soleil lécher nos joues, lever son visage vers lui et fermer les yeux. Savourer ce moment sublime et inoubliable. Se sentir chez soi, se sentir neuve… Ne pas avoir peur de ces minutes, de ces heures qui nous attendent et que personne ne partagera. Aimer de plus en plus ces jours là, ces retraites que l’on s’offre de plus en plus souvent. Juste quelques jours volés au quotidien, à cette routine. Lorsqu’elle devient pesante penser immédiatement à la maison des bois et anticiper déjà le séjour prochain que l’on y fera. Tourner les pages du prochain livre qui se construira là. Faire des soupes d’automne pour se réchauffer le corps le soir, puisqu’il n’y aura personne de chair pour le faire. Retrouver le goût du manque… Se rappeler que la présence de l’être qui nous accompagne chaque jour de l’année est douce et tendre. Savourer le manque, le mâcher dans sa bouche, imaginer déjà l’attendrissement du premier regard lorsque je reviendrais. Mais savourer aussi la solitude tranquille de ces moments rien qu’à soi, que l’on vole au temps lui même. S’imaginer déjà dans les draps blancs de la petite chambre de la maison des bois, la petite chambre sous les combles. Vider les trois valises et déposer sur la petite étagère, juste à côté du lit, tous les livres emportés. En parcourir du regard tous les titres. Se régaler d’avance de toutes ces heures riches de ces voyages que l’on y fera. Rester bien ancrer dans la maison barque, mais voguer sur les vagues des pages, celles qui nous emportent toujours plus loin. Savoir cette chance que l’ on a d’avoir une telle passion pour les livres depuis toujours. Cette chance de s’échapper par là, de la dureté de certains jours, cette chance de pénétrer dans l’âme des « autres »,  ces « autres » naissant dans d’autres pays, vivant des expériences autres que les nôtres et reconnaître ainsi qu’ils sont fait de la même chair, nés de la même terre. Se sentir riche de cela…

L’or rouge, texte personnel non libre de droit (source des photos clic)

Je vous souhaite un bon dimanche et une belle journée, qu’elle soit ancrée dans les pages, dans les pas, ou dans les notes.

Ma photo du mois

Annette aux Roches, Raizeux, 1949, de Robert Doisneau

Cette fois ci il y aura, exceptionnellement, et une photo et un tableau du mois (à venir) pour ce mois de Juillet. Cette photo je l’adore, elle sent bon l’été et la chaleur… Elle sent bon l’enfance et les souvenirs… Elle sent bon la campagne, la fraîcheur des jeux d’eau, la joie de vivre et l’insouciance des premières années… Elle sent bon le bonheur tout simple, le bonheur douillet…

En Alsace c’est la canicule en ce moment, il fait chaud, chaud, chaud, chaud ;0) Et ça dure déjà depuis quelques jours…. Je serais bien la dernière à me plaindre de cela, cette année on se traîne un peu plus, mais tout de même, c’est bien agréable et ça ressemble vraiment à l’été quoi ;0)

Bon dimanche, oui mais aussi ;

Très bon mois de Juillet et bel été à tous et toutes !!!!!!!!!!!

Mon tableau du mois ; Juin

John Sloane. Trouvé chez Marielle

Ces derniers jours mon actualité et mon plus grand plaisir reste ces heures passés dans le jardin. Les beaux jours vont et viennent mais depuis hier il fait beau, il fait chaud (très) et rien de plus agréable que de se promener dans notre jardin pour admirer nos arbustes en fleurs (notre chèvrefeuille a fait ses premières fleurs cette année et je ne me lasse pas de le regarder). Ces heures, passés dans le jardin, sur notre terrasse sont douces et pleines ; lectures, dégustation de thés glacés divers, barbecue. Bref, que c’est bon de voir arriver la belle saison et les délicieux jours d’été.

Bon mois de juin à tous !!

Mon tableau du mois ; Mai

Claude Monet La casa dell’artista ad Argenteuil(1873)

Ces derniers jours le bonheur est simple comme du temps passé sur une terrasse ensoleillé… Le ciel est bleu, le jardin s’épanouit, les arbres prennent des couleurs (mes deux lilas, dont un des montagnes, sont magnifiques). Il fait chaud, il fait beau… Profitons-en !!

La reine des mots d’Armand Cabasson

 Le mot de l’éditeur :  » Je m´appelle Jenny et, depuis quelques temps, je pars en vrille. Avant tout allait bien et maintenant tout va mal, tout va de pire en pire, je coule ! J´ai inondé mon lycée (on va dire que c´était presque involontaire), déclenché l´alarme incendie, je sème les catastrophes partout où je passe… Évidemment, mes parents paniquent. Ils se sont mis dans la tête de m´emmener voir un psy ! Me voilà face à ce type. Mais qu´est-ce que je fous là ? Il me dit que je ne suis pas folle (mais j´espère bien !). Il veut essayer de m´aider. Bon courage »

C’est George, qui, la première, m’a donné envie de lire ce livre. Et je l’en remercie parce que c’était une lecture très agréable. J’ai beaucoup aimé le style de l’auteur, l’humour, le jeu avec les mots… Et Jenny est un personnage très sympathique. C’est une lecture jeunesse vraiment très, très réussie.

« La reine des mots » : ce titre là ne pouvait que me parler, et le sujet m’a tout de suite interpellé. Et cette lycéenne amoureuse des mots, amoureuse des livres ne pouvait que me rappeler quelqu’un… Ce livre fait d’ailleurs référence à beaucoup de titres en littérature… ça m’a d’ailleurs redonné envie de relire, encore une fois, « Syngué Sabour », ainsi que de découvrir d’autres titres dont il est question.

Bon, en vrac, voilà ce que vous découvrirez dans ce livre :

Un père amoureux des chiffres et des étoiles qui rêvaient d’être un astronaute.

 » Lui, il racontait à sa minuscule Jenny enfouie sous la couette l’histoire d’Apollo 11, de Neil Armstrong s’extirpant de son module ce 21 juillet 1969  pour aller marcher sur la Lune. Avec de grands gestes, il me décrivait les formidables enjambées de cet astronaute, parce que la pesanteur est six fois plus faible là-bas que sur Terre… Il illustrait son récit de photos publiées dans d’énormes livres, si bien que tout cela était concret, tangible. Les princes dont il me parlait n’avaient que faire d’aller embrasser des princesses endormies, ils n’avaient pas de temps à perdre au bal, les dragons qu’ils combattaient s’appelaient Spoutnik ou pesanteur terrestre… Quand à ses grands méchants loups ils hurlaient à la lune. Ainsi, chaque soir, tandis que des millions de petites filles s’endormaient pour rêver de leur paradis (se marier avec un prince charmant, vivre heureuses, avoir beaucoup d’enfants), moi je relevais des défis insensés et je m’élançais à la conquète de l’Univers, pour cueillir des bouquets d’étoiles ou effeuiller la Voie lactée. »

Un psy super efficace, qui donne pour prescriptions des livres et des pages. Et qui lui offre à la fin de chaque séance un mot de psychiatre.

 » Les mots sont mes friandises et je n’ai jamais goûté celui-là, alors je le fais fondre dans ma bouche. « 

Une jeune fille un peu déboussolée mais tout de même assez mature.

 » La psychologue scolaire trouve que je suis hyper-mature. Elle a peut-être raison dans certains domaines, mais je sens aussi encore en moi de grands blocs d’enfance, des icebergs qui fondent et se fissurent. » 

Un très chouette week-end à la campagne passé au bord d’une mare à bouquiner et observer les grenouilles. A boire du café et se projeter dans une tapisserie représentant une forêt imaginaire peuplé d’oiseaux fantastique. Pour finir par une averse et une promenade dans une campagne mouillée et odorante.

 » Nous avons perdu le paradis mais nous en avons gardé le parfum »

 » J’atteins le secret du bosquet pour découvrir la mare verdâtre aux contours tourmentés. Plantes aquatiques et roseaux y prospèrent avec délice, se délectant d’eau croupie. Tout y est foisonnant et emmêlé, les plantes s’enchevêtrent et s’embronchent dans les racines des saules pleureurs, les bouleaux aux troncs en trait de craie rayent de blanc les verts acharnés… Tout de suite, j’aime cet endroit. C’est comme ça. Un coup de coeur pour ce grand désordre. Si j’étais peintre je le peindrais, photographe je le photographierais. Mais je ne suis qu’une jeune fille folle de lecture, alors je le mange des yeux et je le mange de mots.  » 

Une après midi douillette passé dans un salon de thé à se gaver de sucreries en compagnie d’une personne dont je ne vous donnerais pas l’identité.

 » Le gâteau se désagrège dans ma bouche, la vie ne devrait être rien d’autre qu’une mousse de noix riche en beurre »

En bref un style, une écriture, que j’ai adoré. Une vraie lecture bonheur, un livre qui se déguste doucement, à petites gorgées. Je vous le recommande fortement (et je m’arrête là parce que je me suis promis de faire des billets plus courts…). Liyah donne des liens, inutile de le faire, je vous donne juste ceux de George et de Mirontaine. Lu par Titou aussi. (billet du 03/05/11 réactualisé)

La cueillette des mûres, Sylvia Plath, extrait

 « Personne sur le chemin, et rien, rien sinon des mûres,

Des mûres de chaque côté, des mûres partout,

Une allée de mûres, qui descend en crochet, et une mer

Quelque part au bout, qui se soulève. Des mûres

Aussi grosses que mon pouce, aussi muettes que des yeux

Ebène dans les haies, et pleines
De jus bleu-rouge, qu’elles abandonnent sur mes doigts.

Je n’avais pas demandé de telles soeurs de sang ; elles doivent m’aimer.

Elles sont accommodantes, elles se font toutes petites pour tenir dans ma bouteille de lait…/… »

Sylvia Plath

Poèmes

1959-1963          Source des photos