Lecture jeunesse·Littérature

De grandes espérances de Charles Dickens, adapté par Marie-Aude Murail et illustré par Philippe Dumas

 coeur[1] Coup de coeur. Editions de l’école des Loisirs

Le mot de l’éditeur :  » Une rencontre dans un cimetière entre un enfant et un forçat évadé, traînant sa chaîne après lui. Ainsi commence l’histoire que nous raconte Pip. Il n’est alors qu’un orphelin de sept ans, tyrannisé par sa soeur et habitué aux mauvais traitements. Partagé entre la terreur et la pitié, il va aider un forçat en cavale sans rien dire à personne… Un an après ces terribles événements, le timide et trop sensible Pip est expédié par sa soeur chez une riche dame de la ville voisine, qui a le caprice bizarre de voir « jouer un petit garçon ». Miss Havisham, c’est son nom, n’a plus quitté sa robe de mariée depuis que son futur mari l’a abandonnée. Elle vit dans une inquiétante demeure fermée à la lumière du jour. C’est là que Pip fait une seconde et fatale rencontre, celle de la belle et froide Estella, une jeune demoiselle adoptée par MIss Havisham, qui la dresse à briser le coeur des hommes. Et il semble si facile de briser le coeur de Pip…

Mais un nouveau rebondissement va changer le cours de sa vie. Alors qu’il est devenu un apprenti forgeron mécontent de son sort, incapable d’apprécier à leur juste valeur l’affection de son maître, Joe Gargery, et celle de la charmante Biddy, à qui il doit de savoir lire et écrire, il apprend de la bouche d’un mystérieux homme de loi, venu tout exprès de Londres, qu’une personne , souhaitant garder l’anonymat, lui offre les moyens de se métamorphoser en gentleman. Si Pip accepte de quitter son village pour la capitale et d’y recevoir une véritable éducation, il a désormais devant lui … de grandes espérances! »

 » Le nom de famille de mon père était Pirrip, et mon nom de baptême, Philip, mais de ces deux mots ma langue enfantine ne sut rien faire de plus long que Pip. C’est ainsi que je me donnai le nom de Pip, et que tout le monde m’appela Pip. »(p9)

Tout d’abord parlons du côté esthétique de l’objet livre lui-même, c’est indéniable, c’est vraiment un très beau travail des éditions « Ecole des loisirs », le papier est superbe, épais, un peu jauni comme les livres anciens. Et il y a les illustrations qui donnent un charme certain au texte de Charles Dickens. Elles s’accordent à merveille… J’ai vraiment admiré les dessins de Philippe Dumas. C’est vraiment là le summum d’un travail commun, l’exemple type d’une association heureuse entre un auteur mort, un éditeur, un illustrateur et enfin une auteur qui là, pour ce livre, adapte pour la jeunesse. Je n’ai jamais lu la version original de Charles Dickens aussi je ne peux faire de comparaison mais ce que je peux dire c’est que l’adaptation est une réussite et cela donne un texte tout à fait accessible à nos ados et même aux plus jeunes.

La lecture est très agréable, je n’avais pas envie de le lire trop vite, tout comme je l’avais fait pour Hugo Cabret, j’ai pris mon temps, histoire de savourer ma lecture. Il n’y aucun moment perdu, aucun ennui (et pourtant c’est un sacré pavé : 526 pages :0). On est totalement transporté dans une autre époque et l’histoire est beaucoup moins dramatique que l’idée que je m’en faisais. On ressort de cette lecture le coeur léger, heureux du dénouement… J’ai vraiment savouré cette lecture jusqu’au bout, un vrai petit délice de lecture que je vous recommande d’ailleurs chaudement pour la période des vacances d’été ou encore celles de Noël, parce que c’est la période pendant laquelle je l’ai lu moi même et c’était tout à fait magique (j’ai juste un petit retard pour la parution de mon billet dont le brouillon était près depuis longtemps ;0)

Pip, orphelin depuis tout petit, est élevé par sa soeur et on ne peut pas dire qu’elle soit d’une douceur folle :

 » Ma soeur, Mrs Joe Gargery, avait vingt ans de plus que moi, et elle s’était fait une réputation auprès des voisins pour m’avoir « élevé à la main ». Obligé de trouver par moi-même la signification de cette expression, et sachant que ma soeur avait la main lourde, qu’elle la laissait facilement retomber sur son mari, je supposai que Joe Gargery avait été, lui aussi élevé à la main. » (p15)

 » Mrs Joe était une femme d’une extrème propreté, mais elle s’arrangeait pour la rendre moins confortable que la saleté. La propreté est comme la religion, bien des gens la rendent insupportable en l’exagérant » (p34 j’adore la dernière phrase de cet extrait)

Pip fait la rencontre dans un cimetière d’un forçat en cavale et il va l’aider en lui apportant de la nourriture; Tout en se sentant, évidemment, coupable de le faire… Redoutant la réaction de son dragon de soeur.

 » C’était une matinée de gelée blanche très humide. Le brouillard s’épaississait à mesure que j’approchais des marais, de sorte qu’au lieu de courir vers les choses il me semblait que c’étaient elles qui accouraient vers moi, sensation extrêmement désagréable pour un esprit coupable. Les barrières, les fossés et les talus s’élançaient à ma poursuite à travers le brouillard, et je croyais les entendre crier : « Arrêtez-le ! Il emporte un pâté qui n’est pas à lui ! » (p25)

Heureusement Pip baigne dans l’affection et la bienveillance de Joe, le mari du dragon. Joe qui toujours, lui témoignera de sa tendresse et de son attention. Un bien beau personnage Joe… On avance un peu dans le temps et les pages et il y a la rencontre avec Miss Havisham, une mariée pour l’éternité :

 » Je n’avais jamais vu, et je ne verrais jamais, de femme plus étrange. Elle portait de riches étoffes, dentelles, satins et soies, tout en blanc. Elle avait sur la tête un long voile blanc et des fleurs de mariée, mais ses cheveux étaient blancs. De beaux diamants étincelaient à ses mains et à son cou et quelques autres étaient restés sur la table…/… Je ne remarquai pas tout de suite ces détails, mais je m’aperçus bien vite que ce qui m’avait paru d’une blancheur extrème ne l’était plus depuis longtemps. Tout était fané et jauni et, dans sa robe nuptiale, la fiançée était flétrie. » (p71)

Et la rencontre, plus agréable celle là (quoi que), avec la belle Estella au coeur glaçé. L’insolente, la cruelle, la très jolie Mademoiselle Estella. Le reste il vous faudra le découvrir vous même…

Lu par Nadael, Clara et Theoma.  Merci à Doriane et aux éditions de l’Ecole des loisirs. Merci à Nadaël aussi, qui m’a autorisé très gentiment à utiliser les photos des illustrations de son billet :0)

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36 commentaires sur “De grandes espérances de Charles Dickens, adapté par Marie-Aude Murail et illustré par Philippe Dumas

  1. Un classique que j’aimerais découvrir depuis un sacré bout de temps. Je pense que je vais plutôt me tourner vers la version originale, pour éviter les simplifications « jeunesse » mais aussi parce que les exemples d’illustrations que tu montres ne me touchent pas du tout. Comme quoi…

  2. Je ne connais pas cet auteur mais généralement j’aime beaucoup les écrivains anglais.
    Je crois qu’il a fait beaucoup de pièces de théâtre si je ne le confonds pas avec un autre auteur…

  3. Celui-ci, je le veux depuis l’annonce de sa sortie, tant j’avais été conquise par « Miss Charity », un véritable bijou.
    De Marie-Aude Murail, « Oh Boy ! » est également génial, dans un tout autre genre. En tout cas, très joli billet qui m’encourage à désirer encore et toujours ce bel ouvrage.
    PS : et très joli blog 🙂

    1. Merci Emma :0) et bienvenue chez moi !! Un très bel ouvrage oui, n’hésite pas… Quand à Miss Charity il m’attend sur ma PAL, j’ai bien envie de me le lire pour les prochaines vacances de Noël !!

  4. J’avais beaucoup aimé la biographie que Marie-Aude Murail avait consacré à Dickens. Je ne suis pas pour le fait de couper dans le texte mais les illustrations ont l’air fabuleuses.

    1. Je n’ai pas lu la bio, mais j’aimerais beaucoup… On a pas du tout l’impression de lire un texte « coupé » je te rassure, et les illustrations, oui, sont un vrai bonheur…

  5. L’original de Dickens est dans ma PAL depuis si longtemps… Mais lorsqu’on sait l’amour que voue Marie-Aude Murail à son auteur fétiche, on imagine combien cette adaptation doit être respectueuse et belle.

    1. Exactement, sous toutes les coutures… C’est une lecture vraiment riche… Je crois que j’apprécie de plus en plus ces romans illustrés… Cela rajoute un très beau plus !!

  6. Désirant lire ce classique depuis un bout, je crois que je vais suivre ta suggestion et lire cette adaptation. De plus, j’aime beaucoup ce que fait Marie-Aude Murail alors….. une pierre deux coups. 😉
    Merci gentille dame et belle journée.

  7. J’ai lu plusieurs livres de M-A Murail et j’aime beaucoup sa sensibilité et son style. L’école des loisirs avait publié il y a quelques années une série intitulée « Mon écrivain préféré » et Sophie Chérer avait choisi d’écrire sur cette écrivain, passionnante à bien des égards et « amoureuse » du grand Dickens depuis son adolescence. On y découvre que lors de sa soutenance de thèse elle y défendait la littérature populaire et les adaptation des classiques pour la jeunesse. Le président du jury avait été saluer son mari en murmurant : »Je vous plains. » (sic!) Parfois, je n’aime pas les adaptation lorsqu’elles sont trop réductrices, mais celle-ci est vraiment tentante, surtout avec Philippe Dumas aux illustrations.

    1. Voilà tout à fait le genre de réaction misogyne et idiote que je déteste… J’espère que le mari lui a répondu vertement… C’est tout ce qu’il méritait… Si tu connais MA Murail par sa lecture tu sais bien que son adaptation n’est pas réductrice… D’ailleurs je n’ai pas du tout eu l’impression de lire une adaptation… Très tentante oui, les illustrations rajoutent un vrai plus :0) Bisous Lily, bel été à toi

  8. C’est un classique que j’aimerais beaucoup découvrir, et je pense que je vais choisir cette édition car elle a l’air superbe. Merci pour ce beau billet. Les illustrations sont magnifiques.

  9. Je l’ai cherché en librairie. Déjà indisponible, je dois le commander. Mais je suis allée en bibliothèque et j’ai trouvé une vieille édition jeunesse de la bibliothèque verte. Mais aussitôt que je retrouve celui-ci, je vais l’emprunter pour voir la ‘facture’ 🙂

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