L’amour secret de Paola Calvetti

Ce livre a (pour l’instant) eu droit à pas mal de billets désabusés. Mais il y a aussi le billet de Pascale qui est plutôt enthousiaste. Pour ma part quand je l’ai commençé, je me suis dit; aie, ça va pas le faire… Et cela me semblait plutôt triste puisque c’était mon premier livre partenariat. Mais très vite, je me suis laissée entrainer par la douceur de ses pages. Le livre a su m’emporter… Je dois dire que j’ai un gros faible pour la littérature italienne… Il y a bien sûr Milena Agus qui m’a vraiment happé avec son livre « Battement d’ailes » et il y a aussi, et surtout, Simonetta Greggio dont j’adore les livres. Elle fait partie de ces auteurs dont j’achète le dernier livre sans hésiter, sans même lire le quatrième de couverture. Je suppose que j’étais prédisposé à apprécier ce livre là.

Certaines ont ressentis de l’ennui mais je dois dire que je n’ai pas du tout eu le même ressenti. De toute façon je trouve que les romans épistolaires sont, par nature, très entraînant et extrêmement facile à lire… Et cela même, s’il n’est pas composé que de lettres.On peut dire que ça coule tout seul… Chaque page entraîne une autre et on arrive à la fin sans même s’en apercevoir. Pour moi c’est un bon livre pour les vacances, à lire les doigts de pieds en éventail, planqués dans un sable tiède et douillet. Un livre détente que j’ai trouvé pour ma part très agréable. Il a l’avantage d’être court aussi, donc pas de problème de PAL qui pourrait trépigner et vous faire la tête…

 La montagne sainte victoire, Pays d’Aix

La présentation de l’éditeur : A la mort de son père, célèbre violoncelliste, Lucrezia met au jour dans les affaires du défunt une boîte remplie de lettres, toutes écrites par la même personne : une certaine Costanza qui, des années durant et dans le plus grand secret, fut la maîtresse du musicien.

Surprise de découvrir cette relation dont elle ne soupçonnait pas l’existence, Lucrezia décide de se rendre en Provence, chez Costanza, afin d’en apprendre d’avantage sur son père. Le temps d’un week-end, celle-ci va lui parler de l’homme qu’elle a aimé clandestinement.

 Photo de Martigues, la venise provençale

J’ai vraiment passé un moment très agréable avec ce livre, j’y étais installé douillettement. Je n’avais pas du tout envie de le quitter. J’appelle cela mes livres « récréation », juste là pour la détente et le plaisir de la lecture. Et cela ne se refuse pas, tout comme un grand verre de thé glaçé après une belle promenade au soleil. La musique tient une grande place dans ce roman, Brams, Debussy, Schubert et d’autres encore… Et le roman est découpé comme une symphonie, avec ces mouvements  et l’entracte.

Quelques extraits :

  » J’ai atteind l’objectif que je m’étais fixé : un travail que j’adore, un bon mariage, des enfants. Mon amour pour toi implique une urgence dont mon quotidien est exempt. Je n’ai pas l’étoffe d’une maîtresse. Ni même d’une amie. J’ai besoin d’appartenir à quelqu’un. Et je veux quelqu’un qui m’appartienne. Je ne partage rien. Tu as trouvé la case où me ranger. De mon côté, cela déborde. Une famille, j’en ai une. Et tu n’imagines pas à quel point je l’aime. Combien elle est extraordinaire, dans son imperfection. Et combien elle satisfait mon besoin d’une structure, d’un espace à remplir de gestes, de paroles, de tendresse, de sérénité. J’essaie d’apprendre à mes enfants à supporter la fragilité. Je voudrais n’avoir pas besoin que tu m’aimes. Mais l’amour me rend dépendante, exigeante, vulnérable. Les femmes qui ont un amant gèrent le temps, cela n’a rien à voir avec nous. Je me sens mal.

C.     « 

Une description de sa maison en provence, qui donne l’eau à la bouche : (ah, vivre en provence, le rêve !!!) :

  » La coulée de pins maritimes aux racines noueuses contrastait avec les épis de blé mûr et les buissons de lavande qui avaient poussé autour de la maison. En quelques années, j’ai aménagé ici un jardin sage et modeste. Il est accueillant, et j’aime à l’entretenir…/…

…/… La maison était éventrée par le temps, Lucrezia. Le jour où je l’ai vue pour la première fois, je me suis représenté le jardin sans les mauvaises herves et les plantes sauvages, jolies mais inutiles. Je l’ai tout de suite imaginé tel que vous le voyez. Il s’est transformé au fil des jours et au rythme de mes envies. Vous devriez venir en juin, quand le parfum de la lavande pénètre les narines, se glisse sous la peau, envahit les pièces. A la fin de l’été, je la cueille et je mets ces graines violettes dans des sachets de toile. « 

Et puis il y a cette magnifique parenthèse que vivent les amoureux en Bretagne et les quelques lignes que Constanza écrit pour garder des traces de ce séjour et les offrir à son amant. Ce sont mes pages préférés. Elles sont très douces, mélancoliques et désenchantés à la fois. A ces lettres s’ajoutent les souvenirs que Constanza raconte à Lucrezia, en les égrenant doucement, comme les perles d’un collier précieux  :

  » Nos petits déjeuners étaient interminables, Lucrezia. Nous restions des heures à table. Sur la nappe immaculée s’offrait tout un assortiment de confitures dans des coupelles de porcelaine. Il mangeait de tout, goulûment. Je n’ai jamais compris comment il pouvait avaler des oeufs au plat, des croissants chauds et plusieurs tasses de lait à la suite, mélangeant goûts et couleurs au mépris de l’esthétique. Pour moi, la nourriture est le reflet de l’âme. Tristesse est synonyme de diète. En Bretagne, j’ai grossi. Alourdie par la tendresse. Dans ce cadre, il était simple de s’aimer : manger, marcher, faire l’amour, dormir, lire, parler sans penser au temps qui s’écoulait. Ces vacances, nous aurions été incapables d’en raconter la magie. « 

J’espère vous avoir donné envie de lire ce petit livre tout doux, un bel intermède pour accompagner les chaudes journées (ben oui, normalement) d’été. Je pense qu’il mérite que vous lui donniez sa chance.

L’amour secret

Paola Calvetti

Editions des Presses de la Cité

Et un grand merci à Suzanne de Chez les filles et aux Presses de la Cité pour m’avoir proposé ce livre…

D’autres billets : Clara, Keisha, MaggieMirontaineSaxaoul , Virginie et Sandrine

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