Douce journée….

 Ressortir de l’armoire la petite robe d’été, endormie là depuis l’hiver…

 Herb Salt (by spinning around) De bonne heure le matin, faire un tour dans le jardin, cueillir quelques herbes parfumées pour la cuisine…

 Profiter du soleil enfin venu pour accrocher son linge en plein air pour qu’il sente bon le frais…

  Ressortir également les couvertures d’été, pour les étaler dans l’herbe, en prévision de la visite de quelques amis dans l’après-midi…

 Leur offrir à chacun un petit pot de miel, acheté dans la ferme d’à côté…

  Emplir sa cuisine de fleurs odorantes, pour le plaisir des yeux et des sens….

by rachelmarie.u  Rechercher dans sa bibliothèque ses vieux herbiers pour se remettre en mémoire quelques noms de fleurs et de plantes oubliées.

  Et pour faire passer le temps avant qu’ils n’arrivent, leur composer quelques petits bouquets qu’ils pourront ramener chez eux, et se remettre à son tableau, tout juste commencé hier…

Très bon dimanche…. Source des photos

Le reste est silence de Carla Guelfenbein en poche

  Actes Sud Babel, sorti ce mois

Ce livre a été un énorme coup de coeur pour moi lors de ma lecture, il vient juste de sortir en poche, en Babel,  n’hésitez pas une seconde et jetez vous dessus. Je remets au goût du jour le billet du 15 février 2010 dans son intégralité :

Tout d’abord il y a cette couverture superbe. Qui s’accorde très bien avec le texte de ce roman. Il y a aussi ce titre ; « Le reste est silence ».  Je trouve qu’il est d’une poésie infini.
C’est un livre magnifique…
Un livre vraiment très émouvant ! Un livre bouleversant.
Il nous parle des difficultés de la vie. Des écueils que l’on rencontre dans l’amour, dans un couple, dans une famille. Il nous parle de la complexité d’être parent.
Il nous parle des obstacles qui se mettent sur notre route quand on a des enfants, des complications qu’il y a, à rester suffisamment à l’écoute et des nombreuses erreurs que nous ferons forcément.
Il nous parle de la douleur, de la souffrance que peuvent engendrer des secrets et des silences familial.
Être mari, être femme, mère, père n’est jamais aussi facile qu’on le croit.
Derrière les volets clos se cachent de lourds souvenirs, et des blessures lourdes de chagrins.
Il nous parle de nos difficultés à parler de nos sentiments et de nos peurs secrètes.
De notre difficulté à parler de nos douleurs…
Il nous dit que nous vivons tout les jours, les uns à coté des autres, sans nous comprendre vraiment.
Et cela, même si l’amour est là…
Ce roman m’a vraiment remué.
Il est très fort !
Il touche à l’intimité de nos vies…
Il met le doigt là où ça fait mal, sur nos fragilités…
C’est un roman dont je n’ai pas envie de trop vous parler de peur d’en déflorer le coeur, le sens…
Il faut entrer dans ce livre à pas feutrés et le découvrir soi même.

Il y a Tommy, petit garçon de douze ans, qui souffre d’une maladie cardiaque qui l’empêche de vivre comme un garçon de son âge. Le début du livre le voit apprendre quelque chose de terrible. Il a la fâcheuse habitude de se cacher et d’enregistrer des conversations d’adultes avec son Mp3. Ce jour là il y a un banquet nuptial et il entend une femme parler du suicide de sa mère. Sa mère, Soledad, qu’il croyait morte de maladie.
Cette révélation va ébranler durement la compréhension qu’il avait de sa vie.

 »  Grandir, c’est comme monter sur une montagne avec une grande pancarte autour du cou sur laquelle est écrit : OUBLIE. Parfois, je retiens ma respiration pour arrêter le temps, ou bien je fais des pas en avant ou en arrière, ou bien je compte de un à cent et ensuite de cent à un. Alors, je ne comprends pas pourquoi le temps ne peut pas remonter avant, à l’époque où maman était encore vivante. »

Il y a Juan qui ne s’est jamais remis du suicide de sa femme et qui ne sait pas vraiment s’y prendre avec son fils Tommy.

Il y a Alma, sa nouvelle compagne, mère d’une petite Lola dont Juan n’est pas le père. Ils traversent tous deux, une mauvaise passe, dans leur couple :

 » Chaque jour, ce geste qui déclenche le mécanisme de la passion devient de plus en plus difficile. J’ai mis tous mes espoirs dans cette nuit. Si nous échouons, nous ne pourrons plus accuser les enfants, les soucis de la journée, la  fatigue. « 

Ils ont un mal fou à communiquer. Alma :

 » Un mur se dresse entre Juan et moi, à travers lequel nous pouvons nous voir, mais aucun contact ne peut le traverser »

 » Privée de notre communion, ma vie, les gens, tout me semble lointain, comme si une brume offusquait ma vue. Ce qui auparavant avait un sens est devenu banal. Ce n’est pas un sentiment dramatique, de naufrage ou de désespoir. Au contraire, il est si léger qu’il ressemble au vide. « 

Il y a le retour de Leo aussi, le premier amant d’Alma, qui entre à nouveau dans sa vie.

Et tout ces personnages gravitent les uns autour des autres sans vraiment se comprendre.
Ce sont leurs trois voix respectives que l’on entend à tour de rôle.

« Parfois les mots sont comme des flèches. Ils vont et viennent, blessent et tuent, comme à la guerre. »

Ses mots sont les premiers de ce livre. Je trouve qu’ils sont une très bonne introduction pour ce roman.

J’ai finis ce livre le coeur battant et l’âme chavirée.
Il vous faut absolument lire ce livre, c’est une petite merveille.

 » Peut-être n’apprend-on rien de la douleur, on se contente de la sillonner, inlassablement, dans la solitude. « 

Le reste est silence
Carla Guelfenbein
Editions Actes Sud
janvier 2010

A lire : l’excellent billet de Pascale sur ce livre.

Challenges Pavé de l’été et Ma PAL fond au soleil !!

Allez… Je me l’étais promis mais là je craque, je suis en manque… Bien trop longtemps que je ne m’étais plus inscrite à un challenge… Il m’en faut un !! Voire deux ;0) C’est l’été alors, forcément, je lirais un pavé et le challenge de Brize tombe à point nommé ;0)  En quoi consiste ce challenge ? Simplissime, il suffit de lire un pavé de plus de 600 pages et cela avant le 15 octobre 2013. Vous avez besoin de plus de renseignements ? C’est par ici chez Brize. Vous avez jusqu’au 31 Août pour vous inscrire.

Mais puisqu’il semble que je ne sois pas raisonnable autant faire les choses en double et m’inscrire à un second. Et c’est celui de Métaphore qui emporte mon adhésion. Ce sera donc pour son challenge « Ma PAL fond au soleil ». Il s’agit là de lire le plus possible de livres de sa PAL. Plusieurs catégories s’offre à vous. Je vais choisir la plus petite, ça me semble le plus judicieux ;0) Je choisis donc « L’indice 10 (10 livres) » !! Ce challenge est déjà en cours lui aussi tout comme celui de Brize et j’ai jusqu’au 31 Août 2013 pour y arriver. Plus de renseignements par ici.  Je ne fais pas de liste parce que je me connais, il suffit que je fasse des prévisions de lectures ou une liste pour que, dès lors, je n’ai plus aucune envie de lire ce que j’avais prévu…  Bon challenges à toutes celles et ceux qui se sont inscrits !!

Les arbres voyagent la nuit d’Aude Le Corff

 Le mot de l’éditeur :  » Un professeur de français à la retraite est intrigué par une fillette qui habite son immeuble. Chaque soir, après l’école, Manon se réfugie dans le jardin. Assise sous le bouleau, elle parle aux chats et aux fourmis, quand elle n’est pas plongée dans un livre. Depuis quelques mois, sa mère semble avoir disparu. Brisant la routine et sa solitude, Anatole finit par l’approcher. C’est autour de la lecture du Petit Prince qu’ils échangent leurs premières confidences. En côtoyant Manon, le vieil homme va rencontrer d’autres voisins : Sophie, une femme singulière qui le met mal à l’aise, et Pierre, le père de la fillette. C’est tous ensemble qu’ils entreprendront un voyage inattendu jusqu’au Maroc. »

 » On perd l’habitude d’exprimer ses sentiments avec les années. Or, sans manifestation de tendresse, que reste-t-il à l’autre ? Un affreux sentiment de vide et de solitude ; l’impression de ne plus exister » (p208)

Voilà une lecture dont je suis ressortie avec un grand sourire sur les lèvres. Ce livre fait partie des lectures qui font du bien et ça ne se refuse pas. Tout comme Anna Gavalda ou encore Constantine Barbara, l’auteur considère que l’union fait la force et que plusieurs détresses réunis peuvent former un bloc beaucoup plus fort que ce que l’on pourrait croire. Un peu d’optimisme ça change un peu des auteurs grincheux et blasés. Même si les personnages de ce livre n’ont pas « une vie comme un long fleuve tranquille », cela ne les empêche pas de croire au bonheur. Et de se battre pour l’obtenir. Et puis, cette petite Manon, qui se réfugie sous le bouleau, juste devant ses fenêtres et qui parle aux chats, est vraiment très émouvante. On a envie de la prendre dans nos bras, pour la consoler et la rassurer… Mais elle n’a pas besoin de nous, sur son chemin se trouve Anatole. Anatole « c’est un peu son aviateur et l’avion qu’il répare c’est sa vieille carcasse. » Anatole est un vieux monsieur, un peu fatigué de la vie, las, perclus de douleurs. Et Manon est celle qui va lui redonner de l’énergie, l’envie de continuer à remuer sa « vieille carcasse ».

C’est une belle histoire de voyage pour lutter contre la douleur… Un ôde à la nature source de sérénité… Une histoire de transmission de lectures, où Anatole fait découvrir l’histoire du Petit Prince à  Manon. Une histoire de mère qui ne peut plus respirer… Un homme qui n’a pas su consoler. Un rêve de petite fille qui s’imagine que les arbres voyagent la nuit… Vous partirez au Maroc, au Bassin d’Arcachon, à la Dune du Pilat et en Andalousie. Vous verrez l’araignée de bronze et de marbre de Louise Bourgeois. Vous y croiserez des marcheurs de St Jacques de Compostelle. Vous apprendrez la tolérance et la bienveillance envers la différence. Vous y lirez une phrase de Stefan Zweig et un poème de Jean Lahor. Vous y croiserez les peintres Delacroix et Matisse. Vous verrez un champ de coquelicot à travers les yeux émerveillés d’une petite fille :

 » Quelques instants plus tard, Manon depuis la voiture observe les champs de coquelicots entourant les oliviers ; des tonnes de fleurs à intervalles réguliers dans la nature, la fraise dans son chocolat : le rouge éclabousse et enflamme tout sur son passage »

Beaucoup de poésie, de douceur, dans ce texte… C’est comme une espèce de petite parenthèse, une petite bulle de tendresse dans laquelle vous entrez avec beaucoup de bonheur… J’ai beaucoup aimé !!

D’autres extraits :

 » Un vol d’oiseaux noirs traverse le ciel à basse altitude. Anatole se redresse sur la banquette : des ibis falcinelles ! C’est vrai que le Marais poitevin n’est pas loin. Il y venait le dimanche autrefois. Ravi de partager sa passion de l’ornithologie avec Manon, il l’emmène au creux de ses souvenirs, quand, les jumelles autour du cou, il glissait sur des marécages couverts de lentilles d’eau, sous une voûte de frênes, ou marchait au milieu des saules. Il observait des cygnes, des oies rieuses, des hérons cendrés, des bernaches avec de jolis motifs sur le plumage. Après des journées consacrées à des lycéens pas toujours attentifs, il avait besoin de cette coupure pour se ressourcer, laisser flotter ses pensées, retrouver la solitude de son enfance. Il marchait dans la nature pour évacuer le trop-plein d’angoisse. Le long de la Venise verte, à l’écoute des oiseaux, il n’était plus un professeur de français agrégé, un homme largué, un amoureux transi, un être incompris. La vue des étangs parcourus de barques silencieuses et de taches de soleil l’apaisait. » (p139 et 140)

 » Le soleil rend-il invisible les étoiles aux yeux des hommes pour leur cacher une part du mystère de l’univers ? Ainsi, quand ils ne dorment pas, ils oublient qu’ils sont cernés par l’infini » (p220)

 » Ce besoin de fusion avec la nature s’empare de nous de temps à autre, surtout quand les beaux jours reviennent. Mais au quotidien, dans nos grandes villes dont la luminosité des lampadaires dissimule les étoiles, on s’habitue à vivre déconnectés de ce qui n’est plus sacré, mais simplement exploitable. » (p221)

Lu par Delphine et Tulisquoi 

Challenge de Métaphore  pour le personnage d’Anatole

 » Comme ces heures sont précieuses… » Françoise Lefèvre

    Source

Comme ces heures sont précieuses où il ne se passe rien. Comme elles coulent, passagères silencieuses. Comme elles coulent. Moissons. Dont je ne fais rien. Comme elles passent. Tasses fumantes… Bruits,petits bruits. Potage du soir. Gestes séculaires. Au siècle des siècles. Le pain est rompu. Les larmes aux yeux, je l’avale. Le vin est à mes lèvres. Il faut le boire. Enfants. Chauds enfants. Fumet de la soupe aux pois cassés. Soudain, la vie brûle comme un cierge inconsumable. Délire, petit délire, qui rendez l’instant immobile. Ce n’est pas de si tôt que je vais mourir.

Les enfants agrippent ma jupe et disent « bonsoir, bonsoir ». Et détalent. Leurs pieds nus frappent le plancher. J’entends leurs pas qui résonnent au fond du corridor. C’est une nuit d’hiver au chaud au fond des lits. Maintenant, ils dorment. Ah, gestes séculaires, vous revenez. Vous parlez à la femme qui se penche sur l’ouvrage. Sous la lampe. Un point. Un autre point. Un mot. Un autre mot. Froissement de papier. Deux larmes affleurent. Je vois tout en cristal. Vie, tu es là. Parle-moi de continuer. Parle-moi de reconstruire. Parle d’amour à cette femme solitaire.

Je continue.

Combien de fois ai-je rêvé que nous marchions sur les sillons des champs de l’hiver. Je me couchais sur la terre et te demandais l’enfant. Le ciel était par-dessus ton épaule. Aujourd’hui, dans la chambre, le temps passe. Et je l’aime. Puisqu’il est le temps. La mort nous prendra. Alors, il faut aimer ce qu’il nous reste. Ce qu’il nous reste, c’est le temps. Que veux-tu, j’entends des soupirs monter de la terre. Il faut bâtir sur ces soupirs. Il faut construire et reconstruire. Il faut tenir debout jusqu’à la fin.

Moi, j’essaie et je tangue. « 

P103 et 104, extrait de « L’or des chambres  » par Françoise Lefèvre, éditions du Rocher

21 Juin….

Aujourd’hui c’est l’été….

Aujourd’hui c’est la fête de la musique…

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma fille aînée. Elle a  19 aujourd’hui… Oui 19 ans… Alors qu’il me semble que c’est hier que je suis sortie de la clinique avec ce tout petit bébé dans son couffin… Bon anniversaire ma fille, tu es ma première née, tu es ma seule fille puisque après toi deux garçons sont venus… Je t’aime fort, fort, fort….

Alors pour fêter ça, et la fin de son bac aujourd’hui, et cette journée dédiée à la musique, j’ai pensé remettre à demain mon billet des arbres qui voyagent la nuit pour vous donner une petite sélection de ce que j’aime !!

Délices des mers…

Je ne sais pas vous mais moi, en ce moment je ne rêve que de ça !!!! De l’eau, de l’eau, de l’eau…. Nager, nager, nager…..

Je rêve d’une mer sublime, d’une grande étendue d’eau. Je rêve de sel, d’iode et de vagues douces. Je rêve d’eau tiède, mais pas trop. Je rêve de perdre mon regard sur une immensité d’eau, je rêve d’y immerger mon corps, ma peau. Je rêve de cascades ruisselantes et de fraîcheur. Je rêve de thé glacé, de glaçons… Je rêve de salades de fruits, avec de la pastèque, du melon et des fraises…

Alors, à défaut de mer, ou de lac je me contente de ce que j’ai… C’est la canicule en Alsace, entre 36 et 37° cette après midi. Bien sûr j’en profite un max, on l’a assez attendue notre chaleur, notre soleil. Mais chez nous ça vient toujours tellement vite que ça épuise…  A la maison, on se traîne, on cherche l’ombre, le frais. Et j’ai fait hier ma première baignade dans notre petite piscine que nous venons de remettre (autoportante, donc se range chaque hiver). Pas d’étonnement mais vous me verrez moins chez vous pendant quelques jours. J’ai terminé mon billet sur « Les arbres voyagent la nuit », il sera publié demain. Bonne journée à tous !!

Source par là et par ici.