Des kilomètres et des kilomètres d’eau tourmentée, entre toi et moi…

8h55 sur la grosse horloge du salon. De cette retraite que je me suis imposée je t’écris. Je prends la plume et l’encre noire et je laisse la feuille se remplir au gré de mes pensées. Le froid ne me quitte pas malgré les ronronnements des nombreux feux de cheminée. Ce château est empli de courants d’air et de couloirs déserts. J’erre de pièces en pièces, en cherchant quoi ?!! La rédemption ?!! Celle qui ne viendra jamais ?!! Tu me me quittes pas, alors même que des kilomètres et des kilomètres d’eau tourmentée nous séparent, ce que l’on nomme océan… Ce matin j’ai déjeuné sur mon lit, dans les draps froissés. Je supporte de moins en moins la compagnie… La solitude me va si bien, elle m’habille, me réchauffe… Hier soir je ne suis rentrée que lorsque j’ai été aussi mouillée qu’un chien errant. La pluie me fait du bien, elle lave mes souillures et mes mauvaises pensées. Le bas de ma robe, ayant baignée dans la boue et les herbes hautes, était déchirée sur quelques centimètres. Mon chapeau sera sans doute hors d’usage désormais. Mais la lande m’a accueillie comme si j’étais elle, elle était superbe, envahie par la brume qui montait du sol glacé. J’aurais voulu ne jamais rentrer, ne jamais revenir… Toutes ces dames à la raideur figée, qui me donnent des leçons, qui voudraient m’apprendre à vivre… Que savent-elles de la vie, la vraie, celle qui brise, celle qui est telle un ouragan, celle qui entraîne… Que savent-elles de l’amour, celui qui coupe le souffle, celui qui donne de la fièvre…  Plus tard je descendrais dans le petit salon dont l’âtre est de taille raisonnable. Je m’installerais au piano et j’essayerais de m’oublier. Il n’y a, désormais, que lors de ses moments là que la douleur s’apaise et s’endort… Qu’y a t-il à dire de plus ?!!

L’or

Texte personnel, non libre de droit

Source des photos

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13 réflexions sur “Des kilomètres et des kilomètres d’eau tourmentée, entre toi et moi…

  1. Joli ! Merci pour cette balade dans les landes d’où monte la brume. J’ai voyagé au pays des soeurs Brontë (j’adore les photos au passage, en es tu l’auteur ?)

  2. La première chose qui m’est venue à l’esprit dès les premières lignes est « ce roman est fait pour moi », arrivée à la fin du texte, j’étais totalement conquise, prête à passer commande.
    Et là, heureuse stupeur !! Tu en es toi-même l’auteure !! Oh mais comme c’est merveilleux !! Je suis vraiment vraiment vraiment subjuguée par ta plume !!! Ce texte me fait tellement penser à Claudie Gallay, c’est dingue ! Tout ce que j’aime !!
    A quand la suite ?!!!

    Bravo bravo bravo !!

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