Le dernier vol de Lancaster de Sylvain Estibal

Ce livre là, je l’ai lue cet été, en Juillet. J’ai envie de vous en parler, parce que ce livre est en plein dans les feux de l’actualité. Un film, tiré du même livre, sortira au mois de décembre. Et cela sera avec la, très belle, Marion Cotillard.

Il sort en poche ce mois d’ailleurs (plus aucune hésitation donc ;0)

Autant vous le dire tout de suite : c’est un livre que j’ai adorée. Il fait partie de mes coups de coeur de cette année. Il trainait dans ma P.A.L. depuis l’année 2003 (c’est dire…), je ne sais pas, je crois que le sujet ne me tentait pas trop mais depuis quelque temps des photos du futur film commençait à circuler. J’avais lue un bel article dans mon ELLE.

Et voilà, ça a suffi pour me donner une folle envie de le lire…
Et je l’ai adorée ! Oui, vraiment !

Le point de vue des éditeurs :
—————————————–

 » Avril 1933. Le pilote Bill Lancester s’envole de Lympne (Angleterre) en direction du Cap (Afrique du Sud) pour tenter de battre le record établi sur cette traversée. Peu après, au fortin de Reggane (Sud Algérien), on apprend qu’un aviateur s’est écrasé dans les environs. Commence alors une course contre la montre pour tenter de retrouver l’infortuné pilote perdu dans le désert. « 

Chubbie Miller, surtout elle, fera tout pour tenter de le sauver. Elle se battra de toutes ses forces, de tout son courage. Elle finira par être aidée par un militaire, un lieutenant, qui prendra de gros risques pour cela.
Ce qui est très interessant dans ce livre, c’est sa construction.
Il est fait d’extraits des mots laissés par Bill Lancaster, du journal de Chubbie Miller, de lettres du militaire Chauvet et pour finir des coupures de presse, des rapports militaires.
Les extraits du carnet de Bill Lancaster sont véridiques, l’auteur lui même les as lus par hasard et cela lui a donné l’envie d’en faire un roman, bien sûr tout le reste est brodé autour.
Je trouve que cela donne une grande force à ce livre.

Quelques extraits :

…/… La vie en fin de compte n’est qu’un bref moment dans le cours des choses. Dans le temps qui m’a été donné, j’aurais aimé être meilleur, c’est tout. Il y a toujours de l’espoir mais je veux que mon dernier message soit bien clair. Il vous faudra mettre de l’ordre dans ce cahier de brouillon et donner tout leur sens aux mots. C’est tout probablement jusqu’à demain. Que Dieu soit avec vous tous. Bill Lancaster …/…

…/… Les touaregs, eux, savent se diriger la nuit en regardant simplement les étoiles. Quand ils traversent le Ténéré pour aller chercher le sel de Bilma, ils suivent à l’aller les Pléiades. Lorsque Orion disparaît, qu’ils appellent Amanar, ce qui veut dire « le guide » en tamacheq, ils stoppent la caravane. Dans le Tanezrouft, entre Ouallene et Am Rhannan, ils s’orientent paraît-il grâce à deux étoiles, Tenâfelit et Tôzzert, de la constellation du Navire, qui leur permettent de déterminer la position du Sud. Leur connaissance du ciel est vraiment étonnante…/…

Le pauvre anglais ne sait pas lire le ciel, bien sûr. C’est pas de chance. Il est devant une carte qu’il ne sait pas déchiffrer. Les étoiles pourraient lui sauver la vie, mais il les regarde sans les comprendre. Mailloux, qui est philosophe à ses heures, et aussi un peu communiste sur les bords, dit que Lancaster est un pur produit de notre civilisation. Il vénère la mécanique, il ne pense qu’à la vitesse, la réussite, l’exploit, il rêve de devenir riche et célèbre et il découvre maintenant comme tout cela est fragile et dérisoire. Il refait malgré lui l’apprentissage de choses essentielles, tout ce qu’il a négligé durant des années, il réapprend le temps, la nature, l’espace, l’humilité, il s’aperçoit que tout seul il n’est rien. Les touaregs disent ici : « Dieu a créé des pays pleins d’eau pour y vivre et des déserts pour que les hommes y trouvent leur âme »…/…

Je trouve ce passage absolument magnifique…

Ce livre est d’ailleurs parsemé d’extraits de chants ou de proverbes Touareg, en voici un :
«  Marche en avant de toi-même comme le premier chameau de la caravane. »

Un dernier extrait, juste pour le plaisir :

…/… Je comprends ces hommes qui aiment le désert. Je les comprends. J’envie ces nomades et leur liberté. Je me sens parfois un peu comme eux. Dans quelques mois, tout cela sera fini pour moi. Je serai de nouveau sous mon hangar en tôle, à manoeuvrer des troncs, à découper des planches, à respirer la sciure. C’en sera terminé des étendues implacables, de cette fraternité que j’ai connue ici, de mes grandes aventures africaines. Bientôt il me restera quelques souvenirs, et de grands désirs inassouvis. J’aurai vite oublié, je le sais, les désagréments du désert pour n’en garder qu’une profonde nostalgie. Il sera cependant trop tard pour regretter. J’aurai déjà regagné ma chère cellule et retrouvé le visage rassurant d’une vie déjà toute tracée. Ici, dans le désert, tout s’efface, tout est toujours à recommencer, tout est fragile et sans limites…/…

C’est un livre qui vous donne envie de goûter au désert…
D’en connaître la saveur et le sens…
J’ai vraiment aimée ce livre, j’y ai vue un ôde à la vie, à ce qu’elle a d’essentiel…
Un ôde à l’amour aussi, qui dans sa force, soulève des montagnes…
Même si, Bill Lancaster m’a semblée être un homme un peu égoiste, qui dans ses carnets, parle très peu de sa femme (Chubbie Miller est sa maitresse) et pire encore de ses deux filles… C’est un livre que j’ai lue très vite, emportée par ses pages. J’ai déjà envie de le relire.
Mais, ne vous y trompez pas, le personnage principal de ce livre c’est le désert…
C’est lui le plus important, le plus réel, celui qui domine ces pages.
C’est le désert qui apparait le plus fascinant, le plus constant aussi.
C’est lui, le désert, qui envahie les pages des lettres, des journaux, des coupures de presse.
C’est lui qui possède tous et toutes.
Lui qui englouti tout avec gourmandise et avidité.
Il est magnifique mais aussi terriblement dangereux et destructeur.
Il nous faut le prendre au sérieux et avoir pour lui le plus grand respect.
Il est terrifiant mais aussi terriblement attirant.
Voilà l’effet que le livre a eu sur moi…
Oh, j’ai oubliée de dire aussi : c’est un livre qui donne vraiment très soif. Munissez vous d’une grande bouteille d’eau bien fraiche, avant de vous plongez dans ce texte.
Vous en aurez besoin.

Un vrai, vrai coup de coeur.

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2 réflexions sur “Le dernier vol de Lancaster de Sylvain Estibal

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