Cinéma·Noël

Ma douceur de l’Avent, Le seigneur des anneaux – Le retour du roi

Le Seigneur des anneaux : le retour du roi (Affiche)

Une suite à la hauteur des deux autres… C’est un final grandiose.
La bataille pour la Terre du Milieu a commencé ! Frodon et Sam, guidée par Gollum parcourent les dangereuses terres du Mordor. Le pouvoir de l’anneau augmente en intensité. Frodon en es de plus en plus affecté. Gandalf rassemble une armée pour devier l’attention de « l’oeil de feu » pour laisser une chance à Frodon pour réussir.

Le voyage sera long et douloureux pour Frodon, même s’il a toute l’aide possible de Sam qui ira jusqu’à le porter sur son dos :
 » Si je ne peut porter l’anneau, je peut vous porter vous !  »
Je trouve cette phrase très symbolique…

Frodon sera aveuglé un moment par la perfidie de Gollum qui lui fera douter de Sam.

Mais Sam aura été un fidèle et courageux allié jusqu’à la fin.

C’est une fin splendide et sublime (et puis, quel esthétisme !!). Trois films que je regarderais encore et encore…

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Un énorme coup de coeur !

C’est dommage mais j’ai l’impression de ne pas avoir trouvé les mots pour dire à quel point j’aime ces films. C’est très frustrant. Je voudrais pouvoir dire à quel point ces films sont émouvants. Je suis bouleversée à chaque nouveau visionnage.
Ils ont vraiment tout pour eux…
Une des plus belles histoires ayant jamais été écrite, des personnages qui se débattent pour vaincre le mal. Le pouvoir de l’amitié, de l’amour, de la bonté et de la sagesse.
La pureté et l’innocence des hobbies…
C’est la première fois que la violence de la guerre a une raison d’être pour moi.
Parce que, sans cela, le monde telle qu’ils le perçoivent n’aurait plus aucun sens…
Je me débat pour vous dire que ces films, il vous faut les voir…
Ils sont intemporels…
Leurs thèmes sont indispensables…

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Cinéma·Noël

Ma douceur de l’ Avent du jour, Le seigneur des anneaux – Les deux tours

Affiche française

(à ne lire que si vous avez déjà vu La communauté de l’anneau). Boromir est mort et Gandalf disparu… Frodon a pris la décision de continuer seul. Mais Sam, lui seul, refuse sa décision et lui force la main. C’est donc à deux qu’ils affronteront la suite des évènements. Ils sont suivis par une créature pitoyable, détruite jadis par l’anneau. Il veut à tout prix récuperer son « précieux »

Pendant ce temps Aragorn, Legolas, et Gimli sont en route vers Le Royan, le royaume du roi Theodem dont l’esprit est possédé par le magicien malfaisant Saroumane.

Quand aux hobbits ;  Merry et Pimpin, ils se retrouvent dans la très mystérieuse forêt de Fangorn et font une rencontre incroyable avec un arbre vivant ; Sylvebarbe, qui est le gardien des arbres. Ces gardiens des arbres font partie de mes personnages préférés. Tolkien est merveilleux, il a su faire naître un monde absolument fabuleux, où la noirceur côtoie le féérique.

Une suite tout aussi belle et fabuleuse. J’emplorais exactement les mêmes mots que pour le premier : magnifique, divin, merveilleux… J’ai déjà regardé cette trilogie maintes et maintes fois et je ne me lasse toujours pas. J’ai toujours les larmes aux yeux lors du générique du dernier. Tout est parfait ; la musique, les décors, les personnages. C’est tout à fait magique (mais sans aucune mièvrerie, bien au contraire). Tolkien est, pour moi, un génie ! Mais je dois dire aussi que l’adaptation au cinéma est une réussite complète et totale.

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(je rencontre à nouveau de gros problème avec notre ordi, j’emprunte encore une fois celui de notre fils. Je suis donc obligée de faire vite (;0) ne vous étonnez donc pas si je ne réponds pas à vos commentaires et si je ne vous en laisse pas. Et n’hésitez pas à me laisser vos liens ou vos commentaires pour le billet participatif de Noël, je vous répondrais plus tard)

Cinéma·Noël

Le seigneur des anneaux – La communauté de l’anneau

Ma douceur de l’Avent sera une séance cinéma. Il n’a rien de neuf mais c’est un incontournable évident. C’est  un film que j’ai déjà visionnée au moins six à sept fois et je ne m’en lasse pas… Nous le regardons (presque) à chaque fois pendant la période des fêtes de Noël. C’est un des plus beaux film que j’ai eu l’occasion de voir. Un film que j’aurais vraiment adoré voir au cinéma, cela devait être grandiose. Un film splendide…

L’éternel combat entre le bien et le mal n’a jamais été aussi bien représenté. Les images sont magnifiques, bouleversantes de beauté. Il me semble que cela a été tourné en Nouvelle Zélande…  C’est à vous donner le tournis tellement c’est beau ! Et les acteurs sont vraiment mis en valeur. J’ai déjà lu le 1er quand au deuxième il est sur ma P.A.L. mais je n’ai pas encore lue, chaque année je me dis : bon alors cette année je m’y plonge mais le temps passe si vite et la période des fêtes encore plus. Je ne sais pas si vous ressentez cela aussi…

Gandalf est un personnage incroyable, sa sagesse et son humanité sont lumineuses… Et Sam, sa fidélité n’a d’égale à sa bravoure, jamais il n’abandonnera Frodon. Il le soutiendra de toutes ses forces…Je pense que tout le monde connaît le sujet mais je vous en dirais tout de même quelques mots. Dans la ,très tranquille et verte, vallée de la Comté vivent les hobbits, ou Semi-hommes. Il y a là Frodon et ses amis, Sam et les autres. Frodon se retrouve en possession d’un anneau magique aux pouvoirs empoisonnés… Sauron, le Seigneur des ténèbres le recherche et s’il le retrouvait, le monde en serait changé irrémédiablement ! Sam entame alors un périple long et  dangereux. Il sera aidé dans sa tache par Sam bien sûr, Merry et Pippin. Se joindront à eux Gandalf le magicien, Aragorn, Boromir, l’elfe Legolas et le nain Gimli. Ils formeront donc la communauté de l’anneau. Et leur périple sera difficile et douloureux. Ils auront à traverser La Moria et à affronter ses créatures de la nuit…

Un film vraiment splendide !!

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Humeurs·Photos

Ma photo du mois

Annette aux Roches, Raizeux, 1949, de Robert Doisneau

Cette fois ci il y aura, exceptionnellement, et une photo et un tableau du mois (à venir) pour ce mois de Juillet. Cette photo je l’adore, elle sent bon l’été et la chaleur… Elle sent bon l’enfance et les souvenirs… Elle sent bon la campagne, la fraîcheur des jeux d’eau, la joie de vivre et l’insouciance des premières années… Elle sent bon le bonheur tout simple, le bonheur douillet…

En Alsace c’est la canicule en ce moment, il fait chaud, chaud, chaud, chaud ;0) Et ça dure déjà depuis quelques jours…. Je serais bien la dernière à me plaindre de cela, cette année on se traîne un peu plus, mais tout de même, c’est bien agréable et ça ressemble vraiment à l’été quoi ;0)

Bon dimanche, oui mais aussi ;

Très bon mois de Juillet et bel été à tous et toutes !!!!!!!!!!!

Littérature

Zou ! d’Anne-Véronique Herter

 Le mot de l’éditeur ;  » Ce n’est pas seulement la maison de vacances appartenant à sa famille depuis plusieurs générations que Chance doit quitter, mais aussi tous les fantômes qui l’habitent, ceux de son imagination, ceux de son passé, ceux des histoires que lui racontait son père. Avec la perte de cette immense demeure, nichée dans un grand jardin séparé de la mer par un petit muret en pierre, lieu d’introspection privilégié de tous pour observer le bleu à l’infini, Chance perd également ses repères et se pose des questions quant à son identité.
Est-elle vraiment, comme l’a toujours dit sa grand-mère, la réincarnation de son frère qu’elle n’a pas connu ? « Zou », c’est le signal d’un nouveau départ, d’un renouveau qui s’impose comme une nécessité, un impératif de survie. « Zou », si simple à écrire, si court à prononcer et pourtant si difficile à accepter. »

 » Sa famille : le noeud gordien, à la fois l’oxygène et le poids qui l’étouffe. Le problème. » (p22)

On parle beaucoup de romans « Fell good » (des livres qui font du bien) en ce moment, je ne sais pas si ce roman peut être classé dans cette catégorie mais je sais qu’à moi il m’a fait beaucoup de bien… Je sais aussi que j’ai eu beaucoup de mal à me lancer à faire mon billet. Parce qu’il touche beaucoup trop de choses en moi, qu’il m’a touché au plus haut point et qu’il est très près de ma propre histoire. Alors vers quoi orienter mon billet sans que cela soit trop personnel ? Je ne le sais… Alors je vais juste être sincère et ne pas me me censurer. Alors ses mots là pourraient être les miens ;

« Petite dernière d’une fratrie de cinq enfants, son histoire est banale. Mortelle même ; elle est née trois ans après la mort de son frère, Frédéric. » (p46)

Mon frère ne s’appelle pas Frédéric mais je suis bien née trois ans après sa mort, et nous aussi sommes cinq, trois filles survivantes et deux frères morts. Mais je ne parlerais aujourd’hui que de celui qui est mort trois ans avant moi et qui aurait été si proche de moi en âge (mes soeurs ont toutes les deux rétrospectivement 10 et 12 ans de plus que moi). Cette phrase que j’ai donné en extrait dans le billet précédent (clic)  » j’ai appris très fort à aimer très fort quelqu’un que je n’ai jamais connu » est mienne. Il me manque… Il me manque infiniment et pourtant je ne l’ai jamais connu… Alors comment n’aurais-je pas pu être touché-coulé par cette lecture ??!! Et pourtant elle ne m’a pas plombé et c’est même tout l’inverse. Oui on peut avoir une histoire familiale lourde et oui on peut sortir la tête de l’eau. C’est ce que Anne Véronique m’a appris à sa façon… Chaque mot s’imprimait en moi, chaque mots (ou presque) étaient planqués en moi et n’attendait qu’à sortir prendre l’air… Anne-Véronique les avait écrits pour moi… Alors merci pour ça Anne-Véronique.

 » Quelle aurait été notre vie, si mon frère n’était pas mort, lui aussi ? Je me le demande souvent. Je l’ai imaginé mille fois : il devait être beau et secret, intelligent et courageux. Il devait être un ange. A neuf ans, on est forcément un ange. Je suis la seule de la famille à ne pas l’avoir connu, pourtant il me manque comme si c’était moi que je n’avais jamais connu. » (p30)

Cette question là moi aussi je me le l’a suis posé mille fois et comme le personnage je me suis souvent imaginée, lorsque nous partions à quelque part, en voiture, que s’il avait vécu nous pourrions être en train de rouler vers lui, vers sa maison pour passer une belle journée, ou quelques heures avec ce frère qui aurait pu être là, vivant parmi nous… Ou lors de fêtes familiales, avoir cette sensation de voir cette place vide, cette place vacante me fait souvent vaciller. Mon frère n’a pas eu la chance lui de vivre neuf ans, il est mort né, par conséquent personne dans la famille n’a eu la chance de l’avoir connu. C’est ma différence avec le personnage. Et d’autres aussi, mais dont je ne parlerais ici.

 » Le poids des choses, mes liens familiaux, ma grand-mère, mon frère, mon père, chez les morts. Ma mère, mes frères et soeurs, les gens que j’aime. Tous me lient. M’enchaînent. M’empêchent d’avancer dans ma propre histoire. Je dois m’en libérer. Je sais. Je dois me libérer. » (p73)

Nous avons tous nos valises familiales à porter, pour certains elles sont justes plus lourdes à porter que pour d’autres… Pour certains la sensation de liberté est peut-être plus facile à ressentir…

 » Du haut de mes vingt ans, je m’excuse encore d’être là;  » (p103)

Cette impression d’être là, alors que je ne le méritais pas plus que lui est quelque chose qui m’habite tous les jours…

Ces mots, page 105, que Frédéric adresse à sa soeur m’ont émue au plus haut point. Et ils m’ont fait du bien aussi, parce que si mon frère devait (pouvait) s’adresser à moi il aurait, j’en suis sûre, autant de bienveillance vers moi que cela…

 » C’est en respirant avec difficulté que l’on réalise que l’on respire. » (p120)

Oui sans doute… C’est aussi quand on ressent la douleur que l’on se rend compte le plus sûrement que l’on est vivant…

 » Est-ce toujours toi qui me parles, mon frère ? Celui que je ne connais pas, et qui me connaît si bien ? Est-ce toi qui te poses sur ma joue quand j’ai peur, quand je doute ? Est-ce toi qui me réchauffes de tout ton amour et de toute ta protection ? Est-ce toi à qui j’ai tant parlé, de qui j’ai tant rêvé ? (p137)

Et la réponse de Frédéric pour sa soeur, que j’ai décidé de prendre pour moi ;

 »  Regarde ta vie, regarde-la bien en face. Tu te laisses détruire par les vies des autres, celles des morts, celles d’avant, celles qui ne te concernent plus ! » (138)

 » Je vais te dire qui je suis, ma tendresse. Je suis qui tu veux que je sois. Je suis ton frère. Je peux même être ton père. Je peux même être ta grand-mère. Je peux être tous ceux que tu veux et qui t’ont aimée, car tu les portes, comme une preuve de ton origine. Je suis l’oeil bienveillant qui doit te dire d’avancer et de regarder devant toi, maintenant. Il est grand temps. » (p139)

Rien que pour cela ; merci Anne Véronique, ces mots m’ont donné l’impression d’un baume sur mon petit coeur ;0)

J’ai conscience que mon billet est peut-être décousu, un peu bancal et sans doute trop long mais j’espère que vous aurez eu la patience d’aller jusqu’au bout. Parce que c’est une lecture (même si votre histoire ne ressemble pas à la mienne) qui vous donnera du punch et du bien-être. Parce qu’elle est positive, bienveillante et réconfortante tout simplement. C’est lumineux, chaleureux, malgré la noirceur du sujet. On ressent tout l’amour dont la jeune femme à bénéficié toute sa vie. Une jeune femme dont j’aurais adoré me faire l’amie, on aurait des choses à se dire…. Elle pourrait être celle qui me donnerait ce petit coup vers l’avant, ce petit coup qui permet de rebondir… Cette lecture fait assurément partie de celles qui entrent dans votre vie, pour la changer indubitablement… Comme certaines petites bougies que l’on trouvent parfois sur le bord de son chemin… Cela m’a donné l’envie de prendre le taureau par les cornes, de parler (ou d’écrire) moi aussi de mon histoire familiale douloureuse… Il est peut-être temps…

Ce billet est naturellement adressé à mes deux frères dont l’absence m’accompagne tous les jours… Ceci est un peu la lettre que je ne pourrais jamais leur adresser…

Lu aussi par NouketteLeiloona, SophieStephie et l’Irrégulière, Saxaoul, Antigone,Sandrine

Et le site de l’auteure est juste par là (clic). Un grand merci aussi aux éditions Michalon clic) et un grand merci encore une fois à Anne Véronique pour ses mots et pour sa grande patience aussi ;0)

(pour laisser un commentaire cliquer sur le petit chiffre dans le petit rond, sous le billet)

Extraits·Littérature

 » L’écho des blessures familiales…  » extraits de Zou d’Anne Véronique Herter

« Notre maison bretonne. C’est chez moi. C’est beau, parfois effrayant. C’est gigantesque, mais suffisamment petite pour entendre l’écho des blessures familiales. Celles que l’on ne règle qu’en famille. Qui touchent le coeur des choses, les culpabilités, les remords, la responsabilité de chacun devant les morts.  » (p91)

 » Alors, tout naturellement, je parle aussi aux fantômes. Et naturellement, je les vois. Ils sont près de moi. Puisque j’ en suis aux confidences… Pour me calmer, je parle à Frédéric. Quand j’ai peur, je le sens contre ma joue. Quand je vacille, je le sens contre mon épaule. Quand je suis triste, je le sens derrière moi. Et quand je ferme les yeux, je le vois enfin. D’ailleurs, je l’ai toujours vu et je le verrai toujours. Des ombres qui passent, des souffles, il n’est distinct que dans mes rêves. » (p102)

 » Pour mes frères et soeurs, ça commence mal, mon premier grand frère étant mort avant que je n’arrive, j’ai appris à aimer très fort quelqu’un que je n’ai jamais connu. Il s’appelait Frédéric. C’est un prénom que j’articule rarement. C’est une photo en noir et blanc, figée sur le piano dans le salon, sur la coiffeuse dans la chambre, dans le bureau, à la campagne. Partout la même. Des anecdotes à son sujet et de belles histoires. On corrige l’injustice de sa mort par l’exagération de ses qualités. Dans la mémoire collective, c’est lui le plus intelligent, le plus beau, le plus réussi. En plus, je crois que c’est vrai. Nous avons tous essayé de mettre en avant un de ses traits de caractère, pour le refaire vivre à travers nous. Nous n’étions que de pâles copies. » (p 87)

Ce livre là est certainement celui qui m’a le plus bousculé, bouleversé, touché, l’année dernière. Cette histoire c’est un peu la mienne, certains mots je les reconnaissais comme si je les pensais moi même…

Je vous donne rendez vous demain ou après demain pour le billet complet.

Source des photos (clic)

(pour laisser un commentaire cliquer sur le petit chiffre dans le petit rond, sous le billet)

Littérature

Vacances à l’anglaise de Mark Haddon

 Le mot de l’éditeur ; « Pour se réconcilier avec sa soeur Angela, Richard a l’idée saugrenue de l’inviter à passer des vacances au pays de Galles en compagnie de sa petite famille. Mais dans ce coin du bout du monde, il pleut sans discontinuer, le premier village est à des kilomètres, et les portables ne fonctionnent pas ! Quatre adultes, trois ados et un enfant, qui se connaissent à peine, se retrouvent coincés là pour une semaine.
Jeux de société, conversations de circonstances, promenades… En apparence, la cohabitation semble bien se dérouler. Mais intérieurement, chacun rumine de vieux griefs. De toute part on fomente des alliances, des conquêtes et des trahisons… avant de prôner la réconciliation. Bref, le bonheur des vacances en famille. Une brillante comédie de moeurs, un regard irrésistible sur les relations familiales, où l’on retrouve la patte de l’auteur du Bizarre Incident du chien pendant la nuit. »

 » Il n’avait pas eu l’intention de mettre le sujet sur le tapis. C’était comme de la terre contaminée ; tant qu’on ne creusait pas, il n’y avait aucun danger. » (p78)

Voilà une expérience de lecture étrange et surréaliste mais tout à fait réussi au final. Pourtant au début je n’étais pas du tout convaincue (au début de ma lecture j’étais tombée sur un billet de Cathulu  (clic) et nous avions eu un échange de commentaires ou je lui disais que j’étais un peu déstabilisée), j’ai eu du mal à me faire au style de l’auteur, il passe d’un protagoniste à un autre sans que cela soit très clair. Mais maintenant que je l’ai fini je peux vous dire que les personnages vous resteront longtemps en tête. Ils sont atypiques, d’une certaine façon dysfonctionnels, si j’osais je dirais même un peu disjonctés mais terriblement humains dans leurs fragilités et leurs côtés, justement, un peu bancals. J’ai adoré aussi cette ambiance de maison de vacances, partagée en famille, si bien rendue. On a l’impression d’y être. Cette grande maison dans la campagne anglaise, où la pluie s’invite parfois, où on vit les uns à côté des autres et bien ça donne  quelque chose de pas vraiment serein, ça bouge, c’est mouvementée et chacun de son côté se bat avec quelque chose. Parfois évidemment tout cela se mélange et ça explose évidemment…

Autant au début c’était difficile mais vers la fin je freinais un peu, je n’avais tout simplement pas envie de le finir et de quitter cette maison et cette famille. J’ai trouvé les personnages adolescents vraiment réalistes et bien croqués. Les thématiques de leurs problèmes sont sérieuses et loin d’être frivoles (comme c’est parfois le cas avec les personnages d’ados). On y rencontre le spectre de l’homosexualité (pas clairement défini) et celui d’ un harcèlement scolaire avec une photo prise sur le vif et partagé sur le net. Quand aux adultes ce n’est guère plus réjouissant, une jeune femme se débat avec un deuil non digéré et une autre a honte de son passé. Les hommes ne sont pas en reste mais j’ai envie de rester flou histoire que vous découvriez tout cela par vous même. N’oublions pas aussi le personnage de Benjy, le plus petit, qui malgré son jeune âge est déjà un personnage complet et très intéressant. Et puis le cadre est beau, ce qui fait que l’on prolongerait bien le séjour ;  » à bien y réfléchir c’était vraiment beau ici, cette immense cuvette verdoyante, les nuages qui changeaient de forme en se déplaçant, l’odeur du feu de bois.«  (p 33) Moi qui aime la pluie, comment ne pas être charmée par ce passage là, si poétique ;

 » Elle arrive, tel un immense rideau gris traîné depuis le sommet des collines, les champs maculés, assombris. Un bruit de gravier mouillé qui viendrait s’écraser comme les vitres. Les gouttières se remplissent et glougloutent, l’eau jaillit du pied des tuyaux de descente. Les gouttes ricochent en éventail sur le dossier du banc, sur les marches de pierre et sur le toit, lustré de la Mercedes. L’eau se rassemble et s’écoule dans les ornières de l’allée, elle dégouline dans la cheminée, elle tinte et pétille sur le métal brûlant du poêle, elle se faufile à travers le vieux mastic qui maintient les vitres à petits carreaux et forme des flaques sur les appuis de fenêtre. La pluie presque horizontale maintenant, vivant graphique de la force du vent. Tous les repères extérieurs effacés, plus d’horizon, plus de lignes stables. La maison a décollé, l’orage l’emporte et la fait voler sur une substance qui n’est ni tout à fait de l’air ni tout à fait de l’eau…/…. » (p232)

Et puis j’ai adoré ce rapport si complice entre les frères et la soeur,  Alex, Daisy et le petit Benjy comme dans ces passages là ;

 » Alex lui prépara une assiette de fromage et de galettes d’avoine avec un assortiment de sauces et ils s’assirent côte à côté pour manger, leur solidarité rayonnante expulsant peu à peu tous les autres de la pièce, à part Benjy. » (p263)

Alors Benjy se leva du banc, fit le tour et vint s’asseoir de l’autre côté de Daisy, il passa son bras autour d’elle et dit ; Daisy sandwich, parce que c’était ce qu’ils lui faisaient, avant, quand il avait du chagrin. Ils se serrèrent les uns contre les autres, puis se lâcherent. » (p264)

Tellement émouvant le dessin, que Benjy lors du départ, laisse dans le livre d’or ;

 » Il passa vingt minutes à couvrir une double page d’un dessin compliqué de la maison et du jardin. Le crâne de cheval, la mare avec le frai de grenouilles, les lettres G et F entrelacées dans le fer forgé ornemental rouillé de la grille, au pied de la colline. Tout le monde admira le dessin, il était super, meilleur en un sens qu’un vrai dessin d’adulte, les lignes de traviole, l’échelle bizarre, les détails excentriques, parce c’était l’image qu’ils conserveraient tous de cet endroit, rien ne sera tout à fait conforme à la réalité, des éléments ajoutés, des éléments retirés. Le poêle occupera une grande place pour Angela, la remise pour Alex. Tout le monde oubliera la girouette en forme de renard. » (p338)

Je crois que j’ai eu autant de mal à partir que les personnages (peut-être plus ;0) D’autres passages que j’ai adorés ;

 » Elle se regarda dans la glace et reconnut l’animal enfermé en elle qui grandissait, qui mangeait, qui réclamait. Elle aurait tellement voulu avoir l’air quelconque pour que le regard des autres glisse sur elle. Maman avait tort. Le problème n’était pas de croire ceci ou cela, ce n’était pas une question de bien ou de mal, de justice ou d’injustice. Il s’agissait seulement de trouver la force de supporter l’embarras indissociable de l’existence dans ce monde.  » (p36)

 » Elle regarda autour d’elle. Un paysage nu et désolé, on ne voyait plus aucun champ désormais, juste une lande de montagne déserte, au loin, les collines noires sous le ciel massif blanc cassé. Où était sa veste ? L’enfer ressemblait peut-être à cela. Pas de feu, pas de cohorte de démons, mais un nulle part glacial et vide, le coeur aspirant désespérément à un peu de chaleur, un peu de compagnie, et l’esprit le sermonnant ; ne te leurre pas, tu ne les trouveras pas ici.  » (p203)

J’ai franchement adoré cette lecture et cette famille fera partie désormais de mes intimes, je ne les oublierais pas de sitôt. J’espère vous avoir convaincus de vous lancer dans cette lecture, oui vraiment…

Vacances à l’anglaise

Mark Haddon

Traduit de l’anglais par Odile Demange

Editions du Nil, 2014

 Pour le mois anglais chez  Lou, Titine et Cryssilda