Littérature

Joyeux Noël 2017 !!!

By manucoveney

Je vous souhaite à tous un très Joyeux Noël !!! (et en musique, clic)

Passez une belle soirée, douce et généreuse, je vous embrasse très très fort.

 

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Littérature

Gabriële d’Anne et Claire Berest

 » Septembre 1908. Gabriële Buffet, femme de 27 ans, indépendante, musicienne, féministe avant l’heure, rencontre Francis Picabia, jeune peintre à succès et à la réputation sulfureuse. Il avait besoin d’un renouveau dans son oeuvre, elle est prête à briser les carcans : insuffler, faire réfléchir, théoriser. Elle devient  » la femme au cerveau érotique  » qui met tous les hommes à genoux, dont Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire.
Entre Paris, New York, Berlin, Zürich, Barcelone, Etival et Saint-Tropez, Gabriële guide les précurseurs de l’art abstrait, des futuristes, des Dada, toujours à la pointe des avancées artistiques. Ce livre nous transporte au début d’un xxe siècle qui réinvente les codes de la beauté et de la société. Anne et Claire Berest sont les arrière-petites-filles de Gabriële Buffet-Picabia. « 

 » Il est difficile de résister à quelqu’un qui vous veut terriblement. Il est impensable de résister à Francis Picabia » (p75)

Ce livre là aurait pu être un coup de foudre ; le thème de l’art, une femme à très forte personnalité, une vie exceptionnelle, bref, il avait tout. Ma gène est un peu par rapport au choix de style ; il est très journalistique, des faits et encore des faits ; c’est très factuel. J’aurais adoré que le livre soit entièrement construit comme les petites parenthèses d’Anne et Claire Berest. En effet a la fin de quelques chapitres les autrices rajoutent quelques remarques et analyses sur la dite Gabriële. Si le livre avait été tricoté de cette façon là, du début à la fin, il aurait été un véritable coup de cœur. (Estelle, elle, me retrouve par rapport à cette impression)

Ce que je retiendrais ; * le fait que Gabriele était déjà une femme au destin exceptionnel avant de rencontrer Picabia. En effet elle a été une des premières femmes à être admise à une école de musique, la Schola Cantorum, en classe de composition * un homme, sa passion des belles voitures (95) et opiomane * un amour surtout centré sur une complicité intellectuelle * Certains noms ; en effet on y rencontre ; Gabriel Fauré, Claude Debussy, Marcel Duchamp, Guillaume Apollinaire, ect (c’est un roman qui vous fait très souvent chercher des œuvres sur internet)

 » Jamais Gabriele ne parlera d’amour. Jamais elle ne dira : je l’aimais et il m’aimait. Ce qui se passe entre eux est un face-à-face d’où jaillissent la pensée et la création, c’est le début d’une infinie conversation, au sens étymologique du terme, aller et venir sur une même rivière, dans un même pays » (p27)

Ce que j’ai adoré  * une femme libre, refusant comme seul et unique choix et destin ; celui d’être une femme à marier * un homme dont on tombe un peu soi même amoureuse, un homme qui parle ainsi ;  » Il est des hommes qui tombent à genoux devant la jeunesse, d’autres devant la beauté, certains devant la gentillesse et la bonté, Francis Picabia, en ce mois de septembre 1908, succombe devant un esprit. » (p29)  Oui cet homme là me plait ;0) * l’art élevé à un niveau où il devient plus fort que tout * une femme intellectuelle pour qui la réflexion et la recherche du beau est dans les veines * la fugue et la petite parenthèse de plusieurs jours de quelques amis (Gabriele, Picabia, Marcel Duchamps et Apollinaire) à Etival (le village d’enfance de Gabriele) * Assister à la naissance d' »Alcools » le recueil de poèmes de Guillaume Apollinaire

 » La petite colonie prend ses habitudes. La journée, tout le monde travaille ou se promène dans les environs. Dès que la pluie cesse, ils partent en exploration vers la frontière « libre », en bordure de la Suisse. Ils s’habillent avec les manteaux en peau suspendus dans les couloirs de l’entrée, enfilent des pulls qui datent d’un autre siècle. Après leurs longues virées, ils rentrent trempés, jouent près du feu avec les enfants, aux jonchets, un jeu d’adresse composé de petits bâtons de bois, d’os ou d’ivoire, qui ressemble au mikado. Ils cuisinent sous les ordres de Guillaume, qui revêtu un tablier de servante, et retroussé ses manches, tandis que Marcel épluche avec concentration des légumes. Ces activités qui occupent les mains permettent aux esprits de se libérer, on parle poésie, peinture et révolution. Les heures les plus douces sont peut-être celles du silence partagé. Guillaume et Gabriële lisent avec tranquillité pendant que Marcel et Francis dessinent. Quelque chose de l’enfance est retrouvé, ils sont quatre frères et sœurs, quatre cousins, dans l’ennui des vacances. »   (p231 et 232)

Ce que j’ai détesté ; Qu’une femme, Gabriële, oublie ses ambitions et ses propres œuvres musicales pour un homme, si doué soit-il ! Est ce qu’un homme a déjà fait cela ??

 » Gabriële ferme les yeux, et soudain sous ses paupières surgit le train qu’elle devait prendre, ce train pour Berlin qui s’ébranle, emportant une partie d’elle-même, une idée d’elle, de cette musicienne qu’elle aurait pu être, et qu’elle ne retrouvera peut-être pas. » (p75)

Mais j’ai envie de quitter ce livre avec ces mots là ;

 » Arrivée dans le Jura Gabriële s’est mise à respirer. Elle peut enfin poser ses doigts sur le grand piano dans la salle à manger. Son esprit affüté dans les salons mondains demeure celui d’une montagnarde. Elle a besoin de rocaille, d’un ciel qui se mêle à la terre, d’épines des sapins, des grosses chaussures lacées jusqu’au mollets, de repas pris en silence après les efforts physiques de la marche et de la grimpe. Elle se lave de Paris. (p226)

Je finirais mon billet par cette remarque (d’Anne ou de Claire on ne le sait) qui me touche profondément, parce que je la sens mienne aussi ;

 » Je me sens regardée par des morts. Et je crois que, de façon générale, j’ai conduit toute ma vie de la sorte, depuis que je suis enfant.

En conclusion ;  des destins et des vies dédiés à l’art qui m’ont passionnés.

Lu par Antigone, Sylire, Saxaoul, Leiloona, Joëlle,

 Lu pour les matchs de la. rentrée littéraire 2017 Price Minister #MRL17

 Lu aussi pour le challenge de la rentrée littéraire 2017 chez Hérisson 1/6

 

 

Lecture addictive·Littérature

Le temps est assassin de Michel Bussi

Le mot de l’éditeur :  » Eté 1989 La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne. Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui roule trop vite… et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux. Eté 2016 Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé.
A l’endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre. Une lettre signée de sa mère. Vivante ?  » (source Decitre)

Le temps est assassin est une de mes lectures de vacances de l’année dernière. Idéale à lire sous le soleil et sur une plage brûlante ☺ La couverture déjà est une incitation au farniente doré, une plage sublime, une eau couleur lagon, bref on s’y verrait bien. Et puis le sujet m’a semblé tout à fait sympa. Je n’avais jamais lu Michel Bussi et depuis le temps que je le voyais sur les blogs, le résumé me disait que celui ci était parfait pour une première approche. Et puis la Corse quoi….  comment résister franchement 😃

Alors verdict ?!! Et bien c’est assurément à classer dans le style addictif ! J’ai lu d’une traite la deuxième partie du roman sans pouvoir m’arrêter. Juste impossible à lâcher ! Clotilde et son histoire terrible, Clotilde la survivante, Clotilde qui en quelques secondes a perdu toute sa famille ; ses parents et son frère. Du temps d’après il n’est presque rien dit. Le livre commence alors que Clotilde revient en Corse, en vacances avec son mari et leur fille unique. Mais elle n’est pas seulement là pour bronzer, Clotilde est en quête de réponses, comment donner un sens à ce qui s’est passé quand elle était encore une simple ado ? Ni son mari ni son ado de fille ne semble vraiment touchés par le drame qu’elle a vécu, drame toujours non digéré par Clotilde (forcément, comment vivre après cela ?)). Clotilde se sent un peu seule, mais cela ne l’empêche pas de chercher la vérité malgré cela. Il y a le personnage du grand-père aussi, très fort et imposant, un homme de conviction, dans le genre solide et tête dur (très dur même ;0)

Dès son arrivée les évènements étranges commencent, et surtout le plus déstabilisant est là ; une lettre écrite par sa défunte mère. Comment sa mère pourrait-elle être encore en vie alors qu’elle est tombée dans le ravin avec les autres ? Mais si ce n’est pas elle, qui pourrait écrire ainsi à Clotilde et remuer le passé ? La vérité ne prendra corps que dans les dernières pages et je dois dire que le final m’a étonné, il est plutôt bien amené. La fin se dévore vraiment et on reste tout de même comme deux ronds de flan (😝 !!!)  devant ce dénouement qui nous est donné. En conclusion vous l’avez compris je recommande vraiment, une excellente lecture dans le genre addictif, à lire les pieds dans l’eau ; d’abord vous ferez un voyage tout à fait sublime dans cette Corse magnifiée, et puis c’est tout à fait entrainant (même si une histoire extrêmement cruelle, oui mais chut….)

Eté 2016, Presses de la cité

Littérature

Police d’Hugo Boris

Le mot de l’éditeur ;  » Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer.  En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?  »

 » Elle s’était promis que sa vie ne changerait pas radicalement, qu’elle garderait du temps pour elle, ne se laisserait pas déborder. Sa mère, ses tantes, ses amies, peut-être, parce qu’elles avaient manqué de vigilance. Mais elle n’y avait pas coupé, elle non plus, sa vie avait été retourné comme un sac. »

Ce qui m’a attiré dans ce roman tout d’abord c’est ce huis-clos, en effet tout se passe (ou presque) dans une voiture de police. Ils sont trois pour reconduire un migrant à la frontière, via l’aéroport de Roissy Charles de Gaule. Mais c’est aussi un roman sur l’intime, Virginie est déstabilisée par l’acte qu’elle doit subir le lendemain (acte qu’elle a choisi) un avortement. Virginie est enceinte de son collègue Aristide mais il n’est pas son mari. Elle a pris cette décision mais ce n’est pas pour autant que cela  ne l’attriste pas, d’autant plus qu’Aristide vit très mal cet état de fait.

 » Il n’avait été qu’un homme pansement, une friandise, un tour de manège. Alors il était né à une douleur mystérieuse, sincère et profonde. Il s’était lassé de lui même, de son propre bruit, de ses plaisanteries usées, fatigué de lancer des Hola qué tal ? à tout va, de cette dissipation superflue de sève et d’énergie, pareil à un clown qui en aurait eu assez de chausser du 126, prisonnier de sa définition, de son inconsistance, épuisé d’être en représentation perpétuelle, sans fond ni réserve. »

Aristide qui apparaît au fil des pages bien plus sympathique que nous l’augurait les premières pages, il apparaît même très émouvant et bien plus fragile qu’il n’en a l’air (Aristide est du genre costaud ;0) Il y a aussi cette mission donné à Virginie et ses collègues (Aristide et Erik) qui font naitre des doutes et des sentiments mitigés, cet homme qu’ils doivent amener à l’aéroport est un homme en sursis. Elle sait pour avoir lu son dossier dans la voiture, et alors même que c’est interdit, que c’est la mort qui attend cet homme dans son pays. Toutes ses interrogations tournent sans relâche dans son esprit, elles lui mettent la tête à l’envers. Elle sait qu’elle ne peut pas se révolter et aller contre les ordres donnés. Mais elle sait aussi que c’est immoral de mettre cet homme dans cet avion en sachant ce qui l’attend là-bas.

Ce livre, j’avais vraiment envie de le lire après le billet d’Antigone (clic) (dont c’est un coup de cœur) tout m’attirait dans ce roman. Je l’ai lu en une journée (durant le dernier RAT) et je l’ai dévoré. Les pages se tournent toutes seules, il est difficile de se détacher de sa lecture et la fin m’a vraiment bouleversée. Pourtant quelques semaines après il ne m’en reste déjà pas grand chose. J’ai vraiment apprécié ma lecture sur le coup mais il ne m’a pas laissé une empreinte durable. J’aurais peut-être aimé que le personnage du migrant soit plus développé, que l’on entre dans ses pensées à lui aussi. Il me semble que ce personnage (qui est pourtant le centre du livre) est un peu laissé de côté. Le personnage de Virginie, celui d’Aristide, et même celui d’Erik même s’il est moins exploré,  sont bien représentés et restent attachants tout du long. Mais vraiment, il m’a manqué un petit quelque chose et surtout une présence plus forte du reconduit n’aurait pas été de refus. C’est un sujet qui me touche très fort, ce sort fait aux réfugiés en France (et ailleurs). cette inhumanité qui leur est apposée.

Bref, vous l’avez compris je suis un peu mitigée. Il n’empêche qu’il se lit très bien, la lecture est très agréable, et je me rends compte maintenant que je le relirais avec grand plaisir, à vous donc de vous faire votre propre idée.                                                                         #MRL16

Lu pour les matchs de la rentrée littéraire de Price Minister

Et pour le challenge de la rentrée littéraire chez Hérisson (clic)  ; 1/6

Challenges·Littérature

Le challenge d’halloween 2016

Edit du 02 décembre ;

Finalement je n’ai réussi à lire que ça ; « Minnow » et « Sacrées sorcières » pas de billets mais je n’ai même pas eu le temps de faire de billets, j’espère bien me rattraper l’année prochaine, mais je m’excuse auprès d’Hilde et de Lou, j’aurais vraiment aimé faire mieux :0( Les films dont je parle en bas du billet ont été tous vus, mais aucun billets de fait non plus, à part un brouillon pour « Only lovers left alive ».

A l’heure qu’il est le challenge d’Halloween est bientôt fini…. Pourtant j’ai tout de même envie de profiter des quelques jours qui restent (le challenge se termine le 02 novembre). J’avais prévu de me consacrer à la rentrée littéraire les deux premières semaines d’octobre puis, pour les 15 derniers jours, au challenge. J’ai malheureusement pris du retard, quelques soucis de santé m’auront à nouveau ralentis (toujours les mêmes évidemment, mais aussi une petite nouveauté guère sympathique ; une inflammation de la hanche et tout ce qui s’y colle ; des anti-inflammatoires et des séances d’ondes de choc chez le kiné ((même si elles soulagent il faut quand même les sentir passer, et ce n’est pas du tout une partie de plaisir)) mais bon, ça s’est tout de même arrangé depuis, puisque je supporte à nouveau la station debout, mais fermons la parenthèse). Tout cela pour dire que je n’ai même pas encore fini ma lecture en cours de cette rentrée littéraire (« Un paquebot dans les arbres ») mais j’espère tout de même lire une ou deux choses que j’avais prévu pour ce challenge de l’année 2016… Je vous redonne vite, en passant, les organisatrices qui sont toujours Lou et Hilde, voilà les liens vers leurs billets de récap. celui de Lou (clic), et celui  de Hilde (clic) 

Et mes lectures, qu’avais-je prévus alors me direz vous ?!! Et bien j’aurais pu tout simplement aller piocher dans ma liste de l’année dernière (clic) qui était déjà bien garni il faut le dire 😃 mais voilà, j’ai eu plusieurs nouvelles idées, et les voici ; « Docteur Sleep » de Stephen King, « Sommeil » de Haruki Murakami, « La dernière nuit à Tremore Beach » de Mikel Santiago, « Sacrées sorcières » de Roald Dahl (dont je suis en pleine lecture aussi), « Nous avons toujours vécu au château » de Shirley Jackson, et j’avais envie de relire aussi « Le passeur » de Loïs Lowry dont j’ai vu récemment le film, que j’ai adoré et qui m’a donné très envie de me replonger dans le roman. Pour finir une envie lecture de cette rentrée littéraire ; « Minnow » de James Mc. Teer II qui est une idée que j’ai puisé chez Claudia Lucia (clic) et qui semble avoir une jolie petite touche d’étrangeté et de fantastique.

Stephen King - Docteur Sleep. Haruki Murakami - Sommeil. Mikel Santiago - La dernière nuit à Tremore Beach. Roald Dahl - Sacrées sorcières.

Shirley Jackson - Nous avons toujours vécu au château. Lois Lowry - Le passeur. James McTeer II - Minnow.

Bon, si j’arrive à en lire deux d’entre eux je serais déjà satisfaite 😝 J’avais prévu de vous parler aussi des nombreux films que j’ai vu ces derniers temps, films vus à l’occasion du challenge. Il s’agit de « The secret » (beaucoup aimé), « Annabelle » (trop horrible pour moi),  » Only lovers left Alive » (coup de foudre total !! pour celui là j’ai déjà rédigé un p’tit brouillon)), « Le passeur » (très belle adaptation du roman), et j’ai prévu aussi de regarder « Insidious 3 ». Voilà, vous savez tout 🙂 Il reste encore quelques jours aussi pour le « Rat à week, happy Halloween«  (qui se termine lui le 05 novembre) et j’ai bon espoir de pouvoir participer la dernière semaine, mais je vous en reparlerais au cas où. Belle semaine et belles lectures !!

Humeurs·Littérature·Tentations de lectures

Trois grandes dames

Si vous n’avez pas vu l’émission de la semaine de la Grande librairie je vous conseille (très fortement) de regarder le replay (clic) Il y avait là 3 grandes dames de la littérature, tout d’abord Nancy Huston qui est une de mes autrices préférées (après Françoise Lefèvre :0) et que j’ai énormément lu (elle a écrit un de mes textes fondateurs ; « L’instrument des ténèbres ») qui est une femme dont l’intelligence n’est plus à prouver et que je prends toujours grand plaisir à écouter (et à lire ;0) ses propos sont toujours plus que pertinents. La preuve en est cette remarque qu’elle fait au présentateur, à savoir de s’interroger pourquoi on a séparés ainsi sur le plateau les auteurs et les autrices (clic) (c’est d’ailleurs aussi la remarque que je m’étais faite). Qui en fait une autre aussi sur Roman Polanski (et que d’ailleurs François Busnel va éluder très vite) qui a un rapport sexuel avec une jeune adolescente de 13 ans, consentante oui, mais de quelle façon ? N’a t’elle pas obéi elle aussi à une certaine pression (pas seulement celle que peut mettre un homme, mais celle aussi qui est plus générale) tout comme celle qu’à subi Annie Ernaux, dont le sujet de son dernier livre est justement celui ci (et qui était là d’ailleurs aussi hier soir).

Bref cette émission a fait naître en moi beaucoup d’interrogation, et pour cela je ne regrette en rien de n’avoir presque rien lu, je me suis régalée à écouter ces trois femmes qui ont vraiment fait monter le niveau très haut à cette émission (qui aura encore après cela le toupet de dire que les femmes sont des créatures inférieures ??!!). Bref je m’égare mais c’était ma minute de coup de gueule, parce qu’il y en a un peu marre de toute cette misogynie, parce qu’après avoir écouté Chahdortt Djavann (autrice que j’adore aussi, après l’excellente lecture de « Je ne suis pas celle que je suis ») – et qui depuis longtemps écrit sa révolte et qui prouve son courage à se lever contre ces hommes qui imposent aux femmes le voile, et qui voudrait bâillonner leur liberté – c’est vraiment cela que l’on ressent. Les femmes ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour être enfin respectés au même titre que les hommes… ( à lire encore l’excellent billet d’Audrey sur les femmes et la BD clic)

L’actualité de Nancy Huston est avec deux livres, un roman et un textes divers (qui me tente beaucoup). Le roman ;  » Le club des miracles relatifs » et l’autre ;  » Carnets de l’incarnation textes choisis 2002-2015″Nancy Huston - Le club des miracles relatifs.  Nancy Huston - Carnets de l'incarnation - Textes choisis 2002-2015.

Celle d’Annie Ernaux ; « Mémoire de fille » Annie Ernaux - Mémoire de fille. lu déjà par ; Cathulu, Antigone, Clara, Saxaoul, Jérôme, Aifelle,

Celle de Chahdortt Djavann « Les putes voilées n’iront jamais au paradis ! » Chahdortt Djavann - Les putes voilées n'iront jamais au paradis !. lu par Joëlle

Source de la 1ière photo (clic) avec un article très complet sur cette grande dame qu’est Nancy Huston. A lire par ici sur Chahdortt Djavann (clic).

Petit bonus pour ce dimanche ; chez Aifelle un moment délicieux, sensuel et langoureux avec Gisela Joao (clic) (j’adore !!) (et parce que l’on peut-être féminine et sensuelle et féministe ;0)

Littérature

Délivrances de Toni Morrison

Editions Christian Bourgois, édition 2015, 197 pages. Traduit de                                                              l’anglais (Etats Unis) par Christian Laferrière

 » La haine qu’éprouvaient les Blancs, leur violence, était le carburant qui faisait tourner les moteurs du profit. Ainsi, après sa licence, il s’était tourné vers l’économie, son histoire, ses théories, afin d’apprendre comment l’argent avait déterminé chacune des formes d’oppression dans le monde et créé tous les empires, toutes les nations, toutes les colonies, en se servant de Dieu et de Ses ennemies pour récolter, puis masquer les richesses.  » ‘p129)

 Chez Toni Morrison vous êtes sûr de trouver des thèmes forts, des thèmes qui frappent secs. Bride n’a pas eu une enfance facile, ni heureuse. Elle a été élevé à la dure par une femme qui n’a jamais accepté sa couleur (sa mère était claire de peau). Pourtant Bride (nommé Lula Ann par sa mère) est superbe. Sa peau est noire bleutée, noir d’ébène. La rencontre avec un homme « créateur de personne totale » (un relookeur) est importante pour Bride. Dès lors, Bride ne s’habillera plus qu’en blanc.

 » Tu devrais toujours être en blanc, Bride. Rien qu’en blanc et tout en blanc, tout le temps » insistait Jeri…/… « Pas seulement à cause de ton nom, me disait-il, mais à cause de ce que ça fait à ta peau réglisse. Et le noir, c’est le nouveau noir. Tu vois ce que je veux dire ? Attends. T’es plus sirop de cacao que réglisse. Cela rappelle la crème fouettée et le soufflé au chocolat à chaque fois qu’on te voit. » (p45)

Bride prend conscience de sa beauté, les gens se retournent encore sur son passage, mais plus pour la même raison.

 » …/… ce n’étaient plus les regards légèrement dégoutés que je m’attirais quand j’étais gosse. Ces regards-ci étaient emplis d’adoration, stupéfaits, mais affamés. » (p46)

Le roman commence par l’effritement de Bride suite à deux évènements ; l’homme qui partage sa vie l’abandonne avec ses simples mots  » T’es pas la femme que je veux. » Pourtant il lui semblait que leur relation était sereine et simple. Cet abandon elle le vit très mal, cela bouscule ses certitudes. L’autre évènement est que Bride se fait copieusement casser la figure, mais je ne veux pas lever le mystère sur ce personnage qui lui inflige cela. Sachez juste que Bride a menti quand elle était enfant, un mensonge lourd de conséquences sur ce personnage là. Un mensonge qu’elle a fait pour avoir des miettes de tendresse et de reconnaissance de la part de sa mère. Après, c’est l’histoire d’un départ. Cette jeune femme prend la route pour retrouver l’homme qu’elle aime et qui l’a quitté d’une façon si brusque. Elle veut comprendre, elle veut savoir. Sur sa route il y aura une petite fille, dont l’enfance a été encore plus brutale que la sienne. Il y aura aussi de l’angoisse suite à quelque chose de très mystérieux ; son corps change, son corps évolu et elle ne maitrise ça en rien. Et puis on en apprend plus sur Booker, son homme, lui aussi traîne un passé douloureux, un deuil dans son enfance et dont il ne se remet pas.

Je me suis vraiment attachée aux personnages cabossés de Toni Morrison. C’est vraiment un roman qui vous emporte, qui vous empoigne. C’est douloureux, ça écorche mais c’est la vie, leurs vies… Un roman sur ce thème universel ; avoir un passé qui ne passe pas, et ça me touche à chaque fois… L’enfance, parfois, est une griffure qui peut peser sur toute une vie.

Lu pour les matchs de la rentrée littéraire 2015 Price Minister #MRL15 PM

Lu aussi par  Noukette ; « Toni Morrison occupe une place à part dans mon petit panthéon d’auteurs… C’est une voix qui m’a longtemps accompagnée, une voix forte, tantôt rageuse, tantôt caresse. Une voix qui dit les souffrances, la honte et les destins brisés comme personne. 

Philisine Cave ; « Toni Morrison peut écrire n’importe quel texte court, mon cœur de lectrice lui sera définitivement acquis. Elle a cette façon subtile d’aller à l’essentiel avec un phrasé travaillé mais d’une simplicité déconcertante. Il n’y a aucune vulgarité chez elle même lorsqu’elle relate des faits divers sordides. Et pourtant, on ne peut pas dire qu’elle ménage son lectorat avec Délivrances (titre sublime au pluriel : c’est volontaire et veut tout dire). »

Alex ;  » Un roman sur l’importance de la parole pour se délivrer du poids des secrets. »

Jérôme ;  » Dans ce roman choral, Toni Morrison s’écarte de ses travaux précédents autour de la mémoire collective pour s’intéresser à la mémoire individuelle à travers deux quêtes personnelles, celles de Bride et Booker.

Jostein ;  » Toni Morrison nous livre une nouvelle fois un roman sur l’enfance et la ségrégation. Car, là est la vocation de l’auteur, défendre cette cause, redonner la parole aux enfants meurtris à cause de leur couleur. Et pour dévier le drame ou peut-être lui donner une dimension supérieure, elle ajoute une pointe de mystère, de fantastique. Comme si le seul chemin de délivrance était de s’évader dans une autre dimension. »

Pour le challenge 1% rentrée littéraire chez Hérisson  RL2015 1/6

Et ce livre sera aussi ma première pépite chez Galea