Humeurs·Musique

Choisir

Les tuileries de Robert Doisneau

Toute la semaine dernière j’avais du mal à me sortir de mon marasme, de mon accablement. Je me sentais sonnée, muette, les mots même m’avaient abandonnés. Je ressentais (et je ressens encore) une profonde tristesse. Il n’y avait rien à dire de tout ceci. Il me fallait montrer  une grande pudeur en face de cette douleur incommensurable que vivaient les victimes.

Je me suis rendu compte qu’il faudra bien en sortir un jour de ce silence. Qu’il faudra peut-être se forcer un peu au début, que le coeur en a gardé une lourdeur avec laquelle il faudra vivre. Mais faire le choix de rester dans le silence c’est abdiquer, c’est se priver de toutes ses valeurs en laquelle nous avons foi, c’est se priver de tout ce que nous aimons. Mon blog  est ma petite parenthèse de douceur et de plaisir, m’en priver ne changera rien à rien. Ce matin j’ai lu quelques pages du numéro spécial de mon Elle et ça m’a fait du bien. C’est pourquoi ce matin j ‘ai envie de réaffirmer ma foi en la vie, en l’amour, en la littérature. J’ai envie d’y croire encore.

Ce n’est pas pour autant que je vais cesser de penser à tous ceux qui ont souffert de près ou de loin durant ces jours là.

Parmi les armes contre la terreur et l’obscurité il y a l’art et la beauté. J’ai encore du mal à trouver les mots après tous ces jours de silence et de tristesse. Alors je vais laisser parler ceux qui le feront bien mieux que moi ;  Doisneau et son regard, Martin Luther King et sa foi, John Lennon et son espoir. Je dédie ce billet à toutes les victimes des attentats de Paris, à leurs proches, à tous ces parents qui pleurent un de leurs enfants, aux blessés. Je dédie aussi ce billet  à toutes les victimes de guerres, quels quels soient… Je dédie ce billet à tous les réfugiés, obligés de quitter leurs terres et leurs patries. Même si l’actualité m’assomme la plupart du temps, même si je mets parfois des jours à me remettre et que j’en fini par me dire que l’homme va vers sa perte et sa chute, oui même si cela envahi mes pensées et bien je décide de faire un autre choix. Nous pouvons choisir de continuer à lire, rêver, aimer, écouter de la musique, aller aux musées, voir des spectacles… Nous pouvons continuer à croire en l’humanité… Nous le pouvons…

 » Aujourd’hui, dans la nuit du monde et dans l’espérance,
j’affirme ma foi dans l’avenir de l’humanité.

Je refuse de croire que les circonstances actuelles
rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure.

Je refuse de partager l’avis de ceux qui prétendent l’homme à ce point captif de la nuit
que l’aurore de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir une réalité.

Je crois que la vérité et l’amour, sans conditions,
auront le dernier mot effectivement.

La vie, même vaincue provisoirement,
demeure toujours plus forte que la mort.

Je crois fermement qu’il reste l’espoir d’un matin radieux,
je crois que la bonté pacifique deviendra un jour la loi.

Chaque homme pourra s’asseoir sous son figuier, dans sa vigne,
et plus personne n’aura plus de raison d’avoir peur. «

Martin Luther King

John Lennon – Imagine

Je vous embrasse.

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Petits morceaux d'écriture

Aucune limite

 Texte 1 ; Oublier dans les bois Texte 2 ; Les bruits furtifs dans la forêt (clic)

Désormais tout est différent dans mon doux refuge, l’image même de la quiétude et de l’apaisement que j’ai pu trouver dans ma maison isolée, est dissoute. Il n’en reste que des relents amers… Tout a une autre couleur, une autre saveur. La peur est revenue ramper le long de mes jambes, elle est réelle et me donne la nausée. Depuis la nuit dernière je sens sa présence, il est là, ma peau me le dicte, elle ne se trompe jamais. J’ai la gorge sèche et le coeur qui s’emballe, il est arrivé cette nuit, mes sens ne peuvent pas s’égarer ainsi, c’est impossible. Et il essayera de pénétrer dans la maison c’est une évidence… Qu’ai je comme défense, que puis je trouver pour le contrer ?!! Rien, à part peut-être ma détermination, mais jamais elle ne pèsera assez face à la sienne… Je me sens déjà écrasée, ravagée par sa colère… D’avance  elle me terrifie… La forêt elle même était muette… Cette nuit elle retenait son souffle, tout comme moi… Ce matin je me suis préparée une bonne dose de chocolat chaud, mousseux et cacaotée juste comme je l’aime, j’ai essayé de le boire en faisant abstraction de tout, j’ai allumé le plus de bougies possibles pour que les ténèbres se retirent… Avec lui elles viennent toujours en force… Mes mains tremblaient quand j’ai débarrassé mon bol, j’ai plongé mes mains dans l’eau chaude et j’ai lavé ce qui traînaient encore dans l’évier. Je pouvais presque sentir son regard sur mon front, je n’avais pas besoin de regarder par la fenêtre les premiers arbres de la forêt, je savais qu’il était là, immobile, à m’observer attentivement… Il était là c’est tout. Tout était figé, le temps, l’énergie dévastatrice qui l’entoure toujours telle une aura… Tout… et j’étais collé là dedans, tel un moustique dans une toile d’araignée, je ne pouvais qu’attendre l’ouragan qui ne manquerait pas de franchir cette porte… C’était une question de seconde…

Et puis, et puis… Tout cela a été si soudain… Tout a changé en une seconde, j’ai entendu un cri, un cri d’homme bref et effrayé. C’était si étrange, c’était sa voix à lui, comment aurais je pu en douter, cette voix a accompagné ma vie, mes nuits, elle était l’image même de ma terreur et de ma peine. Et je venais d’ entendre cette voix avec des accents de peur, et ça c’était quelque chose de tout à fait inhabituel. « Il » n’avait jamais peur, c’est sa personne toute entière qui était occupée à terroriser les autres, lui n’avait pas peur… Jamais. J’ai levé les yeux, cherchant derrière la fenêtre de l’évier sa silhouette que j’ai deviné tout à l’heure. J’ai cherché, cherché et la forêt s’est remise à vivre, à vibrer, à respirer… J’entendais les oiseaux chanter à nouveau,le froissement des petites pattes sur les feuilles mortes… Le soleil pénétrait à travers les branches. Tout renaissait… Tout recommençait… Il était parti. Voilà c’était fini, il était parti… La forêt l’avait avalé, englouti…la forêt m’avait protégé, la forêt m’avait sauvé… « Il » n’était plus. Je le sentais, le relâchement de mes muscles, mes poumons à nouveau libre, mon souffle apaisée, les larmes sur mes paupières, tout cela me disait ; c’est fini, tu n’as plus à avoir peur…

Je suis sortie sur le pas de la porte,  je savais que je ne le reverrais plus jamais, que la forêt avait fait ce qu’il fallait faire et qu’elle l’avait fait pour moi… J’ai respiré profondément plusieurs fois, la tête me tournait tellement je me sentais bien, tellement je me sentais libre et neuve… Le cauchemar était derrière moi, terminé, fini… J’ai levé le visage vers le ciel, j’ai perdu mon regard vers l’immensité, j’ai fermé les yeux, laissé couler les larmes… Toute la noirceur, toute la détresse, toute la douleur coulait en dehors de moi, elle imbibait le coton de mon pull, elle se frayait sa route sur la terre du chemin… Voilà le temps de vivre qui me revenait…

Dans quelques minutes je rentrerais dans la maison, je prendrais résolument le vieux téléphone dans mes  mains, je ferais ton numéro et te dirait de venir. Toi l’ami de toujours, toi le socle. Toi dont la solidité  avait réussi à me tenir debout durant toutes ces dernières années… Toi qui avait réussi à tenir ensemble tous mes morceaux fracassés… Et tu viendras… Tu seras là avant la début de la nuit… Je rajouterais des bûches dans l’âtre que je n’ai jamais laissé s’éteindre depuis que je suis là… Tu viendras…

Mais d’abord je vais perdre mes pas, enlacer les arbres, embrasser l’écorce si douce. Je m’allongerais sur l’herbe, je perdrais mes doigts dans le tapis de mousse et mes mots de reconnaissance éternelle je les laisserais monter dans l’air tiède de la forêt…  Je l’ai toujours su au fond de moi…Il n’y a jamais eu aucune  limite à son amour et à sa protection…

L’or

Texte personnel, fictif et non libre de droit

Ecrit pour le challenge d’Halloween de Lou et Hilde,

Tableaux

Tableau du mois ; Novembre

John Sloane, un peintre que j’aime de plus en plus et que j’ai découvert chez Marielle

Voilà, c’est encore l’automne… Il s’attarde et prend son temps… Les températures sont douces, pas agressives pour un sou mais les enfants mettent tout de même leurs gants. Ils font réserve de feuilles mortes pour leurs herbiers, en prenant bien soin évidemment de choisir les plus belles, les plus lumineuses. Un souffle d’air presque chaud caresse leurs visages, la promenade est  belle, ils prennent leurs temps… Ils savent que Maman les attend à la maison avec un bon chocolat chaud et une tarte aux noix de pécan. Et c’est sans aucun doute en courant qu’ils prendront tout à l’heure le chemin du retour…

Très beau mois de novembre à tous !!

 

Humeurs

Aspirine and Cie…

A peine le temps de refermer la page d’octobre 2015 et déjà voilà le temps d’ouvrir celle de novembre… C’est incroyable comme le temps passe vite, il me semble que la rentrée scolaire c’était hier… En attendant les 1ières vacances scolaires de cette année sont déjà finis pour nous. Nous avons reçu la visite de ma Fille Aînée qui est venue pour quelques jours avec son petit copain et leur chat… Mais pas seulement puisqu’elle est venue avec un rhume carabinée et elle l’a gentiment laissée avant de repartir ;0) Me voilà donc avec de la fièvre, l’emploi d’une tonne de mouchoirs, une petite toux et une nuit passée presque blanche. Là, je n’ai qu’une envie ; retourner dans mon lit. Mais avec ça du thé bien chaud, une bonne flambée et des cachets d’aspirine en prime. Je vous dit donc à très bientôt, dès que mon état deviendra moins brumeux :0) Bonne semaine à tous et toutes !!