Extraits·Noël·Tableaux

Joyeux Noël !!!!!

Carl Larsson
 » Au début, tout avait été facile. Sur la luge que traînait Florent, la scie à bois et la hache étaient solidement arrimées par une grosse corde. Dans les poches de son blouson, il avait glissé une petite lampe torche, à tout hasard, et deux barres chocolatées pour son goûter. Les semelles crantées de ses bottes fourrées adhéraient bien au sentier escarpé, ce qui lui avait permis de grimper au sommet de la première colline en vingt minutes à peine. De là, le paysage était magnifique. On apercevait les ravins, les gorges, les crêtes et les falaises alentour, on pouvait même, en plissant les yeux, distinguer la maison nichée dans la vallée, avec ses volets bleus qui paraissaient violets dans la lumière déclinante.
Florent leva la tête pour examiner le ciel. Uniformément gris et comme velouté, il était chargé de neige mais les premiers flocons tardaient. Baissant les yeux, il repéra le sentier qu’il lui fallait emprunter pour couper au plus court, et il se remit en marche, tirant sa luge d’une main ferme.
Son père lui avait souvent vanté la beauté des Alpilles, allant même jusqu’à prétendre qu’il y resterait jusqu’à la fin de ses jours. Tout ça pour s’en aller deux ans plus tard, apparemment soulagé de quitter femme, enfant et montagnette ! Pourtant, c’était vrai, certains jours la lumière était transparente sur les oliveraies argentées, sur les roches calcaires, et une mystérieuse allégresse montait de la garrigue. Mais pas cet après-midi. Tandis que Florent progressait, la luge tapant ses mollets dans les descentes, le ciel noircissait à vue d’oeil.
Comme il était encore trop tôt pour que la nuit tombe, c’était bien la neige du « Noël Blanc » qui arrivait.
Une autre montée, plus raide celle-là, mit le petit garçon hors d’haleine. N’avait-il pas mésestimé l’entreprise ? Le retour, alors qu’il lui faudrait traîner l’arbre, risquait de poser bien des problèmes. Peut-être devrait-il revenir par un autre chemin, moins abrupt, et ainsi perdre un temps fou. Il s’arrêta pour reprendre son souffle. En principe, il était dans la bonne direction, il ne devrait plus tarder à voir les pins.
Quelque chose de froid se posa sur sa joue, puis dans son cou. De gros flocons duveteux atterrissait en douceur tout auteur de lui, ce qui le fit rire. La neige était si amusante ! Et sur ce sol gelé elle allait tenir, facilitant le passage de la luge. Ragaillardi, Florent se remit en route après avoir baissé son bonnet sur les oreilles; »
« Un cadeau inespéré » de Françoise Bourdin, éditions Pocket, extrait p 14 et 15
Je vous souhaite à tous et toutes un très joyeux Noël ainsi qu’une soirée, avec vos proches, douce comme le miel et moelleuse comme une brioche :0)
Et comme chaque année une tendre pensée pour ceux qui n’auront pas, ce soir, la douceur d’un foyer. Ceux qui seront seul, loin de leur famille, ou même, sans famille. A tous ceux qui seront malheureux, tristes, pour diverses raisons.
Je vous embrasse, très, très, fort…
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