Un chant de Noël de Charles Dickens

Beaucoup de retard sur ce billet, ce livre fait parti de mes lectures de décembre, je l’ai lue en deux soirées. C’est un livre très court et très vite lue.
Tout le monde, je pense, connaît ce conte de Noël. Il a déjà tellement été adapté de diverses façons. Les enfants avaient la cassette  » Le noël de Mickey ». Ils l’ont beaucoup regardés. Ils ont vus également la version de Barbie « La magie de Noël » qui est beaucoup moins intéressante. Et il y a le film « Le drôle de Noël de Scrooge » qui est sorti en décembre et que je n’ai pas osé aller voir avec petit dernier vu les commentaires sur internet. Beaucoup d’entre vous racontent qu’il est trop effrayant pour un jeune enfant.

 » Le drôle de Noël de Scrooge »

« Le Noël de Mickey »

Ce conte restitue très bien l’ambiance de Noël. On se croirait dans les rues de Londres. Mon passage préféré est le repas de Noël avec toute sa famille, du commis de Scrooge.
Ebenezer n’est pas un personnage très sympathique. C’est un homme aigri et avare. Un homme glacial… et glacé :

« Le froid qui était au-dedans de lui gelait son vieux visage, pinçait son nez pointu, ridait sa joue, rendait sa démarche raide et ses yeux rouges, bleuissait ses lèvres minces et se manifestait au dehors par le son aigre de sa voix. Une gelée blanche recouvrait constamment sa tête, ses sourcils et son menton fin et nerveux. Il portait toujours et partout avec lui sa température au dessous de zéro ; il glaçait son bureau les jours caniculaires et ne le dégelait pas d’un degré à Noël. »

Il déteste Noël :

 » – Mon neveu ! reprit l’oncle sévèrement, fêtez Noël à votre façon, et laissez moi le fêter à la mienne.
– Fêter Noël ! répéta le neveu de Scrooge ; mais vous ne le fêtez pas, mon oncle.
– Alors laissez-moi ne pas le fêter. Grand bien puisse-t-il vous faire ! Pour le bien qu’il vous a fait jusqu’à présent !
– Il y a quantité de choses, je l’avoue, dont j’aurais pu retirer quelque bien, sans en avoir profité néanmoins, répondit le neveu ; Noël entre autres. Mais au moins ai-je toujours considéré le jour de Noël, quand il est revenu (mettant de côté le respect dû à son nom sacré et à sa divine origine, si cela est possible), comme un beau jour, un jour de bienveillance, de pardon, de charité, de plaisir, le seul, dans le long calendrier de l’année, où je sache que tous, hommes et femmes, semblent, par un consentement unanime, ouvrir librement les secrets de leurs coeurs et voir, dans les gens au-dessous d’eux, de vrais compagnons de voyage sur le chemin du tombeau, et non pas une autre race de créatures marchant vers un autre but. « 

Scrooge va recevoir la visite de trois esprits, annonçé par la visite du spectre de son ancien associé, Marley.
Le premier est l’esprit des Noëls passés.
Le second du Noël présent.
Le dernier des Noëls à venir.
Ces voyages dans le temps vont changer Ebenezer irrémédiablement !
Il ouvrira enfin les yeux sur les autres et perdra sa sécheresse de coeur.

 » – Non, non, dit Scrooge. Oh non, bon esprit ! Faites qu’il soit épargné.
– Si mon successeur ne change rien à ces images, qui sont l’avenir, reprit le Fantôme, aucun autre de ma race ne le trouvera ici. Eh bien, après, s’il meurt, il diminuera l’excédent de la population.
Scrooge baissa la tête lorsqu’il entendit l’Esprit répéter ses propres paroles, et il se sentit pénétré de douleur et de repentir.
– Homme, fit le Spectre, si vous avez un coeur d’homme et non de pierre, cessez d’employer ce jargon odieux jusqu’à ce que vous ayez appris ce que c’est que ce surplus et où il se trouve.Voulez-vous donc décider quels hommes doivent vivre, quels hommes doivent mourir ? Il se peut qu’aux yeux de Dieu vous soyez moins digne de vivre que des millions de créatures semblables à l’enfant de ce pauvre homme. Grand Dieu ! entendre l’insecte sur la feuille déclarer qu’il y a trop d’insectes vivants parmi ses frères affamés dans la poussière ! »

N’est ce pas là une phrase qui sera toujours d’actualité ???

L’on est en droit de se demander si ce changement vient d’une envie sincère d’être bon où si c’est la peur, et uniquement elle, de payer ses erreurs sur l’autre rive.
Question ouverte !

Un extrait que je trouve superbe et qui donne l’eau à la bouche :

« …ni le cliquetis incessant des boîtes de fer-blanc pour servir le thé ou le moka aux clients. Elles voltigeaient entre les mains des garçons comme les gobelets d’un prestidigitateur ; ce n’étaient pas seulement les parfums mélangés du thé et du café si agréables à l’odorat, les raisins secs si beaux et si abondants, les amandes d’une si éclatante blancheur, les bâtons de cannelle si longs et si droits, les autres épices si délicieuses, les fruits confits si bien glacés et tachetés de sucre candi, que leur vue seul bouleversait les spectateurs les plus indifférents et les faisait saliver d’envie ; ni les figues noires et charnues, ou les pruneaux de Tours et d’Agen, à la rougeur modeste, au goût acidulé, dans leurs corbeilles richement décorées, ni enfin toutes ces bonnes choses ornées de leur parure de fête ; mais il fallait voir les clients si empressés et si avides de goûter les promesses du jour qu’ils se bousculaient à la porte… »

Ce conte est une piste intéressante de réflexions, même si je trouve un peu la transformation d’Ebenezer trop facile…
Je ne suis pas sûre non plus que ce livre soit très adapté à des enfants de dix ou onze ans.
Mais je sais que moi, je l’ai beaucoup appréciée et que je le relirais avec plaisir !

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