Publié dans Littérature Française

Miss Sarajevo d’Ingrid Thobois, Rentrée littéraire 2018 #MRL18

 

Ingrid Thobois - Miss Sarajevo.

Le mot de l’éditeur ;  » Printemps 1993. Joaquim, vingt ans, débarque au milieu de Sarajevo assiégée. Armé de son seul appareil photo, il cherche à échapper à son enfance et à se confronter à la mort. Cette mort que vient de choisir sa jeune soeur Viviane, fatiguée d’expier dans l’anorexie un tabou familial jamais levé. Eté 2017. Joaquim apprend le décès de son père. Le temps d’un Paris-Rouen, lui reviennent en rafales les souvenirs de sa famille bourgeoise, apparemment sans défaut, verrouillée autour de son secret. En contrepoint, il revit les mois passés à Sarajevo, qui lui ont permis de se soustraire à l’emprise du passé et d’inventer sa vie. Mais peut-on réellement se libérer du fardeau familial ? Quel est, au bout du compte, le prix du non-dit ? Un roman qui mêle la grande et la petite histoire, et interroge la façon dont l’individu peut construire, en dépit des secrets de famille, son propre rapport à la vie. »

C’est étrange parce que voilà encore un roman sur un secret familial (voir mon billet précédent ; Grâce, clic). Où l’on voit à quel point un secret, des paroles non-dites peuvent avoir des répercussions terribles sur des individus. Au départ ça n’a pas été évident avec ce roman, je trouvais son écriture trop « froide », il y a une distance certaine qui s’installe avec le personnage de Joaquim, je le trouvais détaché, absent à lui même certainement. Le suicide de sa sœur a été quelque chose dont il a du mal à toucher la réalité, sans doute parce que c’est trop douloureux. Il y a le rapport avec le père aussi, qui est inexistant, en effet quand Joaquim apprend la mort de celui ci cela faisait plusieurs années qu’ils n’avaient plus de contact. La mère elle n’a pas survécu longtemps à la mort de sa fille. Joaquim lui ne dort plus qu’avec l’aide de la chimie, des années qu’il ne dort plus qu’avec la prise de somnifères. Il ne supporte pas non plus les fenêtres ou les baies vitrées qui s’ouvrent librement, il a besoin d’un garde-fou, ce n’est pas une histoire de vertige mais plutôt la peur d’un vide qui s’offrirait à lui (sa sœur s’est suicidé en se jetant du balcon de l’appartement parental), il est sujet à des tocs aussi, il a du mal avec les portes et les verrous  » A quarante-quatre ans, Joaquim connaît par cœur ce cycle harassant de la vérification qui accroît l’anxiété. » (p39) et il souffre d’acouphènes. Vous avez compris que ce n’est pas facile pour lui, nous avons tous nos valises mais celles de Joaquim sont lourdes à porter.

II y a certaines lectures qui sont une évidence, vous êtes tout de suite installés, confortable et à l’aise. Pour d’autres c’est plus compliquée, j’ai déjà ressenti cela plusieurs fois. Et ce sont souvent ces lectures là qui vous laissent un plus grand souvenir. Il y a parfois des styles qui vous résistent un peu, on a mal à ressentir les mots et les lignes et puis tout à coup la magie advient et enfin le livre s’offre à vous, ne vous repousse plus et alors, c’est comme si la lumière vous était donnée, vous êtes enfin admise, intégré.  Et c’est tout à fait ce que j’ai vécu avec ce roman, arrivée à la fin je n’avais qu’une envie ; le recommencer du début parce que j’avais enfin compris le langage de l’autrice.

L’autrice a, en effet, des phrases d’une beauté, d’une force, d’une vérité incroyable et l’on se dit alors ; mais oui bien sûr, c’est tout à fait cela. Et vous êtes touchés de plein fouet. Il y a des pages superbes sur le deuil, sur la guerre (j’ai particulièrement aimé les passages où Joaquim part à Sarajevo), sur les dialogues non entamés et qui rongent, sur le mystère finalement que sont nos parents et leurs vies, sur les coïncidences et les signes du destin, sur la réalité que l’on fuit.

Il y a aussi le fait que Joaquim est photographe et cela lui donne un regard accru, plus acéré sur la vie et les évènements. Sur le temps aussi. J’ai aimé cette phrase de Joaquim ;  » Et tu y crois, toi, à l’amour entre des gens qui ne se photographient jamais ?! » (p54) J’ai trouvé cela assez juste et pertinent. Au final j’ai noté un nombre incalculable (ou presque ;0) de passages et ça, en général (mais je parle d’une façon personnelle) c’est très bon signe. J’espère vraiment vous avoir convaincu de lire ce livre, j’en garderais un souvenir fort et corsé.

(PS je rajouterais des extraits demain, trop fatiguée pour le faire encore ce soir)

Lu par Antigone, Noukette, Saxaoul, Jérôme, Fanny, Kathel, Alex, Karine, Sylire. Krol,

Lu pour les matchs de la rentrée littéraire Rakuten 2018 Lu pour le challenge 1 % rentrée littéraire 2018 d’Hérisson 2/6

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Publié dans Littérature Française

Grâce de Delphine Bertholon

Delphine Bertholon - Grâce. Le mot de l’éditeur ; «  « Dès que je passai le seuil de la maison, je sus que quelque chose n’allait pas. »1981. Dans sa maison près de Villefranche-sur-Saône, la très jolie Grâce Marie Bataille, trente-trois ans, vit au rythme des retours de son mari, représentant en électroménager, lorsqu’une jeune fille au pair d’origine polonaise vient perturber une vie qui semblait jusque-là tracée à la craie…En 2010, Nathan, son fils, vient fêter Noël en famille. Mais cette année, tout est différent. Nathan apprend que son père, disparu sans crier gare trois décennies plus tôt, a refait surface. D’inquiétants phénomènes surviennent alors dans la maison familiale. Dialogue virtuel entre une mère et son fils à trente ans d’intervalle, Grâce invoque les fantômes, les secrets et les non-dits familiaux, sur le rythme staccato d’un thriller psychologique. « 

 » La vie est une suite de choix plus ou moins réfléchis, de hasards heureux ou malheureux, rencontres, bifurcations, prendre à droite, prendre à gauche, milles destins différents à chaque carrefour, et puis des évidences Tu étais, Cora, une évidence et si la vie nous a fait ce qu’elle nous a fait, jamais je n’ai regretté de t’avoir rencontrée…/… » (p144)

Difficile de parler de ce roman, en effet il faut avancer avec prudence de peur d’en révéler de trop. Il y a quelque chose de l’ordre du mystérieux dans ce roman, pas seulement au sens classique du terme, mais aussi quelque chose de plus abstrait, qui est en lien avec ce qui est là, dans l’air, autour de nous et que l’on ne peut pas toucher.  Quelque chose de l’ordre du ténébreux et du tragique de la vie qui, parfois, se met en route sans même que l’on s’en aperçoive à temps. Sans même que l’on puisse même faire quoi que ce soit avant qu’il ne soit trop tard. C’est l’enchainement des évènements, une pente descendante.

Ce roman m’a énormément touché, parce que c’est d’abord l’histoire d’une femme qui sombre parce que son homme ne l’aime plus et qu’elle a conscience de cela d’une façon extrêmement tangible. J’aurais voulu être là pour Grâce, l’a prendre dans mes bras, et lui murmurer des paroles apaisantes. Mais sans doute, cela aurait été loin d’être suffisant. L’histoire est tragique, terrifiante même. La fin du roman apporte une pirouette, mais elle est loin d’être moins tragique et terrifiante que ce que l’autrice nous avait laissé augurer. C’est l’histoire d’un secret de famille bien sûr, mais un secret que l’on est bien loin d’avoir imaginé. On se demande même comment Grâce à fait pour tenir debout, toutes ces années, en regardant grandir ses enfants. Il y a une atmosphère très forte, très marquée, et je vous l’ai déjà dit mais j’adore trouver ça dans un roman. Finalement c’est tout ce que je demande (ou presque ;0)

J’ai adoré également toute la partie sur Nathan, le fils de Grâce, il est très émouvant lui aussi. Il a lui aussi à faire avec sa perte et son chagrin (qui est très différent de celui de sa mère). L’extrait d’ailleurs est la voix de Nathan, c’est un personnage au large capital de sympathie, sa façon d’être avec ses enfants est vraiment très belle, très douce. C’est un homme sur lequel on aimerait s’appuyer (au contraire de son père d’ailleurs).

De l’autrice j’avais déjà lu « L’effet Larsen » (clic) que j’avais adoré aussi et c’est pour ça que ce roman est arrivé dans ma PAL, forcément ;0) J’espère vous en avoir dit suffisamment pour vous donner envie de le lire. Il a tout ce qui faut pour vous prendre dans ses filets, vous faire retenir votre souffle, vous apporter une angoisse et une peur certaine (pour celles et ceux qui rechercherait une lecture de ce type pour le challenge d’Halloween) mais il peut aussi être lu par celles et ceux qui n’aiment pas le fantastique, oui c’est vraiment une lecture belle et forte que vous ne regretterez pas.

Lu par l’Irrégulière (attention, elle en dit un peu plus que moi) ; « En tout cas une chose est sûre : j’ai énormément aimé ce roman, qui m’a beaucoup émue, voire bouleversée. Il s’agit d’un texte fort et dérangeant, terrible et angoissant, qui nous entraîne aux confins de la folie, mais pas seulement. Il y a une certaine dose de mystère, habilement distillée, et l’ambiance pesante et oppressante n’est pas sans rappeler, à certains égards, Les Autres d’Alejandro Amenabar (et d’ailleurs l’héroïne s’appelle Grâce, j’ai du mal à croire que c’est un hasard). »

Par Sylire ;  »  J’ai beaucoup aimé ce récit, fort bien mené et intelligemment construit. D’emblée, j’ai été envoûtée par l’atmosphère qui s’en dégage. La tension psychologique créée par la romancière m’a tenue en haleine jusqu’au dénouement, que je n’ai pas vu venir. Un très bon moment de lecture !  

Lu pour le challenge Halloween, le billet récap de Lou, le billet de récap d’Hilde, les blogs d’Hilde et Lou  

 

Publié dans Humeurs, Mes dimanches en mots et en photos

Doux dimanche soir

yorkshire-christmas: “❄ ☃ holidays are coming… ☃ ❄ ”Un dimanche soir comme je les aimes ; bouquins, feux de cheminée (oui, il fait enfin assez froid pour faire du feu ;0) chats sur le canapé, c’est calme, douillet, tranquille… Ce soir je ferais une torche aux marrons maison ; crème de marrons vanillée en vermicelles, crème chantilly maison, meringue de la boulangerie, un vrai délice vous pouvez me croire. Ce matin j’ai fini « Sommeil » de Haruki Murakami  Haruki Murakami - Sommeil. j’ai beaucoup aimé, une atmosphère tout à fait prenante mais une fin qui m’a laissé dubitative. En tout cas c’était ma dernière lecture pour le challenge d’Halloween, le challenge continue jusqu’au 11 novembre. J’en profiterais pour faire les billets de mes lectures du challenge (par sûre que j’arriverais à les faire tous, on verra) mais je changerais de thème de lectures, je me consacrerais à ma PAL de la rentrée littéraire de septembre, jusqu’au 15 novembre je pense, après je passerais à mes lectures de Noël. Je pense aussi faire le challenge Winter de Margaux aussi, celui ci prendra fin le 31 janvier. Je ne devrais donc pas m’ennuyer du tout durant les semaines à venir ;0) Quand à ma soirée je vais commencer de ce pas « Miss Sarayevo » (voir la lecture d’Antigone clic). Bonne soirée à toutes, je vous embrasse.

 

Publié dans Défis lectures

Hallow’ RAT Until the end, suivi jusqu’au 31 octobre

Et mon bilan du Week-end est juste par là (clic)

Vous savez à quel point j’aime les Read a thon et avant ce Week end j’avais déjà dans l’idée de renouveler mon expérience des RAT longue durée (voir par là clic) pour les deux semaines à suivre. Nous avons pas mal papotés dans les commentaires du RAT chez les unes, chez les autres et l’un entrainant l’autre, j’ai proposé à Lou de m’accompagner (c’est quand même mieux accompagnée que seule ;0) la semaine prochaine et c’est alors qu’elle a proposé de prolonger ce RAT avec Hilde. Bien sûr j’ai tout de suite dit que j’en serais ;0)

Petite précision que j’avais déjà donné lors de mes précédents RAT longue durée, ceci n’est pas le RAT intensif que l’on fait les Week-end, il est bien évident que nous n’allons pas lire toute la journée durant des jours et des semaines, il s’agit juste là de lire plus que d’habitude. Et comme les autres fois, puisque ça a bien fonctionné, j’essayerais de faire trois temps de lecture ; le matin, l’après-midi et en soirée.

Ce billet sera donc à suivre tout le long de la semaine, je laisserais le lien vers celui ci dans ma barre de droite, alors si vous avez envie de suivre mes aventures vous savez où aller :0)

Les billets de suivi de Lou, Hilde, Nath Choco, Fondant Grignote, Samlor, Blandine,

Ma semaine du 22 octobre au 28 octobre

Lundi 22 octobre ; Matin ; /

Après midi ; 71 pages d’Intérieur nuit

Soir ; C’est assez tard que j’ai rejoins mon lit afin de lire un peu avant de dormir, trop fatiguée pour me lancer dans « Intérieur nuit » qui est un peu lent, je décide ma BD en cours, abandonnée depuis au moins 2 semaines (ce n’est pas que je n’aime pas, mais plutôt que ma lecture que j’avais en cours était trop prenante ;0) c’est à dire  » Les deux vies de Baudouin »Les deux vies de Baudouin Je ne le finis pas mais presque, il me reste une soixantaine de pages mais mes yeux me brulent, ce qui est chez moi un signe sûr de fatigue ;0) Je lis donc 110 pages. Total de ce lundi ; 181 pages

Mardi 23 octobre ; Matin ; /

Après midi ; /

Soirée ; Comme je me couche très tôt c’est une soirée plutôt fructueuse, je lis d’abord 56 pages d’Intérieur nuit, comme je n’ai pas envie d’aller plus loin (comme je le disais c’est une lecture assez longue, il ne se passe pas énormément de choses, on se lasse donc assez vite). J’entame donc une lecture jeunesse que j’avais mis de côté pour le challenge ; « Lili Goth et la souris fantôme » de Chris Riddell Chris Riddell - Lili Goth et la souris fantôme. j’en lis 72 pages (et ça me plait beaucoup, autant que les Apolline :0) et je finis ma BD ; 57 pages et j’en ressors enchantée, j’ai beaucoup aimé la fin, très belle et vraiment émouvante. Total du mardi ; 185 pages

autumncozy: “By lennart ”

Mercredi 24 octobre ; Matin ; /

Après midi ; /

Soirée ; Je reprends Intérieur nuit et j’en lis 56 pages, je reprends également Lili Goth et j’en lis 50 pages. Total de mercredi ; 106 pages

Jeudi 25 octobre ; Matin ; /

Après midi ; 86 pages de lues, toujours avec Intérieur nuit, et ça y est ça démarre enfin (il était temps j’en suis quand même à presque 500 pages). Là ça devient extrêmement passionnant et carrément effrayant, brrr, ça fait froid dans le dos.

Soirée ; Il est un peu tard (22h et quatre minutes 😏) mais je m’installe enfin pour lire, une pleine théière de sauge sur la table de nuit et c’est parti 😃 je fais juste, avant cela, un petit passage chez les autres participantes. Bonne soirée et je vous dirais demain ce que j’aurais finalement réussi à lire. 66 pages de plus pour jeudi soir, ça devient carrément effrayant, je dois dire qu’hier je n’en menais pas large dans ma chambre à peine éclairée (à part ma petite lampe de chevet je n’avais pas d’autre source de lumière) et seule en plus puisque mon homme était en bas en train de regarder un match. Je me suis même arrêté de lire en pleine scène carrément étouffante (une scène difficile à lire pour moi étant claustrophobe ;0) Total du jeudi ; 152 pages

oldfarmhouse: “https://www.instagram.com/grey_home_ ”

Vendredi 26 octobre ; Matin ; /

Après midi ;

Soirée ;

Je ne suis pas sûre de lire énormément aujourd’hui, ce matin j’avais un rendez vous qui m’a pris pas mal de temps et fin d’après midi, vous le savez, il y a mon )passage obligée (mais si, mais si ;0) dans ma librairie chérie. Rendez vous donc ce soir pour un autre compte rendu. J’espère lire un peu cette après midi avant de partir mais c’est pas sûr ;0) Total du vendredi soir ; 0 pages

Samedi 27 octobre ; Idem qu’hier, j’arrive juste à lire 24 petites pages le soir avant de m’endormir. Total du samedi ; 24 pages


Dimanche 28 octobre ; Matin ; /

Mais je vais essayer de rattraper un peu mes deux dernières journées, mais d’abord pour les curieuses ;0) voilà ce que j’ai ramené de ma librairie vendredi soir ; « Valentine ou la belle saison » d’Anne Laure Bondoux, un roman que j’avais repéré, l’autrice est classé en jeunesse et cette fois ce n’était pas le cas (mais je lis aussi ses romans jeunesse, je viens d’ailleurs de lire « Tant que nous sommes vivants » que j’ai beaucoup aimé. La semaine dernière j’avais craqué pour « L’écart » que j’avais repéré et noté dès fin août :0) Je vous donne rendez vous dans l’après midi pour vous raconter la suite de mes aventures livresques. Bon dimanche à toutes et tous !!

Dimanche 21h34 ; Si je ne suis pas repassée par ici c’est que j’étais très occupée ; à lire bien sûr :0) Vers 16h je me suis installée sur le canapé, un plaid sur les genoux, une pleine théière de thé sur la table basse, un thé noir ; « Casse-noisette » (rien qu’avec le nom on se régale déjà ;0) de la marque Tamia & Julia (que j’adore) ; Thé noir de Ceylan et de Chine, morceaux de pomme, notes de pomme, caramel et noisette, amande, coriandre, morceaux de cerise, je peux faire qu’il est très très bon ;0) Dehors il y avait de la pluie, du vent, le froid, bref la totale et un temps idéal pour un dimanche lecture. Mais donc voilà j’ai enfin terminé « Intérieur nuit » Marisha Pessl - Intérieur nuit. dont les 300 dernières pages sont vraiment formidables, j’ai vraiment apprécié la fin, je suis passée par toutes les étapes, d’abord une petite déception, puis finalement je me suis dit que c’était parfait et très bien pensée, et puis encore une fois une petite pirouette, j’aimerais tellement pouvoir vous en dire plus mais cela serait impossible sans spoiler. Je pense maintenant continuer avec « Lili Goth et la souris fantôme » mais avant cela je vais faire un petit tour chez vous histoire de voir où vous en êtes. Bonnes lectures à toutes et à tout à l’heure pour le bilan du jour. Le Hallow » RAT Until the end continuera encore jusqu’au 31 octobre, je vais bien sûr participer encore pour ces 3 jours qui restent ;0)

Total de dimanche ; 126 pages restantes d’Intérieur nuit et 101 pages restantes de Lili Goth = 227 pages

Total de la première semaine ; 875 pages (franchement je m’attendais à mieux mais bon…

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Les trois jours restants ;

Lundi 29 octobre ; 0 pages

Mardi 30 octobre ; Je commence aujourd’hui une nouvelle lecture ; « Sommeil » de Haruki Murakami Haruki Murakami - Sommeil. roman que j’avais mis sur ma pile à lire d’Halloween sur mon bureau. Total du mardi ; 24 pages

Mercredi 31 octobre ; Pas encore eu de temps pour me consacrer à mes lectures aujourd’hui, j’espère juste pouvoir finir Sommeil ce soir. Je vous dirais ça plus tard. Pas terrible pour ce dernier jour de Hallow » RAT Until the end.

Publié dans Read-a-Thon

Read-a-Thon d’Halloween, à suivre tout le week-end + le bilan

Nous voilà donc entrant de plein fouet dans ce nouveau RAT d’automne et d’Halloween donc les organisatrices sont toujours Hilde et Lou :0) Ce Week-end commence aujourd’hui et ce terminera dimanche soir. Ce qui nous laisse donc plusieurs belles heures de lecture devant nous. Derrière mes fenêtres il fait très gris, il y a de la brume (on ne voit même pas les champs qui nous entourent) et vous l’avouerez c’est un temps idéal pour un RAT d’Halloween et cela devrait m’inspirer un maximum puisque l’atmosphère et l’ambiance sont très importantes pour moi :0) Mais trêve de bavardages et passons aux choses sérieuses, la lecture. Voilà la liste des participantes ; Lou, Hilde, Fondant Grignote, Soukee, Myrtille, Chicky Poo, Nath, Bidib, AcrO, Coraline Joy,

RAT Halloween

Vendredi 19 octobre 2018 ; J’ai un peu du mal à choisir ma lecture parce que j’ai sélectionné tellement de livres pour ce RAT que j’ai un peu le tournis. D’autant plus que j’ai fini hier soir ma première lecture pour ce challenge d’Halloween ; « Tant que nous sommes vivants » (très beau roman d’Anne Laure Bondoux). Je vais donc sans doute passer encore quelques minutes pour choisir mon premier titre, mais promis je vous dirais donc ça un peu plus tard, pour l’instant je vais faire un petit tour chez vous, très bonnes lectures à toutes et à tout à l’heure.

Vendredi 15h12 ; Finalement voilà ce que j’ai choisi ; « Intérieur nuit » de Marisha Pessl Marisha Pessl - Intérieur nuit. Si je ne devais choisir que deux mots pour le décrire ce serait ; envoûtant et étrange. Mais je ne suis pas sûre d’avoir fait un choix parfait, en effet le bouquin fait plus de 700 pages avec une écriture très serrée, il risque bien de me faire tout le RAT et cela risque d’être un peu lassant à force. J’intercalerais d’autres lectures forcément. Pour l’instant je suis arrivée à la page 74 mais j’ai devant moi encore une bonne heure et demie avant que mon homme ne rentre à la maison. Nous avons en effet prévu une petite sortie en ville (et bien sûr un passage à ma librairie chérie ;0) avec lui et notre fille. Bonnes lectures à toutes !!

Vendredi 21h59 ; Rentrée à 20h et pas beaucoup avancée depuis. Je suis passée chez vous, j’ai soupé, je me suis promenée sur un site de photos d’automne, ect 😏 A mon actif je n’ai donc que 121 pages. Allez, je m’y remets, belles lectures à toutes.

Vendredi 00h12 ; Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. 170 pages de lues à cette heure ci, rendez vous demain matin, bonne nuit et reposez vous bien.

Samedi 20 octobre 10h24 ; La même brume derrière les fenêtres ce matin, et il fait assez froid, un vrai temps d’automne, enfin !!!! Peut-être ferons nous même le premier feu de cheminée aujourd’hui. Ce matin je me sens assez en forme, pourvu que ça dure.  Et vous, comment vous sentez-vous? Je n’ai pas encore pris mon petit déjeuner, je vais donc commencer par là. Je ferais aussi un petit tour chez vous et je m’y remettrais. Par contre je vais changer de lecture, ce n’est pas que je n’aime pas ma lecture mais c’est un peu lent et pour retrouver une certaine dynamique je préfère, pour l’instant, commencer autre chose. Je me suis décidée pour « Grâce » de Delphine Bertholon Delphine Bertholon - Grâce. que j’avais envie de lire pour un challenge d’Halloween depuis longtemps. Sur la quatrième de couverture ces mots ; atmosphère de film d’épouvante, ça devrait être le top pour notre thème 😏🎃 Bonnes lectures à toutes et à tout à l’heure 👧

Samedi 16h25 ; 140 pages de plus, j’ai avancé uniquement avec Grâce qui est vraiment très très bien, ça me plaît beaucoup, une vraie atmosphère prenante. Là je vais bientôt partir pour notre petite sortie du samedi. Comme nous devons aussi chercher notre fille je ne serais pas de retour avant vingt heures. Bonne après-midi à toutes et à ce soir 🚗💗

Samedi 21h34 ; Rentrée vers 20h comme prévu, j’ai eu le temps de lire une trentaine de pages avant de manger une petite salade. Mon homme m’a préparé une pleine théière de sauge (si, si c’est bon, surtout quand vous avez l’habitude d’en boire depuis des années, en fait c’est parfait pour la digestion et ça me fait du bien) et me voilà d’attaque pour continuer encore une heure ou deux 😘🤩 Ah j’oubliais de préciser dans quoi j’ai lu ses trente pages ; une BD que j’avais mise soigneusement de côté pour le prochain challenge Halloween, en fait c’est une BD que je m’étais promise de relire pour cette occasion là, une BD que j’ai adoré ; « Le sculpteur » de Scott Mc Cloud  Scott McCloud - Le sculpteur. (mais mon édition n’est pas celle de la nouvelle version enrichie). Je vais prendre le temps de passer chez vous et je m’y remets donc. Bonne soirée et bonne lecture à toutes 😋🤗

ingelnook: “ . by Anna Doshina ”

Dimanche 21 octobre 13h34 ; D’abord un petit mot sur ce qui aurait du être posté hier soir ici même, j’avais presque fini mon compte-rendu sur mes dernières lectures quand ma tablette s’est éteinte pour cause de batterie vide. Comme il était 00h40 je n’ai bien sûr pas pris le temps de la recharger et de tout recommencer 🙄 En fait ma soirée a été extrêmement fructifiante, j’ai lu une soixantaine de pages de Grâce et 140 pages de la BD du Sculpteur (environ, je ne fais pas les comptes à la page vraie pour l’instant). C’était donc une (très) bonne soirée 😍 Mais comme je me suis couchée tard, je me suis évidemment levée tard 🤦 Et ce matin le petit déjeuner s’est un peu éternisé, les enfants ont pris leur temps, nous avons papotés et donc du coup je n’ai réussi à lire que 2 malheureuses pages durant ce temps là. Je n’ai guère lu plus depuis ce matin, une soixantaine de pages lues avec Grâce (je l’ai presque fini et j’ai hâte de voir comment cela va se terminer). Je vais maintenant prendre un temps (assez long à mon avis 😏pour visiter les copines, je prendrais mon repas, je reviendrais donc par ici après tout cela, pour vous raconter si j’ai avancé ou non. Très bon dimanche à toutes (et aussi à tout ceux qui ne lisent pas 😊 et à tout à l’heure !!

Dimanche 18h49 ; Voilà voilà, je suis toujours là ✨👩 et non je ne dormais pas 😴 a vrai dire j’ai un peu perdu le compte de mes pages mais c’est très simple ; j’ai fini Grâce (quelle histoire mais quelle histoire… terrible, terrible mais je ne vous en dit pas plus) et il ne me reste qu’un peu plus de cent pages pour finir Le sculpteur qui est, à ce stade, difficile à lâcher 🤗 Je vais de ce pas voir où vous en êtes et je m’y remets 😏 à plus tard !!

Dimanche 21h51 ; Je viens tout juste de finir (juste après ma pause diner du soir) Le sculpteur et j’en ressors cette fois encore bouleversée, c’est vraiment une BD fantastique à lire si vous aimez les pavés et les histoires sur le long terme. C’est beau, c’est fort et je le relirais certainement une troisième fois (j’en suis sûr même). Maintenant j’hésite, est ce que je vais reprendre Intérieur nuit ? Ou alors commencer un petit roman très court ? Ou alors peut-être vais je m’arrêter là parce que je ressens tout de même une légère fatigue 😴 ?! Je ne le sais mais ce sera mon dernier passage par ici ce soir alors je vous donne donc rendez vous demain pour le bilan, bonne nuit à toutes 🌃 et merci à Hilde et Lou pour ce super Rat 🐀

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BILAN

  • Intérieur nuit de Marisha Pessl = 226 pages (non terminé)
  • Grâce de Delphine Bertholon = 305 pages
  • Le sculpteur de Scott McCloud = 486 pages

Total de mes lectures du Week end = 1017 pages

Marisha Pessl - Intérieur nuit.  Delphine Bertholon - Grâce.  Scott McCloud - Le sculpteur.

Et je suis contente ; ça faisait longtemps que je n’avais plus réussi à atteindre les mille pages pour un RAT ;0)

Pour mes lectures d’hier soir j’ai tout de même réussi à lire environ 60 pages d’Intérieur nuit avant d’éteindre la lumière, bon pour le finir il me reste encore un bon nombre de pages (le roman fait quand même 700 pages). Mais ça devrait être facile puisque je m’inscris pour cette semaine chez les mêmes Hilde et Lou au « Hallow’ Rat Until the end » mais je vous expliquerais tout cela dans mon prochain billet. Bonne semaine à toutes et tous !!

Publié dans Littérature Française

Trancher d’Amélie Cordonnier – Rentrée littéraire 2018

Amélie Cordonnier - Trancher. Le mot de l’éditeur ;  » Des pages et des pages de notes. Tu as noirci des centaines de lignes de ses mots à lui. Pour garder une trace, tenter de les désamorcer, avec le pathétique espoir qu’ils aillent s’incruster ailleurs qu’en toi. » Cela faisait des années qu’elle croyait Aurélien guéri de sa violence, des années que ses paroles lancées comme des couteaux n’avaient plus déchiré leur quotidien. Mais un matin de septembre, devant leurs enfants ahuris, il a rechuté: il l’a de nouveau insultée. Malgré lui, plaide-t-il. Pourra-t-elle encore supporter tout ça ? Elle va avoir quarante ans le 3 janvier. Elle se promet d’avoir décidé pour son anniversaire. D’une plume alerte et imagée, Amélie Cordonnier met en scène une femme dans la tourmente et nous livre le roman d’un amour ravagé par les mots » 

 » Et si tu as peur, pourquoi tu restes ? Parce que tu es la « boxeuse amoureuse » d’Arthur H.. Celle qui danse quand elle s’approche du ring, esquive les coups. Absorbe tout. Encaisse les uppercuts sans jamais cesser de danser. Celle pour qui tomber ce n’est rien, puisqu’elle se relève, un sourire sur les lèvres. Tu es une boxeuse amoureuse. Qui l’aime. Quand même. Y croit encore. (p131)

Le livre commence par une scène pourtant très douce sur un quotidien familial ; il est 10 heures du matin, le soleil pénêtre par les baies vitrées, la narratrice et ses enfants sont installés à leur grande table de ferme, un truc massif, brut, solide et qui a du vécu, une table réconfortante quoi. Diverses affaires sont éparpillés ; gomme, crayons, cahiers, ect. La petite Romane dessine, Vadim, l’ainé, fait ses devoirs, tandis que leur maman déguste une tasse de thé. Le moment est doux, calme, serein. C’est l’image d’une famille ordinaire. Mais l’arrivée du père, Aurélien, dans cette scène idyllique change toute la donne. Alors qu’il met la musique à fond la jeune femme râle gentiment, baisse le son, en expliquant qu’ils ont besoin de calme pour travailler. Alors la phrase terrible, glaçante, menaçante déboule dans la cuisine et dans la tiédeur du moment ;  » Je suis chez moi, quand même, alors ferme ta gueule une bonne fois pour toutes, connasse, si tu veux pas que je la réduise en miettes. »(p15).

Le ton est donné, nous voilà entrant dans une histoire de brutalité conjugale, même si la violence restera verbale (il y aura tout de même un geste violent à un moment donné) mais non moins terrible. Aurélien ce jour là n’en est pas à son coup d’essai et la jeune femme replonge instantanément dans un maelstrom de souvenirs, de tourments et de violence.  Il y a sept ans la jeune femme était tombée en dépression pour les mêmes raisons ; la violence verbale d’Aurélien.  » Les gens disent qu’ils l’ont échappé belle. Mais quand tu repenses à ce qui s’est passé il y a sept ans, tu as plutôt le sentiment de l’avoir échappé moche »(p21). A ce moment là il avait suivi une thérapie et depuis sept ans Aurélien n’avait plus prononcé d’injures ni de mots méprisants. Malheureusement Aurélien a fini par retomber  dans ses travers et la jeune femme sait qu’elle ne tiendra plus une seconde fois. Qu’elle ne veut plus tenir, ni supporter. Elle sait qu’elle doit trancher. Et cela rapidement si elle ne veut pas y laisser son mental, son énergie. Elle se doit de préserver ses enfants surtout. A ce propos il y a d’ailleurs une scène très forte et bouleversante où l’on voit le petit garçon avoir une réaction violente avec sa sœur. L’enfance est en effet un déclenchant certain pour la vie future.

 » Que tout cela se reproduise, voilà ce qui te terrorise. Que cela se transmette de père en fils et s’incruste comme une tache indélébile. Quand Vadim dérape comme ce soir, cela te broie. Tu te dis que ça y est, c’est foutu, tout est perdu. Cet être que tu chéris plus que tout au monde, que tu as porté et que tu t’efforces d’élever, plus haut que les étoiles, à son tour il va maltraiter sa femme. Ses mots à lui aussi seront des rasoirs sous sa peau à elle et entailleront sa chair. Non ! Tu préfèrerais en mourir. Mais il paraît que le plus terrible avec la violence, c’est qu’on en hérite malgré soi. » (p102)

C’est un roman qui, forcément, prend aux tripes. Forcément émouvant. La jeune femme souffre beaucoup parce qu’elle est prise entre deux feux si je puis dire. Son homme elle l’aime, elle aime leur vie de famille à tous les quatre,  celle qu’ils mènent en dehors des insultes, parce que le plus difficile est qu’en dehors de ses crises Aurélien est un homme attentionné  » il assure qu’il t’aime tant. Peut-être. Mais si mal. « (p79) Parce que voilà les insultes elles sont là. Elle sait donc qu’elle ne peut plus lutter et qu’elle ne supporte plus la violence et le mépris d’Aurélien. Elle sait qu’elle ne tiendra pas. Pour survivre elle doit fuir, elle doit penser à ces enfants aussi. Quel avenir auront-ils s’ils ont tous les jours devant les yeux, l’exemple de l’attitude de ce père envers leur mère. Comment pourraient-ils se construire une vie saine avec une enfance pareille. C’est très dur d’être témoin de sa détresse et de sa déchirure. L’amour est encore là mais le quotidien qu’elle vit avec Aurélien est juste insupportable et vraiment douloureux. Aurélien a vraiment deux versants, celui d’un homme amoureux, tendre et qui veut son bonheur, mais il en a un autre, sombre, effrayant d’un homme qui dit des mots terribles, des mots qui font mal, des mots qui brisent. Un livre qui fait naitre beaucoup de questions, entre autres et la plus importante peut-être ; est ce vraiment de l’amour quand la situation est aussi douloureuse ? Quand un homme est incapable de retenir des penchants aussi dévastateurs, aussi violents et brutaux ?

Les mots de l’autrice sont forts, impossible de ne être touché. La violence verbale peut-être tout autant dévastatrice qu’une autre. Les mots peuvent toucher aussi fort que des coups, même si, bien sûr, ceux ci sont évidemment bien pire, mais on tomberait là dans un tout autre sujet. Un très beau roman, vraiment, dont il serait dommage que vous passiez à côté.

 » Quand on a pas le choix on prend sur soi. On fait avec et on finit par s’habituer. On s’habitue à tout. A perdre, à souffrir, à manquer. Tu le sais. (p120)

Un autre roman sur ce blog dans un sujet ressemblant ; « Cette nuit là » d’Isabelle Minière (clic). Et je prépare le billet de « Baines » qui reste très proche aussi.

Lu par Agathe, Joëlle, Au fil des livres,

Lu pour le challenge 1% rentrée littéraire 2018 d’Hérisson 1/6   

Publié dans Lecture jeunesse, Littérature Française

La pyramide des besoins humains de Caroline Solé

 » Les nuits suivantes, en cherchant les étoiles dans le ciel je pense parfois, beaucoup, mais pas passionnément, à reprendre un train et à rentrer à la maison. Seulement, je sais bien que ce n’est pas chez moi, là-bas. En soufflant dans mes mains pour me réchauffer, je m’accroche à cette idée qu’un jour, je me sentirai chez moi quelque part. Cet espoir me fera tenir jusqu’à ce que je trouve un bon carton. » (p16)

Un jour, Christopher 15 ans, a pris le « gnon » de trop. Alors il prend le train pour nulle part et partout. Que lui importe la destination, pourvu que ce soit loin de chez lui. Ce train l’emmène  à Berwick Street, à Chinatown. Christopher vit désormais dans la rue, il habite sur un carton. Il n’est pas seul pour autant ; il y a d’abord Jimmy, un vendeur de hot-dog à ses heures, qui le prend sous son aile  ; « il va devenir le meilleur des potes, le meilleur du meilleur qu’on peut avoir quand on touche le fond. Pas le bon camarade qui vous prête sa gomme et joue avec vous au foot dans la résidence, celui qui salue poliment maman à travers la fenêtre, non, Jimmy, c’est le genre de compagnon à vous tirer d’un carton au milieu de la nuit, subitement, pour éviter qu’une bouteille vienne se fracasser sur votre crâne. Un ami qui vous offre à manger alors qu’il fait des tas avec des pièces et que même ses dix tas ne valent pas le prix d’un repas. » (p18) Et il y a aussi Scratch-Scratch et puis Suzie. Un jour il s’inscrit à un jeu sur internet « la pyramide des besoins humains » qui est inspiré de la théorie d’un psy ; Abraham Maslow. Cela l’entraine, bien malgré lui, dans une spirale surprenante. Le voilà qui gagne une par une les différents niveaux  avec un nombre incroyable de votes pour lui.

Ce roman m’a ému énormément et bien plus pour le constat navrant de tous ses jeunes qui finissent dans les rues (pour moi c’est plus de cela dont il est vraiment question dans ce roman) plutôt que celui du pouvoir aspirant des médias, de ces jeux (de plus en plus monstrueux qui utilisent les êtres pour des raisons d’argent et de contrôle). Pour moi c’était une lecture douloureuse qui met le doigt sur, non pas sur les différentes raisons qui peuvent emmener une personne dans la rue, mais plutôt sur les différents strates et parcours qui font qu’on y arrive un jour.

 » C’est une forme de respect ; puisque tu te retrouve sur ce carton mouillé, je ne te ferai pas l’affront de te demander pourquoi. Forcément qu’il y a eu une catastrophe; Personne ne dort dans le froid et l’insécurité par choix. » (p91)

Christopher est un révolté (et cela sans doute bien avant de finir sur son carton) un garçon qui ne trouve pas d’intérêt réel à être intégré dans la société, avec tous ces travers qu’il lui attribue. Pour lui il n’y a pas vraiment d’échappatoire, même si sa famille lui manque parfois ; son petit frère surtout et même ce père qui le battait, il n’a pas envie de retourner dans le rang, ce qui pour lui signifierait perdre sa liberté ; pouvoir continuer à penser librement, garder sa propre personnalité, ne pas se laisser embobiner par des penseurs de bazar, c’est cela pour lui la liberté  » Pouvoir choisir précisément le mot qui sort de sa bouche, lui donner une teinte particulière, unique, qui reflète vraiment notre âme à un moment donné, c’est pourtant, selon moi, le plus grande des libertés. (p79). Dès lors on se demande comment tout cela peut-il bien finir, quel avenir pour un jeune homme qui vit dans les marges ?!

 » Les gars en marge, comme moi, ils vivent sur le bas-côté, car quelque chose a débordé. Malgré le joli cahier aux lignes tracées, le stylo a dérapé, il a filé dans la marge. Il y avait trop à écrire, un trop-plein qu’il fallait sortir. Et maintenant, on vit dans la rue. On a oublié la douceur d’un oreiller, d’une caresse, on ne parvient plus à dormir. » (p82)

Christopher n’est pas dupe,  il (sur)vit alors même que ses besoins les plus élémentaires sont vraiment réduit à leur plus stricte minimum. C’est bien preuve que les théories de ce fameux Marlow sont caduc.

 » Retourner vivre avec ma famille, je n’en ai aucune envie. Le lit douillet, le rôti, la télé, j’en ai soupé. On m’a gavé comme une oie dans son enclos. Et il ne manquerait plus que je fasse semblant, moi aussi, d’aimer cette existence où je dois allumer un écran pour assister à un événement trépidant et me sentir vivant. » (p117)

Il y a aussi ces passages très émouvants, ceux de ses souvenirs de vie à la campagne et des instants heureux qu’il passait avec son petit frère.

 » Mais, quand je sortais du lotissement, il suffisait de quelques enjambées pour rejoindre le saule pleurer près de la mare, les nénuphars et les grenouilles. Du vert olive sur l’eau, vert émeraude dans les vallées, vert amande en pigment dans le ciel. Les chevaux aux robes poétiques m’ouvraient l’appétit : bai, alezan, chocolat, crème, café au lait… Et surtout, un frangin à mes trousses qu’il fallait porter dans les champs boueux, soulever dans les airs pour cueillir le goûter et divertir les jours de chagrin. Je faisais le clown en classe car depuis toujours, mettre un nez rouge sur mon visage permettait de faire diversion. Quand, à la maison, le temps virait à l’orage, on s’éclipsait jusqu’à la mare, on se baignait dans un paysage bucolique qui changeait de couleurs chaque saison et dont les teintes chaudes me réchauffent encore le coeur.  » (p74)

A la fin du bouquin (que je n’aurais pas voulu autrement) on en vient à la conclusion que ce Christopher est vraiment un gars bien. C’est un pur qui ne se résout pas à vivre une vie aseptisée, un pur qui espère bien plus et bien mieux de la vie qu’un quotidien maussade, qui refuse aussi d’être écrasé par la nécessité de consommer encore et encore et d’être réduit à une marchandise monnayable par ceux qui tirent les ficelles. Evidemment, on en vient à espérer qu’il aura la vie qu’il estimera être la meilleure pour lui. Cette lecture est un vrai et un grand coup de coeur !

 » A Chinatown, je me lave au lavabo dans les toilettes publiques. Dans le miroir embué, je me revois asperger mon frangin d’eau de pluie dormante dans les nénuphars. On riait aux éclats en s’éclaboussant. Je me demande à quel moment j’ai bu la tasse » (p75)

« …/… des fissures, j’en vois partout, chez les paumés comme chez les passants » (p70)

Lu par Nadael, NouketteJérôme, Leiloona, Bladelor

Ce roman fait parti de mes lectures d’été (clic)

Ecole des loisirs (clic)

Collection Médium

Octobre 2016