La dictature des ronces de Guillaume Siaudeau


Guillaume Siaudeau - La dictature des ronces.Le mot de l’éditeur ;  » 
Un petit bout de terre perdu au milieu de la mer. C’est là, sur l’île de Sainte-Pélagie, que s’installe un été le narrateur. Son ami Henry parti en voyage d’affaires lui a confié la garde de la maison, du chien et du jardin. Une aubaine pour le narrateur qui s’ennuie ferme. Décidé à sauver le potager des ronces et sa vie de l’atonie douce, il débarque, prend ses marques, arpente ce nouveau territoire, s’essaye aux bains de mer. Et fait d’insolites rencontres : un enfant inconsolable, un maire incongru, un voisin au lourd secret, deux chasseurs d’étoiles… Petit à petit, il se prend d’affection pour cet endroit unique et surprenant. L’île pourrait tout aussi bien être un bouchon dans l’eau qui attend que ça morde qu’une planète perdue dans l’espace…  »

 » Bientôt l’eau m’est arrivée au nombril, diminuant sur le champ mon courage de moitié. Alors que j’ en étais à grelotter en analysant misérablement la situation, le soleil s’est fait la malle derrière un nuage et une vague plus téméraire que les autres en a profité pour finir le boulot. J’ai barboté comme un chien perdu pendant quelques secondes. Plus très sûr de savoir nager, plus très serein à  l’idée d’être aussi frêle au milieu d’aussi grand. C’était une sensation que je n’avais pas vécue depuis longtemps. Celle d’être un glaçon en train de fondre au milieu de nulle part. Le sable mou s’enfonçait sous mes pieds et tentait de m’aspirer. Le vacarme de l’eau et le silence extérieur s’affrontaient et j’étais au cœur de la bataille. Inondé jusque dans mes rêves les plus profonds, rasé de près par le doux clapotis des vagues. La puissance de l’eau sur ma conscience. Son étau. Son projet de tout engloutir et puis son renoncement. A ce moment précis, j’ai eu la conviction qu’elle aurait pu ramener à la vie ou tuer n’importe qui. C’était une puissance retenue. Un mastodonte de plume. Un animal féroce qui s’était endormi près d’un arbre et que le sommeil avait désarmé. (p122)

Au départ il faut accepter de se laisser porter par l’étrangeté de certaines phrases. Vous êtes embarqués dans un méandre de mots dont l’association est parfois étrange. J’ai personnellement mis quelques pages à m’habituer au style de l’auteur. Une fois que c’était fait j’ai pu me laisser porter par la poésie et la mélancolie de ses pages. J’ai aimé ce côté doux-amer, cet humour désabusé, ce flegme presque anglais que l’on ressent dans la plupart des pages. J’ai aimé l’atmosphère de cette île traversé par les vents et par une tempête qui secoue.

C’est une jolie petite incartade, une ballade énamourée, une petite parenthèse que l’on dirait hors du temps. On y savoure un air iodé, vivifiant, des embruns. Il y a des mouettes, des étoiles filantes qui tombent, un enfant qui attend son père qui ne viendra plus, des promenades sur des falaises avec un chien à trois pattes, un maire qui vous parle d’une île et de ses fous, des baignades délicieuses et frissonnantes dans une eau sauvage et salée.  C’est drôle parce que ça m’arrive souvent, il y a des lectures comme ça dont je ne me rends pas tout de suite compte de l’empreinte certaine qu’elles laisseront en moi. Et puis quelques jours plus tard je m’aperçois que j’en garde des images très belles, nets comme des photos parfaites et qu’elles me possèdent, me tiennent compagnie durant plusieurs jours. Elles me suivent durant le fil de mes journées et j’ai du mal à m’en détacher, en fait je n’en ressens pas le besoin, parce que c’est une compagnie agréable et que cela me rappelle pourquoi j’aime tant les livres. Une lecture très belle, très douce. Un roman d’atmosphère comme je les aimes.

Lu par ; Aifelle (clic) ; « Mais ce qui fait tout le charme de ce roman, c’est l’humour qui le traverse du début à la fin, le côté doux-dingue de l’ensemble et une écriture extrêmement savoureuse. » 

Cathulu ; « Un univers douillet et surréaliste, dont je vous laisse découvrir les nombreuses surprises, et où subsiste néanmoins une infime pointe de noirceur… . Mais plus que tout, j’ai beaucoup aimé le commerce qu’entretiennent Guillaume Siaudeau et les mots. Ceux qu’ils personnifient dans sa postface et avec lesquels il crée une atmosphère si particulière, une bulle de poésie teintée d’humour. Un très joli moment de lecture !

Blablablamia, ;  » C’est avec beaucoup d’humour et dans un esprit un peu « Burton-nien » fait de poésie et de fantaisie, que Guillaume Siaudeau nous embarque dans ce parcours vers la renaissance d’un homme qui s’était éloigné de ses essentiels. »

Challenge Petit bac d’Enna pour la catégorie « végétal »

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6 commentaires sur “La dictature des ronces de Guillaume Siaudeau

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  1. J’ai beaucoup aimé ce roman, tous comme les autres de Guillaume Siaudeau d’ailleurs. J’apprécie également sa poésie.

  2. Je connais des poèmes de cet auteur, qui m’ont beaucoup plu. Pourquoi pas ce roman ? Je note. Merci !
    BONHEUR DU JOUR

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