Publié dans Policier ou thriller

Le doute de S.K. Tremayne

S-K Tremayne - Le doute.

Le mot de l’éditeur ;  » Un an après le décès accidentel de Lydia, l’une de leurs filles jumelles, Angus et Sarah Moorcroft quittent Londres pour oublier le drame. Ils s’installent sur une petite île écossaise, qu’ils ont héritée de la grand-mère d’Angus, au large de Skye. Mais l’emménagement ne se passe pas aussi bien que prévu. Le comportement de Kirstie, leur fille survivante, devient étrange : elle se met à affirmer qu’elle est en réalité Lydia. 
Alors qu’un brouillard glacial enveloppe l’île, l’angoisse va grandissant… Que s’est-il vraiment passé en ce jour fatidique où l’une des deux soeurs a trouvé la mort ? « 

 » C’est incroyable, la vitesse à laquelle tout peut basculer… Quelle serait ma vie aujourd’hui si notre petite bande avait opté pour une table différente dans la salle, ou décidé d’aller dans un autre bar ? Mais voilà, nous avons choisi ce bar et cette table, et à minuit j’étais assise seule à côté d’Angus Moorcroft. Il m’a dit qu’il était architecte et célibataire. » (p14)

Si vous cherchez un thriller efficace pour cet été je pense que vous pouvez vous pencher sur celui là. Une fois qu’on y est, il est difficile de s’en libérer. C’est une lecture qui se fait rapidement ; forcément stressante, forcément troublante… certaines choses m’ont même mis mal à l’aise. Alors bien sûr, les thrilles c’est souvent assez ça ; la fin déçoit un peu (trop de suspens et de tension, redescendu en un plouf trop rapide et souvent tiré par les cheveux), on les oublies assez vite mais quand même, je dois avouer que pour celui là il y avait tout de même un grand plaisir de lecture, j’avais du mal à me détacher de ses pages.

L’île d’Eilean Sionnach à Skye dont l’autrice s’est inspiré (source de la photo ; Lucette)

Il y avait ce huis-clos sur l’île (et vous savez à quel point j’aime les huis-clos) et c’est sans doute ce qui m’a le plus accroché dans ce roman. Cela et son décor, cette petite île isolée, dangereuse (il y a les marées et les vasières), les tempètes, le vent et l’humidité. Ce n’est pas un climat facile et cette solitude, il faut en avoir envie. Pour les épauler il y a Josh, le meilleur ami d’Angus, il sera un soutien solide. Mais pour le reste… Leur fille survivante n’est pas bien accueilli par les autres enfants, c’est même de la peur qu’ils ressentent envers elle. Et le couple d’Angus et de Sarah n’est pas un modèle du genre, c’est un couple ankilosé, dont les ranceurs sont tenaces, ils ont beaucoup de mal à communiquer, à se soutenir mutuellement. Le deuil qu’ils ont à porter est tellement douloureux, compliqué aussi. C’est en effet un deuil encore plus difficile à accepter, à assimiler, puisque le double de la disparue reste sous leurs yeux. C’est difficile pour eux, c’est difficile pour l’enfant, qui est sans arrêt confronté à l’image de sa soeur morte.

La seule note de douceur dans tout cela c’est le chien de la famille ; Beano, que tout le monde adore et qui apporte tant d’affection. Je ne vais pas vous en dire plus, mais vraiment, l’atmosphère de cette île est vraiment à découvrir. On y ressent le froid, l’obscurité, la peur des miroirs, le dégout pour les rats, si nombreux « Il y en a partout. Je les entends la nuit, ils me réveillent quand ils piallent et se chamaillent dans les murs. A cause d’eux, nous avons fourré toutes nos provisions dans des paniers d’osier que nous avons accrochés à une corde à linge dans la cuisine. » (p99) Il y a l’humidité, les moisissures, et les peintures étranges, bizarres et angoissantes qui « représentent des sirènes et des guerriers écossais »des traces laissés par des squatteurs, qui se sont succédés dans la maison, alors qu’elle était abandonnée. Mais il n’y a pas que les mauvais côté bien sûr, il y a ce paysage sublime et grandiose ;

« S’il se réjouissait du bonheur de Josh et Molly, il jalousait la pureté de leur vie. Autour d’eux, rien d’autre que l’air, la pierre, le ciel, le verre, le sel, les rochers et la mer. Et le miel de bruyère des Hébrides. Angus lui aussi aspirait à cette pureté, il voulait plus que tout oublier les complications de la ville, retrouver la nature, la simplicité. De l’air frais, du bon pain, les embruns sur le visage » (p72).

On s’y croirait oui ; sentir le vent, la somptuosité du décor, les montagnes, la mer et ses eaux sauvages et non domptées. Et puis il y a cette langue gaéliques si poétiques, si mystérieuse et chantante. Rien que pour ce voyage dans les Hébrides et sa magnificence je ne regrette pas d’avoir plongé dans cette lecture !

Lu par Lucette, Clarabel, LewerentzRichard,

Lu pour le mois Anglais de Lou et pour l’objectif PAL d’Antigone

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8 commentaires sur « Le doute de S.K. Tremayne »

  1. En période d’Halloween, il fait la blague aussi 😉 Je l’avais lu pendant le challenge Halloween, à la lumière de la bougie et c’était vraiment très sympa. Par contre c’est vrai qu’il n’en reste pas grand chose un an et demi après… =/

  2. et bin dommage pour la fin mais des fois quand le livre est au top…la fin reste un peu flasque….non mais il n’arrive rien au chien ?….je deteste qu’on touche aux animaux…surtout si c’est le sympa de la famille…nop…on ne touche pas aux animaux…;)

  3. C’est étrange, en voyant le titre et la couverture, j’ai eu l’impression d’avoir lu ce roman. Mais après lecture de ton billet, il semble que non. J’ai dû beaucoup le voir sur les blogs alors.

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