Le soir autour des maisons de Murielle Levraud

Le soir autour des maisons    avril 2010, Pocket

Voilà donc ce petit livre, très vite lu, un peu plus de 110 pages… Là encore un style impertinent, très original, une atmosphère très particulière. Toute l’histoire se passe dans un tout petit village qui s’appelle « La Garde ». Il y a là Brune-Olive  et Solange qui se découvre une belle et grande amitié ; Roland et Paulet leurs époux et tout un petit monde qui gravite autour d’eux. Par exemple Josepha et Diane. Diane dont le mari est parti, et qui séquestre gentiment Josepha, qui a l’esprit un petit peu perturbé suite à un évènement « tout à fait choquant »… (Barate est un miraculé… Une histoire de gomme, de mots croisés et d’une remorque qui se détache d’un camion… rien que pour cet épisode complètement loufoque, le livre vaut d’être lu). Cela n’est pas pour plaire à Baratte, le mari de Josepha :

 » Depuis qu’elle l’avait recueillie, elle ne voulait pas la rendre à Baratte, qui, lui, voulait la convaincre de revenir chez eux. Baratte mécontent, parlait de séquestration. Diane, de longue concalescence. Josepha lui avait été confié le temps que le choc reçu ne laissât plus de traces. Mais ce temps-là n’en finissait pas de passer. « 

Mais Diane a trouvé là une ménagère parfaite, une cuisinière excellente. Elle n’a aucune envie de la laisser partir. Là aussi une belle branche de personnages atypiques et assez loufoques. C’est un roman tout en douceur, tendresse et humour compris. L’auteur se rapproche un peu de Barbara Constantine je trouve. Pour ma part j’ai trouvé ces pages absolument délicieuses et j’aurais bien lus quelques pages de plus. Mais tout d’abord, parlons de La Garde :

  » Pendant longtemps, La Garde n’avait été qu’un hameau isolé. A travers l’herbe reine, on comptait tout juste huit maisons, peut-être neuf, peut-être dix, tout dépendait de la taille de l’herbe, et si on se tenait accroupi ou sur la pointe des pieds. C’est discrètement que la ville s’était approchée. Une maison, puis deux s’étaient posées le long de la route, puis d’autres encore, par troupeau (on dit lotissement pour les maisons), envahissant les champs, dessouchant les arbres, faisant reculer la campagne, plus loin, dans le fond. Bientôt, le hameau devint un huitième de ville. Un quartier, pour se donner une idée par rapport aux mandarines. Toutefois, même citadine, La Garde était restée bucolique car autour des maisons, pour faire joli, on avait laissé de l’herbe, et derrière il y avait encore des chemins de promenade au détour desquels restaient des bois, des près, une mare ici, une clairière là, et, sur le bord des fossés, des fleurs sauvages, et cela, c’était bien gentil de laisser de la place aux fleurs sauvages. « 

Les premières lignes du roman commence par la représention d’un parfait goujat, le mari de Solande, Paulet :

  » Ni Solange, ni Paulet ne s’était habitué au réveil de l’autre. Il était lève-tôt, elle voulait dormir encore. Paulet, tenant à trouver son petit-déjeuner prêt sur la table, exprès pour lui, par ses soins à elle, poussait Solange hors du lit, d’une main, de deux mains, de tout son poids, et Solange s’agrippait à lui, le retenait sous les draps avec force et grognements. Cela durait cinq bonnes minutes jusqu’au moment où l’esprit de Solange, lassé de ces remuements, remontait à la surface et commençait à s’éparpiller dans le petit matin. Alors elle se levait et, à pas somnolents, se dirigeait vers la cuisine. « 

Le mari de Brune-Olive lui, a l’obsession des portes :

  » Mais elle aimait Roland, malgré son défaut d’ouvrir toutes les portes. Dès qu’il en voyait une, il était fasciné. Il l’observait longuement en se demandant quelle ouverture elle pouvait bien offrir, s’il arrivait, en l’actionnant, à pousser la porte. Car c’était cela, surtout, qui le captivait, l’horizon qu’elle scellait, et était-ce le même horizon à chaque fois ? Toutes les portes, il finissait par les ouvrir, et les rouvrir encore. « 

Cela finira par lui jouer quelques surprises puisqu’il fera quelques séjours en prison à cause de cela :

  » En amitié, il était fidèle et serviable, à la déraison, et comme ses amis étaient des individus louches, intéressés par la facilité qu’il avait à ouvrir toutes les portes, ils l’entraînaient avec eux devant des coffres-forts. Il les suivait fidèlement, et tous finissaient par se retrouver ensemble en prison. « 

Cela vaudra d’ailleurs, sur ce sujet de portes et de prison, quelques lignes très drôles. Comme quand les gendarmes reviennent le chercher chez lui, pour quelque porte qu’ils auront laissé, malencontreusement, ouverte… Mais l’histoire ne s’arrête pas là (nous n’en sommes là qu’aux toutes premières pages), Brune-Olive apprend qu’elle est très malade et qu’elle va mourir. Elle entreprend donc d’écrire quelques lettres pour les habitants de La Garde et cela pour chaque cas qui pourrait se présenter. Quelques lignes superbes sur les mots sauvages :

 » Elle prit un stylo et commença par regarder le plafond d’un air concentré comme si elle lui posait des questions. Puis elle pencha la tête et se mit à écrire. Longtemps. Les mots vinrent difficillement d’abord, car ils étaient méfiants, et elle allait les chercher loin, au pays des mots sauvages, qui se présentent comme ils sont – tout nus – et qu’ils n’aiment pas les regards. Le pays des mots sauvages est une forêt vert et brun, plusieurs verts, plusieurs bruns, et même ces couleurs changent à la lumière selon la courbe du soleil. On ne sait rien sur cette forêt, et tant qu’on n’y entre pas, on se trompe sur elle. On la croit petite d’abord, mais c’est illusion d’optique, une illusion provoquée par les buissons de parenthèses qui la bordent. Ces arbres, aux racines pointées, qui s’exclament et s’interrogent, ils n’en finissent pas, on peut les suivre plus loin qu’ils ne vont, on peut s’y perdre… Ces clairières parsemées de virgules, font hésiter. Laquelle choisir ? Lesquelles ? Et ces points finals que les mots mettent sous le stylo, comme des cailloux dans la chaussure, faut-il y croire ? Ces mots, fiers, chapeautés, qui demandent l’arrêt, le froissage des feuillets, saura-t-on les dompter ? Les faire siens ? « 

Il y a des passages très émouvants comme celui où Roland et Brune-Olive, transportant leur lit dans le jardin, passent des nuits d’été dehors et se réveillent le matin couverts de rosée. Et ce passage délicieux où l’amour et la musique se fondent et deviennent Jazz, percussions, clarinette, tambour, ect… Un très, très jolie passage. Je voulais le mettre en extrait mais il me faut m’arrêter là sous peine d’écrire, encore une fois, tout le livre….  Il y a des passages très drôles aussi, comme je vous l’ai déjà dit, dont celui avec un rond-point, Solange et un gendarme… (on se croirait dans le sketch de Raymond Devos). Bref, j’espère vous avoir convaincu de lire ce livre, j’ai passé un très bon moment en sa compagnie. Et il a l’avantage d’être mon premier livre lu dans le jardin, au soleil, ce qui n’est pas rien !

Un livre lu par : Clarabel,  Cuné et Yv

Battement d’ailes de Milena Agus

Battement d'ailes Lecture commune avec Sandy

  » Vivre bien et vivre heureux, voilà deux choses différentes. Et sans un peu de magie, il est certain que je ne connaîtrai pas la seconde. »

Le roman s’ouvre sur ces quelques lignes de Wolfgang Amadeus Mozart. Je trouve que une très bonne introduction pour ce livre, le mot « magie » lui est bien assorti. Ce que j’ai ressenti pour ce livre est plutôt étrange. Durant presque toute la première partie c’est à peine si je ne devais pas me forcer pour lire ses pages et puis, d’un coup la magie s’est enclenché. Le plaisir de lecture a pris forme, pour ne plus s’évanouir. C’est une lecture très forte, qui laisse une empreinte vraiment réelle. Un livre qui ne s ‘oublie pas.

L’histoire, à mon sens, peine un peu à démarrer. Et il m’a fallu quelques pages pour m’habituer au style de Milena Agus mais l’effort en valait vraiment la peine. Et je ne regrette pas d’avoir persévéré. L’histoire nous est narrée par une gamine de quatorze ans, son père a disparu et sa mère ne quitte plus guère son lit. La figure marquante de son environnement c’est son grand-père, un homme d’une forte personnalité. Dans son entourage il y a également Madame, voisine proche de la jeune fille. Madame est un personnage atypique, très spécial. Tout ce petit monde vit en Sardaigne. Sur une colline qui domine la mer :

  » Notre position est 39°9′ au nord de l’équateur et 9°34′ à l’est du méridien de Greenwich. Ici, le ciel est transparent, la mer couleur saphir et lapis-lazulli, les falaises de granit or et argent, la végétation riche d’odeurs. Sur la colline, dans les lopins de terre arrachés au maquis qu’on cultive entre leurs murets de pierre sèche, le printemps resplendit du blanc des fleurs d’amandiers, l’été du rouge des tomates et l’hiver de l’éclat des citrons. »

Madame a fait de sa propriété une maison d’hôtes,  »  une maison d’hôtes pour huit personnes, pas plus. » Elle est harcelé par des promoteurs qui voudraient s’emparer de ses hectares. Elle ne veut pas vendre. Les voisins, si ! Mais elle détient la toute puissance, son terrain se trouve en plein milieu des autres. Le grand-père et Madame sont  très amis :

  » Ils connaissent les sentiers de mûriers, d’arbousiers et de fougères qui conduisent derrière la montagne jusqu’aux grandes cascades à trois, voire quatre niveaux, où l’eau forme de petits lacs limpides entourés de lauriers-roses et où nous nous sommes baignés très souvent en nous amusant follement entre grand-père qui, à son âge, frime en restant sous la cascade et Madame qui chante de sa voix mélodieuse. Dans les collines, sur le versant sud-est à l’abri du mistral, nous avons des amandiers, et nous tirons un petit profit des amandes, qui se vendent à bon prix pour la pâtisserie sarde, et des fruits et des légumes de nos potagers, surtout des tomates de Madame que les gens s’arrachent en été au marché de Cagliari, car tout le monde s’étonne qu’elles n’aient pas le goût de l’eau, mais un vrai goût de tomate, et ça parait impossible, mais ses tomates et ses conserves rapportent plus à Madame que les clients de sa maison d’hôtes. « 

 » Madame est très attentive au bonheur des gens, elle croit à la magie et lit dans les tarots pour tous les clients de sa maison d’hôtes afin de connaître leurs besoins et de les satisfaire, sauf que les cartes donnent des réponses trop difficiles, alors elle n’utilise que la valeur des nombres. Par exemple, pour des couples, elle dresse la table selon le nombre quatorze, la Tempèrance, l’union entre deux élements séparés, quatorze raviolis, quatorze gâteaux, quatorze louches de potage. « 

Madame est trop gentille, surtout avec ses deux amants (je dirais même plutôt trois) qui profitent d’elle dans tous les sens du terme et cela met le grand-père dans des colères noires… Mais malgré ses deux amants, Madame se sent seule :

  » En ce qui concerne le sien de bonheur, Madame dit que s’il tarde encore, après un certain âge il  a peu de chances d’arriver. Certes, ce n’est pas impossible. Le pire, c’est la solitude. Quand elle déjeune seule, ce qui est presque toujours le cas, sans nappe et avec une serviette en papier, elle sent un fantôme lui taper sur la tête et lui plonger le nez dans son assiette. « 

Madame n’a pas confiance en elle, elle a une piètre opinion d’elle même et a même des tendances sado-masochiste. Ce livre d’ailleurs n’est pas à mettre entre toutes les mains, il y a quelques scènes de sexe, scènes par ailleurs plutôt tristes voires carrément malsaines (bon, faut pas exagerer quand même, c’est tout à fait supportable). Mais je ne vais tout de même pas tout vous raconter… Il y a d’autres personnages qui gravitent autour de Madame. Il y a Pietrino, le dernier né des voisins, gamin délaissé :

  » Pietrino aussi voit des choses que les autres ne voient pas. Il crie comme un disque rayé  « Mamaaannn mamannnnn, papaaa, papaaaa !  » et soit ils ne sont pas chez eux, soit ils ne bronchent pas, trouvant normal qu’un gosse passe son enfance à appeler sans obtenir des réponse. « 

Pitrieno qui reçoit de dieu toute l’aide qu’il demande et qui les guidera avec ses cailloux lumineux lors d’une recherche ultime. Pietrino qui est mon personnage préféré. Il y a beaucoup de magie, de poésie, de douceur en ce petit garçon.  Il y a aussi le fils ainé des mêmes voisins qui joue de la trompette de jazz à Paris mais ce n’est guère bien vu par sa famille. J’ai oublié aussi de parler de l’ange (qui donne au livre son titre) que la narratrice voit et qu’elle pense être son père :

  » J’ai senti un courant d’air comme si quelqu’un s’amusait à m’éventer. Je ne voyais pas qui c’était, mais mon père me taquinait souvent comme ça. Le vent a soulevé les draps jusqu’au plafond, formant deux grandes ailes, une avec le drap du dessous, et l’autre avec le drap du dessus et on les distinguait parce que celui du dessus est festonné, et pas l’autre. « 

Ouh la la je m’emballe, je m’emballe mais il faudrait que je m’arrête là, sinon je serais bien capable de vous recopier tout le livre. Une dernière scène pour le plaisir, entre la narratrice et le joueur de jazz :

 » L’hiver est arrivé, lui ai je dit en enlevant les glaçons de ses cheveux et de son dos. Il a éclaté de rire. Il riait et il pleurait. La mer était un miroir traversé d’un long sillage lumineux, comme une patinoire d’argent. Alors, il a soudain eu une inspiration et il a composé séance tenante une version jazz du « Clair de Lune » de Debussy, on n’entendait que sa trompette et même les ailes de papa sont restées immobiles dans le ciel, à écouter. « 

Un livre que je vais reprendre du début dès ce soir pour pouvoir encore m’imprégner de sa petite musique (une heure et demie de lecture environ). Il ne me reste plus qu’à aller lire l’avis de Sandy. Les billets de PapillonBMR et MAM, le blog des livresLeiloonaSylvie et Nina

Battement d’ailes

Milena Agus

Editions Liana Levi

Les âmes vagabondes de Stephenie Meyer

Exactement le livre qu’il me fallait pour ma sortie de la clinique…

Un livre facile à lire, qui coule tout seul !!! J’ai la série  » Twilight  » qui m’attend sur ma PAL mais je n’y ai pas encore plongé. Je dois avouer que Stephenie Meyer sait ce qu’elle fait. Ses pages sont entraînantes et les pages se tournent presque toutes seules (presque). C’est ce que vous appelez, je crois, un  excellent page-turner. Un vrai livre détente qui vous emporte et qui se lit très facilement. Malgré les 800 pages et plus (en poche) je n’ai pas ressenti d’ennui ni de lassitude. Évidemment il ne faut pas non plus s’attendre à un livre très intellectuel. Mais la lecture ça peut être cela aussi : juste de la détente, du plaisir… une histoire qui vous captive et vous capture pour ne plus vous lâcher… Et je dois dire que ce livre vous offre tout cela.

La base de l’histoire est de la science fiction. La terre est envahie par des âmes qui nous volent nos corps pour se les approprier. Ce sont des espèces de mille pattes argentés, qui s’introduisent dans nos nuques pour se connecter à nos cerveaux. Raconté comme ça c’est vrai que ça n’apparaît pas très joyeux. D’autant plus que notre conscience à nous, êtres humains, est totalement contrôlée voire complètement effacée. Ces âmes sont complètement pacifistes, douces et tout ce qui est de plus raisonnable (bon faut pas exagérer, elles nous volent quand même notre planète et notre corps). Mais franchement ne vous attendez pas à un roman de science fiction pur et dure.  Pour moi c’est surtout un livre romanesque et c’est encore une histoire triangulaire (ça vous dit quelque chose ?).

On y parle d’amour à chaque page ou presque. Le livre se concentre surtout sur une âme appelé « vagabonde » et sur Mélanie qui fait partie des dernières humaines qui restent. Le livre commence par l’insertion de Vagabondes par un « soigneur » dans le corps de Mélanie. Les âmes ont toutes des spécificités, elles sont « soigneuses », « traqueuses » ect… et elles se tiennent à leurs rôles. L’insertion est violente pour Vagabonde, elles se prend de plein fouet les ressentis, les souvenirs, les sensations passés de Mélanie :

  » Grâce à l’instinct spécifique à mon espèce, je suis parvenue à me lier étroitement au système du corps, me lovant de façon irréversible dans chaque réflexe organique, jusqu’à ne faire plus qu’un avec lui. Ce n’était plus son corps à elle, ni un corps quelconque. C’était MON corps. L’effet des sédatifs s’est peu à peu dissipé, la lucidité a repris ses droits. Je me suis raidie, prête à recevoir de plein fouet le premier souvenir, qui était en fait le dernier, les derniers instants que le corps avait connus, la mémoire de la fin. On m’avait expliqué en détail ce qui allait se produire. Les émotions chez les humains étaient plus violentes, plus organiques que chez les autres espèces hôtes. Je me suis préparée tant bien que mal au choc… La réminiscence est arrivée. Et cela a dépassé en force tout ce que j’avais pu imaginer. C’était flamboyant de couleurs et de sons. Le froid sur la peau de la fille, la douleur irradiante dans ses membres, le feu qui ronge ses chairs. Il y avait un goût métallique dans sa bouche. Et il y avait également ce sens inconnu de moi, ce cinquième sens qui captait des particules dans l’air pour les transformer en sensations mystérieuses, comme autant de messages de plaisir ou de mises en garde, on appelait ça l’ « odorat ». C’était dérangeant, étrange, troublant, mais pour elle. Sa mémoire alors n’avait pas le temps de s’attarder sur ces odeurs. Sa peur phagocytait tous ses sens. La peur était partout ; elle aiguillonnait ses jambes pour les faire se mouvoir en avant, plus vite, et en même temps, elle les empêtrait. Fuir, courir… elle n’avait pas d’autre choix… J’ai échoué. Ce souvenir n’était pas le mien ! Il était si fort, si terrible qu’il m’a transpercée, il a jailli en moi, fusant dans mes connexions, abattant mes défenses, au point de me faire oublier qu’il s’agissait d’un ultime engramme dans le cerveau, que je n’avais rien vécu de tout ça. J’ai été emportée dans le cauchemar qu’avait enduré cette créature à ses derniers instants. J’étais elle et nous courions toutes les deux vers la mort… « 

Dans les premières pages Vagabonde revît beaucoup les souvenirs de Mélanie. Mélanie n’est pas comme les autres humains, elle résiste, essaye à tout prix de survivre, elle refuse de se faire effacer. Vagabonde entendra même, assez vite, la voix de Mélanie à l’intérieur d’elle même. Mélanie est une forte tête (oui, on peut le dire comme ça…). Les souvenirs de Mélanie tournent autour de Jared et de Jamie. Jared est l’homme dont elle est follement amoureuse (vous en doutiez ?) et Jamie, son petit frère, compagnon de sa fuite.

Très vite Vagabonde ne sait plus reconnaître ses propres sentiments de ceux de Mélanie et elle ressent tout l’amour que Mélanie ressent pour ces deux êtres. Elle se laisse donc entraîner et finit par atterrir (après une longue errance dans le désert) dans une communauté de survivants, réfugiés dans des cavernes souterraines. Mais évidemment, elle n’y est pas du tout la bienvenue, c’est bien le corps de Mélanie qui est là, mais elle a été prise par un parasite. En fait les humains envahis par les âmes vagabondes sont facilement reconnaissable par la couleur de leurs iris, qui deviennent argentés et phosphorescents.

Bien sûr il y a là Jared mais il y a aussi Ian… Et c’est là tout le sel du livre… Je ne vous en dit pas plus, à vous de lire la suite. Je dois dire que j’ai été charmé et conquise par ce livre,  bien plus que je ne le pensais. Un petit exemple du romanesque poussée à l’extrème de Stephenie Meyer, une scène (très drôle à mon goût) entre Jared et Ian : (Gaby est le nom donné à Vagabonde)

 » – Tu vas déjeuner ? a demandé Jared.

– Je vais rester ici un moment… et toi ? a répondu Ian

Jared n’a rien répondu.

– Tu as quelque chose à me dire ? Vas-y, je t’écoute.

– Cette fille… cette fille à l’intérieur… a articulé lentement Jared.

– Oui ?

– Ce corps ne lui appartient pas.

– Explique toi…

La voix de Jared s’est durcie :

– N’y touche pas.

Il y a eu un petit rire.

– Jaloux ?

– Ce n’est pas la question.

– Ah oui ?

– Gaby fait plus ou moins équipe avec Mélanie. C’est comme si elles étaient amies. Mais, à l’évidence, c’est Gaby qui décide. Si tu étais à la place de Mélanie, que ressentirais-tu ? Si tu étais celle qui était « occupée » ? Si tu étais pris au piège et que quelqu’un disait quoi faire à ton corps ? Si tu ne pouvais t’exprimer par toi-même ? Ne voudrais-tu pas que tes souhaits, autant que tu puisses les formuler, soient respectés ? Au moins par les autres humains ?

– D’accord. D’accord. Un point pour toi. Je m’en souviendrai.

– Comment ça, tu t’en souviendras ?

– Je veux dire que j’y réfléchirai.

– C’est tout réfléchi ! a repliqué Jared. (Au simple son de sa voix, je me representais son expression – les dents serrés, les mâchoires crispéees.) Le corps et la personne enfermés là-dedans sont à moi !

– Tu penses que Mélanie ressent toujours pour toi…

– Mélanie est à moi pour la vie ! Et pour la vie, je suis à elle… »

Absolument adorable, non ???

Les âmes vagabondes

Stephenie Meyer

Editions JC Lattès

et Le livre de poche

Un tableau chez toi

Montre-nous quelque chose de beau

Encore une très bonne idée de Chrys. Il s’agit de montrer un tableau, une reproduction, une affiche que l’on aime particulièrement et qui décore nos murs.

Je participe avec joie.

Voilà la reproduction d’une affiche de Bilal pour le ballet de Roméo et Juliette du chorégraphe Angelin Preljocaj.

Elle orne les murs de mon salon et je l’adoreeeee !

Voilà… Après mon peintre préféré, vous connaissez maintenant mon dessinateur préféré.

Je l’ai aimé bien avant qu’il ne soit à la mode…

Je l’avais découvert pour la sortie de sa BD « la femme piège » paru en 1986… que j’ai adorée !

Cela fait donc un bon moment qu’il fait parti de mon univers.

Vous avez jusqu’au 20 avril pour participer.

N’oubliez pas d’informer Chrys pour votre participation. Elle fera un billet récapitulatif de nos propositions.

Alors, partant(e) ???

Egon Schiele – L’étreinte

Le voilà donc mon peintre préféré (et de loin…).

Un peintre que j ‘aime depuis ma découverte, d’un de ses tableaux, lorsque j’avais 20 ans (ben non, c’est pas si loin…)

Je l’idolâtre, je l’aime et je le chéris…

Un superbe tableau pour accompagner les mots de Ghérasim Luca.

Evidemment ce n’est que le début d’une longue série.

Il vous faut, dès maintenant,  vous habituer à sa présence.

Ghérasim Luca

coeur[1]Une fois n’est pas coutume, mais aujourd’hui je vais participer au dimanche poétique de Celsmoon. J’ai eu un véritable coup de coeur pour ce poète roumain : Ghérasim Luca :

                                      

Extrait de : La fin du monde – Paralipomènes

 » … Tu me vertige

tu m’extase

tu me passionnément

tu m’absolu

je t’absente

tu m’absurde… »

« … je te narine je te chevelure

je te hanche

tu me hantes

je te poitrine

je buste ta poitrine puis te visage

je te corsage

tu m’odeur tu me vertige

tu glisses

je te cuisse  je te caresse

je te frissonne

tu m’enjambes

tu m’insuportable

je t’amazone

je te gorge je te ventre

je te jupe

je te jarretelle je te bas je te Bach

oui je te Bach pour clavecin sein et flûte… »

« … je te mains

je te sueur

je te langue

je te nuque

je te navigue

je t’ombre je te corps et te fantôme

je te rétine dans mon souffle

tu t’iris

je t’écris

tu me penses… »

Extrait de : L’écho du coeur – Héros Limite

 » … entre la nuit de ton nu et le jour de tes joues

entre la vie de ton visage et la pie de tes pieds

entre le temps des tempes et l’espace de ton esprit

entre la fronde de ton front et les pierres de tes paupières

entre le bas de tes bras et le haut de tes os…

…entre le han de tes hanches et le halo de ton haleine

entre la haine de ton aine et les aines de tes veines

entre les cuisses de tes caresses et l’odeur de ton coeur

entre le génie de ton genoux et le nom du nombre

du nombril de ton ombre »

Sublime n’est ce pas ?

Moi ça me bouleverse littéralement…

Un vrai, vrai coup de coeur !