L’effet Larsen de Delphine Bertholon

L'effet Larsen   Coup de coeur

Le mot de l’éditeur :  » Depuis plus d’une décennie, Nola vit avec une zone d’ombre au sein de son histoire. Mais voilà : on ne peut pas fuir éternellement… Elle décide alors, l’année de ses trente ans, d’enfin trucider son fantôme. Elle rembobine, jusqu’à cet été-là, l’été le plus marquant de son existence.  Août 1998. Il fait 37 degrés, Paris est vide, les Bleus sont champions du monde. Nola a dix-huit ans et vient de perdre son père, Jacques. Sauvée de la solitude par un job d’été dans un bistrot où les hurluberlus imbibés se succèdent plus vite que les petits ballons de rouge, la jeune fille gère avec les moyens du bord le chagrin de Mira, sa mère, et sa propre colère. Contraintes d’emménager dans l’« immeuble-mutant », reflet architectural de leurs vies décrochées, les deux femmes espèrent se reconstruire. Mais, à peine un pied posé dans le nouvel appartement, Mira présente d’étranges symptômes. Le bruit du monde lui devient intolérable : un papier froissé sonne comme une explosion, un robinet qui goutte suffit à la faire disjoncter. Nola assiste, impuissante, à la lente descente aux enfers de sa mère,et s’interroge sur ce que tout cela signifie. L’hyperacousie est-elle le simple contrecoup de la mort de Jacques, ou la matérialisation de quelque chose d’autre ? Cet abominable immeuble serait-il une sorte de catalyseur ? Peut-être, mais de quoi ? Et surtout, comment soulager Mira de ce poids infini, qui semble se situer bien au-delà du deuil ? Commence alors pour la jeune Nola une (en)quête insolite au cœur de la mémoire familiale. « 

Paris, les chats, la nuit Robert DOISNEAU Robert Doisneau  – Paris, les chats, la nuit

Ce livre a été une très belle lecture pour moi, je l’ai fini pour le RAT et j’ai dévoré les dernières pages qui me restaient, très rapidement. C’est un livre sensible, émouvant et extrêmement touchant… Cette Nola, je l’ai trouvé bien courageuse… Mais, en même temps, elle est obligée de l’être. Sa mère est hors service, perdue dans un labyrinthe de regrets et de tristesse et elle peine à retrouver la sortie. C’est encore une histoire de mère et de fille. Et cette fois le rôle est un peu inversé, Nola est forçée de jouer la mère puisque, celle-ci, est empêtrée dans ses errances. Son hyperacousie l’a coupe du monde. Elle passera même par la case hôpital pendant un laps de temps assez long. Mais, si elle déficiente cette mère, elle est émouvante, à aucun moment agaçante. C’est surtout Nola qui a retenue mon attention. Elle court après la vie, ne veut pas se laisser broyer, elle veut encore y croire et se démene comme elle le peut pour rester dans la course. Son père n’est plus là, oui, certes, mais elle refuse de descendre la pente. Elle a l’âme d’une combattante Nola. Et elle essaye de toutes ses forces de ramener sa mère vers la surface.

Mais au-delà de cette histoire il y encore, et aussi, l’histoire d’un secret de famille. De ceux qui dévorent la vie. De ceux qui sont comme une morsure, une écharde coinçé sous la peau, inaccessible, difficile à déloger… Je me suis attachée au personnage de Nola, j’avais envie de la prendre dans mes bras, de la consoler, de lui offrir un oasis pour qu’elle se repose et prenne le temps de pleurer pour elle… Qu’elle prenne le temps de penser à sa peine, au lien d’être obnubilé par celle de sa mère… Cette mère absente, en mode ralenti.

 » Mais face à cette absente, j’avais tout le temps envie de demander : Maman… M’aimes tu ? Bien sûr, je ne demandai rien. Réclamer de l’amour à une âme si cassée, c’était comme faire l’aumône auprès d’un sans-abri. Elle t’aimait tellement, papa… Après toi, sans toi, son coeur semblait s’être métallisé, coffre-fort imprenable, et je ne suffisais pas à la garder ouverte ; ne lui suffisais pas. C’est un sentiment terrible, de ne pas suffire, un sentiment que, plus tard, je n’ai connu qu’avec certains hommes. Vite bannis, ces hommes-là. A mon tour : métallisée. « 

Parce que Nola, elle, a aussi ses regrets.

 » La dernière fois que je t’ai vu, papa, c’était la veille au soir. Tu buvais ta tisane au salon en écoutant la radio, un tilleul sucré au miel que maman te préparait toujours avant d’aller dormir. Tu le buvais dans un bol en céramique avec ton nom dessus : Jacques. J’avais le mien, Nola, maman le sien, Mira. Le tien était ébréché. En partant me coucher, j’ai passé la tête entre les barreaux de la montée d’escalier. J’aurais pu descendre, venir t’embrasser, mais non, j’ai eu la flemme, et depuis les marches, j’ai crié : « Bonne nuit !  » Tu as tourné la tête dans ma direction, tu as souri dans la pénombre et, avec deux doigts, tu m’as envoyé un baiser voyageur. Mes derniers mots pour toi, papa. Bonne nuit. Je n’ai plus jamais dit bonne nuit à personne. « 

Même si, heureusement, des beaux souvenirs, elle en a aussi :

  » Que peut-on réellement connaître de la vie de ses parents ? Pour ma part, il m’en fut longtemps dressé ce tableau idyllique, émouvant parce qu’ordinaire. Je sais bien aujourd’hui la manière dont le temps fabrique les souvenirs, les enrobe de tulle et de sucre filé comme des barbapapas. Pourtant, c’est vrai, le pavillon de Montreuil avait quelque chose de merveilleux. Il semblait toujours baigné de soleil, même au coeur de l’hiver. Rien de miraculeux, plutôt le goût très sûr de maman en matière de luminaires, mais c’était exactement ce que l’on ressentait en y entrant : un été perpétuel. « 

J’avoue avoir quitté ce livre avec les larmes aux yeux. C’est un beau livre… Et même s’il m’a arraché des larmes il n’est ni négatif, ni pleurnichard.

Merci à Clara qui, la première, m’a donné envie de lire ce livre. Son billet et celui de Keisha, deGéraldineAifelle et Kathel.

Un grand merci aux éditions JC Lattès et à Anne Blondat.

 Challenge 1% littéraire : 1/7   Lu pour le Read a Thon

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